Archives par mot-clé : amour

Ipagina’Son essuie des larmes de suie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

« Au plaisir des chamboule-tout

Sous les cris des chamboule-fous « 

Une chose est sûre, l’écriture puissante et généreuse de Dominique Chauvel ne laisse pas indifférent : Une poésie à fleur de peau, à fleur de mots, assortie de métaphores d’une grande force qui remue…

Larmes de suie…larmes de pluie…larmes de vie…

Le brouillard voile et dévoile, les larmes lavent et délavent, les âmes vacillent et tombent. Pourtant là sur les cendres, sous la forme de deux roses renaissent la vie et l’espoir…

Ce beau poème d’autant plus émouvant qu’il est sélectionné par Roselyne Cros, est lu par la voix émouvante de Sortilège.

 

LARMES DE SUIE

LARMES DE SUIE

–  Dominique Chauvel  

***

Le brouillard voile ce qu’il peut
Voile ce qu’il veut
Et s’étire, s’étire
Il couvre les peurs
Il couvre les pleurs
Et dans la nuit profonde
Que les larmes inondent
Fait disparaître les corps
Se dissoudre le décor
La mélodie nauséabonde
Nous entraîne dans sa ronde
Où les âmes vacillent
Tombent telles des quilles
Au plaisir des chamboules-tout
Sous les cris des chamboules-fous.
Une rosée acide
Des rêves insipides
Quand survient, qui l’eut cru
Un nouveau Pompéi
Corps de cendre rougis
Souriras-tu encore
Pour quelques pièces en or ?
Les mauvaises graines
De fureur et de haine
Une erreur de casting
Une course de karting
Balayées comme la suie
Nettoyées par la pluie
Pour que bientôt éclosent
Deux nouvelles petites roses.

source de l’image :http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com 

Ipagina’Son s’émeut d’un hymne à la beauté de la vie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

 

Les jours passent et s’évaporent comme autant d’arcs-en-ciels, de particules, d’étincelles et de brumes.

L’amour de la vie est décrit avec la beauté de la simplicité. Il est dans le ciel, une mosaïque d’énergies qui sublime cette magnificence qui fait se sentir…vivant…

Voici un hymne poème à cette vie qui regorge d’étincelles et qui rayonne d’émotions. Ce regard émerveillé et philosophe sur la vie de Marcel Faure, sélectionné par  Amaranthe, est lu pour vous par Sortilège.

Laissez votre âme s’envoler tout là-haut…

 

nuit-etoiles-lune

 

A LA LUNE  ET AUX ETOILES

– Marcel Faure-

La danse des jours et des mots

Vendredi 1er mars 2013

***

À la lune et aux étoiles

Aux comètes qui s’en vont plus loin effilocher leurs traînes

À tout ce qui nous émerveille

***

Aux jours feutrés qui se réchauffent au coin du feu

Aux silences qui se sourient du bout des yeux

Aux vallées qui épousent les brumes

Aux plissements de nos paupières repues

***

À la matrice de nos rêves

À nos cœurs dévastés de tendresse

À toutes ces nuits blanches dans l’ombre d’un poème

À l’étincelle à la flamme au feu au volcan

***

À toi aussi minuscule échantillon d’humanité qui te débats sur la première marche de l’arc-en-ciel 

***

O combien je vous aime glorieux mélanges de particules

Votre foisonnement à l’échelle des mondes

Votre bouillonnement dans ma chair et mon sang

***

Lila, roman de Laurence Délis

 

livre_romance_femme

Résumé :

Malgré l’amour qu’il éprouve pour Lila, Gabriel a bien du mal à envisager une vie à deux. Il se veut sans attache et libre de toute entrave mais voilà, Lila est là et toute la passion qu’il ressent pour elle bouleverse la vie qu’il s’est choisie.
Une histoire d’accords et de désaccords  qui dérange, tourmente et entraîne Gabriel et Lila sur des chemins d’incertitude et d’amour passionnel.
A propos de Laurence Délis :
Artiste peintre, Laurence Délis s’inspire des sentiments, des émotions, de l’écoute du monde pour créer. L’écriture, à l’image de la peinture, s’ouvre sur les mêmes perceptions avec l’idée de transcrire les états d’âme de l’Homme dans toute sa globalité. Lila est son premier roman qui va vous bouleverser.
Extrait :

J’en ai marre de tourner en rond dans mon appartement, dans l’attente d’un signe de toi. Ton silence m’exaspère et m’inquiète tout autant. Malgré l’heure tardive, je passe chez Romain. Je veux l’entendre me parler de toi. Je veux qu’il me dise pourquoi tu ne me réponds pas. Son accueil est loin d’être aimable, mais je me fiche bien d’interrompre ses ébats amoureux.

— T’es chiant Gabriel de débarquer comme ça sans prévenir ! râle-t-il.

Clara a un joli sourire, une voix feutrée, apaisante. Tu serais surpris de voir combien ton cousin y est réceptif. C’est fou comme l’amour nous change. Lui qui prônait une vie de célibataire, semble conquis par cette jeune personne à la discrétion attentive. Elle me propose un café avant de s’éclipser dans la chambre.

— Dis-donc, elle s’installe chez toi ? je demande, réellement surpris.

— Bien sûr que non, réplique-t-il, le nez dans sa propre tasse.

— En tous cas l’appart n’a jamais été aussi bien rangé, j’affirme en laissant mes yeux faire le tour de la pièce.

— Je suppose que tu n’es pas venu pour me parler de mon appart, souffle-t-il excédé.

— C’est à propos de Lila. Je lui ai écrit et elle ne répond pas…

— Lila ? Elle est au fond de son lit avec une forte grippe. Je doute qu’elle soit en état de te répondre.

— Merde ! J’aime pas quand elle est malade. Elle ne se soigne jamais comme il faut.

— Étienne passe la voir chaque jour.

— Étienne ?

— Un ami toubib.

— Un ami ?

Le ton de ma voix n’est pas aussi indifférent que je l’aurais voulu et le regard méfiant que me lance Romain m’évoque ces vigiles, butés et agressifs. C’est assez désagréable d’y faire face.

— Écoute Gabriel, ton histoire avec Lila ça a toujours été compliqué. Qu’est-ce que tu veux ? Lui laisser espérer n’importe quoi et puis repartir crapahuter dans les montages à l’autre bout du monde juste après ? Franchement je n’ai pas du tout envie que tu tentes quoi que ce soit avec elle si tu n’es pas sûr de toi. Parce que ce n’est pas toi qui as dû la soutenir pendant ces dernières années. Elle a assez morflé comme ça !

— Mais c’est elle qui est partie !

— On se demande bien pourquoi ! rage-t-il en se levant. T’es peut-être mon meilleur ami mais je ne cautionne pas toutes tes conneries ! Et tu sais ce qu’elle représente pour moi. C’est plus qu’une cousine lambda, c’est comme ma sœur. Alors réfléchis bien à ce que tu comptes faire avant de foutre le bordel dans sa vie !

— Je veux juste reprendre contact avec elle.

Lire le livre :
ou

Ipagina’Son lit une promesse d’amour jusqu’à la mort.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

 

Pierre et Mado, ou l’amour éternel…

Il a vécu l’enfer durant la première guerre  et s’est fait la promesse que si la vie lui accordait la vie sauve, elle ne le séparerait plus jamais de son amour.

 » Plus rien ne nous séparera, pas même la mort »

La vie les a écoutés et leur a offert soixante-dix années de bonheur.

La mort aussi les a écoutés, elle attendra soixante-dix ans avant de reprendre Mado à Pierre.

Pierre tient sa promesse, il ne peut rester séparé de l’amour de sa vie…et la suit dans la mort

Ce texte poignant fait partie des sélections du mois de juillet de Malayalam.

 

69557_10201201433109979_2106954615_n

JUSQU’A CE QUE LA MORT NOUS SEPARE

de Sandrine Brancotte

Il faisait froid et le brouillard d’octobre recouvrait la plaine. Son habit plein de boue, il tenta de fuir, mais les bruits assourdissants autour de lui lui firent perdre l’équilibre et il tomba à terre. Il entendit des tirs ennemis non loin et sut, par expérience, qu’il devait se jeter dans la première tranchée qu’il trouverait, s’il voulait y survivre.

Son cœur battit, son pouls s’emballa. Il sentait la fin arriver. Du fond de cette tranchée jonchée de cadavres, il se protégea jusqu’à l’explosion.

Nous étions en mille neuf cent dix-sept, la guerre grondait et, du haut de ses dix-neuf ans, Pierre regardait autour de lui la misère et l’horreur qu’il aurait tant aimé fuir.

Lorsqu’il pressentit que ce combat prenait fin, il se repassa sa vie, ses dix-neuf années de vie dont il avait déjà usé une entière au fond de ces chemins creusés, de ces refuges temporaires.

Et il pensa à elle. Il sentait que son temps était compté et qu’il ne la reverrait pas. Et son cœur saigna à l’idée d’imaginer, seulement un instant, qu’un inconnu lui porterait une lettre recouverte d’un sceau et qu’elle apprendrait ainsi que la guerre lui avait été fatale. Ses yeux s’embrumèrent.

Le combat s’éloigna, ses amis de galère le rejoignirent. Ils se retrouvèrent, se comptèrent. Plusieurs manquaient à l’appel. Un jour, ce serait l’un d’eux. Ils en avaient tous conscience. Mais aucun ne le voulait. Qui voudrait mourir à vingt ans, même au nom de la liberté, même au nom des idées et de la patrie ?

Pierre prit alors une décision et alla chercher, au fond de sa poche, un papier et un crayon conservés précieusement. Les mots glissèrent sur le papier jauni. Il avait si mal au fond de lui qu’il aurait pu griffonner des pages entières. Les mots lui vinrent, naturellement. Comme on fait certains soirs de nostalgie des bilans de vie, des mots à ceux qu’on aime, à celle qu’on aime. Comme on fait parfois un testament que nous seuls lirons… Il voulait lui parler, mais elle n’était pas là. Sa Mado qui pourtant lui avait fait tant tourner la tête. Sa Mado qu’il avait tant voulu épouser et pour laquelle il s’était battu contre l’avis de leurs familles pour obtenir leurs consentements. Sa Mado.

Il aurait aimé la voir, lui dire qu’il l’aimait, lui passer encore une fois la main dans les cheveux, la serrer dans ses bras et sentir son parfum ambré sur lui. Mais il pressentait qu’il ne pourrait plus le sentir, ce parfum, et il pleurait, en silence, en écrivant quelques mots sur ce papier et que, peut-être, jamais elle ne lirait. Mais peu importait. Il devait le faire.

Aujourd’hui, elle avait dix-huit ans et il n’était pas là. Elle était seule, elle l’attendait sans doute. Elle devait avoir peur elle aussi, loin des tranchées, mais à sa manière. L’horreur peut avoir plusieurs visages. Et l’attente et l’incertitude sont l’un d’eux.

« Ma douce, ma Mado que j’aime,

Aujourd’hui, me voici au fond d’un de ces lieux devenus notre maison jusqu’à la fin de la guerre. Aujourd’hui, tu as dix-huit ans ma Mado et je suis loin de toi.

Comment te dire à quel point nous vivons l’horreur ici ? La mort est notre compagne. Les amis tombent, ils ne se relèvent pas. Les journées font peur, les nuits sont des cauchemars. L’odeur de nos camarades morts, l’odeur de ceux qui ne peuvent, pardonne moi mais c’est la vérité, se retenir tant ils ont peur, l’odeur du sang… Mado, je ne veux plus être là. Aucune cause ne vaut leurs vies ou la mienne. Enfin, si… mais tu comprends. Je ne veux pas mourir, ma douce, ma tendre. Je veux être près de toi encore.

Sais-tu que, parfois, les nuits, j’ai la sensation que tu es là ? Que ta voix vient me caresser, me rassurer ?

Je veux revenir vers toi, je veux te serrer. La séparation est pire que chaque instant vécu ici.

Ma douce, je veux rentrer au village et revenir à la maison. Je veux que nous revivions comme avant, de tout et de rien. Je travaillerai et t’offrirai la vie que nous imaginions.

Je repense souvent à nos premières heures, le jour où je t’ai vu et que j’ai su que je t’épouserai, le jour où j’ai compris que tu serais le seul amour de ma vie. Comme une évidence. Et que j’ai mené un combat bien plus fort que celui que je mène ici, pour que nos parents comprennent que, jamais, je ne te laisserai.

Je suis aujourd’hui ici, entouré de terre et de boue. Je sais que l’endroit est mal choisi, ma tendre, mais je voudrais te demander une faveur : si je rentre de cet enfer, si je te retrouve au village, s’il te plaît, voudrais-tu bien me donner un enfant ? Je ne peux concevoir l’idée de partir un jour et que rien ne reste de nous deux. Je ne peux accepter que notre amour n’ait pas d’héritage.

Tu me manques tant. Ton rire me hante, ton sourire me hante. Je ne vois que toi au milieu de ce noir et de cette guerre. Jamais je n’aurais imaginé, et pourtant Dieu seul sait à quel point je t’aime, que ne plus te voir serait pire torture que tout cela. Je ne veux plus jamais être séparé de toi.

On dit ici que la guerre touche à sa fin, que des hommes viennent en renfort de l’Amérique et que, dans quelques mois, nous serons peut-être enfin libérés. Nous le souhaitons tous. Et je te promets alors que jamais, au grand jamais, je ne repartirai. Quoi qu’il arrive, jamais plus je ne m’éloignerai de toi, ma douce.
Je voulais te faire cette lettre, je ne sais pas si un jour tu pourras la lire. Mais je me dois cette déclaration, peut-être la dernière lettre, si Dieu ne me porte pas vie…

Mado, n’oublie jamais. Je t’aime. Je n’aime que toi. Tu es ma vie et mon air. Sans toi, plus rien ne compte. Je vais tout faire pour rentrer et plus rien alors ne nous séparera. Pas même la mort.

Ton Pierre qui t’aime au-delà de tout »

Puis, il alla déposer sa lettre auprès du vaguemestre, ce témoin des amours et des horreurs de la guerre.

Un bruit sec le fit sursauter. Il releva la tête, le temps de reprendre ses esprits et il comprit où il était. Nous étions en mille neuf cent quatre-vingt-dix et la pluie de novembre frappait les volets. Catherine et Lucien venaient d’entrer dans la chambre.

Ils restèrent derrière lui, la main posée chacun sur une épaule. Un long silence prit place, entre sanglots et recueillement.

Pierre se souvint alors. Il ferma les yeux et la vit lorsque, rayonnante, elle vint lui annoncer qu’elle allait lui donner un fils. Il revécut la magie qui était entrée dans leur maison au premier cri de cet enfant, aujourd’hui lui-même devenu homme. Il se rappela aussi de l’arrivée de cette poupée dans son foyer, sa fille, le portrait de sa mère.

Il ne pouvait s’empêcher d’aimer ces deux êtres que son seul, son unique amour, sa Madeleine, aujourd’hui allongée sur leur lit, les bras en croix sur sa poitrine, lui avait donnés.

Ils étaient là, tous deux, ne sachant que faire pour soutenir celui qui, toujours, avait aimé et soutenu leur mère, contre vents et marées et même, même contre les guerres…

Ils lui dirent : « Papa, nous sommes là, derrière la porte. Nous te laissons avec Maman. Les Pompes Funèbres arrivent dans une heure. »

Le grincement de la porte, le vide dans la pièce. Pierre la regarde et se souvient de sa promesse, celle d’une nuit où il pensait ne pas survivre.

Elle l’avait lu Mado cette lettre. Elle l’avait reçue et lorsque Pierre fut rapatrié, après une blessure au genou, elle lui avait donné un enfant, puis deux. Ils s’étaient cachés pendant la Seconde Guerre, il avait tenu sa promesse de ne plus vivre loin d’elle.

Mais aujourd’hui, la vie lui avait fait une sombre farce. C’était elle qui était là, endormie pour toujours, le laissant seul face à la vie. Une vie qui sans elle n’avait aucun goût.

Pierre sent ses forces le fuir. Il se lève et va chercher un papier dans la commode de leur chambre. Il écrit quelques mots.

Puis il part vers le petit guéridon et sur lequel elle déposait depuis toujours son pilulier. Il l’ouvre et le détaille. Madeleine avait été si malade ces dernières années qu’il était rempli de cachets de toutes sortes. Il tourne la tête, aperçoit sa femme, immobile dans sa robe blanche, et son esprit se perd. Les souvenirs, la souffrance, tout se mélange.

Il se dirige vers le petit coin de toilette de la chambre, prend un verre d’eau, se regarde une dernière fois dans le petit miroir. Il remet sa veste de costume en place, noue sa cravate. Le jeune homme avait, à présent, laissé la place à un nonagénaire. Son corps était vieilli, abîmé par la vie.

L’heure est à présent venue.

Il s’allonge près de sa Mado, l’embrasse de toute sa tendresse une dernière fois. Il vient d’avaler tous ses médicaments et va paisiblement s’endormir à côté d’elle, comme tous les soirs depuis plus de soixante-dix ans.

Une heure plus tard, les Pompes Funèbres allaient arriver, ouvrir la porte avec Catherine et Lucien.

« Mes chers enfants, je suis vieux et je ne peux pas vivre sans elle. Vous êtes les fruits de cet amour et je sais que vous me pardonnerez ».

Ce furent deux amants enlacés qui furent emmenés ce jour-là.

Pierre, jusqu’au bout, avait tenu sa promesse : « Plus rien alors ne nous séparera. Pas même la mort ».