Tous les articles par Liliane Baron

A l’extérieur, il y a l’enseignante et l’auteure d’ouvrages pédagogiques. Ainsi dit, ce préambule ne fait pas rêver. Et pourtant, le rêve, la fantaisie sont bien apparus au sein du système éducatif. Si, si et merci les enfants ! La carapace fendillée, il n’y avait plus qu’à remplir de Musique, Peinture, Théâtre… et bien sûr de littérature ! De Perrault à Fred Vargas, de Platon à Markus Zusak, de Molière à Olivier Py, du grand Victor à Andrée Chédid…ils ont tous laissé une empreinte qui se permet de sortir de cette petite bonne femme sous forme de mots qui, elle l’espère, tintinnabuleront joyeusement aux oreilles des visiteurs de l’iPaginablog.

Le Land Art : l’Art est dans la Nature (1)

Avez-vous déjà observé des enfants assembler des cailloux, des bouts de bois, dessiner sur le sable ? Ils éprouvent alors une joie intense, celle de l’artiste qui laisse sa créativité s’exprimer…et tant pis si les vagues ou la course du chien viennent effacer l’œuvre. Certes ils seront un peu dépités, mais ils recommenceront à assembler, tracer, écrire des histoires autrement… pour éprouver à nouveau ce plaisir de créer avec ce qu’ils ont sous la main. Ces artistes en herbe ne savent pas alors qu’ils « font » du Land Art.

Capture d’écran 2014-04-27 à 14.55.46
(Andrew van der Merwe http://www.syti.net/LandArt.html)

Bon, on sait que  les artistes sont des éternels enfants… mais plus précisément, qu’est-ce que le Land Art ?

Le  Land Art, aussi appelé Earth Works, est une expression artistique apparue dans les années 1960 aux Etats Unis. Il s’exprime à partir d’éléments trouvés dans la nature au sein de laquelle il s’expose… enfin s’exposait car comme toute forme d’expression les créations ont évolué et les lieux d’exposition se sont diversifiés. Nous verrons cela dans un autre article.

Unknown
(Photo de Paolo Redwings -https://www.flickr.com)

Le land Art, qui réunit des artistes aux visions parfois opposées, n’est pas, de ce fait, un mouvement artistique au sens traditionnel. Cependant, on reconnaît en chacun d’eux, ce même désir de retrouver une forme d’inspiration atavique qu’enrichissent les réflexions liées à l’évolution de la nature dans nos sociétés industrialisées.

Capture d’écran 2014-04-27 à 14.55.17
(auteur inconnu, photo de Linda Hartley-https://www.flickr.com)

Comment l’idée de créer des sculptures, des peintures, avec des éléments de la nature est-elle venue ?

 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une nouvelle génération d’artistes s’est opposée – en réaction notamment au totalitarisme – à toute forme d’idéologie. Les « Beaux Arts » comme les autres formes d’expression ont manifesté ainsi leur volonté de se libérer d’une forme d’art traditionnelle et ont rejeté toute méthode basée sur le style, la forme et la technique. Les nouveaux créateurs faisaient alors l’éloge de la pureté artistique, de la libération de l’inconscient et de l’improvisation. Ils voulaient que le processus de réalisation demeure visible. C’est de cette mouvance artistique qu’est né le Land Art, mêlant concept et objet, nature et musée, éphémère et mémoire.

Capture d’écran 2014-04-27 à 14.54.52
(Photo de Raphaël Thiémard- https://www.flickr.com)

Le rôle du musée a aussi évolué  avec cette nouvelle conception de l’art et les œuvres ont investi d’autant plus facilement les lieux naturels, que les musées traditionnels rejetaient les nouveaux artistes. La nature est devenue alors œuvre et centre d’exposition. L’artiste y trouvait et y trouve encore son support, mais aussi sa matière première. Les pinceaux, la peinture sont remplacés par des cailloux, des bouts de bois, des amas de terre.

Malheureusement les réalisations de par leur caractère naturel sont soumises à la biodégradabilité et comme les constructions des enfants ou les châteaux de sable, elles finissent par disparaître.

Pff, alors, à quoi ça sert de créer ce qui est amené à disparaître ?

Ces œuvres exposées dans la nature disparaissent et ne peuvent être admirées par le plus grand nombre. C’est vrai… dans la nature. Mais il ne faut pas oublier que nous vivons à l’ère de l’image et de l’électronique. La photo et la vidéo sont nécessaires et indispensables aux artistes, adeptes du Land Art. Elles leur permettent de montrer, témoigner, perpétuer et …financer les projets.

Et c’est ainsi que l’œuvre retourne au musée que les artistes avaient fui.

Quel intérêt le spectateur peut-il trouver à voir des photos plutôt que l’œuvre ?

L’intérêt est dans la propre création du spectateur.

Il se dit, dans ce milieu artistique, que le spectateur prend une part active à l’interprétation de l’œuvre. Il est en effet amené à faire preuve d’imagination pour reconstituer et imaginer l’œuvre dans l’espace naturel… Mais n’en est-il pas de même en littérature ? Les écrivains peignent avec des mots, mais ce sont bien les lecteurs qui interprètent et font à leur tour oeuvre de création, une création confidentielle et intime, mais bien réelle.

Capture d’écran 2014-04-27 à 14.53.02
Nils Udo « Habitat » http://nl.wikipedia.org/wiki/Nils-Udo

Et tout est dit ?

Loin s’en faut. Un prochain article vous présentera les différentes facettes du Land Art : les œuvres éphémères et naturelles et les œuvres mêlant des éléments manufacturés à la nature.

Capture d’écran 2014-04-27 à 14.56.12

En raison de droits à l’image, il n’est pas possible de montrer des œuvres remarquables. Mais le lecteur qui souhaite découvrir plus avant cet art peut suivre les liens ci-dessous. 

 

Visite du député Pouria Amirshahi sur le Tchat d’iPagination

104554-la-semaine-de-la-langue-francaise-et-de-la-francophonie-2014

Le mercredi 19 mars 2014 est et restera une journée mémorable dans l’histoire du site iPagination.com.

A l’occasion de la semaine de la francophonie et suite à la remise officielle du rapport rendu à l’Assemblée nationale « Pour une ambition francophone », Monsieur le député des Français à l’étranger pour la zone Maghreb /Afrique de l’Ouest, Pouria Armishahi, nous a fait l’honneur de venir sur le Tchat du site iPagination.com afin de répondre en direct à nos questions. Le présent document a pour but de donner un aperçu des propos, questions, idées et opinions partagés durant les 45 minutes de l’interview, un temps fort court, mais qui a permis des échanges passionnés.

Monsieur Amirshahi a rejoint la trentaine de personnes déjà connectées, un peu avant 20 h GMT (21 h à Paris). L’ambiance, au moment de son arrivée, était chaleureuse, les uns accueillant les autres, certains se connaissant, d’autres se découvrant. Cette simplicité et cette spontanéité teintées d’humour ont permis à Monsieur le député de s’engager naturellement dans la conversation, avec simplicité et bienveillance.

 

Pouria (portrait)

Il est bon de rappeler que la communication par Tchat est écrite. Le temps de taper les questions et réponses dépend donc de la réactivité des uns et des autres. Monsieur Amirshahi s’est montré, du début à la fin, affable, attentif, patient et ce malgré l’arrivée, parfois, de plusieurs questions successives faisant apparaître des décalages cocasses. Comment résister au plaisir d’échanger avec vous un court extrait particulièrement amusant ? Impossible. Alors avant de vous rapporter les idées de fond, voici :

Pouria Amirshaihi : Alors, quel est le menu ?

Un auteur : le menu… vous n’avez pas dîné ?

Le maître des lieux : Bonsoir Monsieur le Député, soyez le bienvenu.

Un auteur : Salut, ça signifie quoi le idle à côté de mon pseudo ?

 

Mais qu’on se rassure, une fois l’interview réellement lancée, Monsieur Amirshahi ne s’est pas offusqué de l’apparition d’une certaine familiarité et s’est plié à l’exercice avec ouverture et pertinence.

 

Ont été abordées les questions liées à la place de la francophonie dans le monde, le monde économique, l’éducation et la culture.

Monsieur Amirshahi a affirmé sa volonté d’envisager la francophonie sous un angle neuf.

« La mondialisation qui réorganise des identités, des aires géoculturelles, se structure autour de langues centrales. Le français peut en être durablement… ou non. Cela dépend de nous, francophones du monde. » Aujourd’hui, « Hispanophones, arabophones, lusophones, etc. s’organisent et leurs intérêts avec. Nous (le) pouvons aussi. »

S’agissant de notre passé colonialiste, des auteurs se sont interrogés sur la réticence d’anciennes colonies à participer aux assises francophones. A cela, Monsieur Amirshahi a déclaré que la francophonie est « une promesse de rencontre entre les cultures d’Amérique et d’Europe, des Latins et Maghrébins, des Arabes et des Noirs, etc. C’est ce qui fait sa modernité ». Bien que cela n’ait pas été dit lors de la soirée, votre interlocutrice se permet de rajouter que l’OIF a été créée en partie par Léopold Sédar Senghor qu’on ne peut pas accuser de colonialisme…

Quant à l’apport de la francophonie dans le monde économique et culturel, notre invité soutient que l’on peut envisager une corrélation entre les deux mondes par la formation, le partage des savoirs, des brevets, des inventions, des diplômes… qui sont liés aux domaines tant économiques que culturels. Il est intéressant de savoir, pour renforcer cela, que l’usage du français dans les pays francophones a même amené des entrepreneurs chinois à employer le français afin de pouvoir négocier des contrats en Afrique.

Il faut cependant, pour promouvoir la langue française, tenir compte de la culture, des auteurs, du patrimoine et donc des richesses spécifiques de chaque zone de la francophonie. Or cette dimension est souvent négligée et on ne peut qu’en déplorer l’absence dans les manuels scolaires notamment. Il est donc primordial de favoriser la circulation et les échanges culturels afin que le sentiment d’appartenance soit réel et partagé. La francophonie est née de la volonté de créer une zone solidaire favorisant l’entraide et la coopération entre les peuples partageant la même langue et ce, indépendamment de toute volonté expansionniste et agressive, économiquement parlant.

Défendre la francophonie n’est pas imposer la langue française. En défendant la francophonie, on prône le plurilinguisme. Bien évidemment cela demande des moyens, des budgets importants, « des écoles francophones avec des codiplomations, des littératures francophones avec des coéditions, des coopérations scientifiques renforcées, un visa francophone, etc. ».

En matière d’édition, sujet important et sensible pour les auteurs du site, une coédition serait l’assurance d’ouvrir le champ des lecteurs. Mais il faut convaincre. Et Monsieur Amirshahi se bat pour cela. Venir à notre rencontre est une façon de partager et défendre ses convictions et la francophonie. C’est aussi nous donner des clés pour l’accompagner. En ce sens, iPagination.com est un moyen formidable qu’il faudrait développer.

Pour finir, Monsieur le député nous a invités à lire le document http://www.pouriaamirshahi.fr/2014/01/24/francophones-de-tous-les-pays-unissez-vous/

Il pense mettre en place un comité de suivi du rapport afin d’éviter de donner à ce dernier un « avenir de… tiroir… ».

Monsieur Amirshahi a conclu par quelques mots qui nous sont allés droit au cœur et nous l’en remercions : « Pour résumer, je plaide pour une francophonie active dans la mondialisation et assumée en France. Ipag aide beaucoup en ce sens. Continuez ! »

Photo-francophonie