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Ipagina’Son ou l’apologie du spleen à l’oral…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

 

Pourquoi faut-il toujours subir le spleen, vivre la solitude comme une tristesse, l’isolement comme une fatalité ?  Et si les nuits blanches n’étaient que bonheur , propices au plaisir de la noirceur intérieure, à la complaisance dans la mélancolie ?

La solitude comme compagne fidèle, caressante, enveloppante…grisante…

Dans ce superbe poème, sélectionné par Malayalam,Yo défend le droit d’être triste et d’aimer cela. Qu’importe les idées reçues qui affirment qu’il faut vivre parmi les autres pour se « faire du bien ».

Les mots sont forts, les métaphores subtiles, les phrases rythmées. Les quatre derniers vers jouent avec les consonances, et rappellent la musicalité du slam.

« Laissez moi enfin vivre ma vie de j’m’enfoutriste.  »

Ce dernier vers résume parfaitement la philosophie de cet épiphénomène.

Bonne écoute !

OURS SEUL

EPIPHENOMENE

– Yo –

Ce soir encore je ne dirai pas grand chose et parlerai encore moins

Mais on me dit de sortir il parait que ça fait du bien

Invisible comme un fantôme qui aurait de sa vie une rature

Je passe à travers les gens mais je me prends toujours les murs

Alors je reste avec ma solitude, elle ne me laissera jamais seul

Me caresse, me recouvrant comme un linceul

La noirceur de mes pensées pour la blancheur de mes nuits

Mes nuits sont éternelles, j’entrouvre le jour et fait son autopsie 

Le marchand de sable s’est fait la malle avec Morphée

Je crois même qu’il l’a baisé, je suis leur enfant renié

Effrite la résine de ma tristesse et l’enroule de mélancolie

Et fume ce spleen comme un bras d’honneur à la vie

Si tout cela m’attise, m’attriste et m’irrite

Je n’ai trouvé aucun mérite dans la folie de mes rites

Le spleen de Baudelaire, une tapisserie de Matisse

Laissez moi enfin vivre ma vie de j’m’enfoutriste. 

 

Atmosphère, Atmosphère, John Sokol dessine des gueules d’atmosphère

‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’ …

C’est avec sa gouaille toute particulière qu’Arletty invectivait Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, un film de Marcel Carné sorti en 1938. Jouvet ‘traite’ Arletty d’atmosphère, la belle se met en colère, et la réplique devint culte.

L’insulte ne manque pas d’air, on comprend le courroux … Franchement, peut-on avoir une gueule d’atmosphère ?

 baudekaire

Charles Baudelaire et ‘Les Fleurs du Mal’ 

Eh bien … peut-être, oui.

Bien sûr, le temps qui passe parchemine les visages et les corps, écrivant nos histoires en creux et en reliefs, en rides et en sillons, et la vie s’écrit à fleur de peau. La vie, et un peu de son atmosphère …

L’artiste américain John Sokol a usé d’autres moyens pour imprimer les traits des visages d’une vingtaine d’écrivains de nationalités différentes. Contours, mentons, nez, yeux, sourcils, cheveux … il a tout dessiné en utilisant les mots de certaines œuvres des auteurs sélectionnés. C’est avec leurs mots, leurs phrases, leur ponctuation, qu’il leur a tiré le portrait. Leurs textes, leurs univers, leurs atmosphères …

‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que  … ? ‘ Eh bien oui, finalement, ces écrivains ont une gueule d’atmosphère, la leur.

Ainsi ‘Les fleurs du mal’ dessinent les ombres et les lumières du visage grave de Charles Baudelaire,..  Et c’est ‘En attendant Godot’ que la beauté de Samuel Beckett se décline en noir et blanc et en sourcils broussailleux, tandis que les flammes de ‘L’enfer’ lèchent le visage de Dante, pour une ‘Divine Comedie’. Alors, James Joyce devient ‘Ulysses’ …

 

 samuelbeckettaswaitingforgodot

Samuel Beckett ‘En Attendant Godot’

Environ vingt œuvres pour dessiner autant de portraits, autant d’auteurs. Et le mot devient trait qui dessine les traits de ceux qui les ont écrits. Comme une mise en abîme, comme une boucle bouclée.

Aux quatre portraits précédemment cités, il convient d’ajouter ceux de Jorge Luis Borges, John Keats, Eudora Welty, Henry Longfellow, Grace Paley, Walt Whitman, Georges Bernard Shaw, William Faulkner, Henrik Ibsen, Robert Lowell, Robert Penn Warren,  James Tate, Mark Doty, et enfin Thomas Wolfe. Certaines de ces œuvres sont peut-être encore à vendre …

 

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James Joyce en ‘Ulysses’

 

 

 

 

Vous pourrez retrouver les autres portraits écrits par John Sokol, ainsi que le reste de son œuvre, sur son site :

 

 ‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’ …

C’est avec sa gouaille toute particulière qu’Arletty invectivait Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, un film de Marcel Carné sorti en 1938. Jouvet ‘traite’ Arletty d’atmosphère, la belle se met en colère, et la réplique devint culte.

L’insulte ne manque pas d’air, on comprend le courroux … Franchement, peut-on avoir une gueule d’atmosphère ?

 baudekaire

Charles Baudelaire et ‘Les Fleurs du Mal’ 

Eh bien … peut-être, oui.

Bien sûr, le temps qui passe parchemine les visages et les corps, écrivant nos histoires en creux et en reliefs, en rides et en sillons, et la vie s’écrit à fleur de peau. La vie, et un peu de son atmosphère …

L’artiste américain John Sokol a usé d’autres moyens pour imprimer les traits des visages d’une vingtaine d’écrivains de nationalités différentes. Contours, mentons, nez, yeux, sourcils, cheveux … il a tout dessiné en utilisant les mots de certaines œuvres des auteurs sélectionnés. C’est avec leurs mots, leurs phrases, leur ponctuation, qu’il leur a tiré le portrait. Leurs textes, leurs univers, leurs atmosphères …

‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que  … ? ‘ Eh bien oui, finalement, ces écrivains ont une gueule d’atmosphère, la leur.

Ainsi ‘Les fleurs du mal’ dessinent les ombres et les lumières du visage grave de Charles Baudelaire,..  Et c’est ‘En attendant Godot’ que la beauté de Samuel Beckett se décline en noir et blanc et en sourcils broussailleux, tandis que les flammes de ‘L’enfer’ lèchent le visage de Dante, pour une ‘Divine Comedie’. Alors, James Joyce devient ‘Ulysses’ …

 samuelbeckettaswaitingforgodot

Samuel Beckett ‘En Attendant Godot’

Environ vingt œuvres pour dessiner autant de portraits, autant d’auteurs. Et le mot devient trait qui dessine les traits de ceux qui les ont écrits. Comme une mise en abîme, comme une boucle bouclée.

Aux quatre portraits précédemment cités, il convient d’ajouter ceux de Jorge Luis Borges, John Keats, Eudora Welty, Henry Longfellow, Grace Paley, Walt Whitman, Georges Bernard Shaw, William Faulkner, Henrik Ibsen, Robert Lowell, Robert Penn Warren,  James Tate, Mark Doty, et enfin Thomas Wolfe. Certaines de ces œuvres sont peut-être encore à vendre …

 jamesjoyceasulysses.jpg.w560h793

James Joyce en ‘Ulysses’

Vous pourrez retrouver les autres portraits écrits par John Sokol, ainsi que le reste de son œuvre, sur son site :

 ‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que j’ai une gueule d’atmosphère ?’ …

C’est avec sa gouaille toute particulière qu’Arletty invectivait Louis Jouvet dans ‘Hôtel du Nord’, un film de Marcel Carné sorti en 1938. Jouvet ‘traite’ Arletty d’atmosphère, la belle se met en colère, et la réplique devint culte.

L’insulte ne manque pas d’air, on comprend le courroux … Franchement, peut-on avoir une gueule d’atmosphère ?

 baudekaire

Charles Baudelaire et ‘Les Fleurs du Mal’ 

Eh bien … peut-être, oui.

Bien sûr, le temps qui passe parchemine les visages et les corps, écrivant nos histoires en creux et en reliefs, en rides et en sillons, et la vie s’écrit à fleur de peau. La vie, et un peu de son atmosphère …

L’artiste américain John Sokol a usé d’autres moyens pour imprimer les traits des visages d’une vingtaine d’écrivains de nationalités différentes. Contours, mentons, nez, yeux, sourcils, cheveux … il a tout dessiné en utilisant les mots de certaines œuvres des auteurs sélectionnés. C’est avec leurs mots, leurs phrases, leur ponctuation, qu’il leur a tiré le portrait. Leurs textes, leurs univers, leurs atmosphères …

‘Atmosphère, atmosphère, est-ce que  … ? ‘ Eh bien oui, finalement, ces écrivains ont une gueule d’atmosphère, la leur.

Ainsi ‘Les fleurs du mal’ dessinent les ombres et les lumières du visage grave de Charles Baudelaire,..  Et c’est ‘En attendant Godot’ que la beauté de Samuel Beckett se décline en noir et blanc et en sourcils broussailleux, tandis que les flammes de ‘L’enfer’ lèchent le visage de Dante, pour une ‘Divine Comedie’. Alors, James Joyce devient ‘Ulysses’ …

 

 samuelbeckettaswaitingforgodot

Samuel Beckett ‘En Attendant Godot’

Environ vingt œuvres pour dessiner autant de portraits, autant d’auteurs. Et le mot devient trait qui dessine les traits de ceux qui les ont écrits. Comme une mise en abîme, comme une boucle bouclée.

Aux quatre portraits précédemment cités, il convient d’ajouter ceux de Jorge Luis Borges, John Keats, Eudora Welty, Henry Longfellow, Grace Paley, Walt Whitman, Georges Bernard Shaw, William Faulkner, Henrik Ibsen, Robert Lowell, Robert Penn Warren,  James Tate, Mark Doty, et enfin Thomas Wolfe. Certaines de ces œuvres sont peut-être encore à vendre …

 

 jamesjoyceasulysses.jpg.w560h793

James Joyce en ‘Ulysses’

 

 

 

 

Vous pourrez retrouver les autres portraits écrits par John Sokol, ainsi que le reste de son œuvre, sur son site :

 

 

Coup de coeur à David Villamejeanne

DAVID VILLAMEJEANNE

 David Villamejeanne est un touche-à-tout, poète et romancier – « Les yeux noirs » en  janvier 2007, « L’amour n’a pas d’odeur » en  novembre 2007 – il est aussi titulaire d’un diplôme universitaire qui lui permet d’enseigner le français. Depuis quelques années, il veille jalousement sur ses enfants dans son sud natal et se consacre à l’écriture et à la composition musicale.

Il commence la musique à 10 ans, apprend la guitare au conservatoire et dans les écoles de jazz et de rock de Montpellier. Après plusieurs années en tant que guitariste chanteur, il devient auteur-compositeur-arrangeur et met son talent au service des autres dans son studio d’enregistrement.

Des goûts éclectiques, une grande qualité de composition, et surtout une extrême sensibilité, voilà les qualités que je vous invite à découvrir à travers deux poèmes magnifiques de Rimbaud et de Baudelaire sur lesquels il a posé ses notes et sa voix.

Ces poèmes sont extraits d’un CD « L’invitation au voyage », recueil de poèmes mis en musique,  qui verra prochainement le jour.

image

Le Dormeur Du Val (Arthur Rimbaud)

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent, où le soleil de la montagne fière

Luit, C’est un petit val qui mousse de rayons

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort, il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme

Nature berce le chaudement, il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine,

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

L’invitation au voyage

(Charles Baudelaire)

 Mon enfant, ma soeur


Songe à la douceur


D’aller là-bas vivre ensemble !


Aimer à loisir,
 Aimer et mourir


Au pays qui te ressemble !


Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés


Pour mon esprit ont les charmes


Si mystérieux


De tes traîtres yeux,


Brillant à travers leurs larmes.


 
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.



 

Des meubles luisants,


Polis par les ans,


Décoreraient notre chambre ;


Les plus rares fleurs


Mêlant leurs odeurs


Aux vagues senteurs de l’ambre,


Les riches plafonds,


Les miroirs profonds,


La splendeur orientale,


Tout y parlerait


À l’âme en secret


Sa douce langue natale.



 Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.


 


Vois sur ces canaux


Dormir ces vaisseaux


Dont l’humeur est vagabonde ;


C’est pour assouvir


Ton moindre désir


Qu’ils viennent du bout du monde.
-

 Les soleils couchants
Revêtent les champs,


Les canaux, la ville entière,


D’hyacinthe et d’or ;


Le monde s’endort


Dans une chaude lumière.



 Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.