Paroles d’écrivain : Raymond Dumay

 

   Lu dans un vieux texte qui date des années 50 (« Mort de la littérature » de Raymond Dumay chez Stock) :

  » [.] Mais nous vérifions chaque jour qu’un auteur même classé, préfère ses plus mauvaises pages, se cramponne à ses défauts et ignore ses qualités. Il suffit quelquefois d’un mot pour changer toute une façon d’écrire et de faire d’un débutant incertain un véritable écrivain [.] »

  « Le candidat de province à qui l’on renvoie son manuscrit avec une lettre flatteuse : « indéniable qualité de style », « vrai tempérament de romancier » mais « il faudrait resserrer votre intrigue «  améliorer vos transitions »  cherche en vain le sens de ces vagues remarques et conclut que l’on se moque de lui. Améliorer ? Il ne demande pas mieux mais comment ? »

  » Alors pourrait intervenir le « conseiller provincial ». Pas besoin que ce dernier soit écrivain (ce n’est même pas souhaitable : la plupart des écrivains de province «  blanchis » sous le harnois ne sont restés tels que parce qu’ils n’ont pas su se corriger) On prendrait un bon lecteur : médecin, avocat, professeur. Il s’en trouve partout. N’importe quel libraire peut en désigner une douzaine. Tout homme étant pédagogue dans l’âme serait heureux d’indiquer à ses consultants leurs défauts. Une heure de conversation avec un professeur éclairé peut être plus utile à un débutant intelligent que des années de recherches dans la solitude. »

 L’écrivain :

Raymond Dumay (1916-1999) a commencé sa vie comme berger avant de devenir critique littéraire, écrivain, et historien de la table et du vin. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages.

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