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Naissance d’une nouvelle collection chez iPagination éditions

Naissance d’une nouvelle collection chez iPagination éditions

logo iPag noir opaqueAprès plus de 4 ans d’engagement dans l’édition d’auteurs en tous genres, iPagination éditions est fière de lancer aujourd’hui une nouvelle collection.

Cette éclosion survient dans un processus continu de maturation collective marquée par l’efflorescence d’auteurs d’exception brillant par leur érudition et leur talent littéraire.

À l’heure où l’humanité est confrontée à l’obscurantisme et aux radicalismes, il nous a semblé opportun de créer une collection des savoirs qui comportera différentes catégories, dont la philosophie et la religion, sous forme de thèses, d’essais, de manifestes qui viendront enrichir une palette éditoriale sociétale déjà foisonnante.

Les auteurs édités dans ce cadre pourront, s’ils le souhaitent, devenir membres de notre comité de lecture. Il leur sera ainsi possible de coopter d’autres talents porteurs de la flamme de la francophonie qui animera de ses feux cette collection des savoirs.

Afin de vous donner l’envie de découvrir les titres à venir de cette collection, nous avons l’honneur de laisser la parole à Patryck Froissart qui a dédié sa vie entière à la transmission des savoirs en de nombreux endroits du globe et qui a, à de nombreuses reprises, présidé les jurys de nos concours :

Celui qui apprend quelque chose de moi enrichit son savoir sans réduire le mien, tout comme celui qui allume sa chandelle à la mienne se donne de la lumière sans me plonger dans l’obscurité.

Cette belle déclaration de Thomas Jefferson illustre parfaitement le dessein que nourrit notre maison en promouvant une collection des savoirs. iPagination éditions se veut être en effet, depuis sa naissance, une plate-forme éditoriale collégiale et interactive fondée sur la mise en lumière d’un faisceau d’écrits de qualité qui se croisent, se complètent ou s’interpellent dans la vaste sphère de la francophonie. La collection des savoirs y aura pleinement sa place. Elle sera inaugurée par un ouvrage du philosophe Christophe Vallée, intitulé « Éclats éphémères », auteur prolifique et talentueux de romans et d’essais. Le programme de publication se poursuivra avec un livre érudit de l’auteur mauricien Sam Callikan sur l’hindouisme. Et la collection prendra son rythme de croisière parmi les autres sur le long fleuve tranquille mais puissant des éditions iPagination.

Très prochainement sur notre boutique et disponible par les libraires !

Griffures de printemps, de Khadija El Bourkadi

griffures de printemps

Griffures de printemps, de Khadija El Bourkadi

Parce que le mouvement est inédit, le poète, témoin des soulèvements qui ont secoué le monde arabe, ne peut y rester indifférent. Ce recueil, composé entre 2011 et 2015, n’en est pas un simple constat, une peinture figée, mais livre un ressenti : l’évènement interpelle l’auteure. L’écriture est assumée.

Les quatre parties de l’ouvrage se présentent comme une succession de tableaux vivants, mais aussi d’arrêts sur l’image. De l’euphorie du changement, impulsé par l’élan vers la liberté des peuples déchaînés, l’auteur vire vers le désenchantement, la colère. Une perception des dérives de l’évènement qui prend vite une portée générale pour se révolter contre les malheurs et dénoncer les horreurs sous toutes leurs formes : la guerre, l’intégrisme religieux, les répressions violentes, la destruction du patrimoine mondial, les ingérences étrangères. Une note d’espoir vient clore ce recueil.

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Extrait :

Sous un ciel lancinant comme les airs amers

Des espoirs avortés, ô le mortel supplice,

Je bois l’illusion, cru d’une cicatrice,

Griffure d’un printemps bourgeonnant à l’envers.

Je vois demain pleurer le jasmin défleuri

Par des vents opposés venus d’autres rivages,

Les éclats chatoyants d’évanescents mirages

S’effacer sur les ergs d’un présent dépéri.

Il flotte autour de moi d’aigres relents de peur.

Les flots de l’inconnu, frangés d’incertitude,

Déversent des embruns, mouillés de solitude,

Dans les cœurs embrumés par le songe qui meurt.

Les rêves confisqués gisent disséminés

Aux pieds des assaillants insouciants des râles

De l’aube déchirée aux sifflements des balles,

Faucheuses d’insoumis, disparus calcinés.

Je vois la liberté flagellée à l’envi,

Les médias partisans mater les consciences.

Que reste-t-il des vœux, des pressantes urgences,

Rien qu’un écœurement, de longs soupirs suivi.

(Je vois demain pleurer)

Pour lire le recueil de poésie en intégralité :

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Quel programme iPaginatif pour 2016 ?

Très chers iPaginautes,

doigt dans l'engrenageSuite aux remarques et aux exigences de nombreux auteurs et lecteurs concernant la plateforme d’écriture ipagination.com (lenteurs, pages blanches, disparition de certaines fonctionnalités…), nous avons décidé de suspendre sa disponibilité et de remettre à plat l’ensemble des attentes, au regard de nos possibilités qui seront décisives dans les arbitrages à venir.

Etant nous-mêmes auteurs, nous savons combien cette plateforme est un lieu important pour la mise en avant des textes ainsi que pour les échanges entre auteurs, d’autant plus que la communauté comptait, fin 2015, plus de 3 500 membres inscrits parmi lesquels 75% d’auteurs. C’est pourquoi nous consacrons tout notre temps et notre énergie dans cette opération qui ne se fera cependant pas du jour au lendemain.

En conséquence, nous vous saurions gré d’éviter de nous solliciter quant à ce chantier car nous ne pourrions pas répondre à chacun d’entre vous. Pour être tenus informés, il faut vous abonner à ce blog, à droite du titre du présent article, juste en dessous du bouton permettant de nous adresser un don, afin de nous soutenir dans notre développement. Soyez assurés que nous faisons le maximum pour une remise en service dans des conditions optimales.

La plateforme « iPagination.com » s’éclipse pour mieux renaître, peut-être sous la forme que vous connaissiez, peut-être sous une autre forme, ou à défaut, par le biais d’un nouveau modèle d’organisation qui sera

 tout autant profitable à l’ensemble de la communauté.

Dans cette attente, sachez que vous pouvez toujours :

  • Participer à nos ateliers d’écriture qui se déroulent sur notre page Facebook accessible en cliquant ici,
  • Accéder ici-même à plus de 375 articles passionnés et passionnants proposés par les rédacteurs de l’iPaginablog,
  • Participer au concours de romans fantastiques permettant l’édition à compte d’éditeur, dont la page et le règlement sont accessibles en cliquant ici,
  • Lire les auteurs d’iPagination éditions dont le catalogue est disponible gratuitement au téléchargement ici et dont les titres sont disponibles à la vente en cliquant ici ou auprès de votre libraire.
  • Découvrir les ouvrages des auteurs indépendants que nous avons eu le plaisir d’accompagner dans leur projet en cliquant ici . Sachez que si vous aussi, vous souhaitez intégrer ce cercle indépendant, plusieurs modules individuels vous sont proposés en cliquant ici!

D’autres projets et surprises sont en cours de préparation et seront autant d’occasions de passer ensemble des moments privilégiés et pleins d’émotions. La communauté iPaginative est et demeure, en 2016, encore plus créative que jamais. Toute l’équipe reste mobilisée à vos côtés.

Bien à vous,

Et les gagnants du concours de polars sont…

Et les gagnants du concours de polars sont... (1)

Voici enfin venu les résultats tant attendus des gagnants du concours de polars.

Les gagnants pour une édition à compte d’éditeur sont :

  • Denis Delepierre pour « Prétendre à l’humanité » (Belgique)
  • Thomas Soriano pour « Gangster paradise » (France)

Le gagnant pour une auto-édition offerte est :

  • Christian Lu pour « Miss Money Matters » (Suisse)

Bravo aux gagnants et nos remerciements les plus sincères à tous les participants que nous encourageons chaleureusement dans leur passion d’écrire. Sachez qu’un nouveau concours de romans fantastiques est en train de se dérouler. Pour en savoir plus, cliquez ici !

Nous vous souhaitons nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2016 !

« L’héritière de l’avant » de Denis Delepierre

roman jeunesse L'héritière de l'Avant Résumé :

« A la suite d’un cataclysme, le monde est dominé par la nature, incarnée par le cruel dieu Déreth. De nombreux dangers planent sans distinction sur les ouvriers et citadins, les deux communautés survivantes. Entre disparitions et sombres secrets, Léa, une jeune Ouvrière de douze ans, va braver ses peurs et tous les interdits de sa société, lorsque disparaît à son tour Becky, sa meilleure amie.

Ce premier roman de Denis Delepierre, passionnera les jeunes lecteurs et les sensibilisera à de nombreux thèmes bien actuels tel que l’environnement, le harcèlement scolaire, l’égalité des chances, le prosélytisme…

A propos de Denis Delepierre :

Denis DelepierreNé en 1984 à Mons, en Belgique, Denis Delepierre a rapidement découvert son désir de construire et de mettre en scène des histoires. Durant une bonne partie de son enfance, il s’est vu dans la peau d’un auteur de BD et a illustré une dizaine de récits avant de se tourner, au début de son adolescence, vers l’écriture.

Avec le temps, ce violon d’Ingres est devenu une passion. Aujourd’hui, il multiplie les projets en s’essayant à différents genres, du délire introspectif au roman d’horreur, en passant par le polar, le fantasy et le fantastique.

L’héritière de l’Avant est son premier roman.

Extrait :

— Becky et moi, on est allés au deuxième étage.

Elle écarquilla les yeux de surprise, mais n’eut pas le temps de répondre. Le garçon se lança dans une série d’explications confuses et larmoyantes de cette journée fatale. Voici quatre jours, Becky était arrivée à l’École avec un visage très soucieux. Ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré et elle semblait de très méchante humeur. Bravant sa timidité, Jo s’était approché d’elle pour lui demander ce qui n’allait pas… et cette fois, elle ne l’avait pas envoyé balader.

— Elle avait vraiment besoin de parler. Et toi, t’étais pas encore arrivée, c’était trop tôt le matin. Elle m’a dit qu’elle s’était disputée avec sa mère, qu’elles s’étaient lancé des trucs à la figure. Elle voulait plus retourner chez elle. Elle a pas arrêté de parler, c’était fou. Avant ça, elle m’avait jamais sorti plus de trois mots.

— Et quoi, tu dis qu’après, elle a voulu aller au deuxième étage ?

— C’était l’heure de la classe. Elle a dit : « Ah non, pas moyen de me taper les cours aujourd’hui, je veux me changer les idées ! » Paraît qu’elle y était déjà montée avec toi, au deuxième, et qu’elle avait trouvé ça marrant. Elle m’a demandé si je voulais y aller avec elle cette fois-ci.

Léa n’eut pas besoin d’investiguer davantage pour comprendre la motivation de Jo. Il n’aurait pas loupé l’occasion d’accompagner Becky, pour enfin avoir une chance de démolir son image de peureux impotent. Elle imaginait bien une forte tête comme son amie traîner derrière elle un garçon de ce genre, entretenant ses illusions dans le simple but de disposer d’un compagnon de route, un bouche-trou qui lui servirait le temps de l’expédition. Une pensée amère contre Becky, qui avait profité de l’affection de Jo pour l’embarquer là-dedans. T’es pas croyable. Qu’est-ce que ça peut bien t’apporter de toujours faire ce qui est interdit ?

— Takkar vous est tombé dessus, ou quoi ?

— On l’a entendu marcher dans les couloirs. On venait à peine d’arriver. Becky voulait rester plus longtemps que la dernière fois, parce qu’elle avait pas eu le temps de tout voir. Moi, j’avais la trouille de Takkar, je voulais qu’on parte. À un moment, elle m’a planté là et elle est entrée dans une vieille classe toute noire. J’ai pas osé l’accompagner. Et après, je l’ai entendue crier.

Léa se raidit.

— C’était Takkar ?

— Non, il est arrivé après, par un autre côté. Quand je l’ai vu se pointer, je… j’ai pas pu rester là, je suis parti en courant. J’ai crié à Becky de me suivre. Je pensais qu’il allait me courir après, mais non. Je suis arrivé en bas tout seul. Et depuis, j’ai plus vu Becky. Takkar, je l’ai recroisé plusieurs fois, mais il m’a rien dit. Personne m’a rien dit, d’ailleurs, aucun prof m’a engueulé. Mais Takkar sait que j’étais là-bas. Il pourrait le raconter. Et Becky… elle est plus là.

Léa se tut un moment, dépassée par ce récit.

— Tu dis que tu l’as entendue crier. C’était quoi comme cri ?

— Je sais pas… comme si elle avait glissé, tu vois. Comme si elle perdait l’équilibre. Elle était surprise. Tout de suite après, Takkar est arrivé.

— Il t’a dit quelque chose ?

— Non, j’ai… j’ai foutu le camp tout de suite.

Il baissa la tête, hésitant avant d’ajouter :

— Il y a eu un autre bruit aussi. Au moment où elle a crié. Un bruit bizarre… Comme si quelqu’un avalait plein d’air, avec beaucoup de force. J’ai pas compris. Je crois que… je crois que c’était le mur. C’est le mur qui l’a mangée !

Léa s’abstint d’éclater de rire, son rêve ayant tari toute surprise possible. Elle aurait volontiers pensé que l’inquiétant Takkar était derrière la disparition de son amie, mais Jo se montra catégorique : l’homme avait débarqué d’une autre direction. Il ne se trouvait pas dans la pièce quand Becky y était entrée et avait crié. La disparition avait donc été provoquée par autre chose.

— Qu’est-ce que tu crois que c’était ?

— Le mur, je t’ai dit. Le deuxième étage est hanté. Les murs sont vivants, ils peuvent manger les gens. Je crois que c’était ça.

— C’est n’importe quoi, Jo. Becky n’a pas été mangée. Elle est toujours en vie et… enfermée quelque part.

— Peut-être, ouais. Mais qu’est-ce qu’on peut y faire ?

Face à cette question, la jeune fille n’eut besoin que de quelques secondes de réflexion. Beaucoup de choses lui passèrent par la tête : son enfance dans le cratère, ses problèmes à l’École, l’épaule que Becky lui avait prodiguée. Elle songea à sa propre personne, insignifiante dans l’univers impitoyable qui entourait Ouvriers et Citadins. À la logique de ce monde, sans pitié pour les plus faibles. Aux nuits horribles qu’elle passerait si ce rêve continuait à la hanter, et au sentiment de culpabilité qu’elle éprouverait en abandonnant son amie à son triste sort, quel qu’il fût. Alors elle répondit à Jo :

— On va retourner au deuxième étage et essayer de savoir ce qui lui est arrivé.

Le visage du gros garçon blêmit au point qu’elle faillit voir les os de son crâne à travers sa peau.

— Je retourne pas là-bas ! décréta-t-il dans un souffle. Pas question !

— Il faudra bien, pourtant. Tu dois me montrer la pièce où Becky est allée.

— T’es complètement folle ! Et Takkar ?

— Je m’en fous, de Takkar. Je dois retrouver Becky.

— Je viens pas, Léa !

— Alors t’es un trouillard ?

— Oui, je suis un trouillard ! Je retourne pas là-bas !

— Becky avait raison de pas t’aimer. Quand on voit ce que t’es prêt à faire pour elle…

Elle espérait que la provocation le pousserait à l’accompagner, mais il n’en fut rien. Pourtant, il devait impérativement venir. Elle avait besoin de lui pour retrouver la fameuse classe. Et puis, sous ses dehors bravaches, elle crevait de trouille autant que lui, et refusait d’aller là-bas toute seule. Elle devait tout faire pour cacher sa peur, sans quoi il n’accepterait jamais de la suivre. Il affirma pour la troisième fois que rien ne le ferait retourner au deuxième étage, et la bouscula pour s’en aller. Alors, en dernier recours, elle lui lança :

— Tu veux que je te dénonce ?

Il s’arrêta, abasourdi.

— Tu ferais pas ça ?

— Ben non, je le ferai pas, sauf si tu viens pas. Dis-moi encore une fois non et je fonce chez Chanessian pour tout lui balancer. Takkar s’en fout de t’avoir vu là-bas, mais le dirlo, ça va le rendre dingue. Il demandera à Takkar, qui lui confirmera que t’y étais.

— S… si tu fais ça, je te dénonce aussi ! Toi aussi, t’y es déjà allée !

— Tu peux toujours essayer. Moi, Takkar m’a pas vue.

Elle soutint son regard avec toute sa détermination, et Jo échoua à la dominer. Vaincu, il baissa la tête, trop naïf pour se figurer la faiblesse de la parole d’une Ouvrière contre celle d’un Citadin. Ravie de l’avoir amadoué, Léa mit au point les détails :

— Faut qu’on y aille cette nuit, mais faudra que ce soit bien tard. On se rejoint dans la cour d’ici quatre heures. Et t’as intérêt à être là.

Il ne put qu’acquiescer, avec sur le visage l’expression d’un condamné à mort vivant ses dernières heures. Attendrie par son accablement, elle ajouta d’une voix plus douce :

— On va faire ça pour Becky. Elle a besoin de nous. C’est à ça que ça sert, les amis.

— Je suis pas son ami, moi…

— Ça je le sais. Je te donne l’occasion de le devenir. Saute dessus.

Quelques instants plus tard, ils se séparèrent. Léa ne fut pas surprise, en détournant les yeux de Jo qui s’éloignait, de retrouver Wym à ses côtés.

— Tu vas enfin voir la zone interdite, lui dit-elle.

Mais il ne sourit pas : la situation le préoccupait autant qu’elle.

— Ça sera dangereux, fit-il. C’est assez flippant, son histoire. Tu y crois ?

— Oui, j’y crois.

— Alors où elle est, Becky, d’après toi ?

— J’en sais rien. J’espère juste qu’elle va bien, et qu’on la retrouvera.

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La langue de l’amour – Ouvrages collectifs de poésie

Couverture de "La langue de l'amour"Couverture de "La langue de l'amour 2"

L’amour est poème, le poème est le verbe, constamment réinventé, depuis l’origine.

L’amour est ici décliné dans l’infinité des possibles de la langue poétique : langue de l’amour pour conjurer les solitudes incontestables de notre société, langue de l’amour pour éviter les oubliettes du temps où risque de sombrer ce qui a été et qui doit rester à jamais gravé dans les cœurs, langue de l’amour qui recrée l’attachement familial, qui exprime tantôt l’unique raison d’être et d’avoir été, tantôt la totale déraison de la passion, langue de l’amour, ce sentiment le plus célébré, mais aussi le plus maudit, langue de l’amour, qui retrace des trajectoires qui auraient pu rester inédites, qui explore sans cesse de nouveaux territoires, qui invente sur chaque page de nouveaux hymnes…

Écoutons la langue de l’amour célébrer en ce recueil ce qui nous porte aux émotions les plus puissantes, les plus douces, et les plus violentes.

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Livre papier de La langue de l’amour 1 : cliquez ici !

Livre numérique (eBook) de La langue de l’amour 1 : cliquez ici !

Auteurs de la langue de l’amour 1 : Roselyne CROS, Charles-Édouard GARCIA, Pierre-Étienne GIRARD, Antoine JALABER, JASPEER, Élisabeth LARBRE, Jérémie MONRIBOT, NESSIM

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Livre numérique (eBook) de La langue de l’amour 2 : cliquez ici !

Auteurs de « La langue de l’amour 2 » : AGATHE, Daniel BIRNBAUM, Sébastien BROUCKE, FredStaal, Evelyne de GRACIA, Jacques HUIBAN LAGROIS, INDHIRA, Thierry TOUGERON

Autopsie sentimentale de Véronique Brésil

Autopsie sentimentale - Veronique Bresil

ROMAN :

Maltraitée et incomprise par son mari, une femme cherche le bonheur avec d’autres hommes. Elle le découvre enfin dans les bras d’un amant bien particulier qu’elle suivra jusqu’au bout.

À travers cette histoire prenante et déroutante de par les rapports humains qui sont mis en jeu, Véronique Brésil prend comme support l’éternelle énigme du couple et de sa pérennité. Ses mots justes mais jamais vulgaires nous plongent au cœur d’une relation passionnée qui interpelle quant à la puissance que peuvent revêtir les rapports fusionnels. Jusqu’où peut-on accepter l’oubli de soi et la dépendance à l’autre lorsque la perversion s’invite au festin ? Et comment s’extraire d’une spirale infernale que plus personne ne maîtrise ?

La bande annonce :

Extrait du roman :

Pour la troisième année consécutive, je prenais, chaque mardi, des cours de dessin. Mon inscription relevait d’une pulsion aussi brutale qu’inexpliquée. J’ai été parachutée dans une salle municipale avec ses murs nus, son sol en dalami, son plafond tacheté, ses trois portes des années soixante, ses quatre tables rectangulaires et ses chaises bancales. Avec ses personnes aussi, un groupe hétérogène composé avant tout de femmes au foyer. Deux messieurs à la retraite, qui se déplaçaient clopin clopant avec leur matériel de dessin sous le bras, complétaient le tableau.

Dès la première séance et sans aucune forme de théorie, nous avons été placés en situation. Le professeur avait disposé, sur un drap plissé, un vase au long cou de cygne dans lequel s’épanouissait un arum. Sur la droite, à une vingtaine de centimètres du vase, se dressait un bougeoir à trois têtes. Un violent projecteur, placé sur le côté, éclairait la scène. La composition était parfaite, les jeux d’ombre et de lumière splendides. Aussitôt, le groupe s’est approprié le sujet et chacun y est allé de soncoup de crayon. Moi, je suis restée plantée devant, les bras ballants, ne sachant quoi faire ni par où commencer. On m’a donné une feuille de papier, de quoi dessiner, une gomme mie de pain et l’on m’a jeté à la figure le nombre d’or censé venir à bout de n’importe quelle hésitation. Il s’en est fallu de peu que cette première séance fût aussi la dernière.

Mon mari m’a incitée à persévérer. Pourquoi s’est-il intéressé à mes talents artistiques ? Avait-il besoin de liberté ? Pourtant et du fait de mon travail, il disposait de quatre nuits par semaine pendant lesquelles il pouvait découcher à loisir alors pourquoi, précisément, le mardi soir ? Je savais bien qu’il avait déjà pris une maîtresse, il est des indices qui ne trompent pas : un chouchou, quelques pinces à cheveux ainsi qu’un tube de rouge à lèvres usagé trouvés sous le siège arrière de sa voiture m’avaient ouvert les yeux mais je ne m’en étais pas offusquée, ayant pour ma part goûté à la haute technicité d’un hardeur. Depuis que j’avais déposé les objets compromettants, sans commentaire aucun, sur l’écritoire de l’entrée et qu’ils avaient disparu le jour même, sans davantage de commentaire, Didier ne me faisait plus aucune remontrance quant à l’irrégularité de mes horaires. Je pouvais aller et venir comme bon me semblait. Au mois de décembre et à l’occasion des fêtes toutes proches, notre professeur a introduit dans le programme la peinture à l’huile. Nous avons utilisé des planchettes de bois sur lesquelles quantité d’angelots ont vu le jour. J’avais pris de l’assurance vis-à-vis des nouvelles techniques. L’un des deux seniors, celui qui boitait le plus, m’a gratifiée de ses compliments.

— C’est votre première huile ? Félicitations, ce sera sans doute la meilleure.

Je ne songeais plus du tout à quitter le cours. En février, nous avons découvert la peinture acrylique. Le procédé en est fort différent, il faut étaler la couleur très vite sinon tout prend en masse, il ne reste plus qu’à jeter les pinceaux et recommencer. Au mois d’avril, je me suis lancée dans le mélange des genres. Je voulais combiner les deux types de peinture dans un même tableau. J’avais apprécié l’acrylique pour sa rapidité de séchage et l’huile pour la luminosité de ses couleurs. C’est ainsi qu’un certain jeudi – j’avais déplacé mon cours en raison d’une panne de voiture le mardi précédent –, je campais debout, devant mon chevalet, en blouse de coton, faisant face au mur. La semaine précédente, j’avais déjà ébauché les contours d’un paysage désertique de l’Arizona et badigeonné les grosses masses à l’aide de couleurs acryliques. Ce soir-là, je travaillais à l’huile, tout en finesse. Il est entré. Un homme, la quarantaine, les cheveux légèrement grisonnants, qui n’avait rien à faire dans cette pièce, s’avançait. J’apprendrai qu’il avait pris rendez-vous avec ma monitrice pour lui présenter plusieurs dessins au crayon qu’il avait réalisés en dilettante. J’apprendrai aussi qu’il espérait lui extorquer des éloges.

L’homme était un habitué du centre culturel puisque tous les lundis, il suivait des cours de poterie dans la salle qui jouxtait la nôtre. Jamais nous n’aurions dû nous croiser. Pourtant, notre rencontre nous est tombée dessus. Immédiate, saisissante, fulgurante. Tandis qu’il ouvrait son carton à dessin et en sortait ses productions, il parlait beaucoup, commentait tout, plaisantait sans cesse, racontant comment il avait réussi à écouler un nu pour cent cinquante euros à des touristes américains venus se perdre au pied de la cathédrale d’Évreux. Il ne pouvait pas se taire. Il vantait son génie qui l’incitait à se lâcher, à laisser libre cours à ses pulsions les plus folles et c’est ainsi qu’à l’occasion d’un cours de poterie, une forme tordue et noueuse avait vu le jour sous le regard attendri, ahuri, horrifié, condescendant, désespéré et inquiet de son professeur, peu habitué à voyager hors du spectre des pots, vases, cruches et autres récipients creux prévus au programme annuel. Face à ce manque d’enthousiasme, il avait préféré déserter le centre culturel pour n’y plus revenir. Pauvre homme, personne ne le comprenait ! À plusieurs reprises, j’ai essayé de concentrer mon attention sur les mélanges de couleurs mais ses mots, fluides et envoûtants, m’ont transportée bien loin des Amériques. J’ai laissé sa voix descendre au plus profond de moi pour y graver quelques touches que je savais indélébiles.  Je buvais son rire.
— Pourquoi l’Arizona ? J’ai sursauté.
— Euh…

Il avait ouvert le bal.

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