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Les corps étrangers, de Vincent Delareux

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Résumé : 

À dix-huit ans, Louis n’a encore jamais aimé. C’est en se rendant sur un forum qu’il rencontre Julien et doit se rendre à l’évidence : il est homosexuel. Les questions se bousculent et sa vie bascule : comment l’accepter et l’annoncer à ses parents ? Comment réagir face au rejet ?

De son côté, Julien va faire lui aussi l’expérience du bannissement. Contraint de quitter le domicile parental, il va frôler le danger… et côtoyer la mort.

Dans la tourmente d’une course contre la montre, ces deux histoires parallèles abordent sans détour les questions d’identité, de norme, mais aussi d’errance pouvant aller jusqu’à la prostitution et la séquestration.

Avec « Les Corps étrangers », Vincent Delareux signe un roman coup de poing qui ne laissera personne indifférent. C’est plus qu’un livre sensible et digne : il s’agit d’une ode intelligente à la tolérance.

Livre papier disponible ici : http://bit.ly/2h7vwv1 
Livre numérique disponible ici : http://bit.ly/2yxqd34

Court extrait

« Les clés crissent contre la porte d’entrée. Un moment passe avant qu’elles ne trouvent le trou de la serrure.

Le père de Julien entre, ôte son pardessus et marche jusqu’au salon. Sa démarche est si naturelle qu’un étranger le croirait sobre. Julien, à l’inverse, connaît suffisamment son père pour savoir que ce dernier est éméché. Le jeune homme est assis sur le canapé. Son géniteur le dévisage.

— T’es déjà revenu de la fac, toi ?

— Il est 21 heures, Papa.

— Il fait jour, pourtant.

— On est en mai.

— Ouais. Je sais. On est même le 13 mai. J’ai raison ?

— Oui.

— Le vendredi 13…

Le quinquagénaire se fige, réfléchit un instant puis fait quelques pas jusqu’à la cuisine américaine. Il attrape une bouteille de vodka dans le réfrigérateur et s’en verse un verre généreux qu’il avale en deux gorgées, comme s’il s’agissait d’eau plate.

— T’as une tête de déterré, mon fils. C’est à cause du vendredi 13, je parie. Il t’est arrivé un malheur, hein !

— Non.

— C’est ta copine, elle t’a largué pour un autre gars. Elles sont toutes comme ça… Comme ta mère… (Il se ressert un verre.) De vraies connasses. Toutes.

— T’es à côté de la plaque, Papa.

— Ouais, t’as raison. Je connais rien de ta vie. T’as même pas de copine, je suis sûr, hein ?

— Quelle importance ?

— Te fatigue pas. On va dire que t’as pas encore l’âge.

Il s’esclaffe en reprenant une gorgée de sa boisson translucide. Quelques minutes s’écoulent avant que l’alcool ne se retrouve dans ses veines. Dès lors, ses effets commencent à se faire ressentir. Après toutes ces années, l’ivresse est toujours la même. Bien sûr, elle se fait de plus en plus désirer : au fil du temps, l’organisme du père s’est accoutumé à sa présence. Lorsqu’un verre n’a plus suffi, il a fallu doubler la dose, puis la tripler et ainsi de suite, pour arriver au même résultat : une euphorie tentatrice et aliénante.

L’homme s’assoit à côté de son fils. Il se penche légèrement en avant, pose ses coudes sur ses genoux et joint ses mains pour donner à la scène une touche de solennité – ou tout simplement pour se stabiliser –, puis il reprend :

— Quand est-ce que tu vas finir par en ramener une ? Tu vas rester seul toute ta vie ? Je t’ai pas raté à ce point, quand même !

Julien fixe le mur d’en face. Les mouvements nerveux de sa bouche trahissent sa difficulté à demeurer stoïque sous le regard insistant de son père qu’il devine posé sur lui. Son cœur s’emballe. Soudainement, sa gorge se serre et il sent quelques larmes s’agglutiner dangereusement au bord de ses paupières. Il suffirait d’un battement de cils pour qu’elles se mettent à dévaler ses joues. Dans une tentative de les contenir, Julien écarquille les yeux et les garde grands ouverts pendant de longues secondes. Il les force ainsi à regagner leur place, dans un coin reculé de son cœur. Une fois ces larmes réprimées avec succès, un élan soudain envahit le jeune homme qui, sans réfléchir, se lance :

— Tu te souviens de la question que j’avais posée à Maman quand j’avais six ans ?

Manifestement, son père ne saisit pas la référence. Il continue à fixer Julien sans piper mot. Son regard se fait de plus en plus évasif. Julien le rappelle à l’ordre au bout de quelques secondes de silence. Il répète sa question qui, une fois de plus, sème la confusion dans l’esprit enivré du géniteur.

— Tu t’en souviens forcément. Je vous avais demandé si je pouvais me comporter de la même façon avec tout le monde, à l’école. Avec les garçons comme avec les filles, je veux dire. Vous m’aviez fait la morale.

Julien tourne la tête pour la première fois depuis le début de l’échange et constate le scepticisme de son père. Il tente de décrypter son regard afin de deviner ses pensées, mais sans succès, car fatalement, l’esprit d’autrui est impénétrable. (D’aucuns paieraient cher pour connaître les états d’âme qui se cachent sous le sourire de Mona Lisa ou derrière l’expression effroyable du crieur de Munch. Mais ces pensées, comme tant d’autres, demeureront à jamais dissimulées sous le masque étanche que constitue le visage humain.)

En cette soirée du 13 mai, c’est un regard vitreux qui imperméabilise les réflexions d’un père confus, presque absent. Ou peut-être n’y a-t-il tout simplement rien au fond de ses yeux. L’air hagard qu’il affiche semble demander à Julien un développement.

Puis, d’un coup, la bête sort de sa torpeur. L’esprit du géniteur se remet en marche. Il commence à comprendre. Le sang afflue de nouveau vers son cerveau qui s’emballe. Ses pupilles, si paresseuses une seconde plus tôt, s’animent subitement. Le quinquagénaire parcourt la pièce des yeux comme pour s’assurer de la réalité de la scène. Est-il vraiment en train d’avoir cette discussion ? Ou bien est-ce une hallucination due à un verre de trop ?

Son regard s’arrête de nouveau sur son fils. Il pousse alors un rugissement glaçant puis, d’une voix tonitruante, lance :

— Ça rime à quoi, ces conneries ? Qu’est-ce que t’essayes de me dire ? Parle, bordel !

Julien retient son souffle tandis que celui de son père l’enveloppe de relents d’alcool. Ses paupières se baissent pendant une seconde ou une minute. Il expire longuement, puis jette trois syllabes qui, incontestablement, transforment son existence :

— Je suis gay. »

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Mortelle générosité, de Christian Lu

Mortelle générosité, de Christian Lu.

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Dans un monde dirigé par les plus fortunés, où la valeur se définit par l’argent, l’inégalité met à mal les équilibres sociaux et pousse les peuples à la révolte.

Certains membres de cette ploutocratie financière se sont mis à vouloir aider les plus démunis au travers d’œuvres philanthropiques, au nom de leur conscience.

Dans un luxueux hôtel londonien, le meurtre d’une richissime personnalité va entraîner une série d’évènements qui vont venir troubler l’image idyllique des généreux bienfaiteurs.

Une journaliste, un altermondialiste, une travailleuse humanitaire, un inspecteur de police et un agent d’assurance vont se trouver mêlés à cette étrange mort ; elle les conduira à découvrir le terrifiant secret qui se cache derrière cette prétendue volonté de générosité.

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A propos de l’auteur

 

D’ascendance chinoise et vietnamienne, Christian LU a grandi en Suisse. Ses parents, venus pour étudier, n’ont pas pu retourner au pays en raison de la chute de Saïgon.

Aujourd’hui, Christian Lu exerce la médecine entre la Suisse et Londres où réside sa femme galloise.

Lauréat du concours iPagination Polar 2015, il publie ici son premier roman.

Extrait de « Mortelle générosité »

Ce jour, il reçut en fin d’après-midi la visite de Djimet Rimtobayé et de sa mère. Le petit Djimet était de santé fragile. Les courbes de croissance comparées à celles de son frère jumeau Gondibé à N’Djamena montraient qu’il grandissait moins bien, avec à présent près de trois centimètres de différence entre les deux, en un an. Les analyses de sang avaient aussi montré des carences de toutes sortes, que Gondibé n’avait pas.

La mère était inquiète, car Djimet avait les yeux rouges. Effectivement, le docteur Sokoyé constata une conjonctivite. Il remarqua aussi de petits dépôts blanchâtres derrière la cornée. Ces derniers jours, il était plus faible que d’habitude. Il avait saigné plusieurs fois du nez. Djimet se plaignait aussi d’avoir mal au ventre, aux jambes et aux bras. Le médecin lui fit une prise de sang. Les globules blancs étaient augmentés, et les plaquettes et les globules rouges, abaissés. Au microscope, il vit des cellules à la morphologie anormale.

Sokoyé proposa de garder l’enfant pour la nuit. La mère, confiante, ne protesta pas et confia Djimet aux soins du médecin. L’enfant pleura et se débattit quelques minutes, mais la fatigue finit de le raisonner. Il le prit dans l’arrière-salle et le coucha dans un lit. Il lui fit poser une perfusion et prendre un sédatif. L’enfant s’endormit paisiblement. Il dit à la mère qu’elle n’avait pas besoin de rester auprès de Djimet. De plus, il allait devoir lui faire plusieurs examens. Il serait donc mieux pour elle de rentrer et de revenir le lendemain.

Une fois la mère partie, le docteur Sokoyé donna congé à ses collaborateurs et ferma le dispensaire. Il s’assura d’avoir bien fermé toutes les entrées et sorties. Le praticien abaissa ensuite les stores.

Djimet n’avait pas l’air de dormir si calmement que ça. Il haletait et les mouvements de respiration de son ventre n’étaient pas réguliers. Parfois, Sokoyé percevait des grimaces sur le visage du marmot. Le médecin alla chercher du chlorure de potassium dans la pharmacie. Il en injecta une bonne dose sans même faire attention à la quantité. Djimet eut des convulsions. Deux minutes plus tard, il arrêta de respirer. Pendant ce temps, Sokoyé alla préparer le laboratoire. Il en profita aussi pour imprimer un formulaire à remplir. Il revint et prit le corps de l’enfant qu’il posa sur une table en acier, la peau à même le métal.

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Voyages , un recueil de nouvelles pour l’ailleurs

Voyages – Recueil de nouvelles pour s’évader

« 1ère COUV EBOOK voyagesPartir en voyage.

Non pas pour oublier et fuir mais pour tourner plus de cent pages et pour ouvrir des lendemains. »

Alors pourquoi hésiter ?

Partez à la découverte de neuf auteurs qui vous entraîneront dans un voyage hors du temps, aux quatre coins du monde.

Auteurs de l’ouvrage : Suzanne BERTEL-DESPREIN – Sandrine BRANCOTTE – Denis DELEPIERRE – Alain GRANDET – Renée-Lise JONIN – Éric LYSØE – Georges MALAMOUD – Jean-Luc MERCIER – Lena SIWEL

Extraits courts :

Ne pas regarder en arrière.

Oublier les frasques d’une vie absurde.

Devenir un autre, aux antipodes de celui qu’il était dans sa vie d’avant.

(Suzanne Bertel-Desprein – Le pont)

La chaleur, la mer, l’effervescence permanente des villes espagnoles qui ne dorment jamais, les gens qui sourient sans même vous connaître. Tout était agréable sous le soleil d’Espagne.

(Sandrine Brancotte – Cartes à rêver)

– Luis, nous avons un problème, lui dit-il d’une voix de spécialiste affûté. Tu vois une lumière que je ne vois pas. J’entends un bruit que tu n’entends pas. Les deux vibrent suivant un rythme étrange mais sont parfaitement synchronisés. Pourtant, nous sommes dans le rien et tout cela est impossible.

(Georges Malamoud – Une nouvelle de rien)

Il lui suffisait de croiser le regard d’un homme.

Mais pas de n’importe quel homme.

Un homme qui, par-delà les vies, un jour, lui avait été destiné, et qu’elle avait aimé.

(Lena Siwel – Autour des vies de Nakshidil)

Swann a l’esprit aquarelle. Il peint son quotidien par touches subtiles, s’évade au pays des mélodies. Porté par les chants des vents, il ne goûte que l’essence du temps, flâne longuement pour retourner chez lui ; seul, puisqu’il n’y a jamais eu de main pour tenir sa main.

(Jean-Luc Mercier – Razafihamoiarahilalao)

Les premiers jours, j’ai réellement cru que nous serions seuls. Je m’enivrais de l’air chaud qui nous fouettait le visage et de la lumière opale qui décolorait nos peaux et nos vêtements, nous donnant l’aspect de croissants humains dorés à point.

(Denis Delepierre – Dans leurs contrées)

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Quel programme iPaginatif pour 2016 ?

Très chers iPaginautes,

doigt dans l'engrenageSuite aux remarques et aux exigences de nombreux auteurs et lecteurs concernant la plateforme d’écriture ipagination.com (lenteurs, pages blanches, disparition de certaines fonctionnalités…), nous avons décidé de suspendre sa disponibilité et de remettre à plat l’ensemble des attentes, au regard de nos possibilités qui seront décisives dans les arbitrages à venir.

Etant nous-mêmes auteurs, nous savons combien cette plateforme est un lieu important pour la mise en avant des textes ainsi que pour les échanges entre auteurs, d’autant plus que la communauté comptait, fin 2015, plus de 3 500 membres inscrits parmi lesquels 75% d’auteurs. C’est pourquoi nous consacrons tout notre temps et notre énergie dans cette opération qui ne se fera cependant pas du jour au lendemain.

En conséquence, nous vous saurions gré d’éviter de nous solliciter quant à ce chantier car nous ne pourrions pas répondre à chacun d’entre vous. Pour être tenus informés, il faut vous abonner à ce blog, à droite du titre du présent article, juste en dessous du bouton permettant de nous adresser un don, afin de nous soutenir dans notre développement. Soyez assurés que nous faisons le maximum pour une remise en service dans des conditions optimales.

La plateforme « iPagination.com » s’éclipse pour mieux renaître, peut-être sous la forme que vous connaissiez, peut-être sous une autre forme, ou à défaut, par le biais d’un nouveau modèle d’organisation qui sera

 tout autant profitable à l’ensemble de la communauté.

Dans cette attente, sachez que vous pouvez toujours :

  • Participer à nos ateliers d’écriture qui se déroulent sur notre page Facebook accessible en cliquant ici,
  • Accéder ici-même à plus de 375 articles passionnés et passionnants proposés par les rédacteurs de l’iPaginablog,
  • Participer au concours de romans fantastiques permettant l’édition à compte d’éditeur, dont la page et le règlement sont accessibles en cliquant ici,
  • Lire les auteurs d’iPagination éditions dont le catalogue est disponible gratuitement au téléchargement ici et dont les titres sont disponibles à la vente en cliquant ici ou auprès de votre libraire.
  • Découvrir les ouvrages des auteurs indépendants que nous avons eu le plaisir d’accompagner dans leur projet en cliquant ici . Sachez que si vous aussi, vous souhaitez intégrer ce cercle indépendant, plusieurs modules individuels vous sont proposés en cliquant ici!

D’autres projets et surprises sont en cours de préparation et seront autant d’occasions de passer ensemble des moments privilégiés et pleins d’émotions. La communauté iPaginative est et demeure, en 2016, encore plus créative que jamais. Toute l’équipe reste mobilisée à vos côtés.

Bien à vous,

iPagina’Son ou la lecture d’une correspondance…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

Une partie de l’article publié aujourd’hui n’est pas de moi, mais de Malayalam, conseiller sur ipagination. Pourquoi être redondant, alors que chaque mot, chaque phrase, résument parfaitement l’émotion et l’intensité de la correspondance  entre Marie-Magdeine à son retour des camps de concentration et son époux médecin.

Mamagly75, détentrice de cette correspondance d’une force incroyable, a choisi de la publier sur iPagination.  Un partage formidable…

Voici l’article accompagnant un des coups de coeur de Malayalam d’Octobre 2015, lue avec toute l’émotion retenue qui caractérise Sortilège.

**********

 » Partager l’écriture d’une auteure qui a rejoint le paradis des écrivains en laissant derrière elle l’ensemble de ses textes et de sa correspondance avec son cher époux, c’est ce que nous propose Mamagly 75 depuis quelques semaines.

J’ai découvert avec émotion cette écriture qui garde fraîcheur, modernité et grande authenticité. De l’ensemble des textes postés, j’ai choisi de mettre en évidence ce poème au contenu terrible d’intensité dans la douleur liée à l’expérience impossible à effacer de la déportation.

Ces quelques mots de Mamagly pour vous permettre de comprendre de quel vécu ce texte fort, magnifique de justesse, est né.

Quelques semaines avant la libération, Benjamine (non de résistante) a 20 ans et fut arrêtée sur le pont Neuf à Paris! Déportée avec d’autres, tels des animaux…Benjamine arriva à Ravensbruck… puis quelques mois plus tard partit sur Koenigsberg sur Oder…. Libérée par les Russes de Joukov en 1945, elle revint sur Paris, s’en suit une longue correspondance avec son amour… »

 

index

PAROLES D’UNE FOLLE – 1947

Le silence a parfois cette odeur

de mort qui règne dans les pièces

désolées où seule l’ombre d’un jadis 

erre éperdument.

La tristesse est son amie chère

et ne le quitte jamais, ils se posent

tous deux sur les épaules fatiguées

de celle qui attend un fantôme,

le fantôme de ses défuntes années.

La joie s’est retirée comme l’eau

de la mer s’en va sur la plage

ensoleillée et comme les nuages

arrivent sur la lumière pour la cacher.

Il ne reste qu’un creux, un vide

béant ou se cache le silence.

La femme assise n’est pas vivante. Enfuie

dans son passé, elle n’existe plus

à l’intant présent.

Tout est vide et béant avec

cette odeur de morgue.

Pour briser ce silence, il faudrait

tuer la femme, et pour oter l’odeur

rendre la lumière.

J‘ai voulu tuer la femme

afin que renaisse la vie

J‘ai vu la femme se lever

à mon approche, apeurée et s’avançant

toujours vers la mort que je tenais

dans la main – Alors bravement

pour en finir plus vite,

en fermant les yeux, je me suis

ruée sur Elle le couteau levé.

Le couteau est entré, brisant

la vitre de son coeur, j’ai senti

les éclats tomber sur mes pieds

rompant tout le silence.

J‘ai hurlé de joie, le silence était

tué, et j’ai osé enfin ouvrir les yeux.

C’est alors que j’ai vu

la lance plantée dans la glace

et mon image en face…

Je m’étais tuée…

Alors la nuit a tout envahi.

Il n’y aurait plus d’ombre ni de

silence, plus de femme non plus…

Tout est mort… à quoi bon attendre,

à quoi attendre que la mort à

son tour ensevelisse la mort….

 De Benjamine à Mali, moi, Marie-Magdeleine !

©All rights reserved Magmaly, 1947 Paroles d’une Folle « je M’étais Tuée »

*Let 385-386