Archives par mot-clé : solitude

IpaginaSon vous invite sur un banc.

 

affiche de Bluewriter
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Votre lectrice du jour : Sortilège

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 » A m’asseoir sur un banc cinq minutes avec toi

A regarder les gens tant qu’y’en a… »

Et si nous nous asseyions à côté de cette vieille dame ? Son esprit n’est plus tout à fait là, mais elle est encore assise sur le banc de la vie.

Un texte qui fait référence à la solitude et aux perturbations qui entachent la fin de vie, mais en même temps, nous pouvons choisir d’y lire   » L’envie instinctive jusqu’au bout  » et le besoin des autres, celui de parler, de voir, de se fondre dans un monde qui échappe un peu plus chaque jour. Pourtant la vie est toujours là….

Une réflexion très humaine de Christine Millot-Conte, sur notre attitude face à cette future NOUS…   » Casquette bien bas à notre Gavroche-Christine pour cette poésie-cri, sélectionnée par Malayalam, conseiller du site.

La voix de Sortilège y ajoute toute sa profondeur…

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LA VIEILLE SUR UN BANC

– Christine Millot-Conte –

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Toute seule sur son banc avec ses fêlures

elle a atteint son point de rupture

Elle sait plus trop bien son futur

alors elle reste là à compter ses brisures

***

Dans sa tête, ça se bouscule tous ces murmures

qui lui serinent sans cesse ses mésaventures

alors elle reste assise avec ses déchirures

perdue dans le dédale de ses meurtrissures

***

Parfois, elle invective un passant

ça dépend des jours, ça dépend du vent

elle parle toute seule pour la joie des enfants

elle sait plus conjuguer sa vie au présent

***

Elle fait un peu peur à ces bonnes gens

qui la croisent là, toute seule sur son banc

Son esprit n’a pas supporté les ouragans

qui se sont abattus sur ses ans

***

Elle vient là tous les matins

avec son sac rempli de chagrins

et ses yeux qui se sont éteints

elle a perdu de sa vie, le chemin

***

Elle sera là encore demain

sous l’oeil amusé de tous les gamins

qui jouent au foot sur le terrain

et personne ne viendra lui tendre la main

***

Source de l’image : http://venise.blogs.sudouest.fr/tag/bancs

 

 

 

 

 

 

 

Ipagina’Son ou l’apologie du spleen à l’oral…

affiche de Bluewriter
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Votre lectrice du jour : Agathe

 

Pourquoi faut-il toujours subir le spleen, vivre la solitude comme une tristesse, l’isolement comme une fatalité ?  Et si les nuits blanches n’étaient que bonheur , propices au plaisir de la noirceur intérieure, à la complaisance dans la mélancolie ?

La solitude comme compagne fidèle, caressante, enveloppante…grisante…

Dans ce superbe poème, sélectionné par Malayalam,Yo défend le droit d’être triste et d’aimer cela. Qu’importe les idées reçues qui affirment qu’il faut vivre parmi les autres pour se « faire du bien ».

Les mots sont forts, les métaphores subtiles, les phrases rythmées. Les quatre derniers vers jouent avec les consonances, et rappellent la musicalité du slam.

« Laissez moi enfin vivre ma vie de j’m’enfoutriste.  »

Ce dernier vers résume parfaitement la philosophie de cet épiphénomène.

Bonne écoute !

OURS SEUL

EPIPHENOMENE

– Yo –

Ce soir encore je ne dirai pas grand chose et parlerai encore moins

Mais on me dit de sortir il parait que ça fait du bien

Invisible comme un fantôme qui aurait de sa vie une rature

Je passe à travers les gens mais je me prends toujours les murs

Alors je reste avec ma solitude, elle ne me laissera jamais seul

Me caresse, me recouvrant comme un linceul

La noirceur de mes pensées pour la blancheur de mes nuits

Mes nuits sont éternelles, j’entrouvre le jour et fait son autopsie 

Le marchand de sable s’est fait la malle avec Morphée

Je crois même qu’il l’a baisé, je suis leur enfant renié

Effrite la résine de ma tristesse et l’enroule de mélancolie

Et fume ce spleen comme un bras d’honneur à la vie

Si tout cela m’attise, m’attriste et m’irrite

Je n’ai trouvé aucun mérite dans la folie de mes rites

Le spleen de Baudelaire, une tapisserie de Matisse

Laissez moi enfin vivre ma vie de j’m’enfoutriste. 

 

IpaginaSon vous emmène naviguer au large…

affiche de Bluewriter
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Naviguer lentement à la dérive vers des horizons lointains, à la recherche de la flamme et de l’amour…

La mélancolie s’invite sur un bateau sans voile qui largue les amarres. Certes elle a pris le commandement de ce navire, mais au delà des mers d’ennui et de solitude, il y a une terre d’espoir…

Cette belle poésie de lignes2pensées, sur l’errance en mer et en amour a été sélectionnée par Néo.

Elle est lue pour vous, par la voix mélodieuse de notre amie Naïade.

 

bateau sans voile 1

COMME UN BATEAU SANS VOILE

– Lignes2Pensées-

Je vais à la dérive, je n’ai pas de sextant

et je ne sais plus lire l’heure au soleil terni.

Il n’y a plus de voile à ce bateau d’ennui,

plus d’équipage, de capitaine ni d’aspirant.

Sur la mer Solitude, où trépasse mon temps,

je cherche une latitude avec des alizés

soufflant jusqu’aux Bermudes où je pourrais croiser,

à bord de mon vaisseau, le Hollandais volant.

Sur ce bateau maudit, à la cargaison d’or,

des hommes pestiférés ont consumé leur âme,

condamnés à errer sans jamais voir de dame.

Sur mon bateau je prie pour retrouver la flamme

que seul peut ranimer l’amour doux d’une femme,

dont l’éclat, comme un phare, me guiderait au port.

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/selections/neo/comme-un-bateau-sans-voile-par-lignes2pensees

Quand iPagina’Son s’habille de solitude…

affiche de Bluewriter
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L’équipe d’iPagina’Son se dévoile ici

 

Voici la lecture d’un texte bouleversant…sur une vie bouleversée…

A travers le déroulement d’une journée incarcérée dans le quotidien d’un univers particulier,  ponctué de phrases courtes et monocordes, Christophe Gilles nous livre ici son ressenti d’une chute dans le vide de la rupture et de la solitude qui s’installe.

Un événement choc dans une vie qui poursuit sa course…

 « Pénélope » a été sélectionné par Amaranthe et vous est lu par Lisa

 

PENELOPE

– Christophe Gilles-

 

Titre premier.

J’en aime un autre. Je première personne du singulier. Elle parle bien d’elle. Présent de l’indicatif. C’est maintenant. Hier elle ne l’aimait pas encore. Demain elle ne l’aimera peut-être plus. Un autre. Ce n’est pas moi. Elle aime maintenant quelqu’un qui n’est pas moi.

Comme quoi. Une phrase sous les feux de l’analyse n’en reste pas moins une phrase, aussi complexe que celle-ci. Devrais-je sombrer dans la folie?

Oui. Que faire maintenant?

Semblant de rien. Peut-être. Après tout.

Cesser de ronger mon frein. Devenir un frêle aviateur aux bords des nébuleuses et l’égorger.

Oui. Peut-être. L’égorger. La vider comme un poisson. Flaque de sang rouge vif. Elle se résumerait à cette flaque visqueuse et encore fumante de ce sang rouge vif. Et moi je deviendrais Caïn, répandu sur Terre sous l’œil vindicatif du Créateur. Plus nulle part où se cacher.

Non. Ce sang il faut le garder frais.

Profiter de son absence pour réfléchir. Réfléchir et boire du café. Souffler. Souffler encore et chaleur dans le gosier qui descend en rappel le long de l’œsophage. Plouf. Liquide dans d’autres liquides. Chaleur qui se répand. Une sorte de rage tranquille.

N’arrange pas mes affaires. Je vais aller bosser. Aucune idée. Journée pénible une fois de plus. Hop. Le fond de la tasse.

J’enfile mon uniforme. Ne pas oublier les épaulettes. Étoiles et barrette. Le ciel sur les épaules.

Grimper dans la voiture. Tourner la clé. Automatismes. Pâté de maison puis monter sur l’autoroute. Pied au plancher. Je double. Je ma rabats. Je double à nouveau. Je me rabats encore. Yoyo motorisé. Je suis à la sortie. Encore cinq minutes et je serai arrivé.

Je rentre sur le parking de la prison. D’autres y sont déjà stationnés. Je sors de la voiture. Fenêtres. Des cris me parviennent aux oreilles. Fauves. Ils sont deux par cellule. Autrefois ils étaient seuls, pas question d’en mettre deux. Les temps changent.

Je fais face au bâtiment. Mangeuse d’âme, la porte s’ouvre et m’engloutit.

 

J’en aime un autre. Vider le contenant et tout laisser là.

Je pointe. Je m’avance sous le portique. Ouf. N’a pas sonné. Parfois se dévêtir, ou la raquette. Pîp. Le palais du rayon X.

C’est ici que sont domiciliés mes échecs. La jeunesse est insouciante et vieillit dans des souliers trop étroits. Je traverse la cour. J’arrive en cellulaire. Bientôt l’appel. Comme à l’école où l’instituteur vous appelait par votre nom. Mais ici il n’y a rien à attendre. Fin de journée peut-être. Et la fin du mois pour payer les petites misères.

Pater Noster qui est in caelis.

Je monte sur niveau. Les ailes. Et dans les ailes les cellules. Ruche dont le miel est amer. Toute sorte d’abeilles ici, rien à redire. Toutes les langues, toutes les cultures. Je fais un appel. Un, deux, trois… Trente cinq pas là. Où est-il? Quatre,cinq, six… Cueillir des cerises.

Je retourne au centre. Quarante deux. Six absents. Je transmets. Les gars de l’équipe du matin prennent le sac et s’en vont. Feu au fesse. Quitter l’antre du Démon. La journée démarre. Quatorze à vingt-deux. Une pause si il y a le temps. Le décompte commence. Pas assez. De tout. Deux pour quatre-vingts bonshommes. La majorité dans la vingtaine. Gâchis. Je les regarde et je me demande où tout cela les conduira. Leur avenir est ici. (Les Dieux restent vengeurs.)

Dans les prisons on compte par quarts d’heure. Ça donne l’impression d’avoir fait quelque chose au bout du compte. C’est le seul boulot où rien n’est produit, tout est défait. Agents, assistantes sociales, psychologues, médecins, psychiatres, dentistes, kinésithérapeutes, peintres en bâtiment, réparateurs d’ascenseur, détenus. Fourmilière sans ouvriers. Tous à tourner en rond. Quadrature du cercle. Le début c’est la fin et vice-versa.

On s’assied et on attend.

Rideau.

 

Deuxième quart d’heure.

Bing. Les trois coups.

Avant ils avaient une lampe d’appel. Comme dans les hôpitaux. Maintenant ils frappent aux portes. Ça rend dingue en moins de huit heures. Impossible de les entendre tous. Et puis aucune patience. Personne ne leur a appris à attendre, et personne ne leur apprendra. Bref. Je me lève.

– Qui appelle?

– Trente deux chef.

Clic clac. Le trousseau joue du violon. La clé tourne. La porte s’ouvre. Un polichinelle sort de la cale. Tout émacié. Un tox.

– Quand est-ce que madame Trucmuche va me voir?

– C’est qui?

– Mon assistante sociale. J’ai des papiers à remplir.

Ses yeux. Ils serait prêt à chialer. Il essaye de me refaire. Difficile dans ce boulot. Le mensonge c’est l’ennemi. Il veut juste téléphoner aux frais de la princesse. Plus d’argent. La pitié s’oublie comme le reste. A force.

– Vous avez fait une demande écrite?

– Oui, il y a une semaine.Mes fesses

– Je n’ai toujours pas eu de réponse.Mon cul

– Ce serait bien si vous téléphoniez chef. Cause toujours

– Il va falloir patienter, je peux pas téléphoner. J’ai des ordres à ce sujet. C’est ça… voilà. Les ordres ça marche toujours

Haussement de ton. Tout le malheur du monde. Enfermer qui que ce soit dans neuf mètres carré. Rentre dans ta cale. Finies les mondanités. Il rentre. Clic clac. Je suis dans ma maison, fin de partie. Derrière lui il y en a quatre-vingt qui attendent les nouvelles. Et quand les nouvelles sont mauvaises, ils vous crachent au visage. Un sacré paquet de salive. A côté de tout ça. Salauds. Fils de pute. Un must.

 

J’en aime un autre. Obsession. Je pense à elle. Il m’arrive souvent de penser à elle. Je reste à ne rien faire et je pense à elle. Parfois nous nous embrassons, nous nous caressons dans ces pensées. Mais pas ici, pas dans ce cloaque. Ces pensées doivent rester saintes. Sans souillures. Je m’efforce de penser à autre chose. Trop rapides. Trop désordres. Elles vont à cent à l’heure sans s’arrêter de tourner un instant. Fatigue.

La journée passe, je ne fais rien de bon. Regarde les détenus tourner dans le préau. Bonnets. Ballons. Des enfants.

Ô fils de Clymène,

Brûlez les chars

Pour vos souhaits de déments.

Autant d’enfances perdues, laminées, vidées de leur essence. Autant de corps adultes usées, rongées, détruits par l’envie, les drogues, le désir… Humanité fébrile. Courses frénétiques derrière le vide. Puis un gouffre. La chute.

 

Les quarts d’heure s’enchaînent. Rien de spécial aujourd’hui. Mais parfois tout arrive: agression, suicide, automutilation. Tout un monde replié sur lui-même. Celui qui s’était tranché la gorge avec une assiette cassée. Cette autre qui s’était enlevé un œil avec une cuiller à café. Cet autre encore qui avait enfoncé des ciseaux dans le corps d’une collègue.Lex dura sed lex.Problème difficile à résoudre. La détention c’est la quadrature du cercle. Sommeil en y pensant. Réveil en y pensant. Tout un monde replié sur lui-même.

Midi. Dîner. Bientôt la fin de la journée. Tout le monde rentrera entier chez lui. Une bonne journée. Chez les agents pénitentiaires, le taux d’alcoolisme et d’addiction aux tranquillisants serait intéressant à connaître. Comme le taux de divorce. Comme la mortalité à la pension. Tout un monde replié sur lui-même. Qui tourne pour les siècles des siècles.Amen.

Dernier quart d’heure. Je range mes affaires. Dernier comptage. L’équipe suivante arrive. Comptage contradictoire. Une véritable école de calcul mental. C’est ici que l’égalité des nombres prend tout son sens: s’ils ne l’étaient pas, nous serions condamnés à recompter sans cesse, jusqu’à ce que mort s’en suive.

Sac. Escalier. Pointage. Sortie. Liberté.

Le vent me défait les cheveux. Clouc… La portière s’ouvre. Je monte dans la voiture, mets le contact. Bonheur de la retrouver. Mais maintenant que se dire. Le paysage défile, le vent se joue des arbres et toujours ces autres voitures pleine de vie qui se dirigent à plein tube vers leur destin.

Je m’arrête devant la maison. J’ouvre la porte.Terra incognita.

La lumière est allumée dans le salon. Il entre. Bonjour, je suis rentré. Je suis dans le salon. L’écran de l’ordinateur portable lance des éclairs bleutés sur son front. J’embrasse la lumière. Elle me sourit. Sourire sans dent, du bout des lèvres. Je vois des champs labourés. Je vois Virgile. Et je vois Prométhée. Suis-je condamné à être dévoré? Ô feu sacré qui fait de nous des misérables, connaissance qui nous ronge le foie, je veux ignorer tout de toi.

Je monte à la salle de bain. Je fais couler l’eau de la douche et je me déshabille. L’eau chaude ruisselle. Stigmates. Il faudra bien crever l’abcès. Laissons la nuit passer. Je m’essuie. Peignoir aux motifs écossais. L’herbe y est si verte paraît-il.

Je vais me coucher. D’accord.

Le lit est frais. J’éteins la lumière. Je me fonds dans l’obscurité. Je ne suis plus qu’un bloc. Le passé. Je suis à l’école primaire. Je marche avec cette petite fille à le chevelure cendrée. Je ne sais plus de quoi nous parlons; la mémoire est la première chose à pourrir. Je suis en humanités. Baisers volés. On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans. Je me souviens cette peur au ventre. Laideur. Solitude. Pornographie pour boucher les vides. Papillons sous mes paupières. Toujours l’autre. Baisers sur des joues mortes. Les feus de joie, l’alcool, l’herbe. Et le regard perdu dans le ciel. Jeunesse percluse de rhumatismes. Et ce dégoût de soi. Ces femmes au sourire figée, les jambes grandes ouvertes. Toute cette semence gâchée, répandue sur le sol. Folies de la jeunesse. Et maintenant. Toujours aussi seul. Se retourner et se voir toujours aussi seul. Le corps se réchauffe et s’endort lentement. Boum-boudoum, boum-boudoum. Bruits de cœur dans l’oreiller. Toujours en vie. Lâcher prise et se laisser glisser. Sommeil. Demain est un autre jour.

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/selections/amaranthe/penelope-par-christophe-gilles

Sur ce chemin – Gisèle Prevoteau – iPagination Editions

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ROMAN : Catherine, la quarantaine, est DRH dans une grande entreprise. Très appréciée de sa hiérarchie, notamment pour la maîtrise dont elle fait preuve, elle est chargée de mettre en place un plan massif de licenciement. Mais Catherine est arrivée à la croisée des chemins et ne peut plus faire face aux responsabilités qui lui incombent. Elle s’enfuira, un matin, sur les routes de Normandie et sa fugue se doublera d’un voyage intérieur qui la conduira, au prix d’une grande souffrance, au plus profond de son identité et des mystères de son passé.

Publié à titre posthume, ce roman de Gisèle Prevoteau met en scène, avec beaucoup d’élégance et de réalisme, les parts d’ombre et de lumière avec lesquelles tout individu compose au quotidien. Son écriture sensitive montre du doigt les fléaux de notre civilisation que sont le stress, le chômage et la solitude.

La bande annonce :

Extrait du roman :

Du néant, telle une flèche, une automobile vous dépasse. Et vous voilà seule, perdue sur une route sans nom, entre deux villages, entre deux oublis, enfouie dans le silence.

Le vent fouette entre les vitres ouvertes ; l’été s’abat sur le macadam et là-bas, au bout du ruban anthracite, tremble un mirage. Malgré le vent dans vos cheveux blonds à l’abandon, la crispation serre votre visage de chat. Vous êtes là, au volant, sur cette route. Mais vous n’êtes pas là, absente. Pas ailleurs. Nulle part. Absente. En allée.

Rien, pas d’objet où poser ce regard bleu marine dont la vrille n’offense aucune cible. Vos mains petites et maigres, fermes et volontaires, s’accrochent au volant plus qu’elles ne le maîtrisent. Sous votre robe de coton bleu indigo vos formes sont timides mais musclées, étreintes par la volonté de ne pas céder à l’avachissement du temps qui passe.

Épaules contractées, bras compacts, cuisses tendues… tout dit la volonté qui a forgé la femme que vous êtes. Femme volontaire, errant sur une route inconnue, dans le cocon de sa 306 rouge, sous la poussière de l’été.

Vous essayez une radio, la voix vous agace ; une autre, la musique vous cisaille ; silence. Soudain vous levez le pied de la pédale d’accélérateur. Vous n’y voyez plus. Pourquoi ces larmes qui vous submergent ainsi, soudain ? Raz-de-marée sans avis météo. Du dos de la main, vous tentez de les essuyer mais le flot s’impose, débandade sous le soleil.

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