Paroles d’écrivain : Raymond Dumay

 

   Lu dans un vieux texte qui date des années 50 (« Mort de la littérature » de Raymond Dumay chez Stock) :

  » [.] Mais nous vérifions chaque jour qu’un auteur même classé, préfère ses plus mauvaises pages, se cramponne à ses défauts et ignore ses qualités. Il suffit quelquefois d’un mot pour changer toute une façon d’écrire et de faire d’un débutant incertain un véritable écrivain [.] »

  « Le candidat de province à qui l’on renvoie son manuscrit avec une lettre flatteuse : « indéniable qualité de style », « vrai tempérament de romancier » mais « il faudrait resserrer votre intrigue «  améliorer vos transitions »  cherche en vain le sens de ces vagues remarques et conclut que l’on se moque de lui. Améliorer ? Il ne demande pas mieux mais comment ? »

  » Alors pourrait intervenir le « conseiller provincial ». Pas besoin que ce dernier soit écrivain (ce n’est même pas souhaitable : la plupart des écrivains de province «  blanchis » sous le harnois ne sont restés tels que parce qu’ils n’ont pas su se corriger) On prendrait un bon lecteur : médecin, avocat, professeur. Il s’en trouve partout. N’importe quel libraire peut en désigner une douzaine. Tout homme étant pédagogue dans l’âme serait heureux d’indiquer à ses consultants leurs défauts. Une heure de conversation avec un professeur éclairé peut être plus utile à un débutant intelligent que des années de recherches dans la solitude. »

 L’écrivain :

Raymond Dumay (1916-1999) a commencé sa vie comme berger avant de devenir critique littéraire, écrivain, et historien de la table et du vin. Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages.

iPagination : la lutte contre les préjugés

D’après un sondage réalisé par Ipsos/Logica Business Consulting pour Le Monde et publié le mercredi 23 novembre 2011, les Français portent un regard sévère sur les jeunes. En effet, 53 % d’entre eux les jugent « intolérants » et 63 % les qualifient « d’égoïstes ». Toutefois, 81 % des Français estiment qu’il est difficile d’être jeune aujourd’hui (ndlr : avoir moins de 30 ans). Pas très réjouissant…

Qu’en est-il de la perception que les Français ont de la langue française portée par nos jeunes ? Nous assistons de façon irrémédiable aux mêmes clichés lorsque l’on pose la question aux adultes : « Les jeunes ne savent plus écrire », « Bientôt, l’écriture texto prendra place dans le dictionnaire »,  ou encore « Pauvre France illettrée en devenir ! ». Guère plus réjouissant…

Seulement voilà : iPagination ne veut pas se satisfaire de ces idées toutes faites. Dans ce climat plutôt pessimiste, iPagination est persuadé que l’une de ses missions consiste à montrer, avec des actes, que toute tentative d’argumentation en faveur des jeunes n’est pas vouée à l’échec.

Un peu d’histoire :

tout a commencé le 7 septembre 2011. Samuel, 16 ans, fut le premier membre d’iPagination de moins de 20 ans, à nous avoir rejoints. Aujourd’hui, il vient régulièrement nous proposer ses textes. Depuis, plus de 400 auteurs nous ont rejoints et nous sommes très fiers d’avoir accueilli à sa suite Allison, Elysium, Tom Pham Van Suu, Grungewritter, Dahlia, LaszloGAuteur, Blacklaw, Kokaisosweet, tous âgés de 19 ans grand maximum. Des teenagers, qualifieront certains… mais pas tout à fait les mêmes, qui prennent place de façon trop récurrente dans les traditionnelles caricatures.

Voici donc quelle jeunesse iPagination côtoie de façon quotidienne : une jeunesse courageuse, qui aime les lettres, toujours en quête de conseils et qui ne cesse de partager ses écrits avec d’autres auteurs. La plupart des textes proposés sont bien ficelés et d’une grande qualité. De plus, nous avons constaté de très belles marges de progression quel que soit l’auteur.

Dans nos carrefours de réflexions, nous souhaitons porter un autre regard sur la jeunesse. Pour ce faire, nous vous proposons, au fil des mois, de dresser le portrait de plusieurs d’entre eux afin que vous puissiez mieux les connaître. A l’heure du numérique, nous avons également souhaité leur poser une même question  : « Pour vous, c’est quoi l’écriture ou la lecture de demain ? » Ne manquez surtout pas leurs réponses.

Vous trouverez également une interview de Laurent Platero, 25 ans, le plus jeune des auteurs publié dans « La dernière vague », au côté de nombreux auteurs confirmés. Il vous transmettra son sentiment à l’issue de la sortie de cet ouvrage.

iPagination.com n’a vraiment pas fini de mettre le pied à l’étrier aux jeunes plumes prometteuses. Pour ce faire, il faut apprendre à porter un regard différent sur les choses, à être attentif et ouvert à ce qu’il se passe en profondeur et non pas à ce qui est dépeint en surface. C’est ainsi que les directeurs de collections, les chroniqueurs et les auteurs ont plaisir à côtoyer cette jeunesse, à démontrer qu’il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir, que l’écriture de demain se porte beaucoup mieux que ce que l’on aimerait nous faire croire, l’écriture de demain, étant entre leurs mains.

Vous aussi, soutenez-les en les lisant et en les conseillant sur leurs textes !

Conseiller pour ipagination : Patryck Froissart

 

Conseiller pour ipagination : Patryck Froissart

Patryck Froissart est également chroniqueur pour La Cause Littéraire, et membre de la SGDL.

« J’ai accepté d’animer la collection « Poésie », parce que l’art poétique est, selon moi, l’art par excellence, et parce que mes premiers écrits et tous ceux qui, depuis cinquante ans, m’ont aidé à vivre, ont été des poèmes. Parmi mes publications, celles qui me tiennent le plus à coeur sont mes ouvrages poétiques.

Ecrire de la poésie est difficile et ingrat.

La poésie, beaucoup plus que les autres genres littéraires, est soumise à des règles qui font sa particularité et lui donnent son éclat. Prosodie, rythme, rimes, unité thématique, image, métaphore, anaphore, strophe, assonance, allitération, césure, hémistiche sont quelques-uns des mots dont tout écrivant qui veut se lancer dans cet art supérieur doit connaître le sens et la portée, quelles que soient la forme et la structure qu’il privilégie: poésie versifiée de forme classique, poésie libre, prose poétique, conte poétique, etc.

La variation formelle est infinie, mais chaque type a ses propres contraintes. A tel qui ne connaît pas, par exemple, les constantes classiques du sonnet, je conseille d’en prendre connaissance avant de publier ce qu’il pensera être un sonnet mais qui n’en sera qu’une imitation bancale et fautive.

Par ailleurs, pour « faire » de la poésie, il est indispensable de fréquenter régulièrement les poètes, les grands, les génies, les immortels. Les seuls livres de chevet d’un poète en herbe devraient être des oeuvres poétiques.

Je lirai vos poèmes, et j’en discuterai avec vous. S’il arrive que je vous dise, par message privé évidemment: « Ce n’est pas bon du tout! », dites-vous bien que cette appréciation ne vaudra que ce qu’elle vaudra, à savoir qu’elle ne sera qu’un avis personnel qui comportera inévitablement, outre le poids des critères objectifs, une part de subjectivité. Mais dites-vous bien aussi que tous les commentaires que je ferai n’auront pour objectifs que l’enrichissement et l’amélioration de ceux qui me feront confiance, ainsi que la volonté de faire d’Ipagination un espace de haute tenue.

A bientôt. »

 

Ouvrages publiés :
– L’Eloge de l’Apocalypse
– L’Eloge de l’opaque ellipse
– La dernière vague, nouvelles (recueil collectif – Editions Ipagination)
– Fantômes (recueil collectif – Editions Ipagination)

 

En savoir plus sur Patryck Froissart : 

 

Conseillère pour iPagination : Véronique Brésil

Enfant, j’ai voué au Club des Cinq un culte sans bornes mais lorsqu’à l’école, on m’a imposé de troquer mes très chères idoles contre les classiques prévus au programme, j’ai préféré me priver de lecture plutôt que d’avaler leur infâme bouillie.

Ce n’est que bien plus tard que je me suis réconciliée avec la langue française. Tout d’abord, j’ai corrigé des romans mais à force de jouer avec les mots, ma plume s’est libérée elle aussi.

Écrire fait mal, écrire arrache mais écrire soulage aussi.

À ce jour, j’ai déjà écrit deux romans. « Moi, femme infidèle », publié aux Éditions du Net et « Brisée », qui recherche un éditeur apte à recevoir et à soutenir la nudité d’une âme féminine déchirée.

Par un heureux hasard, j’ai trébuché sur un tweet d’iPagination. Tout de suite, j’ai souhaité devenir chroniqueuse au sein d’une équipe innovante, réactive et sympathique.

Commenter un texte crée un double enrichissement. Celui qui reçoit le commentaire dispose d’outils concrets pour progresser. Celui qui émet le commentaire s’améliore lui aussi. En effet, il  a peu de chance de reproduire dans ses écrits les maladresses relevées dans ceux des autres.

De plus, il est très profitable, pour un auteur qui se cherche, de recevoir des remarques justifiées, avisées et dépourvues de tout fond de commerce. La sempiternelle lettre-type de refus émanant des éditeurs, du genre : « Votre manuscrit ne saurait s’inscrire dans notre collection… », ne fournit aucune clef d’amélioration.

Quant à l’écriture, elle se nourrit en partie de la plume d’autrui car même s’il s’agit la plupart du temps d’un exercice solitaire, l’écriture a besoin, pour se forger, de croiser le fer avec d’autres textes, d’autres auteurs.

Une véritable symbiose.

Mes critères de sélection

Cela fait neuf mois maintenant que j’ai rédigé et publié les critères qui me semblaient essentiels pour effectuer une bonne sélection. Après tout ce temps, force est de constater que ces critères, toujours susceptibles d’évoluer, restent tout aussi fondamentaux. Petit tour d’horizon.

De façon générale, mes sélections concernent soit des textes postés au cours du mois concerné, soit des textes que j’ai découverts pendant ce mois mais postés antérieurement, soit des textes plus anciens qui me tiennent vraiment à cœur.

À préciser aussi que ce choix ne dépend pas de l’ancienneté des auteurs pas plus que de leur éventuelle implication dans la vie du site et encore moins des affinités personnelles qui pourraient exister avec l’un ou l’autre en particulier.

La première vertu que je reconnais à une écriture est sa fluidité : celle des mots, celle des phrases, celle des idées. J’aime cette notion de fluidité, j’aime lorsque mon regard glisse d’une ligne à l’autre, sans faux pas.

La seconde vertu d’une écriture serait son aptitude à provoquer un voyage, peu importe lequel. Si l’espace d’un instant j’en oublie le boire, le manger et l’heure, alors l’auteur a remporté une manche. Certains d’entre eux ont l’art de me faire tourner la tête en ne parlant de rien mais avec tact : c’est le summum !

Enfin, la troisième vertu d’une écriture concerne sa charge émotionnelle. Dans ce cas, il s’agit d’une rencontre entre deux sensibilités et toute tentative d’explication serait hors de propos.

Dans les faits, il arrive très souvent qu’un écrit soit sujet à quelques accidents de parcours mais croyez-moi, lorsque l’auteur s’applique à les remodeler, cela donne naissance à un véritable petit bijou…

À bientôt donc sur iPagination.com !

 Découvrez tous les textes de Véronique Brésil ici !

Découvrez également tout le travail de Véronique sur son blog ! 

Conseiller pour ipagination : Jean-Luc Schietecatte, alias BLUEWRITER

Conseiller pour ipagination : Jean-Luc Schietecatte, alias BLUEWRITER
                        Ex-professeur d’école, auteur de nouvelles, de chroniques, de pièces de théâtre et de BD, je suis aussi illustrateur en aquarelle et en infographie. Ma pièce de théâtre « Cyrano et Juliette » est publiée dans un collectif chez Philippe Absous. J’ai été stagiaire au Théâtre National de Belgique pendant quelques années en mise en scène et écriture dramatique. J’ai découvert Ipagination par Twitter et je m’y suis senti tout de suite très bien en y rencontrant des gens passionnés de littérature avec un réel projet dans le domaine de l’écriture!
                        Je découvre chaque jour de formidables auteurs tout en publiant mes propres textes pour le simple plaisir de les partager. Je ne suis pas un écrivain professionnel mais un auteur qui joue avec l’air de son temps et des personnages en phase ou en réaction avec leur époque. Au travers de mon imagination, je donne vie à ce qui n’existe pas, à l’aide de mots je persuade les autres d’accepter un monde qui n’est pas vraiment là! Grand amateur du cinéma de Woody Allen, Steven Spielberg, Martin Scorsese, Roman Polansky, j’admire d’abord leurs scénarios! Comme Paul Auster, mon auteur de référence, je pense que chacun sait que les histoires sont imaginaires, que nous savons qu’elles ne sont pas vraies même quand elles nous disent des vérités plus importantes que celles que nous pouvons trouver ailleurs.
                          L’équipe d’iPagination.com m’a choisi pour rédiger des chroniques à propos de vos textes* et ce dans le but de valoriser vos productions dans ce que vous avez de plus sensible, vos rêves d’auteurs ! Je les en remercie et espère pouvoir faire partager mes envies, mes coups de coeur d’ipaginateurs et également, de rencontrer par la suite d’autres chroniqueurs dans un but de plus grande objectivité par rapport à vos écrits.
Jean-Luc Schietecatte, alias BLUEWRITER

Le blog de l'écriture et de l'imaginaire