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QUIZ : L’argot ou l’art d’accommoder le langage courant.

[box title= »Chaque vendredi, un nouveau quiz ! »]

QUIZ LITTERAIRENe vous fiez pas aux apparences des quelques premières questions assez faciles pour vous mettre en chauffe. Il s’agit là d’un véritable défi que vous proposent les iPaginauteurs. Tous les quiz – lorsqu’ils sont prêts – sont mis en ligne pour le vendredi, juste avant le défi du week-end (pour en savoir plus, cliquez ici ). Ce  quiz vous est proposé par Agathe et Lilas. Arriverez-vous à réaliser un sans-faute ?[/box]

L'argot ou l'art d'accommoder le langage courant.

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[quote cite= »Wiktionaire » url= »http://fr.wiktionary.org/wiki/quiz#.C3.89tymologie »]Du latin quies qui serait dérivé de qui es ? (« Qui êtes vous ? »). C’était en effet la première question posée lors des examens oraux en latin. Le mot quiz apparaît, avec cette signification de « questionnaire » (un mot argot quiz existait déjà et signifiait « personne louche »), dans la langue anglaise en 1886. Le mot est ensuite passé dans la langue française.[/quote] [quote cite= »Oxford dictionaries » url= »http://oxforddictionaries.com/words/what-is-the-origin-of-the-word-quiz »]L’histoire raconte qu’au théâtre de Dublin, le  propriétaire du nom de Richard Daly fait un pari qu’il pouvait, dans les quarante-huit heures faire d’un mot absurde, le plus connu de toute la ville, et que le public lui fournirait un sens pour elle. Après une performance, un soir, il a donné ses cartes de membres du personnel avec le mot «quizz» écrit sur ​​eux, et leur dit d’écrire le mot sur ​​les murs de la ville. Le lendemain, le mot étrange était la coqueluche de la ville, et dans un court laps de temps, il a fait partie de la langue. Le récit  plus détaillé de ce supposé exploit (dans  F. T. Porter’s Gleanings and Reminiscences, 1875 ) donne la date de 1791. Le mot, cependant, était déjà en usage à cette époque, qui signifie «une étrange ou excentrique personne, et avait été utilisé dans ce sens par Fanny Burney dans son journal intime, le 24 Juin 1782.[/quote]

Au plaisir de vous défier lors d’un prochain Quiz, et n’hésitez pas à mettre en commentaire le score – réel – que vous avez obtenu et les questions qui vous ont semblé compliquées…

L’argot a fait les beaux jours de Frédéric Dard, de Coluche, de Renaud ou encore de Michel Audiard. Utiliser l’argot est une façon de contourner les tabous instaurés par la société et permet d’accommoder le langage courant qui témoigne  d’une certaine retenue. Il est particulièrement riche dans certains domaines comme la sexualité, la violence, la pègre.

Rassurez-vous ce soir, le quiz que je vous propose n’a aucune connotation de cet ordre-là. On y retrouve des expressions dont vous connaissez tous, j’en suis sûre, l’équivalent en langage courant.

« C’EST PARTI MON KIKI !  « (ou plutôt « le sort en est jeté »)

Apprendre le québécois, leçon 9 : l’argent

[box title= »Du français au français »]logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’ iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.[/box]

Du foin ou du blé?

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En France comme au Québec, nous utilisons des métaphores végétales pour parler d’argent. Toutefois, nous n’employons pas les mêmes mots. En France, ce sont les mots blé ou oseille qui sont le plus souvent employés dans ce contexte, tandis qu’au Québec, c’est le mot foin. « Peux-tu me prêter un peu de foin? » « Je n’ai plus de foin. Je dois rester à la maison. »

Au Québec, nous ne nous arrêtons pas aux comparaisons végétales. Nous avons aussi recours à des synonymes alimentaires. Ainsi, le mot « bacon » veut parfois dire argent. Dans ce contexte, il est souvent employé en combinaison avec le mot motton (un autre québécisme) qui signifie grumeau : « Il y a des mottons dans la sauce »; ou petit morceau : « Il y a un motton de cheveux qui bloque l’évier »; ou encore, une grande quantité de quelque chose : « Il ne fait plus rien de ses journées depuis qu’il a hérité d’un gros motton de bacon. » Le mot motton employé seul peut aussi être synonyme d’argent. « Il a fait un gros motton en vendant son épicerie. »

Une piastre n’est pas une pièce.

Le mot piastre est synonyme de dollars. « Hier, j’ai perdu 100 piastres aux courses. » Ce mot, employé dans un contexte familier, se prononce piastre ou piasse.

Le mot piastre se retrouve dans plusieurs expressions et proverbes, comme « Faire la piastre » qui signifie gagner beaucoup d’argent, réaliser de gros profits. « Il a fait la piastre avec son projet d’immobilier» ou « C’est avec des cennes qu’on fait des piastres » qui signifie que c’est en économisant de petits montants qu’on finit par accumuler de grandes richesses. Une cenne est un sou noir, qui équivaut à un centième de dollars (maintenant retiré de la circulation).

Tu charges trop cher!

Jusque dans les années 1960, presque tout se passait en anglais dans l’espace public québécois, particulièrement dans les milieux financiers et commerciaux. Les mots anglais ont donc trouvé leur chemin dans la langue québécoise, qui les a toutefois souvent déformés pour les intégrer dans le langage quotidien. Ainsi, le verbe anglais «to charge», qui a pris une tournure québécoise, est devenu charger, synonyme de facturer quelque chose, vendre quelque chose à tel prix. «Combien charges-tu de l’heure?» «Quoi? Tu me charges 150 piastres pour t’être déplacé 10 minutes?»

Quant au mot anglais « change », qui est l’équivalent du mot monnaie, il est employé et prononcé comme un mot français. « Tu peux garder le change. » « As-tu du change pour mon deux piastres. »

On retrouve aussi « change » dans l’expression « Avoir besoin de tout son petit change » qui veut dire utiliser toutes ses ressources pour accomplir une tâche, un travail, une mission. « Ça m’a pris tout mon petit change pour terminer le marathon. »

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Apprendre le québécois, leçon 8 : Avoir de la misère

[box title= »Du français au français »]logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’ iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.[/box]

J’ai de la misère !

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La locution verbale québécoise « avoir de la misère » est synonyme d’éprouver de la difficulté à accomplir une tâche, à terminer une activité. « J’ai donc de la misère à finir ma leçon de français. » « Je vieillis. Depuis quelque mois, j’ai de la misère à lire sans mes lunettes. » Il existe aussi la version « j’ai toutes les misères du monde » que l’on pourrait qualifier de superlative. « J’ai toutes les misères du monde à boucler les fins de mois avec mon salaire de crève-faim. »

De plus au Québec « on mange de la misère ». « Depuis l’adoption des nouvelles règles de l’assurance-chômage, on n’arrête pas de manger de la misère. » « Nos ancêtres, ils ont mangé de la misère. »

Pour plus de précision, « avoir de la misère », c’est une « coche » au-dessus d’éprouver de la difficulté. Le mot « coche » au Québec signifie, entre autres, rang, degré ou cran. « As-tu entendu le petit nouveau jouer du piano ? Il est une coche au-dessus des autres de sa classe. »

La locution « avoir de la misère » s’emploie aussi à d’autres sauces. Par exemple, elle est utilisée comme synonyme de « j’ai peine à te croire » ou de « j’ai du mal à te croire ». « Tu me racontes encore des sornettes, j’ai de la misère à croire à tes explications. » « Tu vas avoir de la misère à me convaincre que tu mérites une augmentation. »

« Avoir de la misère » est une expression si courante que les Québécois « pure laine » ignorent qu’elle est incomprise des autres francophones. La locution « pure laine » décrit un Québécois dont les ancêtres sont issus de la colonisation française d’avant la conquête (1760). « Thibodeau de Gaspésie, lui, c’est un vrai pure laine » « On trouve de moins en moins de pures laines à Montréal. » Toutefois, avec la transformation de la société québécoise, l’expression « pure laine » évolue et commence à décrire des enfants d’immigrés bien intégrés. « On est arrivé au Québec il y a dix ans, et mes deux gars sont devenus de vraies pures laines. » Un immigrant qui dirait spontanément : « J’ai eu aucune misère à devenir un pure laine » pourrait se dire qu’il a réussi son intégration linguistique avec brio.

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Apprendre le québécois, leçon 7 : La rentrée des classes

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’ iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

Apprendre-le-québécois-cours-de-natation

C’est le retour de la rentrée

Au Québec, la rentrée des classes coïncide avec «le retour à l’école». Nous utilisons les deux expressions même si le «retour à l’école» est un emprunt du «back to school» anglais. Les deux formules se côtoient, bien que «la rentrée des classes» gagne du terrain depuis quelques années.

La hantise des écoliers québécois en ce début d’année scolaire ? Couler leurs cours !

Au Québec, nous «coulons des cours.» Le verbe recaler dans ses sens d’échouer à un examen ou de rater un test est très peu utilisé chez nous. Nous disons plutôt «couler un examen» ou «couler un test». Cela donne souvent des phrases amusantes comme «J’ai peur de couler mon cours de natation.»

Nous utilisons aussi «pocher» pour dire que nous avons échoué à un examen. «J’ai poché mon examen de français.» Nous utilisons le mot «poche» dans plusieurs contextes. Comme adjectif ou attribut, «poche» signifie être nul. «Je n’ai aucune chance d’obtenir mon diplôme, je suis trop poche en mathématique.» Employé en tant que nom, «poche» signifie une personne maladroite, incompétente à faire une activité précise. « Je parie que l’équipe de foot de l’école va perdre tous ses matchs. Ils ont juste choisi des poches pour jouer à la défensive. »

À la fin de l’année, s’ils ne coulent pas leurs examens, certains auront la chance de «graduer». Ils iront même à leur «bal de graduation». Ces anglicismes, abondamment utilisés, sont des synonymes d’obtention de diplômes, remise de diplômes et collation des grades (cette dernière locution est peu utilisée). Et le «bal de graduation» est la fête qui réunit les diplômés à la fin d’un cycle d’études. Le film Carrie se déroule durant un bal de graduation.

Les ados québécois ne vont pas au lycée; ils vont à la «polyvalente», qui est presque l’équivalent du high school américain si populaire dans les films et si ennuyant dans la vie.

Le système scolaire québécois est très différent du système français. Et encore une fois, nous avons les mêmes mots, mais ils ne veulent pas toujours dire la même chose. Par exemple, le bac français et le bac québécois ne sont pas équivalents. Le bac québécois s’obtient cinq années après le secondaire (2 années de Cégep [pré-spécialisation] + 3 années d’université). Voilà pourquoi les Québécois sont souvent surpris d’entendre un Français au visage d’adolescent dire qu’il a déjà terminé son bac. On déduit alors qu’il est une «bolle», synonyme de personne très intelligente, qu’il est très doué pour les études.

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