L’énigme de la lettre de George Sand

George Sand et Alfred de Musset par Célestin NANTEUIL, qui participa aux illustrations de la célèbre édition Furne des œuvres de Balzac.
George Sand et Alfred de Musset par Célestin NANTEUIL, qui participa aux illustrations de la célèbre édition Furne des œuvres de Balzac.

On a longtemps attribué à George Sand  la lettre qui suit, destinée à Alfred de Musset jusqu’à ce que cette attestation ne soit mise à mal : il semblerait au final, que ce ne soit qu’un canular dont l’origine se situerait entre 1870 et 1915. Si cette lettre est assez connue, c’est qu’à l’intérieur s’y cache une proposition très osée. Pour la découvrir, il va vous falloir trouver l’astuce permettant de décrypter ce message. Y parviendrez-vous ?

Lettre de George Sand à Alfred de Musset :

Cher ami,

Je suis toute émue de vous dire que j’ai

bien compris l’autre jour que vous aviez

toujours une envie folle de me faire

danser. Je garde le souvenir de votre

baiser et je voudrais bien que ce soit

une preuve que je puisse être aimée

par vous. Je suis prête à montrer mon

affection toute désintéressée et sans cal-

cul, et si vous voulez me voir ainsi

vous dévoiler, sans artifice, mon âme

toute nue, daignez me faire visite,

nous causerons et en amis franchement

je vous prouverai que je suis la femme

sincère, capable de vous offrir l’affection

la plus profonde, comme la plus étroite

amitié, en un mot : la meilleure épouse

dont vous puissiez rêver. Puisque votre>

âme est libre, pensez que l’abandon ou je

vis est bien long, bien dur et souvent bien>

insupportable. Mon chagrin est trop

gros. Accourrez bien vite et venez me le

faire oublier. À vous je veux me sou-

mettre entièrement.

Votre poupée

George Sand

Pour accéder au texte caché, il vous faut lire une ligne sur deux, en commençant par « Je suis toute émue de vous dire que j’ai »

Après ce tour de chauffe, voici donc un nouveau message à décoder, d’Alfred de Musset à Sand cette fois :

Quand je mets à vos pieds un éternel hommage,

Voulez-vous qu’un instant je change de visage ?

Vous avez capturé les sentiments d’un cœur

Que pour vous adorer forma le créateur.

Je vous chéris, amour, et ma plume en délire

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin de mes vers lisez les premiers mots,

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

[spoiler title= »réponse »]Pour découvrir le message caché, il vous faut cette fois utiliser le procédé de l’acrostiche qui consiste à ne prendre que la première lettre ou le premier mot de chaque phrase. En l’occurrence, pour décrypter ce message caché, il s’agit du premier mot.[/spoiler]

Chambre George Sand et Alfred de Musset par la compagnie hôtelière de Bagatelle.
Chambre George Sand et Alfred de Musset par la compagnie hôtelière de Bagatelle.

Mais comme tout n’est pas que canular, voici deux des réelles correspondances entre George Sand et Alfred Musset dont les deux messages secrets usent de l’acrostiche :

De Alfred de Musset à Sand :

Quand je jure à vos pieds un éternel hommage

Voulez-vous qu’inconscient je change de langage

Vous avez su captiver les sentiments d’un coeur

Que pour adorer forma le Créateur.

Je vous aime et ma plume en délire.

Couche sur le papier ce que je n’ose dire.

Avec soin, de mes lignes, lisez les premiers mots

Vous saurez quel remède apporter à mes maux.

 

Réponse de George Sand à Alfred de Musset :

Cette indigne faveur que votre esprit réclame

Nuit à mes sentiments et répugne à mon âme

2 réflexions au sujet de « L’énigme de la lettre de George Sand »

  1. CHOPIN

    F éerique, émotive, aux aspects très divers,
    R ythme haletant, viril, élégant, aérien,
    E xpression authentique, élégies vaporeuses
    D ’essence romantique, où l’âme est exaltée
    E n de multiples thèmes, ta musique est sacrée !
    R iches moments d’extase ou amours tumultueuses,
    I l n’est pas un instant où ta vie ne vaut rien,
    C onstamment passionné, tourmenté, tu espères !

    C omme avec Georges Sand dont tu fus amoureux,
    H armonie, frénésie, création fantastique,
    O ffrant à notre oreille, à l’amour, une aubade !
    P rélude ou bien sonate, étude ou bien ballade
    I dyllique émotion d’un artiste authentique,
    N aissance de chefs-d’œuvre enjolivant les cieux ! ! !

    © Serge LAINÉ

  2. la première est en effet assez connue et j’ignorais que cela fut un faux. Décidément ce blog est une mine. Pour la reponse de Alfred il donne lui meme, enfin le canular, donne la cle, c’est bien le premier mot de chaque phrase. Pour les vrais je donne ma langue au chat.

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