Griffures de printemps, de Khadija El Bourkadi

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Griffures de printemps, de Khadija El Bourkadi

Parce que le mouvement est inédit, le poète, témoin des soulèvements qui ont secoué le monde arabe, ne peut y rester indifférent. Ce recueil, composé entre 2011 et 2015, n’en est pas un simple constat, une peinture figée, mais livre un ressenti : l’évènement interpelle l’auteure. L’écriture est assumée.

Les quatre parties de l’ouvrage se présentent comme une succession de tableaux vivants, mais aussi d’arrêts sur l’image. De l’euphorie du changement, impulsé par l’élan vers la liberté des peuples déchaînés, l’auteur vire vers le désenchantement, la colère. Une perception des dérives de l’évènement qui prend vite une portée générale pour se révolter contre les malheurs et dénoncer les horreurs sous toutes leurs formes : la guerre, l’intégrisme religieux, les répressions violentes, la destruction du patrimoine mondial, les ingérences étrangères. Une note d’espoir vient clore ce recueil.

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Extrait :

Sous un ciel lancinant comme les airs amers

Des espoirs avortés, ô le mortel supplice,

Je bois l’illusion, cru d’une cicatrice,

Griffure d’un printemps bourgeonnant à l’envers.

Je vois demain pleurer le jasmin défleuri

Par des vents opposés venus d’autres rivages,

Les éclats chatoyants d’évanescents mirages

S’effacer sur les ergs d’un présent dépéri.

Il flotte autour de moi d’aigres relents de peur.

Les flots de l’inconnu, frangés d’incertitude,

Déversent des embruns, mouillés de solitude,

Dans les cœurs embrumés par le songe qui meurt.

Les rêves confisqués gisent disséminés

Aux pieds des assaillants insouciants des râles

De l’aube déchirée aux sifflements des balles,

Faucheuses d’insoumis, disparus calcinés.

Je vois la liberté flagellée à l’envi,

Les médias partisans mater les consciences.

Que reste-t-il des vœux, des pressantes urgences,

Rien qu’un écœurement, de longs soupirs suivi.

(Je vois demain pleurer)

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2 réflexions au sujet de « Griffures de printemps, de Khadija El Bourkadi »

  1. comme c’est bien exprimé, on ressent à la lecture une tristesse incommensurable, un constat navrant de ce qui aurait pu être et qui n’est pas, une lassitude extrême et un poids insupportable sur les épaules… « Je vois demain pleurer »

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