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Coup de cœur francophone

  DEUX COUPS DE CŒUR…DEUX RYTHMES DIFFERENTS ET POURTANT TOUT A FAIT COMPATIBLES… CAR ILS SONT TOUS LES DEUX UN HOMMAGE A L’AMOUR …

Une bradycardie tout d’abord, mais dont chaque contraction enverra un afflux de sang suffisant en périphérie, pour apaiser vos vies essoufflées. Posez-vous… çà fait rêver, non ?

Steve SOGO est un jeune artiste, compositeur, bassiste et guitariste Burundais. Son style est moderne d’inspiration traditionnelle africaine, saupoudré de blues jazz. Il a trois albums à son actif, et le titre à l’écoute aujourd’hui l’a propulsé sur la scène internationale fin 2008.

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Dans cette vidéo, il rend hommage à son pays avec simplicité et ferveur. Les habitants, la faune, la flore, les paysages magnifiques sont déclinés à travers cette phrase : « Il est beau mon pays Burundi » * 

« IL EST BEAU MON PAYS BURUNDI »


Et PUIS….. ACCROCHEZ-VOUS…un épisode extrême de tachycardie contre laquelle aucun bétabloquant ne sera efficace…

Au coeur du Burundi, se déroule une extraordinaire aventure. L’histoire d’une femme de 57 ans, Marguerite Barankitsé dite Maggy. Elle est enseignante de formation, Tutsie et dans son pays le Burundi  en 1993, Tutsis et Hutus se massacrent. En octobre, elle échappe à la mort, lors d’une tuerie à l’évêché, perd soixante membres de sa famille et sauve 25 enfants.

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Dans les premiers mois qui suivent les massacres, elle fonde 3 centres d’accueils qui rassemblent plus de 400 orphelins des 2 ethnies, tous témoins de l’assassinat de leurs parents.

La « maison Shalom »  est un de ces centres d’accueils. Je vous invite à partager cet hommage à Maggy et à son centre d’accueil, chanté et dansé par ces miraculés. Ils sont devenus adultes, beaucoup ont été torturés et sont aveugles.

« MAISON SHALLOM »

Celle que les enfants appellent « O’Ma », la grand mère en langue Kirundi, leur apprend à se respecter. 21 ans plus tard, à force d’opiniâtreté, de passion et surtout de foi, elle a participé d’une façon phénoménale à la reconstruction de son pays, plus particulièrement de sa province Ryuigi.

Ce sont des villages de maisons pour les orphelins qui sortent de terre. Puis un hôpital flambant neuf, une école d’infirmière, une école normale, un centre de formation capable de donner rapidement un métier manuel dans ce pays où on manque de tout. Elle relance l’agriculture en faisant installant des systèmes d’irrigation.

Son charisme, son acharnement font d’elle une personnalité reconnue dans le monde entier. Récompensée à plusieurs reprises pour son action en faveur de la paix, elle est souvent comparée à Nelson Mandela, avec qui elle partage cette même volonté de pardon et de réconciliation interethnique.

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La renaissance dérange, mais Maggy n’en a que faire. Elle connait sa mission, même au péril de sa vie. Car « le seul combat qui vaille la peine d’être mené est celui pour la paix » dit-elle d’une voix douce et pointue et avec un large sourire….

 

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer Maggy pendant deux jours en France. Une expérience inoubliable… Faites-moi plaisir…écoutez jusqu’au bout cet hommage.

* Le Burundi est membre de la Francophonie depuis mars 1970. La population du pays est constituée de Hutus (80 %), de Tutsis (19 %)   et deTwas (1 %).

C’est l’un des pays africains où la situation linguistique est des plus simples. En effet, depuis des siècles, une seule langue, le kirundi, langue maternelle de tous les Burundais, a tissé l’histoire du peuple burundais et consolidé sa culture et son unité. Depuis la colonisation, le français a été adopté comme langue administrative et langue de la communication internationale. L’usage du kirundi et du français demeure donc actuellement prédominant au Burundi.

Le français au Canada

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

Le village d’Astérix

Les francophones du Canada se comparent souvent au village gaulois d’Astérix, contre toute attente, noyés dans un continent d’anglophones, ils résistent à l’assimilation.

Pour commencer, déboulonnons le mythe tenace qui répand la croyance selon lequel les Franco-Canadiens parlent un français semblable à celui du début de la colonie. Cette fausse perception découle d’une poignée de mots qui sont restés bien vivants au Canada, alors qu’ils ont disparu de l’usage dans le reste de la francophonie. Par exemple, nous utilisons encore le mot «soulier» comme synonyme de chaussure. Nous avons même des «souliers de course» au lieu des baskets. Mais dans l’immense majorité des cas, les mots éteints en Europe ont connu le même sort en Amérique, à quelques amusantes exceptions près.

Cet accent si particulier

Ah! ce fameux accent qui déroute tant les francophones des autres pays! Cet accent, ou plutôt, les différents accents canadiens-français partagent un point en commun : le glissement de certains accents toniques au début ou au milieu des mots. Par exemple, plusieurs Canadiens français ont tendance à placer l’accent tonique au début du mot «fantastique» plutôt qu’à la fin, comme le veut l’usage. C’est cette musicalité, influencée par la langue anglaise, qui rend l’accent des Canadiens si différent de celui des autres communautés francophones à travers le monde.

Des lettres et des chiffres

Même si nous sommes dans un blogue de lettres, les chiffres décrivent parfois mieux une situation. Le français au Canada est principalement parlé au Québec. En effet, environ 7 millions des 8 millions de francophones de langue maternelle y vivent. Le français est majoritaire au Québec (environ 80% de la population, 8 % anglais et 12 % allophones), mais minoritaire dans le reste du Canada.

Le français est encore relativement présent dans les deux provinces limitrophes du Québec : l’Ontario à l’ouest (environ 600 000 locuteurs sur une population de 10 millions) et le Nouveau-Brunswick à l’est. Dans les 7 autres provinces du Canada, les francophones ne représentent que quelques points de pourcentage de la population.

Le grand dérangement

Le territoire du Nouveau-Brunswick, qui couvre une superficie plus grande que la Belgique et les Pays-Bas réunis, est peu peuplé : environ 750 000 habitants y vivent, dont 30 % de francophones. Et parmi cette minorité francophone résistante, on trouve une autre minorité française qui parle le chiac (ou chiaque), un mélange marqué de mots français et anglais. La syntaxe du chiac est française, mais de nombreux mots de la phrase sont anglais. Par exemple, «Viens-tu watcher un movie avec moé?» qui se traduit par «Viens-tu voir le film avec moi?» Le chiac est une forme d’expression hybride que certains désavouent et d’autres valorisent. Exemple de pauvreté d’expression pour les uns ou résistance à l’assimilation pour les autres? Le débat fait rage.

L’histoire des francophones du Nouveau-Brunswick se distingue de celui des autres francophones du Canada. En effet, le Nouveau-Brunswick faisait partie de l’ancienne Acadie, qui regroupait des territoires du Nouveau-Brunswick, des autres provinces maritimes (aujourd’hui Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve) et un bout de l’état américain du Maine. Il ne faut donc pas confondre les Acadiens et Canadiens. Même si aujourd’hui, les descendants des Acadiens sont Canadiens.

L’Acadie était une colonie autonome française jusqu’à sa conquête par les Anglais en 1713. En 1755, les conquérants anglais décident de déporter les Acadiens et de saisir leurs terres. Ceux qui refusent sont abattus. Embarqués de force sur des bateaux, des familles sont séparées (certaines pour toujours), et éparpillées tout le long des côtes d’Amérique jusqu’en Louisianne. Des exilés unilingues français aboutiront même en Angleterre. Beaucoup d’Acadiens mourront en mer. D’autres reviendront en Acadie dans l’espoir de retrouver leurs proches, plusieurs ne les reverront jamais.

Le Nouveau-Brunswick restera une colonie britannique indépendante jusqu’en 1867, année de la formation du Canada. Les Acadiens (du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse) sont alors réunis avec les Canadiens français du bas Canada (aujourd’hui province de Québec) et du haut Canada (Ontario). L’histoire des Acadiens converge depuis avec celle du haut et bas Canada (maintenant Ontario et Québec).

Pour découvrir le chiac, je vous invite à écouter Marie-Jo Thériault , artiste originaire du Nouveau-Brunswick.

Vous pourrez y lire le texte sous-titré. À noter, seules quelques-unes des chansons de cette artiste sont écrites en chiac. Les autres sont en français standard, avec toutefois une émouvante touche du Nouveau-Brunswick.

Je tiens à vous rappeler que le chiac n’est parlé que par une minorité de francophones du Nouveau-Brunswick, une minorité soumise à des conditions de survie culturelle extrêmement périlleuses.

Pour découvrir la vie des Acadiens victimes du «Grand dérangement» (quel euphémisme!), leur courage, leur résistance et leur langue française si particulière, je vous invite à lire le magnifique roman Pélagie-la-Charrette, gagnant du prix Goncourt en 1979, écrit par l’Acadienne Antonine Maillet.

Bonnes découvertes