En mode écriture : Jivaro

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Jivaro »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est Jivaro qui nous invite à le suivre dans son processus d’écriture.

Le tricheur à l'as de carreau - Georges de La Tour (1593 - 1652) en 1635.
Le tricheur à l’as de carreau, 1635
Georges de La Tour.

Tout petit déjà, j’écrivais sur tout ce qui me passait sous les doigts.

Peu importe le crayon, c’est en grattant, gribouillant, esquissant toutes sortes de signes d’un alphabet inconnu, que je m’exprimais  sur des bouts de papier, des murs, des objets de toutes sortes…!

Pour parler, j’ai vite trouvé la combine en jetant ma tétine à la figure d’un questionneur m’empêchant de rêver et, de Glllll en Bllll, je lui chauffais les oreilles d’avoir autant d’indélicatesse envers moi.

Une fois le verbe acquis, la vindicte faisait son œuvre en questionnant inopinément tout un chacun sur les philosophies du monde.

Des réponses, j’en ai eu beaucoup, mais les plus éclatantes, c’est avec la nature et dans les livres que je les ai trouvées, au début de mon enquête universelle.

Plus tard, le vivant s’emparant de mes actes, c’est en observant, écoutant, analysant les autres à travers leurs comportements divers que s’est présenté à moi l’envie de tout noter afin de ne rien perdre de ce que je venais de découvrir.

Écrire, c’est reformuler, donc, se représenter en se l’appropriant, ladite découverte. Essentiel !

Tout le long de cette voie, la grammaire et l’orthographe se sont montrées des outils indispensables pour le partage et la lecture. Pourtant j’ai encore d’innombrables lacunes…

Des livres, j’en ai tellement lu, j’aimerais bien en lire encore autant… au moins.

J’y ai rencontré des amis, des doubles de moi-même, des fous, des inventifs, des poètes, des sages, des salauds, des dangereux, des hypocrites et des menteurs aussi…

Mes premiers partages littéraires ont eu lieu au collège… De rédactions en poèmes, j’ai subi les rires et les tendresses de tous. J’étais déjà un pitre depuis bien longtemps…

Le temps s’écoulant, les profs n’en ayant pas, c’est vers la musique que je me suis tourné en partageant quelques chansons.

Les paroles de Rock ne voyageant pas dans les esprits « Yéyé » de mes compères, le chemin dévia vers les pages blanches et solitaires des cahiers, durant des années.

Social, mais solitaire au fond, les premiers émois m’ont ouvert une porte, l’altruisme.

Et oui Mesdames, c’est votre premier rôle et envers moi vous l’avez si bien fait.

Du coup, ma mère est apparue, puis la famille, les amis, et tous les autres.

Ainsi, la philosophie s’est déclarée avec les arts en plein milieu de mes pensées

Et tous les créateurs géniaux qui suivent, et tant d’autres, ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

De l’hédonisme Diogène de Sinope à Michel Onfray,

Rutebeuf, François Villon, Mallarmé, Hugo,

De la chryséléphantine de Zeus à Olympie par Phidias

En passant par le génie de De Vinci, Georges de La Tour,

Siudmak, Dali, Hopper, Magritte, Meissonier,

Jusqu’aux installations de Pascal Dombis à Allan Mc Collum

En traversant les chants Peuls, les chœurs gutturaux tibétains,

Puis en me cognant à Ludwig, Ravel, Stravinsky,

Pour arriver à Arvo Part, Loussier, Shoenberg,

Anton Vebern, Steve Reich, Philip Glass,

John Coltrane, Jeanne Lee, Cassandra Wilson,

Cage, John Zorn, Mike Patton, Lou Reed, Bjork,

Bashung,Pierre Perret, Brassens, Brel, Barbara…

Le cinéma aussi avec l’incroyable histoire de Marie Shelley,

Man Ray, Renoir, Keaton, Chaplin,

Tex Avery, l’odyssée de Kubrick, Godfrey Regio « Koyaanisqatsi »…

j’ai vécu, ressenti tellement d’émotions nourrissant mon appétit de sens et de beauté, que je ne pouvais que partager à mon tour.

Alors, de rencontres esthétiques en surprises émotionnelles, intellectuelles, se sont posés les mots qui générèrent tant de beaux et profonds échanges créatifs entre nous tous.

J’ai écrit de tout, poème, opéra, conte, chanson, nouvelle, conte musical, haïku, scénario, préface…

La gloire ne m’intéressant pas, c’est le lien amical qui m’a conduit jusqu’ici.

Ayant touché un peu à tous les arts en amateur, c’est avec l’écriture que j’ai le plus d’affinités.,

Une bonne mémoire émotionnelle, scénographique, des notes, des tas de notes et cahiers, un coin de bureau, mon ordinateur encyclopédie et ami fidèle de mes pensées les plus intimes, parfois je l’appelle Max ou Léon, selon mes humeurs de l’instant et une bouteille d’eau, de soda ou un thé entouré de quelques aliments sucrés, salés, et mon grand fauteuil à roulettes.

Tout est bon pour trouver un sujet, les souvenirs, une émotion, un personnage, une voix, un article de presse, un film, les infos, un sentier, un objet… Tout !

L’embarras, c’est le choix. Il y en a tant…

Commencer à écrire à partir d’une émotion vécue, ressentie, me porte toujours vers une créativité débordante. C’est un choix simple qui ne m’a jamais fait défaut.

Féru de psychologie cognitive, d’altruisme, et des faiblesses d’ici bas, j’installe mes personnages et construis ainsi un relationnel alambiqué, tel un chef d’orchestre fou jouant trois ou quatre partitions à la fois… Parfois, je m’y suis perdu, mais c’est si amusant à faire…

Les mots viennent à moi, sonores, imagés, en désordre à l’entonnoir de mes pensées et comme je l’ai mis à l’envers, ils tombent, tels des oeufs frais, dans mon esprit éclaboussé pour faire ainsi mon omelette littéraire.

La folie, puisée au sein des vivantes bêtises que vous faites, pour les porter jusqu’à vos yeux essayant ensemble, de jouer un mauvais tour au mal.

Je remercie l’équipe géniale de partage créatif qu’est iPagination, qui nous offre, à tous, la possibilité de vivre une extraordinaire aventure humaine.

Le chef d'orchestre Jivaro en 1635 Aujourd'hui, c'est pire...
Le chef d’orchestre Jivaro en 1635.
Aujourd’hui, c’est pire…

 

 

5 réflexions au sujet de « En mode écriture : Jivaro »

    1. Ah si ! C’est Jivaro qui a choisi ses photos, et j’avoue qu’en découvrant celle-ci j’ai été surprise ! Je l’ai d’ailleurs invité à aller voir en quoi cela me faisait sourire, je ne sais pas s’il a eu le temps …

  1. Heureuse d’en savoir un peu plus…Merci à toi, Jivaro, pour ce pétillant portrait aux mots clés ouvrants les plus beaux des univers : altruisme, émotions,…Le tout paré de notes libres de musiques et d’humour.

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