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En mode écriture : Thierry Ledru

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Thierry Ledru »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine c’est Thierry Ledru, l’auteur, qui est pris à partie par l’autre Thierry Ledru.

DUALITE 3 MASQUES BLANC NOIR

Toi et moi

« Bon, allez, c’est parti.

-Tu m’abandonnes encore, c’est ça ?

-Oh, écoute, tu ne vas pas recommencer à te plaindre. Tu sais bien que ça ne dure pas très longtemps.

-Mais j’ai peur que tu m’oublies, que tu ne reviennes pas, que tu sois happé par un de tes personnages. Qu’est-ce que je deviendrais ?

-Mais, non, il n’y a aucun risque. Tu sais bien que je ne suis rien sans toi.

-C’est ce que tu dis mais je ne suis pas persuadé que ça soit la vérité. Rappelle-toi quand tu as écrit « Noirceur des cimes », tu te levais la nuit parce que le personnage principal allait mourir et qu’il appelait au secours. Et tu étais épuisé par ces nuits d’écriture. Tu n’étais plus le même, tu vivais dans ta bulle. Tu m’as vraiment fait peur pendant ces neuf mois d’écriture.

-Neuf mois ?

-Oui, c’est ce que ça a duré et quand tu dis que ça n’est pas long, et bien, pour moi, ça l’est. Et pour tes proches aussi.

-Ils se sont habitués et ils savent combien l’écriture est importante pour moi.

-Est-ce que c’est vraiment toi ? Est-ce que tous ces personnages n’ont pas pris le pouvoir sur toi ? Est-ce que tu pourrais vivre sans eux ? Est-ce que tu existes réellement si tu cesses d’écrire ?

-Tu me fatigues avec tes questions.

-C’est plutôt que tu ne veux pas répondre, tu fuis la réalité. Ton écriture, c’est une fuite.

-Et allez, les jugements et les reproches. Tu ne peux pas me laisser tranquille, au moins ce soir. J’ai quelque chose d’important à écrire, je ne peux pas laisser Laure dans cette situation.

-Qu’est-ce qui lui arrive cette fois ?

-Elle s’est retrouvée prise dans un attentat. Elle en a réchappé de justesse et elle se retrouve avec la mallette.

-La mallette où sont cachés les billets ?

-Oui, c’est ça et elle ne sait pas si des tueurs l’ont suivie. Elle est terrorisée.

-Et donc, tu vas encore aller la sauver. C’est assez puéril tout de même comme fonctionnement.

-Quoi ?

-Et bien, tu inventes des situations dramatiques et puis tu arrives comme Zorro pour sauver ton héroïne. Tu ne serais pas un peu mégalomane des fois ?

-N’importe quoi, tu délires complètement là.

-Alors dis-moi clairement ce que tu cherches en écrivant !

-Je cherche la vérité.

-La vérité ? Mais sur quoi ?

-Sur moi ?

-Toi ou moi ?

-Tu délires. Tu sais très bien que toi et moi, c’est pareil.

-Je n’en suis pas si sûr. Je pense même que c’est une autre vie que tu te donnes. Et je me demande bien pourquoi. La vérité dis-tu ? Mais quelle vérité ?

-Quand j’écris, je suis un autre, c’est vrai. Je me libère de la pression de la vie quotidienne et je peux explorer ce que je porte, ce qui est enfoui, ce qui n’apparaît pas dans les rôles de mon existence. Quand j’écris, je ne suis pas identifié à mon histoire, je l’observe de plus haut et je m’en sers pour l’analyser. Mes personnages ne sont que des miroirs, des facettes que j’autopsie.

-Et donc, moi, je disparais ! Tu te débarrasses d’un fardeau, c’est ça ?

-Arrête de jouer à la victime. Si je n’avais pas écrit, je ne sais même pas si tu existerais encore.

-Ah, ben, c’est la meilleure celle-là ! Et tu peux me dire ce que je serai devenu ?

-Ce que NOUS serions devenus. Et bien, j’aurais continué à m’autodétruire, tout simplement. Je ne vais pas te rappeler notre histoire, tu la connais aussi bien que moi.

-« Les Éveillés », c’est à ce roman que tu penses ?

-Oui, celui-là et « Ataraxie », « Vertiges », « Jusqu’au bout », « À cœur ouvert », « Noirceur des cimes » et tous les tomes de « Jarwal le lutin. » Ils ont tous marqué le cheminement de ma vie. Ils ont tous été des balises, des lumières, des révélations.

-Tu n’écris pas vraiment pour les autres alors ?

-Pas au départ. Effectivement. C’est avant tout une thérapie et tu en bénéficies bien plus que ce que tu crois. C’est grâce aux livres que j’ai fini par t’aimer et par avoir un peu d’estime.

-De l’estime pour moi ou pour ton statut d’écrivain ?

-J’aimerais que tu finisses par comprendre qu’il s’agit bien de la même personne. Toi, le père, amant, instituteur, sportif, et moi l’écrivain, nous sommes une seule personne. C’est toi qui me vois comme une menace. Et tu as tort. Tu ne serais pas ce que tu es si je n’étais pas devenu ce que je suis.

-Attends, je ne comprends pas. Tu veux dire que ce que ce que je suis, c’est à toi que je le dois ?

-Nous nous devons mutuellement d’être ce que nous sommes. Sans ton histoire personnelle, je n’aurais jamais écrit. C’est toi qui m’as nourri. Mais ce que j’ai écrit t’a enrichi également puisque tu connais maintenant les raisons de ton histoire.

-Et tu penses écrire encore longtemps ?

-Tant que j’aurais quelque chose à comprendre.

-Il va falloir que je m’habitue alors. C’est un travail sans fin ce que tu prévois.

-La fin, tu la connais. Et comme il est impossible d’en deviner la date exacte, il m’est impossible de différer la tâche. »

Il rejoignit le fauteuil molletonné, s’installa devant l’ordinateur, posa les écouteurs de son casque sur ses oreilles, enclencha le lecteur de musique. Il ferma les yeux quelques secondes. Il se sentit disparaître et simultanément apparut à son esprit la course folle de Laure dans les couloirs du centre commercial. Sa peur, et le souffle de ses entrailles, les frissons devant les morts hachés par les balles, la terreur et l’incompréhension en découvrant la fortune que contenait la mallette. Elle devait prendre une décision. Elle n’avait que quelques secondes de répit.

« Bouge-toi ou tu es morte. »

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« Bouge-toi ou tu es morte. »

 

Jacques A. Bertrand, un écrivain léger et féroce.

Un article proposé par MarieM, dont vous pouvez consulter la page ici

Jacques A. Bertrand, un écrivain léger et férocement humoristique.

Parce qu’à dix ans, après avoir subi une opération chirurgicale qu’il a voulu raconter sur papier, Jacques A. Bertrand s’est rendu compte qu’“il est plus intéressant et plus gratifiant de raconter la vie que de la vivre”, il a décidé de devenir écrivain.

Pour notre plus grand bonheur.

Il publie en 1983, son premier roman “Tristesse de la balance et autres signes”.

Depuis, plusieurs de ses livres ont été salués par quelques prix littéraires comme le prix de Flore pour le “Pas du loup” (1995) ou celui de 30 millions d’amis pour “Les sales bêtes” – Un régal –

Un des prix les plus emblématiques qu’il ait reçu est le Prix Georges Brassens. Ce prix a récompensé “La liberté de ton, l’impertinence, l’amour du verbe” de son livre “J’aime pas les autres” publié en 2007. Il faut y ajouter l’humour, bien entendu…

Dans ce roman, Jacques A. Bertrand cultive ce qu’il appelle “La Loi de la Légèreté Universelle”: Et c’est avec un humour féroce qu’il dénonce les maux de la société et les “Autres” qui sont des empêcheurs de tourner en rond…

«Comment je me suis fâché avec tout le monde, je ne sais plus très bien. Longtemps, j’ai cru aimer les autres. Peut-être que je croyais les aimer parce que je voulais qu’ils m’aiment. Vous voulez toujours que les autres vous aiment. Enfin, vous croyez.
C’est des gens bizarres, les autres. Vous pensez qu’ils sont comme vous. Et pas du tout. Ils sont comme les autres.
J’aime pas les autres. »

Il va continuer son exploration sarcastique et en même temps jubilatoire des « Autres » dans deux autres romans :“Les autres, c’est rien que des sales types, et “Les autres, c’est toujours rien que des sales types”. Il nous dresse des portraits bien sentis du “Touriste”, du “Parisien”, du Voisin, du Végétarien…. puis de l’ Ecrivain, du Pipole, du Candidat…

Interview de J. A.Bertrand  :

 

 

 

Et puis il y a le dernier né. “Comment j’ai mangé mon estomac” (2014)

On aborde ce roman avec une pointe d’inquiétude, le récit d’un cancer de l’estomac, quand même !

Et puis, non, au bout de quelques pages on sait qu’on peut se laisser aller, faire confiance… malgré l’horreur évoquée, on va passer un beau moment.

Imaginiez-vous pouvoir lire le récit d’une lutte contre cette maladie, la chimiothérapie, le séjour à l’hôpital, l’opération avec des éclats de rire ? Eh bien Jacques A. Bertrand rend cela possible.

« L’intérêt de la fiction, c’est de parler de la réalité (…) et de la transformer, de la rendre plus légère qu’elle ne l’est en réalité »

A la question qu’on lui pose : « Vous êtes vous demandé ce que vous n’avez pas réussi à avaler dans la vie ? »

Il répond : “La Bêtise, sans doute , sur quoi Renan se penchait pour avoir une idée de l’infini… »

Extrait :

« Certainement, je n’ai pas assez vomi. J’ai insuffisamment protesté. J’ai gardé trop de choses sur l’estomac. Par naïveté, j’ai trop longtemps cru sur parole les histoires qu’on me servait. On me certifiait que j’étais tenu de tendre à la sainteté. Je n’ai rien contre les saints. Il y en eut de très bien, des pittoresques aussi, des amusants parfois. Des bornés, également. Des allumeurs de bûchers. Mais je n’ai rien contre la sainteté. Seulement les doctrines et les dogmes par lesquels on voulait m’y conduire – définis des siècles ou des millénaires après d’hypothétiques événements censés les avoir inspirés – ont fini par m’apparaître peu fondés, ou tout simplement ineptes. De plus, leurs thuriféraires semblaient incapables de rester fidèles à leurs propres préceptes. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Et cetera.

Il souligne là, avec cet humour qui le caractérise le fameux « fais comme j’te dis, fais pas c’que j’fais, dont nous avons tous vérifié les vertus pédagogiques à nos cœurs défendants ! Comment ne pas en prendre de la graine ?

Naturellement, il m’arrive d’être de mauvaise foi. C’est un exercice intéressant. Voire – si on le pratique avec un minimum de légèreté – un procédé humoristique efficient. Il en est de même de la mauvaise humeur. D’excellents comédiens, écrivains, politiciens ont fondé de belles carrières sur la mauvaise humeur.

J’ai souvent ruminé, certains petits matins venimeux, après avoir feuilleté les journaux, de me mettre à écrire « Le livre de la haine ». Il faut croire que je ne suis pas assez méchant. Plus ruminant qu’enragé

Combien est-ce savoureux de lire, sous la plume de cet homme intelligent et pudique, qu’il peut être parfois de mauvaise foi, voire ressentir de la haine… Car, bien sûr, tout un chacun ressent cela, également… C’est comme si alors, il nous en donnait l’autorisation… du coup on se sent plus légers, moins seuls en tout cas..

Avec ça d’une politesse exquise, d’une courtoisie sans faille.

J’ai avalé pendant des années des tartes aux salsifis. Pourquoi aurais-je embarrassé cette charmante hôtesse en lui avouant que je détestais les salsifis ? Ceux qui adorent les salsifis peuvent-ils vraiment comprendre que d’autres ne les aiment pas ?

J’ai toujours eu horreur des salsifis.

……

Les couleuvres, j’ai accepté avec complaisance d’en avaler quelques-unes. Il faut dire qu’elles étaient magnifiques. Noir, or, argent. Élégantes en diable. Avec cette façon de se mouvoir d’un point à un autre en ignorant superbement la ligne droite de la géométrie euclidienne.

Les ai-je vraiment digérées ?

Probablement pas, mais j’ai eu tellement de plaisir à les avaler. Je ne voudrais pas que l’on croie que je me cherche des excuses. Et je ne voudrais contrarier la digestion de personne. Je ne fais que me soulager d’un peu de mauvaise bile. Façon de thérapie. Mais je crois au libre arbitre.

C’est bien moi qui ai dévoré mon estomac. Dans toute vie, il y a toujours un moment où l’on peut choisir.

Ouvrez des écoles, vous pourrez fermer les prisons, conseillait le bon Victor Hugo. Aujourd’hui, il semblerait que pas mal de jeunes gens à qui les écoles sont ouvertes leur préfèrent la prison.

Et, notez encore, ce n’est pas que je sois un inconditionnel de l’école.

Qui a dit que la culture consiste à désapprendre ce qu’on nous a appris ? J’excelle dans cet exercice postscolaire. Déjà, je ne sais presque plus rien.

Mais je demeure résolument optimiste, n’en doutez pas. »

Voilà ce qui caractérise peut-être le mieux cet auteur: l’Optimisme et il en distille tout au long de ses pages… L’on en ressort tout ragaillardi.

 

Tous les livres de Jacques A. Bertrand sont de ceux qu’on ne peut pas lâcher, qui vous emportent au bout de la nuit…

ça se lit comme on déguste un carré de chocolat avec un petit café… Un mélange de gourmandise, de douceur et d’une pointe d’amertume…

 

On voudrait en tout cas qu’ils durent pour ne pas quitter trop vite cet auteur, son humour, sa sensibilité et sa grande tendresse pour les autres…

 

Liens

Article paru dans le nouvel observateur :

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20140107.OBS1633/jacques-a-bertrand-la-litterature-a-l-estomac.html

Interview au sujet de son livre : Comment j’ai mangé mon estomac

 

Documentaire : Marcel Proust, une vie d’écrivain

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Marcel Proust

Auteur d’une seule oeuvre divisée en sept livres, Marcel Proust consacra sa vie entière d’écrivain à donner vie aux quelques 500 personnages de ‘à la Recherche du Temps Perdu’ Considéré comme un écrivain mondain, il eut d’abord du mal à se faire publier. C’est ainsi qu’André Gide lui ferma la porte des éditions Gallimard, et aura bien du mal ensuite à se le pardonner. ‘à l’Ombre des Jeunes Fille en Fleurs’ est le livre de la consécration, et du Prix Goncourt, en 1919. Le documentaire que nous vous proposons sur la vie et l’œuvre de Marcel Proust décrit la relation de l’auteur avec ses parents : sa mère qui lui a communiqué une culture riche et profonde, et son père qui, bien qu’il ait laissé son fils écrire, n’entrevoyait de réussite que pour le fils cadet, Robert, qui allait devenir chirurgien.

  Au fil de ce documentaire, se déroulent différents aspects de la vie de l’écrivain. Son ascension sociale dans le cercle très fermé des salons aristocratiques parisiens, ascension favorisée par la fortune familiale ; son homosexualité, dont son coup de foudre pour Alfred Agostinelli, avec qui il vécut une profonde passion ; son ascendance juive et son positionnement lors de l’Affaire Dreyfus ; son processus d’écriture, ainsi que le rôle de sa gouvernante, Céleste Albaret, qui l’accompagna pendant de nombreuses années et sauvegarda les œuvres de Marcel, avec rigueur. Vous y trouverez aussi de nombreux témoignages de contemporains de Proust : Jean Cocteau, François Mauriac, Paul Morand et Céleste Albaret, et des interventions d’écrivains et critiques comme Roger Shattuck, Shelby Foote et Iris Murdoch. Une réalisation formidable signée en 1992 par Sarah Mondale, agrémentée de carnets raturés et dessinés qui permettent également de se plonger dans le style de l’écrivain, ses phrases longues, son écriture de caractère. Cinquante-neuf minutes et une immersion riche de nombreuses images d’archives sur fond de musique de Franck ou de Fauré. Cinquante-neuf minutes que vous ne verrez pas passer.

Proust et ecriture
Proust, son écriture, ses ratures, ses mots à lire …

Le Trône de Fer : des aventures à lire et à regarder

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Le trône de fer

Le trône de fer, de George R.R. Martin est  une saga fantasy  dont le premier tome est paru en 1996. Au delà des intrigues finement imbriquées (les créatures magiques au-delà du Mur, la dernière héritière des dragons et la guerre des maisons nobles pour le trône) la complexité de l’œuvre réside aussi dans ses personnages, principaux ou secondaires. Un protagoniste est désigné indifféremment par son prénom, son nom, le nom de sa maison, sa fonction, sa bannière ou son surnom. Prenons les deux Clegane, par exemple. L’un a pour prénom Grégor, l’autre Sandor, deux prénoms qui se ressemblent. L’un a pour surnom « la Montagne », l’autre « le Limier ». On les appelle indifféremment « le chien » du nom de leur bannière. Mais on peut nommer « le chien » tout autre représentant de la maison Clegane. Le chien + Clegane peut finalement devenir plusieurs personnes différentes et seul le contexte aide à comprendre.

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 Theon Grejoy des Iles de Fer, bannière la seiche, pupille de la maison Stark, bannière le loup.

Imaginez le même procédé pour chaque personnage du roman qui compte sept maisons et une multitude de maisons leur étant inféodées, changeant de couronne selon l’évolution des guerres, trahisons et allégeances ; les enfants de la noblesse sont envoyés en tant que pupilles dans les maisons rivales pour sceller des alliances, ce qui équivaut à devenir otages. Leur état leur confère l’appartenance de leur nouvelle maison alors qu’ils sont d’une autre. Il y a de quoi s’arracher les cheveux.

Qui est qui et qui fait quoi ?

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Eddard Stark

C’est ici qu’intervient la série en plusieurs saisons dont le premier épisode parait en avril 2011. Une réussite magistrale. Toute l’essence de l’œuvre écrite est respectée. Ily a bien quelques modifications afin d’éclaircir l’histoire ainsi que les relations entre hommes, femmes et maisons, mais elles restent mineures.

On peut ainsi suivre le déroulement des intrigues beaucoup plus facilement. La scène du jugement par la Main du Roi rendant justice est exemplaire. Les paysans demandent réparation de la mise à sac, des meurtres et des viols perpétrés dans leur village affilié à la maison Stark par un individu et sa bande qui ont laissé sur place un sac de truites, emblème de la maison Tully,  en guise de message de représailles. La description du chef des brigands correspond à « la Montagne », le Chien allié des Lannister dont le fils, le nain/Tyrion a été enlevé par l’épouse de la Main du Roi, Catelyn Tully.

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Catelyn Tully épouse de Ned/Eddard Stark Main du Roi

 

Pour qui a vu la série, n’hésitez pas à lire le roman.

Pour qui a lu le roman, n’hésitez pas à regarder la série dont voici un extrait.

Dans les deux cas, vous ne serez pas déçu.

Et si vous voulez en savoir davantage, n’hésitez à visiter le site officiel ici

 

La voleuse de livres

 

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La voleuse de livres

La voleuse de livres, de Markus Zusak, traduit par Marie-France Girod, est paru en France en 2007 aux éditions Oh !. Ce livre a fait l’objet d’un succès d’estime, entendez par là qu’il a été plébiscité grâce au bouche à oreille. Ouvrage classé en rayon jeunesse, il s’adresse principalement aux jeunes adultes. L’histoire se déroule dans une petite ville de l’Allemagne nazie pendant la deuxième guerre mondiale. Une fillette, Liesel, est placée chez monsieur et madame Hubermann qu’on lui demande d’appeler papa et maman. Max, un jeune homme juif fils d’un ami décédé de monsieur Hubermann, vient se réfugier rue Himmel. Liesel et Max développeront une amitié basée sur la poésie, la force des mots et de l’imagination. Les livres sont rares car brûlés en simulacres d’autodafés. Max se créera son propre livre pour l’offrir à Liesel et Liesel en volera la plupart.

Ce qui explique le phénoménal succès de ce livre est que la Mort en est la narratrice, une Mort qui s’adresse au lecteur sous forme de notes, de listes et de considérations personnelles. Une Mort fascinée par l’être humain et particulièrement par Liesel. Son récit vagabonde d’un événement à l’autre sans ordre chronologique et ses impressions y tiennent une place capitale.

Extrait de la dernière page du roman :

« J’aurais aimé parler à la voleuse de livre de la violence et de la beauté, mais qu’aurais-je pu dire qu’elle ne sût déjà à ce sujet ? J’aurais aimé lui expliquer que je ne cesse de surestimer et de sous-estimer l’espèce humaine, et qu’il est rare que je l’estime, tout simplement. J’aurais voulu lui demander comment la même chose pouvait être à la fois si laide et si magnifique, et ses mots et ses histoires si accablants et si étincelants.

Rien de tel n’est sorti de ma bouche.

Tout ce dont j’ai été capable, ce fut de me tourner vers Liesel Meminger et de lui confier la seule vérité que je connaisse. Je l’ai dite à la voleuse de livres. Je vous la dit maintenant.

UNE ULTIME NOTE DE VOTRE NARRATRICE

Je suis hantée par les humains. »

 

VLD film

 

Le film, drame Américain-Allemand, réalisé par Brian Percival avec Geoffrey Rush, Emily Watson, Sophie Nélisse et Ben Schnetzer dans les rôles principaux, est sorti le 5 février 2014 en France.

Le récit est linéaire et la Mort n’est pas très présente. Mais l’histoire est respectée. C’est un film pour tout public qu’il ne faut pas hésiter à conseiller à un adolescent. Les acteurs sont bons et l’émotion est au rendez-vous.