L’écrivain acoustique d’Alexandre Poulin

Alexandre_Poulain_écrivain_acoustique

Nous ne pouvions résister à l’envie de partager avec vous ce formidable artiste qu’est Alexandre Poulin – L’écrivain acoustique (2011) aux Disques victoire, auteur-compositeur-interprète québécois originaire de Sherbrooke. Des paroles touchantes, tout l’art de raconter la plus formidable des histoires : celle de l’écriture… et du talent. Et s’il vous prend l’envie de fredonner avec lui, nous vous avons reporté les paroles en dessous de la vidéo.

 

J’ai grandi pas loin d’ici

Dans le 3ème arrondissement

Où les rêves se font endormis

Une fois debout on n’a plus l’temps

Mon père gagnait sa vie

A l’usine de Camaro

Pareil comme son père avant lui

Même qu’y posait le même morceau

Ma mère faisait des ménages

Moi j’rêvais d’être écrivain

Et pis de pelleter des nuages

Pour que le soleil brille enfin

Mais j’étais si mauvais à l’école

Que j’pensais pas qu’j’y arriverais

J’étais pas de ceux qu’on traitait de bol

Même quand j’donnais tout c’que j’avais

Mais y avait monsieur Désilet

Un prof fin et disponible

Qui m’avait pris sous son aile

Et croyait en mon talent subtil

Dommage ça n’allait rien changer

J’coulerais le test du ministère

Lundi j’enverrais mon CV

A l’usine de mon père

Mais la veille de l’examen final

Le bon monsieur Désilet

M’a tendu un crayon banal

Roulé dans un velours épais

Et puis tout en fixant ma main

Il a dit c’crayon la, il est magique

Prend le demain pour l’examen

Il sait les réponses et les répliques

J’suis pas du genre à croire tout c’qu’on m’dit

Mais mon prof inspirait confiance

Et j’voulais croire un peu aussi

Qu’j’avais peut être encore une chance

D’ailleurs à la seconde où je l’ai prit

J’ai senti comme un changement

J’vous jure que j’vous conte pas d’menteries

Non, le crayon était vivant

Et contre toutes mes espérances

Il écrivait pratiquement tout seul

Sans blague ç’avait presque pas de sens

De le voir danser sur les feuilles

J’ai donc passé mon examen

Comme un p’tit test de routine

Avec que’que chose comme 80

Presqu’aussi haut que mon estime

Oh j’aurais dû rendre le crayon

J’étais quand même pas un voleur

Mais pour une fois qu’j’me trouvais bon

Pis qu’l’avenir était en couleur

J’ai mis le stylo dans ma poche

Pis j’suis partit en courant

La conscience aussi lourde qu’une roche

Qu’on brise pour en faire du ciment

Et au fil des années

J’suis devenu l’auteur que j’espérais

J’ai même vendu dans l’monde entier

Tous mes bouquins et mes essais

Mais avec le sentiment étrange

Qu’au fond j’avais rien accompli

Le crayon vainquait les pages blanches

Moi je n’étais que son outil

J’me suis mis à boire plus qu’il ne faut

Pour oublier qu’je n’étais rien

Que j’roulais dans une Camaro

Sur laquelle mon père s’usait les mains

En plus j’avais toujours peur

Qu’on me vole mon précieux crayon

Ou qu’me dénonce mon professeur

Là s’en s’rait vraiment fini pour de bon

Il m’a retrouvé hier soir

A une séance de dédicace

Tout autour de ses yeux noirs

Le temps avait laissé sa trace

Je lui devais mon succès

Et des excuses comme de raison

J’ai dit m’sieur Désilet

Vous venez chercher votre crayon

Il m’a souri tristement

En disant t’as toujours pas compris

Il est dans ta tête ton grand talent

Le stylo v’nait de chez Uniprix

Laisse-moi te regarder maintenant

Je suis si fier de toi

Y a pas un seul de tes romans

Que j’ai pas lu au moins 3 fois

Moi j’me suis levé d’un coup

J’en croyais juste pas mes oreilles

J’ai pris mon vieux prof par le cou

La vérité m’donnait des ailes

Tellement qu’en arrivant chez moi

J’ai j’ter le stylo par la f’nêtre

La lumière brillait sur les toits

Et les mots dansaient dans ma tête

J’ai pas fermé l’œil de la nuit

Non, j’ai écrit sans m’arrêter

Le nombre de feuilles que j’ai noircies

J’pourrais même pas les compter

Ça raconte l’histoire d’un p’tit gars

Qu’y avait tellement pas confiance en lui

Qui trouve plus facile de croire

Qu’un crayon peut faire d’la magie

Car dans le 3eme arrondissement

Les rêves volent pas très haut

On les laisse trainer sur un banc

Devant l’usine de Camaro

Et comme on entend la machinerie

Crier jusque dans la cour d’école

On comprend vite dès qu’on est p’tit

Qu’y a juste les oiseaux qui s’envolent

 

Tagués avec : , , ,

Laisser un commentaire