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S’il te plait, dessine-moi un auteur : Firenz en mode d’écriture.

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, nous sommes en garde à vue au commissariat de police avec Firenz’ … 

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Un lieu sans âme pour un interrogatoire musclé

En quête d’écriture

Cela faisait quelques heures déjà qu’ils me retenaient, sans que je ne sache pourquoi. Restée seule dans une pièce sans âme, murs beiges et fenêtre à barreaux, on m’avait servi un café et un verre d’eau, et pris mon sac. Je n’avais donc pas de téléphone pour appeler quiconque, ni stylo ni carnet non plus, rien pour écrire. Dommage, à travers la crasse de la vitre et entre les barreaux, mon regard, lui, parvenait à s’évader, et j’aurais aimé pouvoir raconter…

Où étiez-vous dans la nuit du mardi 12 au mercredi 13, entre minuit et quatre heures du matin ?

Pourquoi ?

Ici, c’est nous qui posons les questions.

Pourriez-vous, s’il vous plait, éteindre cette ampoule blanche qui aveugle mon jour tandis que vous voulez inspecter mes nuits.

Où étiez-vous cette nuit-là, pendant que la boutique du diamantaire était cambriolée ?

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J’étais chez moi, j’écrivais

 Mémoire exceptionnelle ou alibi longuement préparé et muri ? Etrange fraîcheur du souvenir… très étrange… Vous écriviez quoi ? Une liste de courses ? Une recette de cuisine ? Un post-it ? Un courrier au banquier ?

Je ne sais pas ce que j’écrivais. C’est juste que, comme c’était un soir de semaine, c’est l’activité la plus probable. Je ne sors pas trop en semaine, donc j’écrivais, très certainement. Il n’y a qu’à vérifier dans mes textes publiés sur iPagination, je publie en général tard dans la nuit.

***

Nous avons vérifié votre espace iPagination, rien n’a été posté cette nuit-là… Retour à la case zéro alibi par conséquent… Par contre, nous avons lu quelques uns de vos textes, ils ne sont pas bien nets. Vous buvez quoi quand vous écrivez ?

Du thé, ou du café, voire de l’eau …

De l’alcool aussi, non ? Vos textes sentent l’éthylotest fébrile ?

Ah non, vous vous trompez ! Je connais l’ivresse de la plume mais ne la conduis pas en état d’ébriété.

Quelques psychotropes, alors ? De toute évidence, vous vous droguez. On peut lire des lignes de blanche entre vos lignes à l’encre noire !

Que nenni, aucun psychotrope. Je ne fume même plus de cigarettes. Je m’enveloppe d’autant de liberté que possible et poste des textes en mode affranchi. D’autre part, je crains trop la page blanche pour envisager d’en sniffer une simple ligne. Par conséquent, les seules lignes dont je me came sont des lignes de fuite, des lignes de pensée, des lignes de mots, pour des retours à la ligne … Mais s’il vous faut vraiment des trucs en ‘-thrope’ pour justifier mon écriture, voyez plutôt du coté des lycanthropes, misanthropes et philanthropes… Voilà quelques sources d’inspiration, des fils conducteurs d’imagination dont je fais consommation, oui. Certains sont stupéfiants.

Eh bien voilà ! Cela expliquerait vos textes sans queue ni tête. Inspecteur, allez vérifier à quelle catégorie de stupéfiants appartiennent les lycanthropes.

Mes Lycanthropes avaient pourtant une queue et une tête, Monsieur l’Inspecteur.

Quoi qu’il en soit, pas de texte publié cette nuit-là, donc votre alibi ne tient pas.

Je ne les publie pas tous, Monsieur le Commissaire, une inspection de mon ordinateur portable devrait vous indiquer qu’il y en a eu un texte écrit cette nuit-là et non publié.

Voyons, voyons … Vingt-cinq textes en trente jours ! Mais qu’avez-vous donc de si important à écrire pour pourrir ainsi le disque dur de votre ordinateur ? Et d’où sortez-vous tous ces mots-là ?

D’important, Monsieur ? Rien. Ce que j’écris n’a d’intérêt que pour moi, c’est pourquoi mes textes restent là, pour la plupart, enfouis dans les 0 et 1 de ma mémoire binaire. Ecrire relève, pour moi, du désir mais aussi de la nécessité. J’écris pour vivre, pour rire, pour ne pas crever. J’écris à partir d’un mot happé ici ou là, d’une photo que mon regard croise, d’une idée qui traverse mon esprit, d’un moment de vie, parfois d’un simple défi… Il m’arrive d’ailleurs d’écrire sous la contrainte …

Que dites-vous là ? Vous écrivez sous la menace ? On vous met un flingue sur la tempe ? Voilà autre chose…

Non, non, rien d’aussi violent ! Simplement, parfois, je me plie aux exigences d’un atelier, tricote des fils d’histoires dans le cadre imposé, j’essaie au moins … Et si la plupart des textes que j’écris n’ont d’importance que pour moi, il m’arrive d’avoir besoin, ou envie, de donner mes mots à lire. C’est alors que je publie mes textes, et dès lors ils ne sont plus à moi…

 

Quoi qu’il en soit, pour le moment rien ne prouve que vous ayez écrit la nuit où les diamants ont été volés. Ni même que vous ne prenez pas de produits illicites. Alors nous allons vous garder encore un peu, et poursuivre notre enquête en quête de ce texte alibi.

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Enquête, en quête…

 

S’il te plait, dessine-moi un auteur : Antoine

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

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Cette semaine, Antoine s’explique avec son alter ego…

ANTOINE 1

L’auteur marchant lentement, nourrissant l’espoir d’être rattrapé par une horde de fans en furie

 

–       Antoine, c’est l’heure de ton interview, qu’est-ce que tu fais ?

–       Je les fais patienter, tiens. « Plus un écrivain est en retard, plus il est important » : c’est Dostoievski qui l’a dit. Ou alors c’est Beigbeder et il parlait des publicitaires, je sais plus trop. Bon, il me faut un rail de coke avant d’aller répondre aux questions.

–       Tu prends de la drogue, toi ?!

–       Non, j’ai dit ça pour la beauté du style. Et aussi pour choquer un peu. Et puis pour faire croire que je recèle de graves fêlures dans mon être intérieur. Un écrivain heureux, c’est un écrivain bon qu’à écrire des histoires plates et mièvres, avec des héroïnes qu’on a envie de lapider à coups de pruneaux mous dès la deuxième page. Regarde Houellebecq : il est mortellement fâché avec sa maman, du coup, on lui attribue une écriture torturée et des écrits sournoisement cyniques.

–       A t’entendre, maintenant, la personnalité de l’écrivain importe plus que ses œuvres. Il y a quand même un processus créatif nan ?

–       Certes. Pour bien écrire, il faut avoir des trucs à raconter, et pour ça, il y a deux solutions : ou alors on a une imagination débordante et on construit à partir de rien ou presque, ou alors on est curieux et on sort le nez de chez soi. Il existe également une troisième voie, celle de Tolkien : on sort tous les anciens mythes méconnus du frigo et on fait une tambouille avec. Si on a du talent, ça fait un plat du tonnerre. Georges Lucas n’a pas procédé autrement avec Star Wars.

–       T’as l’ambition de faire un Star Wars ?

–       J’ai déjà publié deux « J’aime Lire ». C’est mes mini Star Wars. le style littéraire importe peu, place à l’intrigue et aux personnages, qui doivent être aux petits oignons pour captiver l’enfant et le faire rêver. Lucas était un piètre réalisateur, mais c’était un scénariste de génie.

–       Quand on a demandé à Lucas pourquoi il avait tant tenu à produire ses épisodes I, II et III, il avait répondu qu’il avait toujours été fasciné par la montée du fascisme en Europe et qu’il avait voulu faire un film relatant la fragilité des démocraties. Toi aussi tu as de grandes visées quand tu écris ?

–       Navré de te décevoir. Je n’écris ni pour dénoncer, ni pour panser une blessure secrète. J’écris pour divertir et donner du plaisir aux gens. Bon sang, c’est affreusement niais ce que je viens de dire. Je vais vraiment me lancer dans des romans à l’eau de rose.

 

ANTOINE 2

Avant j’étais schizophrène, mais à présent nous allons beaucoup mieux

S’il te plait, dessine-moi un auteur: Renaissance en mode d’écriture

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

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Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est le nez en l’air mais l’œil grand ouvert que nous musardons sur le chemin de Renaissance, guidés par sa muse… 

« Copulsion » L’autre en moi, l’autre et moi. (Une de mes acryliques 60X60)
« Copulsion »
L’autre en moi, l’autre et moi.
(Une de mes acryliques 60X60)

 

« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme. » disait André Malraux. Tout est dit dans cet aphorisme.

J’ose compléter en affirmant que pour moi, c’est aussi le plus court chemin vers…moi-même ! Je travaille à ma conquête, chaque minute, chaque jour offert par cette nature qui me nourrit.

Alors, j’écris, je peins, je fabrique, je cultive, j’écoute, j’observe, je…guette !

Je suis bien incapable de dissocier l’écriture de la peinture ou de l’ébénisterie. Tout est question de circonstance et d’inspiration technique. Et de bouillonnement intérieur. D’aucun redoute la solitude ; je la recherche. Je veux dire bien-sûr, cette solitude « choisie » gage de concentration, d’introspection.

« Comme il serait préférable que nous comprenions que nous sommes solitude. » Rilke

Durant toute ma vie professionnelle, dédiée au soin à autrui et à la pédagogie, j’ai clamé à qui voulait l’entendre que la « source » de la réussite était d’abord en soi. Le chemin se trace à force de pas, les nôtres, vite suivis des autres. Et le chemin est un magnifique endroit de rencontre.

Après le pourquoi, le comment….

Un désir nait, une idée se dessine puis vient le temps de choisir le meilleur moyen de l’exprimer. Est-ce l’ordinateur, rapide et rigoureux ? Est-ce le crayon noir, couleur ou pastel ? Est-ce encore la toile, pinceaux et couteaux ? Est-ce enfin la rêverie avec un magnifique concerto de Bach ? Ou plus simplement une discussion avec mon aimée sur notre chemin préféré… ?

J’ai comme alliées la patience et la lenteur. Je perçois vos sourires à cet instant car ces vertus ne sont plus « tendances » comme ils disent ! Certes. Mais je les utilise à forte dose, comme si je m’interdisais une certaine facilité. Ma muse est généreuse mais elle me surveille et n’aime pas beaucoup que je ne respecte pas ses inspirations. Elle exige le meilleur de moi-même ; ce qui ne veut pas dire que je ne la « gruge » pas de temps en temps ! Elle finit par s’en apercevoir mais indulgente, elle m’accorde une deuxième chance. Elle m’a vu travailler avec mes élèves !

Je parle de quête de moi-même. Je sais aussi combien nous sommes les fruits d’influences diverses. Alors oui, j’emprunte le chemin des autres : philosophes, sociologues, peintres, sculpteurs etc…Mais là encore, je ne me disperse pas, je suis le fil d’Ariane qui part d’une question intérieure et finit parfois chez Nietzsche, Picasso ou Rimbaud. Et leurs disciples contemporains naturellement. Ces chemins m’amènent très souvent dans une galerie, un atelier d’artiste, un premier roman ou un essai. Quand ça n’est pas tout simplement dans mon potager ou encore au bord de « mon » océan avec mon appareil photo. Et bien-sûr, sur Internet, iPagination ou les blogs amis. Je suis plus un lecteur-chercheur qu’un ogre de littérature…Je fonctionne à l’essence de mes passions mais comme le dit si bien Spinoza, je fuis l’aliénation dans laquelle elles visent à m’enfermer. Elles doivent rester des passions-gaies ! Et moi, garder ma liberté.

C’est ainsi qu’outre la peinture et autres expressions artistiques, je vous confie de temps en temps, mes écrits. Soit en poésie classique à laquelle je voue un respect sans limite, eu égard à quelques grands poètes auxquels je fais souvent référence. Que de sublime dans les vers de La Fontaine, Victor Hugo ou de Musset ! La rigueur technique alliée à la musicalité me séduit magistralement. Soit en poésie dite libre quand l’urgence créative se fait sentir avec Rimbaud, Rilke, Neruda pour guides. Ou le plus souvent je vous écris en prose, sous forme de conte philosophique. Je n’écris ni le matin, ni le soir, ni la nuit ; j’écris dans une temporalité qui échappe au réel. Juste quand l’heure est venue.

Mon histoire démarre avec une image mentale issue d’une rêverie, d’une situation, d’une réflexion. Elle s’engage dans ce chemin que je loue depuis le début de mon propos et se nourrie de rencontres, d’influences et bien entendu de découvertes inattendues. Il m’arrive de me perdre alors je m’arrête un instant. Jamais longtemps, je n’aime pas les arrêts ! Je regarde autour, je recule, me distancie, me transpose. Alors, une sente se dessine à nouveau, affluant de mon chemin initial. Et je sculpte les mots, malaxe, change, enjolive, hésite, choisi, renonce, reviens… Mon travail avance méticuleusement, précieusement, mot après mot.

Puis comme le peintre après maints rajouts, il faut clore, quitter enfin. Et donner, partager rapidement. Avant que le doute s’installe à nouveau. Avec le temps, la confiance permet d’oser plus rapidement.

La conséquence en est la rareté. Mais elle est le gage de mes propres exigences.

Une de mes photos… qui me ressemble : rêverie, contrastes,  couleurs, mystères, liberté…
Une de mes photos… qui me ressemble : rêverie, contrastes,
couleurs, mystères, liberté…