Ipagina’Son et la valise aux souvenirs…

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  • Votre lectrice du jour : Myriam

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 Dans chaque départ,  un peu de soi s’en va aussi.

Il y a beaucoup de symboles dans cette valise amie qui détient tant de souvenirs… Dans les secrets de son cuir, on y trouve en vrac la joie et la nostalgie,  les regards, les baisers et les pleurs,  les moments partagés , les regrets.

Savoir partir sans se retourner, en douceur et en gardant le meilleur.

La valise aux souvenirs a été préparée par Colette Bonnet-Seigue, Elle fait partie de la sélection de février 2015 d’Amarante. Son contenu, sous forme de prose poétique, vous est dévoilé par Myriam.

LA VALISE

– Colette Bonne-Seigue –

Faire sa valise, y enfermer le toit perdu que l’on quitte par soir d’orage. Y mettre un peu, beaucoup, rien, presque rien, un petit bout de lui, le meilleur, un bout de rien du tout, juste pour le cœur en panne. Son regard sur ma robe à fleurs, le cachemire de sa peau à mailles douces.

            De moi, à l’intérieur, une mise à nu, pas de superflu, seulement un trou de souris, un vide, la place d’un nouveau départ. Mais, plus de ces encombrants entassés là sur piles rangées, trop bien rangées pour embroussailler les mélis mélos d’un bonheur voilé.

Et puis, les indispensables mouchoirs aux roulis des yeux les jours de haute mer. Les talons sans aiguilles pour la sobriété du pas à l’envolée des invisibles monts à parcourir.

Valise à cases vierges libératrices, coffret ambulant vers des bémols sans arpège, pelisse de soi, sans artifices !

Faire sa valise comme on largue sa vie, sans amarres. Ne pas oublier le spi pour le vertige des vagues engrossées de regrets, de larges enivrants.

Pas de poids superflu qui lestent les matins peureux. Seulement le musc de sa peau accroché au bastingage d’un pyjama. Y mettre tout en vrac, tout le léger des sourires, des espoirs, des souvenirs pas trop perdus. Dans le profond de son abîme, y déposer avec respect les premiers baisers, les premiers bras ouverts, les premiers regards.

Valise des quais perdus, pour d’impossibles voyages au bout de l’autre, au fond de soi. Bagages express à fil de rail sans retour confié à nos racines.

Clic clac du dernier tracé à clé de ciel ouvragé d’opale, de désinvoltes arabesques, de pieds de nez rauques et sourds.

Valise encore trop lourde d’enfance hirsute, aux jeunes poupées ridées de brume, de rêves salvateurs.

Valise, mon sédentaire toit aux errantes mouvances des étés voyageurs. Dans ton creux, un petit bout de lui, le meilleur, un petit bout de rien du tout, juste à entrebâiller, à caresser pour le vertige de ses murs…

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source de l’image :  www.francesoir.fr

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