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Voyages , un recueil de nouvelles pour l’ailleurs

Voyages – Recueil de nouvelles pour s’évader

« 1ère COUV EBOOK voyagesPartir en voyage.

Non pas pour oublier et fuir mais pour tourner plus de cent pages et pour ouvrir des lendemains. »

Alors pourquoi hésiter ?

Partez à la découverte de neuf auteurs qui vous entraîneront dans un voyage hors du temps, aux quatre coins du monde.

Auteurs de l’ouvrage : Suzanne BERTEL-DESPREIN – Sandrine BRANCOTTE – Denis DELEPIERRE – Alain GRANDET – Renée-Lise JONIN – Éric LYSØE – Georges MALAMOUD – Jean-Luc MERCIER – Lena SIWEL

Extraits courts :

Ne pas regarder en arrière.

Oublier les frasques d’une vie absurde.

Devenir un autre, aux antipodes de celui qu’il était dans sa vie d’avant.

(Suzanne Bertel-Desprein – Le pont)

La chaleur, la mer, l’effervescence permanente des villes espagnoles qui ne dorment jamais, les gens qui sourient sans même vous connaître. Tout était agréable sous le soleil d’Espagne.

(Sandrine Brancotte – Cartes à rêver)

– Luis, nous avons un problème, lui dit-il d’une voix de spécialiste affûté. Tu vois une lumière que je ne vois pas. J’entends un bruit que tu n’entends pas. Les deux vibrent suivant un rythme étrange mais sont parfaitement synchronisés. Pourtant, nous sommes dans le rien et tout cela est impossible.

(Georges Malamoud – Une nouvelle de rien)

Il lui suffisait de croiser le regard d’un homme.

Mais pas de n’importe quel homme.

Un homme qui, par-delà les vies, un jour, lui avait été destiné, et qu’elle avait aimé.

(Lena Siwel – Autour des vies de Nakshidil)

Swann a l’esprit aquarelle. Il peint son quotidien par touches subtiles, s’évade au pays des mélodies. Porté par les chants des vents, il ne goûte que l’essence du temps, flâne longuement pour retourner chez lui ; seul, puisqu’il n’y a jamais eu de main pour tenir sa main.

(Jean-Luc Mercier – Razafihamoiarahilalao)

Les premiers jours, j’ai réellement cru que nous serions seuls. Je m’enivrais de l’air chaud qui nous fouettait le visage et de la lumière opale qui décolorait nos peaux et nos vêtements, nous donnant l’aspect de croissants humains dorés à point.

(Denis Delepierre – Dans leurs contrées)

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Les beaux voyages d’IpaginaSon

Cette semaine, nous vous emmenons en voyage… 

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

iPaginaSon et son équipe se dévoilent ici

Quelques lieux et un pas de plus 37, d’Albéric, sélectionné par Amaranthe, lu par Lisa

à Mariana

C’est l’enfance du monde qui vit ces deux êtres, qu’elle affirma divins, s’installer dans la Quebrada. L’un était l’esprit du vent, l’autre, celui de l’eau. Les deux se plongèrent dans une compétition, une extase, créatrice qui transforma tout ce qu’ils touchaient en féerie, même pour la plus blasée des créatures.

On dit que les oiseaux la racontèrent sur les routes de leurs migrations. On dit que des hommes les entendirent, les comprirent et qu’ils essayèrent, maladroitement, de recréer cette beauté colportée. On dit que c’est ainsi que sont nés le Machu-Picchu, Pétra, l’Alhambra et le Mont saint Michel…

Hélas, même dans la pureté de leur cœur, la jalousie et l’envie réussirent à s’installer. C’est ainsi qu’un jour, l’un saccagea une fleur de pierre taillée par l’autre. Cette fleur avait une splendeur qui ternissait toute autre œuvre. À la jalousie succéda la colère. À la colère succéda la fureur. À la fureur succéda la haine. Il ne restait plus qu’à attendre la destruction qui de déluges et de tornades ravagea les gorges, mais échoua à y effacer toute trace de ces merveilles.

Un couple de marcheurs, les premiers hommes qui foulèrent ce bout du monde, l’arrêta. La femme s’agenouilla, caressa l’eau, parla à son esprit. L’homme tendit les bras, caressa le vent, parla à son esprit. Les éléments retrouvèrent leur place, les esprits abandonnèrent leur rêve ruiné. Le couple s’installa entre rivière et montagne. On dit qu’aujourd’hui encore, on les entend chuchoter quand l’eau et le vent se déchaînent.

D’autres personnes vinrent. Elles admirèrent, nommèrent ces restes. Le château, la gorge du diable, l’amphithéâtre et tant d’autres sont toujours là, dans ce paysage rouge, minéral, où s’infiltre la verdure. Ils balisent le cours paresseux, parfois rageur, de cette rivière qui de courbes en coudes alimente les terres de la Pachamama. Enfin, ils attendent celui-là dont ils bouleverseront la vie, forçant son cœur à s’ouvrir pour recevoir cette surprise qui l’attend à Cafayate.

Buenos Aires, 12 octobre 2013

 

 Coup de tête, récit de Véro D, sélection d’Amaranthe, lu par Agathe

Paris, le 30 novembre 2013

Ma chère Isabelle,

J’espère que tu vas bien. Tu seras sans doute surprise de recevoir cette lettre, à l’heure où l’on ne s’envoie plus que des mails ou des SMS. Mais ce que j’ai à te raconter est long, et je préfère écrire à la main plutôt que de confier mes sentiments à un ordinateur. Il m’est arrivé quelque chose que je dois absolument raconter à quelqu’un. Toi seule, qui me connais depuis l’école primaire, peut me comprendre.  Tu sais que je suis une personne raisonnable et responsable. C’était vrai jusqu’à hier.

Ce matin, comme d’habitude, j’allais partir au travail. Tu sais bien que mon emploi de secrétaire ne me passionne pas beaucoup, mais il a le mérite de me faire vivre. J’attendais le bus 721, qui serait bondé comme d’habitude de sa cargaison de travailleurs usés par le quotidien.  Il faisait encore nuit, le froid me mordillait les mollets. J’attendais mais le bus ne venait pas. L’impatience commençait à gagner les personnes qui patientaient, comme moi.

Alors, je ne sais pas ce qui m’a pris. Je suis partie. Sans but précis. Droit devant moi. Au début, j’avais marché pour me réchauffer, mais j’ai continué, pendant un moment, au hasard des rues.

Je me suis retrouvée devant la gare de l’Est. Un flot de personnes y entrait, l’air pressé et absent, se jeter dans un train en partance pour l’ennui. J’ai regardé le tableau d’affichage des départs des grandes lignes. Un train partait dans un quart d’heure pour Prague. Sans réfléchir, j’ai acheté un aller simple.

Je n’ai bien sûr aucun bagage, et je ne connais pas du tout cette ville. D’ailleurs, je n’ai jamais voyagé à l’étranger. Quand le train s’est mis en marche, je me suis sentie vivante pour la première fois de ma vie.  Pourquoi suis-je partie comme ça ? Pourquoi Prague ? Je ne le sais pas moi-même. Inconsciemment, ce projet avait dû mûrir depuis longtemps dans ma tête. Tout quitter, larguer les amarres. Vivre enfin une vie qui m’appartient.

Que vais-je faire à Prague ? Je vais y vivre quelques jours, quelques semaines, puis repartir ailleurs, plus loin vers l’est. Je vais aller là où mes envies me guideront. Vivre au jour le jour, découvrir de nouveaux lieux, de nouvelles personnes, d’autres façons de vivre. Vivre ma vie, ma vraie vie.

Voilà, je t’ai tout dit. Je t’écris du train, j’ai le temps, le voyage dure treize heures. Je ne sais pas quand je rentrerai, ni si je rentrerai un jour. Mais je t’enverrai régulièrement de mes nouvelles.

 

Ton amie qui t’aime.