Apprendre le québécois, leçon 10 : Le magasinage de Noël

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

C’est Noël, tire-toi une bûche!

Au Québec, nous encourageons nos invités « à se tirer une bûche ». « Allez, ne reste pas debout, tire-toi une bûche. » Nous les convions ainsi à s’asseoir avec nous, à s’installer à la table avec les autres. Cette expression tirerait son origine de l’époque où les habitants de la Nouvelle-France possédaient très peu de meubles. Les chaises n’étaient souvent que des troncs d’arbres coupés. Quoique cette expression soit beaucoup moins utilisée qu’autrefois, elle survit encore, surtout dans des moments de festivités, de réjouissances. « Ne sois pas gêné, tire-toi une bûche et viens boire un coup à la santé du petit Jésus.» À noter qu’au Québec, l’adjectif gêné est fréquemment utilisé comme synonyme de timide.

Probablement à cause de nos nombreux ancêtres bûcherons, le verbe bûcher a gagné chez nous le sens de couper du bois ou d’abattre un arbre. « Ça fait une heure qu’il est parti bûcher. Il va peut-être revenir avec un beau sapin de Noël ou juste un gros mal de dos.»

La dinde, le repas traditionnel de Noël, est servie avec des atacas (ou atocas), dérivé d’atokha, un mot de la langue huronne. Les atacas sont une gelée de canneberges (variété d’airelles très populaire aux États-Unis). Donc, l’ataca est un accompagnement issu de la culture américaine, nommé à partir d’un mot huron, mais tourné à la québécoise.

La saison des Fêtes est une période de réjouissances, mais elle est avant tout celle du «magasinage». Au Québec, on fait rarement du shopping, on préfère de loin le «magasinage». « Je dois aller magasiner, je n’ai pas encore trouvé mes cadeaux de Noël. » « Je déteste le magasinage des Fêtes. Les gens sont stressés et je ne sais jamais quoi acheter. » « Je rêve un jour d’aller faire du magasinage sur les Champs-Élysées. »

Noël est pour plusieurs l’occasion de « prendre une brosse », de «partir sur la brosse» ou de «virer une brosse». C’est la version québécoise de prendre une cuite, de s’enivrer. « Le 24 décembre, mon mari part sur une brosse qui dure jusqu’au jour de l’An. »

 Magasinage-de-Noel

 

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3 réflexions au sujet de « Apprendre le québécois, leçon 10 : Le magasinage de Noël »

  1. Pas gênée pour deux brosses, j’ai pris une bûche sur l’ipaginablog et j’ai fait le magasinage pour trouver quelque expression !

    Je connais ici deux amis Madeline et Mathieu LaManna. Ce dernier m’a appris qu’on se quitte en disant

    Je t’embrasse

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