Apprendre le québécois, leçon 5 : vacances linguistiques

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C’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’ iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

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Les vacances linguistiques (2ème partie)

 

J’ai mon voyage

L’été, c’est le moment idéal pour partir en voyage, mais pas pour « avoir son voyage ».

En effet, les Québécois détestent « avoir leur voyage ». Cette expression signifie « en avoir plein son casque »  ou si vous préférez « en  avoir sa claque », « en avoir marre ».

« Si le patron me dénigre encore une fois, je démissionne. J’ai mon maudit voyage de cette job-là » (remarque, on emploie généralement le mot job au féminin).

L’expression «avoir son voyage» peut aussi servir d’avertissement à quelqu’un, une façon de dire que notre limite de patience est atteinte : « Je commence à avoir mon voyage de ton manque de respect. »

Dans certains contextes, « j’ai mon voyage » peut aussi exprimer l’étonnement. « Quoi ? C’est Roger qui a obtenu la promotion ? Ben, j’ai mon voyage! »

Dans l’avion

Cousin français, si dans l’avion, un agent de bord (steward ou hôtesse de l’air) vous demande de remplir le formulaire des douanes en «lettres moulées», ne craignez rien, vous n’avez pas à écrire en trois dimensions. Écrire en «lettres moulées» signifie simplement en imitant les caractères d’imprimerie afin de faciliter la lecture.

Durant le vol, l’hôtesse vous proposera peut-être «un bon breuvage avec ça ?». Au Québec, le mot «breuvage» est synonyme de boisson chaude ou froide, un usage influencé par le «beverage» anglais. Voilà pourquoi, à la fin d’un repas au restaurant, les Français sont surpris de se faire demander : «Un bon breuvage pour terminer le repas?» À noter pour les Québécois, la définition française du mot breuvage est « une boisson de composition spéciale, un breuvage pour un malade

Il se peut aussi qu’elle vous propose une bonne «liqueur froide». Au Québec, le mot «liqueur» est surtout utilisé comme synonyme de boisson gazeuse. Ne soyez donc pas surpris d’entendre un petit garçon demander à sa mère « d’avoir une autre liqueur » et que celle-ci réponde : «Tu en as déjà eu deux ce matin. Attends à cet après-midi pour la troisième.»

Finalement, pour rester dans le thème des «breuvages», nous buvons du Coke, jamais du Coca. Et nous ne consommons pas de « Coca light », nous préférons le « Coke diète ».

À la sortie de l’avion, les Québécois en France et les Français au Québec vivront de magnifiques découvertes et aussi quelques surprises linguistiques. Bon voyage en espérant que vous n’aurez pas votre voyage.

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3 réflexions au sujet de « Apprendre le québécois, leçon 5 : vacances linguistiques »

  1. Excellent – je propose le thème de la rentrée scolaire et de la papeterie pour la suite…Les petits français vont à l ‘école avec un cartable sur le dos, des crayons à papiers, des stylos-plumes, le visage rougie par le vent frais. Vêtus d’une chemise et d’un pantalon, de chaussures »nickel », d’un bonnet, de gants et d’un manteau cher, ils sont fin prêts pour aborder l’hiver. Les petits québécois quant à eux partent avec un sac à dos, des mines et des plumes fontaines, la face rougie par le vent frêt. Vêtus d’une camisole et de pantalons, de souliers neufs, d’une tuque, de mitaines et d’un manteau dispendieux, ils sont fin prêts pour aborder l’hiver.

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