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Pelleter des nuages : apprendre le québécois

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C’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

 

 

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L’éprouvante saison du pelletage est derrière nous. Cette tâche ingrate est presque devenue notre sport national. Exercice périlleux, le pelletage a donné naissance à plusieurs expressions, et à de nombreux maux… de dos.

Au Québec, on pellette beaucoup de neige, mais on pellette aussi des nuages, de l’air, de la boucane. On pellette par en avant et dans la cour du voisin.

Ces expressions n’ont plus aucun lien avec la météo. Pour les comprendre, il faut une mise en situation ou beaucoup d’imagination.

Pelleter des nuages renvoie à ceux qui rêvent sans tenir compte de la réalité. Un pelleteur de nuages est un idéaliste ou un enthousiaste dépourvu de sens pratique.  «Je ne me lancerai jamais en affaires avec lui! C’est rien qu’un pelleteux de nuages

Dans la langue parlée, on utilise souvent le mot «pelleteux» à la place de pelleteur, surtout lorsqu’on souhaite afficher son mépris. « Loïc, c’est rien qu’un maudit pelleteux de nuages. Il n’accomplira jamais rien dans la vie.»

Pelleter dans la cour du voisin signifie se débarrasser d’un problème en le refilant à quelqu’un d’autre. «Arrête donc de pelleter tes problèmes dans la cour du voisin, un jour tu devras faire face à tes responsabilités. » «Le gouvernement fédéral va pelleter dans la cour des provinces ses responsabilités fiscales.»

Pelleter par en avant veut dire remettre à plus tard une décision difficile à prendre. «À force de pelleter ses problèmes par en avant, un jour il va se retrouver sur la paille.» « Les gouvernements pellettent vers l’avant l’immense problème de la dette. »

Pelleter de la boucane fait référence à ceux qui perdent leur temps en futilités. «Je déteste mon nouveau patron, il fait juste pelleter de la boucane.» Quant à l’expression pelleter de l’air, elle est synonyme de pelleter de la boucane. Elle signifie également s’activer en tâches inutiles.

Visitez le site Traduction du français au français si vous désirez découvrir d’autres expressions québécoises.

Tourlou !

QUIZ FRANCOPHONE : « Chez moi, on dit comme ça »

 

QUIZ LITTERAIRENe vous fiez pas aux apparences des quelques premières questions assez faciles pour vous mettre en chauffe. Il s’agit là d’un véritable défi que vous proposent les iPaginauteurs. Tous les quiz – lorsqu’ils sont prêts – sont mis en ligne pour le vendredi, juste avant le défi du week-end (pour en savoir plus, cliquez ici ). Ce quiz vous est proposé par Agathe. Arriverez-vous à réaliser un sans-faute ? 

QUIZ FRANCOPHONE : "Chez moi on dit comme ça"

Départ
Félicitation - vous avez complété QUIZ FRANCOPHONE : "Chez moi on dit comme ça". Vous avez obtenu %%SCORE%% sur %%TOTAL%%. Votre performance a été évaluée à %%RATING%%
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C’était en effet la première question posée lors des examens oraux en latin. Le mot quiz apparaît, avec cette signification de « questionnaire » (un mot argot quiz existait déjà et signifiait « personne louche »), dans la langue anglaise en 1886. Le mot est ensuite passé dans la langue française.

L’histoire raconte qu’au théâtre de Dublin, le propriétaire du nom de Richard Daly fait un pari qu’il pouvait, dans les quarante-huit heures faire d’un mot absurde, le plus connu de toute la ville, et que le public lui fournirait un sens pour elle. Après une performance, un soir, il a donné ses cartes de membres du personnel avec le mot «quizz» écrit sur ​​eux, et leur dit d’écrire le mot sur ​​les murs de la ville. Le lendemain, le mot étrange était la coqueluche de la ville, et dans un court laps de temps, il a fait partie de la langue. Le récit plus détaillé de ce supposé exploit (dans F. T. Porter’s Gleanings and Reminiscences, 1875 ) donne la date de 1791. Le mot, cependant, était déjà en usage à cette époque, qui signifie «une étrange ou excentrique personne, et avait été utilisé dans ce sens par Fanny Burney dans son journal intime, le 24 Juin 1782.

Au plaisir de vous défier lors d’un prochain Quiz, et n’hésitez pas à mettre en commentaire le score – réel – que vous avez obtenu et les questions qui vous ont semblé compliquées…

Apprendre le québécois, leçon 5 : vacances linguistiques

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Les vacances linguistiques (2ème partie)

 

J’ai mon voyage

L’été, c’est le moment idéal pour partir en voyage, mais pas pour « avoir son voyage ».

En effet, les Québécois détestent « avoir leur voyage ». Cette expression signifie « en avoir plein son casque »  ou si vous préférez « en  avoir sa claque », « en avoir marre ».

« Si le patron me dénigre encore une fois, je démissionne. J’ai mon maudit voyage de cette job-là » (remarque, on emploie généralement le mot job au féminin).

L’expression «avoir son voyage» peut aussi servir d’avertissement à quelqu’un, une façon de dire que notre limite de patience est atteinte : « Je commence à avoir mon voyage de ton manque de respect. »

Dans certains contextes, « j’ai mon voyage » peut aussi exprimer l’étonnement. « Quoi ? C’est Roger qui a obtenu la promotion ? Ben, j’ai mon voyage! »

Dans l’avion

Cousin français, si dans l’avion, un agent de bord (steward ou hôtesse de l’air) vous demande de remplir le formulaire des douanes en «lettres moulées», ne craignez rien, vous n’avez pas à écrire en trois dimensions. Écrire en «lettres moulées» signifie simplement en imitant les caractères d’imprimerie afin de faciliter la lecture.

Durant le vol, l’hôtesse vous proposera peut-être «un bon breuvage avec ça ?». Au Québec, le mot «breuvage» est synonyme de boisson chaude ou froide, un usage influencé par le «beverage» anglais. Voilà pourquoi, à la fin d’un repas au restaurant, les Français sont surpris de se faire demander : «Un bon breuvage pour terminer le repas?» À noter pour les Québécois, la définition française du mot breuvage est « une boisson de composition spéciale, un breuvage pour un malade

Il se peut aussi qu’elle vous propose une bonne «liqueur froide». Au Québec, le mot «liqueur» est surtout utilisé comme synonyme de boisson gazeuse. Ne soyez donc pas surpris d’entendre un petit garçon demander à sa mère « d’avoir une autre liqueur » et que celle-ci réponde : «Tu en as déjà eu deux ce matin. Attends à cet après-midi pour la troisième.»

Finalement, pour rester dans le thème des «breuvages», nous buvons du Coke, jamais du Coca. Et nous ne consommons pas de « Coca light », nous préférons le « Coke diète ».

À la sortie de l’avion, les Québécois en France et les Français au Québec vivront de magnifiques découvertes et aussi quelques surprises linguistiques. Bon voyage en espérant que vous n’aurez pas votre voyage.

En attendant un nouveau cours de québécois par notre ami Patrice : TESTEZ VOTRE NIVEAU EN CLIQUANT ICI !

Apprendre le québécois : Les nouveautés du dictionnaire

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Cette année, le Robert et le Larousse ont accueilli d’amusantes créations québécoises, comme «patenteux», «bas-culotte» et «bourrasser» qui ont fait leur entrée dans les prestigieuses pages aux côtés du sérieux «boson de Higgs» et du morne «triple A».

Un «patenteux» est un bricoleur ingénieux qui se débrouille avec des moyens de fortune. Ce mot a donné naissance à «patente», un mot générique très utile pour dépeindre un objet difficile à nommer ou à décrire, un genre de bidule, de zinzin. Et au verbe «patenter» : «Ne t’en fais pas, je vais te patenter quelque chose pour te dépanner.» «Je t’ai patenté quelque chose en attendant, mais tu ferais mieux d’aller au plus vite chez un garagiste.»

Le mot «patente» n’est pas toujours lié à un objet concret. Il peut aussi servir à décrire des structures désorganisées, des façons absurdes et complexes de faire les choses : «C’est quoi cette patente-là! Comment veux-tu que je m’y retrouve?» Dans ce contexte, le mot «patente» a donné naissance à la locution «Patente à gosse» (péjoratif) qui signifie un objet inutile, qui fonctionne mal ou une organisation dont la structure est inefficace, incohérente. Pour comprendre cette expression, il faut savoir qu’au Québec, le mot gosse sert souvent de synonyme au mot testicule. L’utilisation de gosse dans cette expression ne sert pas à parler de testicules, mais plutôt à donner un ton dépréciatif à la locution.

Au Québec, le mot «bas-culotte» signifie simplement des collants. C’est un terme usuel, sans connotation de familiarité. De plus, les Québécois utilisent le mot «bas» à toutes sortes de sauces. Pour commencer, nous employons presque toujours «bas» à la place de chaussette. Il est très rare d’entendre un Québécois dire chaussette. «Bas», ce petit mot d’apparence anodine, cause beaucoup de difficultés aux Français pour qui un «bas» signifie plutôt un bas de coton. Les Québécois et les autres francophones créent donc des images mentales différentes lorsqu’ils entendent: «Je viens de m’acheter des bas de ski.»

Nous utilisons aussi «bas» comme un synonyme d’«au-dessous de» : «Aujourd’hui, il fait 25 en bas de zéro.»

Il existe aussi la savoureuse expression «Il est tombé en bas de sa chaise» pour décrire  un état de grande surprise. «Je suis tombé en bas de ma chaise quand j’ai appris qu’iPagination Editions allait me publier.»

Finalement, le verbe «bourrasser» signifie traiter quelqu’un rudement, le malmener, le brusquer. «Il est toujours en train de bourrasser ses enfants. Il est incapable de leur dire un mot gentil.»

Bourrasser peut aussi vouloir dire ronchonner, protester à mi-voix. «Je ne veux plus travailler avec lui, il bourrasse du matin au soir.» Seul le contexte permet de distinguer les différents sens.

En attendant un nouveau cours de québécois par notre ami Patrice : TESTEZ VOTRE NIVEAU EN CLIQUANT ICI !

Apprendre le Québécois : Viens te paqueter la fraise.

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Viens te paqueter la fraise.

Un Québécois qui aime «se paqueter la fraise» boit ou mange avec excès. «J’ai hâte de me paqueter la fraise durant mon prochain voyage au Mexique.» «On ne peut pas sortir avec lui, il se paquette la fraise chaque fois.» Note : se prononce [pakte].

Mais l’expression «se paqueter la fraise» est plus souvent synonyme de «prendre une brosse», c’est-à-dire se saouler, prendre une cuite. «Mon mari me fait tellement honte, il prend une brosse chaque fois que je reçois ma famille.» «Il est incapable de s’arrêter à une bière, il faut toujours qu’il prenne une brosse.»

On peut aussi «partir sur une brosse.» «J’ai laissé mon mari, car il partait sur des brosses et disparaissait pendant des jours. Ça me rendait folle d’inquiétude.»

Caler une bière

«Caler une bière» est synonyme de l’avaler d’un trait. « Jules cale ses bières sans prendre le temps de respirer. Un vrai glouton. » «Après avoir été sobre pendant trois mois, il a calé six bières de suite.»

Au Québec, «caller» possède aussi d’autres sens qui n’ont rien à voir avec l’alcool, comme celui de perdre ses cheveux : «Il cale comme son père.» Pour connaître les autres sens, faites un petit saut à l’article Caler sans se caler du site Traduction du français au français.

Je suis chaudasse

«Être chaud» signifie être en état d’ébriété. On peut aussi «être chaudasse». Dans ce cas, la personne est légèrement éméchée. «Je n’aime pas être saoul, mais j’aime bien être chaudasse.» L’expression franglaise «être feeling» est aussi employée dans ce contexte. «Moi, je suis feeling après seulement quelques gorgées de vin.»

Prendre du fort

La locution «prendre du fort» signifie consommer une boisson fortement alcoolisée, comme de la vodka ou du gin. « Moi, je n’aime pas la bière ni le vin, je prends juste du fort.» «J’ai abîmé mon foie à force de prendre du fort.»

«Je prendrais bien une petite shot de brandy.» Shot (ou chotte) signifie une gorgée, une lampée. «Allez, on finit la bouteille! Une dernière petite shot.»