Archives par mot-clé : apprendre le québécois

Apprendre le québécois, leçon 1 : L’amour !

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L’amour sans frontière

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L’amour est aveugle, mais il n’est pas sourd, surtout chez les couples franco-québécois où les subtilités de nos deux langues françaises transforment souvent l’amour en humour. Nous vivons les mêmes émotions, dans notre langue commune, mais avec des mots différents.

Au Québec, Jules a beaucoup moins de succès qu’en France. En effet, la locution « Son Jules » est presque inconnue au Canada. Le terme le plus courant pour décrire un amoureux est « chum ». « Je n’ai jamais revu Julie depuis qu’elle s’est fait un chum. » « J’aime pas le nouveau chum de ma mère. » Nous utilisons aussi les termes copain, petit ami ou amoureux comme synonymes de Jules. Et une amoureuse est une « blonde » : « Incroyable, Jules a trois blondes en même temps. »

Mais attention, un « chum » n’est pas toujours un « chum ». Si vous entendez une Québécoise dire : « Hier soir, je suis sortie avec mes chums de filles. » Cela veut simplement dire qu’elle est sortie avec ses amies. Voici un autre exemple de nuance linguistique qui peut embrouiller un Français. Une femme pourrait lancer cet ultimatum à son « chum » : « Il faut que tu choisisses entre moi ou tes chums. »

Une Québécoise peut donc avoir à la fois un « chum » et un « chum de gars ». Si « de gars » est apposé à « chum », le « chum » en question devient un ami, mais pas un « petit ami », car « petit ami » est habituellement synonyme de « chum » (amoureux), mais pas de « chum de gars ».

Contrairement aux Français, les Québécois deviennent rarement amoureux; mais « ils tombent en amour ». Cette expression, tirée de fall in love, est la formule la plus courante au Québec. Et comme « tomber en amour » laisse présager un choc, une douleur, une souffrance, les Québécois « cassent » lorsqu’ils mettent fin à une relation amoureuse. « Je suis inquiet pour Julie. Depuis qu’elle a cassé avec Jules, elle ne mange plus, ne dort plus, ne parle plus. Elle était vraiment en amour par-dessus la tête. »

L’expression imagée « être en amour par dessus la tête » signifie être follement amoureux. « Ses parents s’inquiètent pour leur fille. Elle est en amour par-dessus la tête avec le petit vaurien qui traine au bar toute la journée. »

Culturellement, les Français draguent davantage que les Québécois ; et du point de vue linguistique, les Québécois n’utilisent presque jamais le mot draguer. Ils préfèrent les verbes « flirter » et surtout « cruiser ». « Jules n’est pas tuable, il cruise toutes les filles qu’il rencontre. »

Et si Jules « tombe en amour », il peut se marier ou vivre « accoté », un québécisme synonyme de « vivre en concubinage ». « Jules s’est finalement casé, il vit accoté depuis quatre mois. » Mais « accoté » ne signifie pas seulement vivre en concubinage, il peut aussi vouloir dire « être appuyé d’un côté ». « Jules est accoté contre un poteau » (ou plus familièrement « sur » un poteau) ». À la rigueur, s’il était en état d’ébriété, Jules pourrait même « être accoté » contre sa blonde avec qui il vit en concubinage. Mais là, on pousse le jeu des subtilités un peu trop loin.

Tourlou, on se revoit le mois prochain

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Pelleter des nuages : apprendre le québécois

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L’éprouvante saison du pelletage est derrière nous. Cette tâche ingrate est presque devenue notre sport national. Exercice périlleux, le pelletage a donné naissance à plusieurs expressions, et à de nombreux maux… de dos.

Au Québec, on pellette beaucoup de neige, mais on pellette aussi des nuages, de l’air, de la boucane. On pellette par en avant et dans la cour du voisin.

Ces expressions n’ont plus aucun lien avec la météo. Pour les comprendre, il faut une mise en situation ou beaucoup d’imagination.

Pelleter des nuages renvoie à ceux qui rêvent sans tenir compte de la réalité. Un pelleteur de nuages est un idéaliste ou un enthousiaste dépourvu de sens pratique.  «Je ne me lancerai jamais en affaires avec lui! C’est rien qu’un pelleteux de nuages

Dans la langue parlée, on utilise souvent le mot «pelleteux» à la place de pelleteur, surtout lorsqu’on souhaite afficher son mépris. « Loïc, c’est rien qu’un maudit pelleteux de nuages. Il n’accomplira jamais rien dans la vie.»

Pelleter dans la cour du voisin signifie se débarrasser d’un problème en le refilant à quelqu’un d’autre. «Arrête donc de pelleter tes problèmes dans la cour du voisin, un jour tu devras faire face à tes responsabilités. » «Le gouvernement fédéral va pelleter dans la cour des provinces ses responsabilités fiscales.»

Pelleter par en avant veut dire remettre à plus tard une décision difficile à prendre. «À force de pelleter ses problèmes par en avant, un jour il va se retrouver sur la paille.» « Les gouvernements pellettent vers l’avant l’immense problème de la dette. »

Pelleter de la boucane fait référence à ceux qui perdent leur temps en futilités. «Je déteste mon nouveau patron, il fait juste pelleter de la boucane.» Quant à l’expression pelleter de l’air, elle est synonyme de pelleter de la boucane. Elle signifie également s’activer en tâches inutiles.

Visitez le site Traduction du français au français si vous désirez découvrir d’autres expressions québécoises.

Tourlou !

Apprendre le québécois, leçon 4 : vacances linguistiques

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Les vacances linguistiques

Ah! l’été… la saison idéale pour que nous, les «cousins» séparés par un vaste océan et une guerre perdue, nous nous rendions visite.

Au plaisir de ces rencontres se greffe aussi l’étonnement de découvrir à quel point notre langue commune a évolué d’une manière si différente d’un côté et de l’autre de l’Atlantique.

D’abord, cousins français, ne vous inquiétez pas si vous entendez un Québécois dire qu’il a hâte de se faire «griller». Il ne se prend pas du tout pour une saucisse. L’expression «Se faire griller» est simplement synonyme de se faire bronzer. « J’ai assez hâte à mes vacances, je ne ferai rien d’autre que de me faire griller pendant deux semaines». (Remarque : la plupart des Québécois n’ont que deux à trois semaines de vacances par année.)

Mais attention, il ne faut pas utiliser le terme «grillé» à toutes les sauces… si je peux me permettre le jeu de mots. En effet, la locution «Se faire griller» est fréquente, mais seulement dans la langue parlée. C’est le mot bronzé qui est utilisé dans la langue écrite, et aussi dans tous les descriptifs de produits cosmétiques comme les autobronzants. Nous ne disons jamais «crèmes autogrillantes», ni «Salon de grillage» (Salon de bronzage est le terme employé).

Il est aussi bon de savoir que si nous portons rarement des «maillots de bain» sur les plages, nous ne sommes pas des adeptes du naturisme pour autant (une activité très rare chez nous). En effet, c’est simplement que nous préférons enfiler un «costume de bain».

En vacances au soleil, les Québécois aiment «se faire chauffer la couenne». Chez nous, la «couenne» n’est pas seulement une croute tendre ou de la peau de porc flambée. Elle est aussi, dans un registre familier, la peau humaine. «Heureux d’un printemps qui me chauffe la couenne» (paroles d’une chanson de Paul Piché, chanteur québécois). On dit aussi «Se dorer la couenne au soleil» comme synonyme de se reposer au soleil.

Par extension, le mot couenne a donné naissance à une autre très belle expression. Pour parler d’une personne qui est résistante, qui est capable d’endurer les épreuves de la vie, on dit qu’«elle a la couenne dure» : «Ne t’en fais pas pour Gilbert, il a la couenne dure, il va passer à travers son divorce.»

L’été trop court du Québec est parfois surnommé la saison des barbecues. Véritable passion pour plusieurs Québécois, le barbecue, souvent écrit BBQ, est simplement de la nourriture cuite au gril à l’extérieur de la maison. Nous adorons y faire cuire nos «T-Bones», l’équivalent de vos biftecks d’aloyau. Mais attention, si vous apercevez une enseigne de restaurant qui annonce du poulet BBQ, il s’agit alors de poulet rôti.

En parlant de restaurants, certaines raisons sociales au Québec sont francisées. Ainsi, votre KFC (Kentucky Fried Chicken) en France devient PFK (Poulet Frit Kentucky) au Québec, et MacDonald y a perdu son S.

Au plaisir de nous voir cet été.

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Apprendre le québécois, leçon 8 : Avoir de la misère

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J’ai de la misère !

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La locution verbale québécoise « avoir de la misère » est synonyme d’éprouver de la difficulté à accomplir une tâche, à terminer une activité. « J’ai donc de la misère à finir ma leçon de français. » « Je vieillis. Depuis quelque mois, j’ai de la misère à lire sans mes lunettes. » Il existe aussi la version « j’ai toutes les misères du monde » que l’on pourrait qualifier de superlative. « J’ai toutes les misères du monde à boucler les fins de mois avec mon salaire de crève-faim. »

De plus au Québec « on mange de la misère ». « Depuis l’adoption des nouvelles règles de l’assurance-chômage, on n’arrête pas de manger de la misère. » « Nos ancêtres, ils ont mangé de la misère. »

Pour plus de précision, « avoir de la misère », c’est une « coche » au-dessus d’éprouver de la difficulté. Le mot « coche » au Québec signifie, entre autres, rang, degré ou cran. « As-tu entendu le petit nouveau jouer du piano ? Il est une coche au-dessus des autres de sa classe. »

La locution « avoir de la misère » s’emploie aussi à d’autres sauces. Par exemple, elle est utilisée comme synonyme de « j’ai peine à te croire » ou de « j’ai du mal à te croire ». « Tu me racontes encore des sornettes, j’ai de la misère à croire à tes explications. » « Tu vas avoir de la misère à me convaincre que tu mérites une augmentation. »

« Avoir de la misère » est une expression si courante que les Québécois « pure laine » ignorent qu’elle est incomprise des autres francophones. La locution « pure laine » décrit un Québécois dont les ancêtres sont issus de la colonisation française d’avant la conquête (1760). « Thibodeau de Gaspésie, lui, c’est un vrai pure laine » « On trouve de moins en moins de pures laines à Montréal. » Toutefois, avec la transformation de la société québécoise, l’expression « pure laine » évolue et commence à décrire des enfants d’immigrés bien intégrés. « On est arrivé au Québec il y a dix ans, et mes deux gars sont devenus de vraies pures laines. » Un immigrant qui dirait spontanément : « J’ai eu aucune misère à devenir un pure laine » pourrait se dire qu’il a réussi son intégration linguistique avec brio.

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Apprendre le québécois, leçon 7 : La rentrée des classes

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C’est le retour de la rentrée

Au Québec, la rentrée des classes coïncide avec «le retour à l’école». Nous utilisons les deux expressions même si le «retour à l’école» est un emprunt du «back to school» anglais. Les deux formules se côtoient, bien que «la rentrée des classes» gagne du terrain depuis quelques années.

La hantise des écoliers québécois en ce début d’année scolaire ? Couler leurs cours !

Au Québec, nous «coulons des cours.» Le verbe recaler dans ses sens d’échouer à un examen ou de rater un test est très peu utilisé chez nous. Nous disons plutôt «couler un examen» ou «couler un test». Cela donne souvent des phrases amusantes comme «J’ai peur de couler mon cours de natation.»

Nous utilisons aussi «pocher» pour dire que nous avons échoué à un examen. «J’ai poché mon examen de français.» Nous utilisons le mot «poche» dans plusieurs contextes. Comme adjectif ou attribut, «poche» signifie être nul. «Je n’ai aucune chance d’obtenir mon diplôme, je suis trop poche en mathématique.» Employé en tant que nom, «poche» signifie une personne maladroite, incompétente à faire une activité précise. « Je parie que l’équipe de foot de l’école va perdre tous ses matchs. Ils ont juste choisi des poches pour jouer à la défensive. »

À la fin de l’année, s’ils ne coulent pas leurs examens, certains auront la chance de «graduer». Ils iront même à leur «bal de graduation». Ces anglicismes, abondamment utilisés, sont des synonymes d’obtention de diplômes, remise de diplômes et collation des grades (cette dernière locution est peu utilisée). Et le «bal de graduation» est la fête qui réunit les diplômés à la fin d’un cycle d’études. Le film Carrie se déroule durant un bal de graduation.

Les ados québécois ne vont pas au lycée; ils vont à la «polyvalente», qui est presque l’équivalent du high school américain si populaire dans les films et si ennuyant dans la vie.

Le système scolaire québécois est très différent du système français. Et encore une fois, nous avons les mêmes mots, mais ils ne veulent pas toujours dire la même chose. Par exemple, le bac français et le bac québécois ne sont pas équivalents. Le bac québécois s’obtient cinq années après le secondaire (2 années de Cégep [pré-spécialisation] + 3 années d’université). Voilà pourquoi les Québécois sont souvent surpris d’entendre un Français au visage d’adolescent dire qu’il a déjà terminé son bac. On déduit alors qu’il est une «bolle», synonyme de personne très intelligente, qu’il est très doué pour les études.

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