Archives par mot-clé : Société

Voyage dans les mémoires d’un fou, de Lionel Cecilio

Voyage dans les mémoires d’un fou, de Lionel Cecilio

Saisir la vie ou attendre la mort ? Que faire en découvrant que sa dernière heure est venue ? Alors qu’il vient d’apprendre qu’il est atteint d’une maladie incurable et mortelle, un jeune homme décide d’écrire à un lecteur imaginaire pour le faire dépositaire de ses mémoires. Sa plume s’emballe et l’entraîne dans un tourbillon étourdissant où poésie, rires et larmes s’entremêlent !

Mais a-t-il seulement vécu ?

Pour acheter le livre papier, cliquez ici ou rendez-vous dans votre librairie.

Pour acheter le livre au format numérique, cliquez ici.

Et si vous voulez aller voir la pièce, cliquez-ici.

En savoir plus sur Lionel Cecilio

Crédit : Bruno Perroud

Lionel Cecilio est acteur, auteur et metteur en scène.

Il reçoit une formation de comédien à l’école d’art dramatique des Enfants Terribles à Paris. Curieux et insatiable, il se perfectionne tous azimuts, s’offrant ainsi une solide base artistique pluridisciplinaire allant de l’improvisation au clown en passant par le travail à la caméra, et même le Katakali, une sorte de théâtre dansé indien.

S’il s’est illustré et fait connaître avant tout comme comédien, il n’a pour autant jamais abandonné une plume avec laquelle il a commencé à écrire très tôt ses premiers spectacles.

Lionel Cecilio est un artisan de l’art, déjà reconnu par ses pairs dans toutes les disciplines qu’il pratique. Au cinéma, il obtient la distinction de Jeune Talent Cannes Adami au Festival de Cannes en 2011. En 2012, il tient le rôle principal de Nouvelle Cuisine, un film qui reçoit la Mention spéciale du jury au Festival d’Aubagne. En 2014, le film Les Héritiers, dans lequel il incarne Joe, est récompensé par plusieurs nominations aux Césars. Au théâtre, il tient le rôle titre du spectacle Aladin, nommé aux Molières en 2016.

À tout juste 30 ans, cet artiste engagé, concerné par le monde qui l’entoure, la condition des hommes et une idée quasi romantique du vivre ensemble, a déjà sa signature d’auteur. Un style poétique et drôle, léché et soigné. Un univers absurde et doux où se mêlent avec fougue et passion l’amour, l’espoir, la tristesse, le rire, la folie et la nostalgie.

Court extrait de Voyage dans les mémoires d’un fou :

 

« L’Enfant

Papa, pourquoi je suis petit ?

Le Père

Mais t’es pas petit mon bonhomme, pourquoi tu dis ça ?

L’Enfant

À l’école, tout le monde me dit que je suis petit…

Le Père

Ne les écoute pas, ils disent ça pour t’embêter.

L’Enfant

Mais papa, je le vois bien que je suis plus petit qu’eux…

Le Père

T’es pas petit, tu prends juste un peu plus ton temps que les autres. Tu vois la lune, là.

(Il fait mine de la prendre entre deux doigts.)

On peut la prendre entre nos doigts, et pourtant elle est immense. C’est un effet d’optique. En fait elle paraît petite parce qu’elle est très loin de nous, loin de tout ça. Et toi… tu es loin aussi.

L’Enfant

Moi aussi, je suis un effet caustique ?

 

Le Père

Quand les enfants naissent, ils sont tous sur la lune. Et puis, au fur et à mesure qu’ils vieillissent, ils paraissent plus grands, parce qu’ils sont de plus en plus proches. Et seulement une fois adultes, ils ont les pieds sur terre. Tu comprends ? Et bien toi… tu n’es pas petit… tu es loin. Tu prends ton temps. T’es encore loin, et tu as bien raison.

L’Enfant

Mais papa, si on est vieux sans être grand, on est fou.

Le Père

Non, on est libre. Mais dans le monde des adultes, les gens libres font peur, alors on dit qu’ils sont fous… Mais c’est ce monde qui l’est.

L’Enfant

Mais papa, si je reste toujours loin, il y a plein de trucs dans le monde des grands que je pourrai jamais avoir.

Le Père

Dans le monde des grands, ici, sur terre, il y a les mensonges, les taxes, le travail, les accidents, les maladies, les guerres, la prison, le racisme, l’exclusion, la bêtise, les attentats, le terrorisme, la mort…

(Au fur et à mesure de l’énumération il recule dans un mouvement un peu dansé en lâchant la main de son père dont on comprend qu’il reste à l’avant-scène tandis que lui, l’enfant, finit en fond de scène.)

(Fond de scène – D’abord tendant la main, puis baissant le bras comme pour montrer qu’il assume d’être là-bas et que c’est désormais son choix.)

L’Enfant

Je suis pas petit, je suis loin.

(Noir.) »

 

Ipagina’Son entre lecture et géométrie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

 

Un texte court, fort, sur ce A  qui pourrait si facilement n’être qu’Amour, mais qui est tracé sans volutes ni sentiments.

A devient donc le A majuscule géométrique, froid et raide du mot Argent, régit par la rigidité d’un monde dur qui manque de bienveillance en bien des points.

La bêtise, la folie,  la déshumanisation règnent dans nos sociétés où la compassion est abandonnée au profit du compas.

Faut-il être triste ou en colère ? Je crois que les deux sont nécessaires et j’ai ressenti le besoin impérieux de lire ce poème de Firenz’, sélectionné par Amaranthe.

Entre le A de l’alphabet et les jambes du compas, il n’y a plus qu’un pas…mais moi je suis nulle en Mathématiques…

 

A

UN RIEN DE GEOMETRIE

Firenz

***

En fait, ça n’était pas une croix,

C’était un compas.

Lorsqu’on l’ouvrit

On découvrit,

La forme d’un A,

Un A majuscule.

Initiale du mot ‘Argent’,

$$$

Jambes écartées donc,

Et c’est ainsi

Que Sexe et Argent

Se sont inscrits

Comme religion.

Au compas,

Sans compassion….

IpaginaSon vous invite sur un banc.

 

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

***

 » A m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi

A regarder les gens tant qu’y’en a… »

Et si nous nous asseyions à côté de cette vieille dame ? Son esprit n’est plus tout à fait là, mais elle est encore assise sur le banc de la vie.

Un texte qui fait référence à la solitude et aux perturbations qui entachent la fin de vie, mais en même temps, nous pouvons choisir d’y lire   » L’envie instinctive jusqu’au bout  » et le besoin des autres, celui de parler, de voir, de se fondre dans un monde qui échappe un peu plus chaque jour. Pourtant la vie est toujours là….

Une réflexion très humaine de Christine Millot-Conte, sur notre attitude face à cette future NOUS…   » Casquette bien bas à notre Gavroche-Christine pour cette poésie-cri, sélectionnée par Malayalam, conseiller du site.

La voix de Sortilège y ajoute toute sa profondeur…

1530777599

***

LA VIEILLE SUR UN BANC

– Christine Millot-Conte –

***

***

Toute seule sur son banc avec ses fêlures

elle a atteint son point de rupture

Elle sait plus trop bien son futur

alors elle reste là à compter ses brisures

***

Dans sa tête, ça se bouscule tous ces murmures

qui lui serinent sans cesse ses mésaventures

alors elle reste assise avec ses déchirures

perdue dans le dédale de ses meurtrissures

***

Parfois, elle invective un passant

ça dépend des jours, ça dépend du vent

elle parle toute seule pour la joie des enfants

elle sait plus conjuguer sa vie au présent

***

Elle fait un peu peur à ces bonnes gens

qui la croisent là, toute seule sur son banc

Son esprit n’a pas supporté les ouragans

qui se sont abattus sur ses ans

***

Elle vient là tous les matins

avec son sac rempli de chagrins

et ses yeux qui se sont éteints

elle a perdu de sa vie, le chemin

***

Elle sera là encore demain

sous l’oeil amusé de tous les gamins

qui jouent au foot sur le terrain

et personne ne viendra lui tendre la main

***

Source de l’image : http://venise.blogs.sudouest.fr/tag/bancs

 

 

 

 

 

 

 

iPagina’Son ou les délectations du Diable…

 

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

L’équipe d’iPagina’Son se présente ici.

Un poème comme un don, des alexandrins tristes et désespérés, dont le voile sombre ne demande qu’à être soulevé.. Le Diable, les Diables étriqués dans les replis de notre société, l’inertie des opprimés courbant l’échine, tel est le triste constat pourtant bien réel, d’une déshumanité de notre société, gravement repris par l’actualité de ces jours-ci.

 

 » On peut geindre ou prier, c’est vivant qu’on succombe

A cette humanité que peuplent tant de tombes.

Il a beau se remplir de rêves étoilés,

L’homme meurt déserté du ciel qu’il a quitté… »

 

L’homme, incapable de vivre en paix avec ses semblables, est au centre de ce profond chant empli de désespérance de Sébastien Broucke, lu par Myriam (Maboulunette) et sélectionné par Patryck Froissart.

Nous aussi, nous irons…

 

MOI J’IRAI !

Sébastien Broucke

Le diable allait zélé sans ménager la peine,

Et faisant son travail décimait à la chaîne ;

On lacérait des chairs, on fracassait des os,

On brisait des amours, on parlait dans le dos…

 

Le sang n’était pas tout, c’était bien plus cruel,

Les armes abondaient pour briser les mortels ;

Ils gisaient comme une outre, emplis de leurs douleurs,

Les fracasser, au fond, les vidait du malheur !…

 

Ce qui comblait le monstre : inventer l’engrenage,

Ces détails fins, subtils, engendrant le carnage.

Il se plaisait aussi à savourer l’effroi,

A déguster la peur jusqu’aux veines des rois…

 

L’ignoble côtoyait l’horreur, l’inavouable,

Et partout le bonheur jouxtait le lamentable.

Vivre était un périple, et trépasser le port,

Mais chacun redoutait le repos de sa mort…

 

Le mal courait partout, jusqu’aux sangs des meilleurs,

Et le pauvre attendait qu’un moins riche se meurt !

Ah ! Tout était misère, et dessous le soleil,

On n’avait pour tout bien qu’une mère qui veille…

 

Dieu descendait parfois dans les plaines herbeuses,

Où fleurit la prière et ses plaintes nombreuses,

Et bénissant sans cesse et rythmant la nature,

Cadençait toute vie en battant la mesure.

 

Mais que pouvait-il faire au sein des mécréants,

La peine s’éteint-elle au murmure du vent ?

Ah ! Quel était ce jeu, quel était ce délire,

Fûmes-nous tous idiots, vaniteux, sourds, martyrs ?…

 

Ce soir je me souviens, je m’avançais, sincère,

Car mon âme d’enfant émouvrait Lucifer ;

Je ne pouvais songer, vu de ma position,

Que le mal en ce monde était sans solution !

 

J’allais comme tout ange oublier cet instant

Qui nous pousse à crier : « A mon tour maintenant ! »,

Et me jetant des cieux dans le corps d’un poupon,

Espérais fermement terrasser le dragon…

 

Mais lorsqu’on se réveille, on est ce petit d’homme,

Qui vient faible et vient nu, et dont l’âme va comme

Un fantôme esseulé dedans sa tour hantée,

Le regard implorant quelques nues dépeuplées…

 

On peut geindre ou prier, c’est vivant qu’on succombe

A cette humanité que peuplent tant de tombes ;

Il a beau se remplir de rêves étoilés,

L’homme meurt déserté du ciel qu’il a quitté.

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/selections/froissart-patryck/moi-j-irai-par-sbastien-broucke

QUIZ : L’argot ou l’art d’accommoder le langage courant.

[box title= »Chaque vendredi, un nouveau quiz ! »]

QUIZ LITTERAIRENe vous fiez pas aux apparences des quelques premières questions assez faciles pour vous mettre en chauffe. Il s’agit là d’un véritable défi que vous proposent les iPaginauteurs. Tous les quiz – lorsqu’ils sont prêts – sont mis en ligne pour le vendredi, juste avant le défi du week-end (pour en savoir plus, cliquez ici ). Ce  quiz vous est proposé par Agathe et Lilas. Arriverez-vous à réaliser un sans-faute ?[/box]

L'argot ou l'art d'accommoder le langage courant.

Départ
Félicitation - vous avez complété L'argot ou l'art d'accommoder le langage courant.. Vous avez obtenu %%SCORE%% sur %%TOTAL%%. Votre performance a été évaluée à %%RATING%%
Vos réponses sont surlignées ci-dessous.
Retour
Les questions en gris sont complétées.
12345
678910
Fin
Retour
]

[quote cite= »Wiktionaire » url= »http://fr.wiktionary.org/wiki/quiz#.C3.89tymologie »]Du latin quies qui serait dérivé de qui es ? (« Qui êtes vous ? »). C’était en effet la première question posée lors des examens oraux en latin. Le mot quiz apparaît, avec cette signification de « questionnaire » (un mot argot quiz existait déjà et signifiait « personne louche »), dans la langue anglaise en 1886. Le mot est ensuite passé dans la langue française.[/quote] [quote cite= »Oxford dictionaries » url= »http://oxforddictionaries.com/words/what-is-the-origin-of-the-word-quiz »]L’histoire raconte qu’au théâtre de Dublin, le  propriétaire du nom de Richard Daly fait un pari qu’il pouvait, dans les quarante-huit heures faire d’un mot absurde, le plus connu de toute la ville, et que le public lui fournirait un sens pour elle. Après une performance, un soir, il a donné ses cartes de membres du personnel avec le mot «quizz» écrit sur ​​eux, et leur dit d’écrire le mot sur ​​les murs de la ville. Le lendemain, le mot étrange était la coqueluche de la ville, et dans un court laps de temps, il a fait partie de la langue. Le récit  plus détaillé de ce supposé exploit (dans  F. T. Porter’s Gleanings and Reminiscences, 1875 ) donne la date de 1791. Le mot, cependant, était déjà en usage à cette époque, qui signifie «une étrange ou excentrique personne, et avait été utilisé dans ce sens par Fanny Burney dans son journal intime, le 24 Juin 1782.[/quote]

Au plaisir de vous défier lors d’un prochain Quiz, et n’hésitez pas à mettre en commentaire le score – réel – que vous avez obtenu et les questions qui vous ont semblé compliquées…

L’argot a fait les beaux jours de Frédéric Dard, de Coluche, de Renaud ou encore de Michel Audiard. Utiliser l’argot est une façon de contourner les tabous instaurés par la société et permet d’accommoder le langage courant qui témoigne  d’une certaine retenue. Il est particulièrement riche dans certains domaines comme la sexualité, la violence, la pègre.

Rassurez-vous ce soir, le quiz que je vous propose n’a aucune connotation de cet ordre-là. On y retrouve des expressions dont vous connaissez tous, j’en suis sûre, l’équivalent en langage courant.

« C’EST PARTI MON KIKI !  « (ou plutôt « le sort en est jeté »)