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Coup de coeur musical : Elodie Frégé

 

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Bercée depuis son enfance dans le monde de la danse et de la musique, Elodie Frégé a trois albums à son actif. Trois albums personnels au cours desquels Elodie prouve qu’elle n’est pas simplement une jolie fille formatée par la star académie qu’elle a remportée en 2003.

Après ce succès, elle enchaine les rencontres artistiques et sort  » Le jeu des sept erreurs » un album plus sombre et subversif écrit par Benjamin Biolay (toujours lui), dans lequel elle apporte une dimension poétique à des paroles volontairement froides, évoquant l’amour charnel sans sentiment avec « la ceinture », l’inceste avec « le velours des vierges » ou la descente aux enfers avec « Dolce vita ».

 

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Son chemin est tranquille comme les mélodies qu’elle gratte sur sa guitare, sa voix posée souvent comparée à celle de Françoise Hardy. Tranquille mais suivi. Pour preuve son troisième album  » La fille de l’après-midi » qui sort le 4 octobre.

Elodie Frégé s’investit également dans plusieurs oeuvres caritatives et récemment a fait partie de « la bande à Renaud », avec à la clé un CD en l’honneur du chanteur et poète maudit.

J’ai choisi de vous faire écouter « Il pleut », une merveilleuse chanson de Renaud à sa fille.

IL PLEUT

Tu peux pas t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller tes ch’veux
J’sais qu’ tu s’ras jolie quand même
Mais quand même tu s’ras partie
Moi, y m’restera à peine
Que ma peine et mon envie
De te coller quelques beignes
Et quelques baisers aussi

Fais gaffe, dehors c’est pas mieux
Y’a d’la haine dans tous les yeux
Y’a des salauds très dang’reux
Et des imbéciles heureux
Je suis mille fois meilleur qu’eux
Pour soigner tes petits bleus
Tu peux t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller tes ch’veux
T’aurais pu attendre un peu
J’allais bientôt être vieux
Tu peux pas t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller tes ch’veux

Tu peux pas t’casser parc’que
T’as pas l’droit c’est pas du jeu
On avait dit que tous les deux
On resterait près du feu
T’aurais pu attendre un peu
J’allais bientôt être vieux
Tu peux pas t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller tes ch’veux

Tu peux pas t’casser, je t’aime
A m’en taillader les veines
Et pi d’abord ça suffit
On s’casse pas à six ans et d’mi
Allez, d’accord, t’as gagné
Je te rallume la télé
Mais tu n’peux pas t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller tes ch’veux

Tu n’peux pas t’casser, y pleut
Ça va tout mouiller mes yeux

COUP DE COEUR AUX TIT’NASSELS

LES TIT ‘NASSELS

 COUP DE COEUR  AUX TIT'NASSELS

 

J’ai découvert ce duo atypique français grâce à Christian42, d’iPagination qui m’a dit ‘Il faut absolument que tu parles de ce groupe sur le blog ! » J’ai suivi son conseil et grand bien m’en a pris. Les écouter et visionner leurs vidéos m’a donné un coup au cœur et le sourire aux lèvres. Voulez-vous essayer et me dire si cela est communicatif ?

Axl et Sophie sont roannais et se sont rencontrés sur les bancs de la fac sur fond de Brel, de Barbara, mais aussi de Mano Solo et des Beatles. Ils reprennent ce répertoire jusqu’au jour où ils deviennent auteurs compositeurs à part entière et présentent des chansons à textes avec fraîcheur et causticité. Ils ont ce don particulier qui rapproche et fonctionne d’emblée auprès du public.

L’univers de ce drôle de binôme évolue avec une ribambelle d’instruments, de marionnettes et de lampes aux allures de brocante, et les personnages dont ils brossent des portraits oscillent entre légèreté et gravité, emprunts d’amour, d’humour et de noblesse.

Quinze ans d’existence, cinq albums tous illustrés par un fil conducteur, de petits pantins avec des boutons de vêtements et des cicatrices. Quinze ans et les chansons des Tit’ Nassels tournent toujours en boucle comme un orgue de barbarie…

J’ai choisi de vous faire partager « Soyons fous » issu du dernier album du même nom. Ce titre éponyme met le doigt sur une certaine hypocrisie consistant à faire l’inverse de ses discours, en se trouvant chaque fois de bonnes excuses…

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SOYONS FOUS

Je suis l’premier à me moquer

Mais je suis l’premier à faire,

A l’inverse de mes discours

Tout et son contraire.

Je suis l’premier à redire

Le premier à rechigner,

A crier sur tous les toits

Fais pas ci n’achète pas ça.

Mais moi j’ai un espace Renault

Car j’ai déjà un marmot,

Moi j’ai un frigo High Tech

Où j’peux ranger six pastèques,

Moi j’ai une Honda cinq cents

Que même j’peux faire de deux cents,

Moi j’ai un autoradio

Etanche à l’eau,

Trois télés à écran plat

Parce qu’il y a trois chambres chez moi,

Un PC pour elle et moi

Quand on s’Facebook c’est sympa,

Un troisième pour la gamine

Bah oui quand même c’est plus intime,

Une ribambelle de disques durs

En cas d’coup dur,

Car comme dit l’autre

Ici l’client est roi

Il a le droit d’être le roi des…

Soyons cons jusqu’au bout

Soyons fous jusqu’au trognon

Nos cerveaux sont disponibles

Et nos portefeuilles sont accessibles,

Soyons cons jusqu’au bout

Soyons fous jusqu’au trognon

La révolution High Tech

Nous a-t-elle fait perdre la tête ?

Moi j’ai mis l’appli IPhone

Rien qu’pour la déconne,

Mais j’ai pas encore l’Ipad

Quoi qu’ à crédit c’est peut-être jouable.

Moi j’ai un quatre/quatre bleu gris

Depuis que j’habite à Paris,

Moi j’ai la clim dans les toilettes

Depuis j’me sens mieux dans ma tête,

Cent quarante sept films récents

Que j’regarde pas j’ai pas l’temps,

Tous les derniers best-sellers

Conseillés par ma belle-sœur,

Le live intégral de Johnny

En Blue ray haut défini,

Sur mon bel écran plasma

Le stade de France est chez moi.

Soyons cons jusqu’au bout

Soyons fous jusqu’au trognon

Nos cerveaux sont disponibles

Et nos portefeuilles sont accessibles,

Soyons cons jusqu’au bout

Soyons fous jusqu’au trognon

La révolution High Tech

Nous a-t-elle fait perdre la tête ?

Moi j’ai ci, moi j’ai çà…

Moi j’ai ci moi j’ai çà…

Na na na…

Je suis l’premier à me moquer

Mais je suis l’premier à faire,

A l’inverse de mes discours

Tout et son contraire.

Je suis l’premier à redire

Le premier à rechigner,

A crier sur tous les toits

Fais pas ci n’achète pas ça.

Mais moi j’ai une assurance vie

Avec forfait illimity,

Pour le jour où vous s’rez en deuil

Que tout ça tienne dans mon cercueil,

Car c ’est à moi

Rien qu’à moi…

Soyons fous jusqu’au bout

Soyons cons jusqu’au trognon

Nos cerveaux sont disponibles

Et nos portefeuilles sont accessibles,

Soyons fous jusqu’au bout

Soyons cons jusqu’au trognon

On trouv’ras jamais le temps

De faire le plein d’évolution,

Soyons fous !

Coup de coeur pour Vanessa Paradis et Benjamin Biolay : Divinidylles.

Vanessa Paradis et Benjamin Biolay

Elle ne pouvait pas mieux tomber, cette consécration aux victoires de la musique : Vanessa Paradis en tant  qu’ interprète de l’année 2014 et Benjamin Biolay, auteur et compositeur d’une chanson sublime.

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Vanessa Paradis parce que je l’aime depuis toujours. A 14 ans je la trouvais déjà craquante avec sa voix de « canari enroué » sur « Jo le taxi ». Et puis il y a eu « Marilyn et John », «  Variation sur le même t’aime », entièrement écrit par Gainsbourg, une période pop anglaise avec Lenny Kravitz, le magnifique « Divinidylle » pour ne parler que des plus connus, et maintenant « Love songs »

« Chanter est ce que j’aime le plus faire dans la vie » dit-elle.

 Vanessa, elle interprète les mots des autres d’une façon sublime, la délicatesse au bout des lèvres. Elle touche, elle distille l’émotion, toute en retenue,  de sa voix si particulière à la Jeanne Moreau. Avez-vous remarqué comme cette voix, calme et grave quand elle parle, devient si légère et s’envole dans les hauteurs quand elle chante ?

Vanessa Paradis, c’est le contraste entre la fragilité d’un corps et  la force d’un regard posé. Et si j’y ajoute un sourire énigmatique sur le ruisseau du bonheur, une seule expression me vient à l’esprit quand je la vois. « Elle a une classe folle, cette femme »

Le cinéma ne s’y est pas trompé et elle a mis son talent au service de nombreux films en France et aux Etats-Unis, mais cet article est avant tout un coup de cœur musical…

 

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Benjamin Biolay, parce que c’est un homme de maux à mots. ..d’émaux ciselés..

Il a la sensibilité du musicien, une façon détournée de dire les choses, et une poésie qui transpire dans chaque  phrase, qu’elle soit faite de notes ou de lettres.

Il arbore une attitude et une voix plutôt introverties ( à la Daho), et pourtant la presque insolence du regard rappelle Gainsbourg, l’impertinence en moins. Des femmes comme Elodie Frégé, Kerenn Ann et Chiara Mastroianni ne s’y sont pas trompées en le choisissant comme auteur compositeur de leur album.

Je vous invite à visionner cette vidéo. Mettez une petite laine d’abord…Vous allez frissonner de plaisir et d’émotion.

LA CHANSON DES VIEUX CONS

   Tant qu’on ne sait pas, qu’on ne sait rien

Tant qu’on est de gentils petits chiens

Tant que la petite santé va bien

On n’est pas la queue d’un être humain

 

Tant qu’on ne sait pas le coup de frein

Qui vous brule à vif un jour de juin

Tant qu’on ne sait pas que tout s’éteint

On ne donne quasi jamais rien

 

Tant qu’on ne sait pas que tout éreinte

Tant qu’on ne sait pas ce qu’est la vraie crainte

Tant qu’on n’a jamais subi la feinte

Ou regardé pousser le lierre qui grimpe

 

Tant qu’on n’a pas vu le ciel d’étain

Flotter le cadavre d’un humain

Sur un fleuve nu comme un dessin

Juste un ou deux traits au fusain

 

C’est une chanson, une chanson

Pour les vieux cons

Comme moi, petite conne d’autrefois

C’est une chanson, une chanson,

Qui vient du fond, de moi

Comme un puit sombre et froid

 

Tant qu’on ne sait pas qu’on est heureux

Que là haut ce n’est pas toujours si bleu

Tant qu’on est dans son nuage de beuh

Qu’on ne se dit pas je veux le mieux

 

Tant qu’on n’a pas brulé le décors

Tant qu’on n’a pas toisé un jour la mort

Tant qu’on a quelqu’un qui vous sert fort

On tombe toujours un peu d’accord

 

C’est une chanson, une chanson

Pour les vieux cons

Comme toi, petit con d’autrefois

C’est une chanson, une chanson,

Qui vient du fond, de moi

Comme un puits sombre et froid

 

Tant qu’on ne sait pas ce qu’est la fuite

Et la honte que l’on sait qu’on mérite

Tant qu’on danse au bal de hypocrites

Qu’on n’a jamais plongé par la vitre

 

Tant qu’on n’a pas vu brûler son nid

En quelques minutes à peine fini

Tant qu’on croit en toutes ces conneries

    Qui finissent toutes par « Pour la vie »

 

Un deuxième cadeau en prime, la vidéo de « la superbe » qui porte parfaitement bien son titre…

 

 

Coup de coeur à David Villamejeanne

DAVID VILLAMEJEANNE

 David Villamejeanne est un touche-à-tout, poète et romancier – « Les yeux noirs » en  janvier 2007, « L’amour n’a pas d’odeur » en  novembre 2007 – il est aussi titulaire d’un diplôme universitaire qui lui permet d’enseigner le français. Depuis quelques années, il veille jalousement sur ses enfants dans son sud natal et se consacre à l’écriture et à la composition musicale.

Il commence la musique à 10 ans, apprend la guitare au conservatoire et dans les écoles de jazz et de rock de Montpellier. Après plusieurs années en tant que guitariste chanteur, il devient auteur-compositeur-arrangeur et met son talent au service des autres dans son studio d’enregistrement.

Des goûts éclectiques, une grande qualité de composition, et surtout une extrême sensibilité, voilà les qualités que je vous invite à découvrir à travers deux poèmes magnifiques de Rimbaud et de Baudelaire sur lesquels il a posé ses notes et sa voix.

Ces poèmes sont extraits d’un CD « L’invitation au voyage », recueil de poèmes mis en musique,  qui verra prochainement le jour.

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Le Dormeur Du Val (Arthur Rimbaud)

C’est un trou de verdure où chante une rivière

Accrochant follement aux herbes des haillons

D’argent, où le soleil de la montagne fière

Luit, C’est un petit val qui mousse de rayons

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,

Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,

Dort, il est étendu dans l’herbe, sous la nue,

Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme

Sourirait un enfant malade, il fait un somme

Nature berce le chaudement, il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine,

Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine

Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

 

L’invitation au voyage

(Charles Baudelaire)

 Mon enfant, ma soeur


Songe à la douceur


D’aller là-bas vivre ensemble !


Aimer à loisir,
 Aimer et mourir


Au pays qui te ressemble !


Les soleils mouillés

De ces ciels brouillés


Pour mon esprit ont les charmes


Si mystérieux


De tes traîtres yeux,


Brillant à travers leurs larmes.


 
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.



 

Des meubles luisants,


Polis par les ans,


Décoreraient notre chambre ;


Les plus rares fleurs


Mêlant leurs odeurs


Aux vagues senteurs de l’ambre,


Les riches plafonds,


Les miroirs profonds,


La splendeur orientale,


Tout y parlerait


À l’âme en secret


Sa douce langue natale.



 Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.


 


Vois sur ces canaux


Dormir ces vaisseaux


Dont l’humeur est vagabonde ;


C’est pour assouvir


Ton moindre désir


Qu’ils viennent du bout du monde.
-

 Les soleils couchants
Revêtent les champs,


Les canaux, la ville entière,


D’hyacinthe et d’or ;


Le monde s’endort


Dans une chaude lumière.



 Là, tout n’est qu’ordre et beauté,


Luxe, calme et volupté.