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Jodi Harvey-Brown, sculpteur sur page …

Personnages, animaux, créatures diverses, engins, paysages … ils étaient captifs des pages de vieux livres, Jodi Harvey-Brown entreprend de les libérer …

C’est dans son atelier en Pennsylvanie que l’artiste américaine ressuscite des ouvrages, en sculptant leurs pages en fonction des histoires qu’elles racontent … Un travail d’une minutie et d’une finesse incroyables pour que, par exemple, l’ouvrage deviennent île, et que les coffres se remplissent bel et bien de trésors. Alors seulement il est temps pour les pirates de passer à l’attaque …

L'ILE AU TRESORL’île au trésor, d’après l’œuvre de Robert Louis Stevenson.

L’idée lui est venue après qu’elle eut acheté un plein carton de vieux livres dans une boutique d’occasion. A l’heure où les ouvrages sont de plus en plus souvent numériques, l’idée de faire autre chose de ces livres de papier germa dans son esprit. Alors elle commença à en découper les pages, entièrement à la main, avec beaucoup de précision et de délicatesse, pour transformer ces supports en œuvres d’art, afin qu’ils continuent à raconter des histoires, des histoires autrement, en trois dimensions …

Bicolores pour la plupart, blanc-crème de papier et noir d’encre, ces sculptures nous laissent leur inventer des couleurs, tant elles titillent notre imaginaire. Quand le chevalier se mesure au dragon, on s’attend presque à voir des flammes sortir de la bouche de ce dernier. Jodi Harvey-Brown ne lésine sur aucun détail pour insuffler de la vie à ses animaux ou à ses personnages.

LE CHEVALIER ET LE DRAGONLe chevalier et le dragon.

Après s’être essentiellement inspirée de personnages de romans, de Harry Potter à Tom Sawyers, elle a ensuite laissé libre cours à son imagination, pour sortir des histoires déjà écrites et écrire les siennes, au gré des humeurs et des envies. Ses ‘marines’ sont particulièrement réussies.

Pour que ses œuvres résistent aux outrages du temps, Jodi Harvey-Brown protège les sculptures, une fois terminées, en appliquant un produit de finition anti-U.V.

AU PAYS DES AMISHAu pays des Amish

Si Jody Harvey-Brown n’est ni la première, ni la seule artiste à travailler les livres pour en faire des sculptures, il est indéniable que son travail est remarquable.

ALOHA SIGNIFIE AU REVOIR Aloha signifie ‘au-revoir’

Nous vous invitons à poursuivre l’exploration de son oeuvre, commencée ici, en visitant son site

KIDNAPPED Book 1 Kidnappé

ORGUEIL ET PREJUGE BOOKOrgueil et préjugés, inspiré de l’œuvre de Jane Austen …

Nick Georgiou et ses sculptures de papier

Nick Georgiou

Nick Georgiou est né à New York, en 1980. Il a obtenu son baccalauréat en cinéma et télévision à l’université new-yorkaise Tisch School of the Arts. Après ses études, il a travaillé comme décorateur et directeur artistique sur des films indépendants avant de se concentrer à plein temps sur sa carrière de sculpteur.

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Georgiou crée des sculptures de papier journal méticuleusement cousu à la main, qu’il intègre dans l’environnement urbain. Ses sculptures insufflent une nouvelle vie aux livres et aux journaux abandonnés, trouvés dans les rues. Autant de témoignages de la régénération du mot imprimé dans notre société contemporaine.

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« Le monde est dans une période de transition et de bouleversements. Notre pays est dans un état de guerre – à la fois contre d’autres êtres humains, ainsi que de notre planète. Dans le même temps, les gens n’ont jamais été plus reliés les uns aux autres grâce aux progrès technologiques. »

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«L’ère du numérique a révolutionné les concepts d’espace et de temps. Il a complètement transformé la façon dont nous nous percevons nous-mêmes et ainsi que le monde qui nous entoure. De plus en plus de gens se détournent des méthodes traditionnelles de lecture, se tournant plutôt vers leurs ordinateurs dans leur quête d’information et de divertissement.»

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«Il n’est pas difficile de constater que le mot imprimé est sur le point de devenir un artefact du 21ème siècle. Notre façon d’interagir avec le texte change. Nous perdons quelque chose de tangible. L’art de Georgiou reflète cette transformation entraînée par l’immédiateté des médias, et par notre dépendance au cycle de nouvelles accessibles 24 heures sur 24.»

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Parmi les divers projets dans lesquels il est impliqué, de nombreuses commandes de sculptures passées par la Oxford University Press et le Washington Post Corporation. Ses œuvres ont également été présentées à la presse par le Rat Noir ainsi que les galeries Andipa modernes à Londres. Enfin, elles ont été présentées dans plusieurs expositions dans la région de New York ou encore à Tucson, où il expose et enseigne à l’Université de l’Arizona.

Article traduit du site : Citizens Artist collective

Pour accéder au blog de Nick Georgiou cliquez-ici !

Jacqueline Rush Lee : fossiles et squelettes de livres

 Jacqueline Rush Lee

Dans la série des artistes saisissants, nous vous proposons cette fois de découvrir Jacqueline Rush Lee. Originaire d’Irlande du Nord, elle vit et travaille aujourd’hui à Hawaii. Connue dans le monde entier, Jacqueline travaille le livre sur le plan conceptuel, dans une exploration du livre comme objet, en s’efforçant de révéler ou de transformer la nature de ce dernier.

Lee explore l’esthétique des livres comme objets culturels, avec chacun sa propre histoire et son propre sens. Intuitivement guidée, Jacqueline crée des œuvres cérébrales, évocatrices, avec une profondeur émotionnelle qui crée la confusion ; des œuvres philosophiques qui, malgré l’usage habituel de l’objet, ne disposent d’aucun mots pour délivrer leurs messages…

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L’artiste a toujours considéré le livre comme un navire puissant d’expression, mais aussi de contemplation. Son travail se distingue par sa technique qui réinvente le livre et le représente sous un aspect sans cesse renouvelé, unique, reposant uniquement sur des composants réels des livres. Elle reste, toutefois, ouverte aux transformations physiques et métaphoriques qui se produisent dans son processus de travail. Tel un palimpseste, un document qui porte les traces du texte original dans son cadre, mais raconte une nouvelle histoire, comme un document visuel de son époque…

On remarquera dans ses œuvres une attention toute particulière portée à la forme et la surface, attention due à sa formation officielle en céramique. Œuvres difficiles à appréhender de prime abord, les livres ressemblant soit à quelque créature des mers ou à de drôles de champignons fossilisés, rendu résultant du fait que les livres sont façonnés dans le four d’un potier, à haute température, jusqu’à ce que, au lieu de se désintégrer, ils atteignent un fragile état « pétrifié ».

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Endosquelette

Mais que l’on ne s’y trompe pas, il aura fallu à cette artiste des centaines de tentatives pour réussir à manier la fameuse technique lui permettant d’aboutir dans son travail. Une surveillance de tous les instants lors de la phase de « cuisson » car, plus encore que la température, la qualité même du livre, en fonction de sa datation, peut nuire à la réalisation.

En effet, depuis les années1940-50 la qualité du papier s’est améliorée, résistant ainsi davantage à la chaleur. Un travail laborieux, mais comme elle le dit : « le processus est le monde de l’artiste visuel ».

Une autre technique, enfin, vise à faire tremper les livres, qu’elle enroule ensuite dans une matière particulière, et dont résulte une forme semblable à une roue…

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Enfin, Lee n’hésite pas à s’aventurer dans de nouvelles voies complètement différentes. Pour exemple, son œuvre Ode à Atsuo, empreinte d’un dictionnaire japonais ayant appartenu à un homme nommé Atsuo qui, avec soin, avait scotché les couvertures de l’ouvrage. Hommage à ces petites traces que les gens laissent au monde, hommage à ces désirs de retarder la marche du temps, comme pour tromper l’inéluctable fin.

À distance, la forme d’Ode à Atsuo ressemble non seulement à un livre ouvert, mais aussi à une vertèbre unique, fragile et humaine. Comme Marcia Morse l’a souligné dans un essai écrit en 2005 pour la Biennale du Musée d’Art Contemporain des artistes d’Hawaï, la colonne vertébrale est « un des points communs, parmi d’autres, entre  la structure d’un livre et l’anatomie humaine «. La mortalité est très présente dans ce travail, mais comme une épitaphe plutôt qu’une tragédie.

rush Lee ode to atsuo small Ode à Atsuo: fossiles de livre de Lee

Et, bien que son art soit controversé, l’artiste est accusée de profanation et de destruction du livre objet, Jacqueline Rush Lee se défend, affirmant qu’elle donne une autre vie aux objets, et précisant : « Je suis d’abord intéressée par l’expression de la voix propre des matériaux, ou par la compréhension que la société a de cette propre voix, et par les hypothèses que nous formulons à l’égard des matériaux ».

Lors du choix de livres pour son art, Lee est avant tout attirée, pas tant par le contenu, donc, que par la relation entre l’objet et le lecteur, l’ancien propriétaire, en s’imprégnant de chaque résidu que le lecteur laisse sur le volume.

Le but de tout ceci, me demanderez-vous ? L’artiste dit vouloir « masquer la nature de la matière », et, en masquant le fait que ce sont des livres, la matière change nos attentes par rapport aux livres, nous obligeant à regarder autrement ces volumes qui nous entourent. Lee nous rappelle que les livres sont, à certains égards, naturels ; composés de pâte de bois et de cuir, leur condition sous forme de livres n’est qu’une étape dans le cycle de la création mais aussi de la décomposition.

Cliquez ici : Jacqueline Rush Lee pour en savoir plus sur l’univers de l’artiste

Elizabeth Wadell dont le travail a permis cet article est rédactrice à La Conversation trimestrielle.

Su Blackwell ou la réincarnation féerique des livres

Vous avez très certainement croisé ses œuvres sans savoir qui les avait fait naître avec autant de poésie et de féerie. Nous-même avons régulièrement  partagé ses œuvres qui nous étaient anonymes, jusqu’à ce que nos longues heures à barouder sur le web, puisse lever le secret de cette identité mystérieuse, de ce talent formidable.

La Reine des Neiges, sculpture de livres par Su Blackwell

Il était une fois Su Blackwell qui naissait  en 1975 à Sheffield  en Angleterre. Toute petite, l’artiste jouait dans les bois, un lieu où son imaginaire pouvait prendre toute sa dimension, et qui, bien des années plus tard figureraient très régulièrement dans ses œuvres.

Un imaginaire donc mais aussi l’amour des arts, puisqu’elle intégrait pour ses études le prestigieux Royal College of Art à Londres.

loup et fille dans la forêt par Su Blackwell

Tout est donc là, propice à la création. Mais comme bien souvent pour bon nombre d’artistes très singuliers, il faut un dernier ingrédient. Un élément déclencheur qui finit de débrider la créativité et ouvre la voie à des réalisations qui porte une réelle signature.  C’est donc lors « d’un voyage en Asie du Sud-Est, où l’origami est partout et où les techniques de pliage de papier sont utilisés dans les cérémonies spirituelles. » que Su allait imaginer le croisement de différents savoir-faire : «  Je préparais une maîtrise en textiles brodés au Royal College of Art de Londres à l’époque, et quand je suis rentré j’ai commencé à faire l’art du papier. »

livre sculpté par Su Blackwell

C’est ainsi que Su Blackwell allait commencer à créer des sculptures de papier récupéré, symbole de la fragilité et de l’éphémère,  pour exprimer des œuvres aux résonances mélancoliques. Ses différentes mises en scènes  en trois dimensions, sont  inspirées par les contes de fées,  le folklore mais aussi par les personnages  et paysages de romans, s’inspirant du titre de l’ouvrage, d’un passage ou encore d’une illustration, afin de leur donner une nouvelle vie.

Un processus créatif qui nécessite « trois à quatre jours par la sculpture, mais parfois plus. Il y a aussi un ou deux jours de préparation en amont, tels que l’approvisionnement du livre, la lecture de l’histoire, puis faire des croquis. », confie Su.  De la technique, mais aussi des symboles et des messages, que l’artiste distille tout au long de ses œuvres : « Pour les images découpées, j’ai tendance à préférer des personnages de jeunes filles et à les placer dans des postures tourmentées et fragiles qui expriment la vulnérabilité de l’enfance, en même temps qu’elles transmettent une idée d’anxiété liée à la jeunesse et d’émerveillement. Dans ce travail, il y a une mélancolie tranquille, représentée par les matériaux utilisés et le choix subtil des couleurs. »

oeuvre artistique de Su Blackwell

Son travail que l’on imaginerait aisément dédié à l’enfance, ne l’est pas exclusivement. Les adultes sont mêmes parmi les premiers à s’émerveiller de son travail et l’artiste en fait une analyse toute simple : « Les contes de fées sont des métaphores qui contiennent d’extrêmes émotions, d’espoirs et de craintes. Ils évoquent les éléments de base du commerce, de l’action, les structures et les hiérarchies sociales, les systèmes de valeurs, les croyances, la spiritualité, de la magie, de la romance, ainsi que la peur, le danger, l’héroïsme et de la violence. »

A ses détracteurs qui l’accuse de détruire les livres papiers, elle rappelle que nombreux des ouvrages finissent de toute manière à la destruction chaque jour et qu’il est justement là, l’occasion de sensibiliser le public : « Le papier a été utilisé pour la communication depuis son invention, soit entre les humains ou pour tenter de communiquer avec le monde des esprits. J’emploie ce délicat et accessible moyen en utilisant des processus irréversibles, destructeurs, permettant de réfléchir sur la précarité du monde que nous habitons et la fragilité de notre vie, rêves et ambitions ».

Livres sculptés par Su Blackwell

Aujourd’hui, Su Blackwell, c’est plus de 140 sculptures plusieurs campagnes publicitaires pour Volvo, Pilsner Urquell et les magasins Cartier à Paris. Ses travaux ont fait l’objet de nombreuses expositions au Royaume-Uni et aux États-Unis, notamment  au Musée d’Art et de Design de New-York. Elle a également réalisé des illustrations pour des magazines et des livres d’art, dont Playing with books (édition Quarry Books, 2010) de Jason Thompson.

L’artiste continue de travailler t à partir de son propre studio, qui est situé au sud de Londres.

De nombreux projets sont en cours, mais ça, chers lecteurs, se sera l’occasion de nouvelles histoires.

Nous vous encourageons vivement, vous l’aurez compris à découvrir plus encore cette artiste étonnante en vous rendant sur son site personnel en cliquant ici !

La tour de Babel – en livres – de Jakob Gautel

Nous vous avions déjà proposé de découvrir la tour de Babel réalisée par l’artiste argentine Marta Minujin, un projet unique qui s’était tenu en 2011, à l’occasion de la célébration de Buenos Aires en capitale mondiale du livre.

L’occasion cette fois de vous faire découvrir un projet qui semble similaire de prime abord, mais dont l’approche artistique diffère, autant que la construction de l’édifice. Autre différence notable,  la tour de Babel de Jakob Gautel, réalisée avec plus de 15 000 livres, a été exposée en de nombreux endroits entre 2006 et 2012. Ce projet a donc pour sa part voyagé, et a à chaque fois été enrichi de nouveaux ouvrages. Tout d’abord en 2006 au centre d’art contemporain La Maréchalerie, puis à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles ;  en 2007 au ZKM, Zentrum für Kunst und Medientechnologie, Karlsruhe, Allemagne ; en 2008 au siège d’ARTE, Strasbourg ; en 2009 à la Maison de l’Architecture de Poitiers, mais aussi au Palais des Beaux-Arts à Lille en août 2012…qui nous a permis via la Bibliothèque des Sciences et de l’Atiquité de Lille 3 sur son blog  Insula , de recueillir de nombreuses informations.

Tour de Babel en livre de Jakob Gautel
La tour de Babel de Jakob Gautel, réalisée avec plus de 15 000 livres.

Comme à Lille, un appel était lancé à la population : amenez vos anciens livres pour la construire !

« En lignes superposées, les tranches des livres, selon l’épaisseur des volumes, paraissent comme des couches de temps plus ou moins importantes. Éditions anciennes, impressions récentes, couleurs variées des papiers, parfois jaunis, formats divers, couverture colorée d’un livre pour enfants s’opposant à celle plus austère d’un essai théorique, ouvrages en tout genre et de toutes origines, autant de différences qui vont composer des strates de nos souvenirs de lecteurs, les titres s’associant les uns les autres pour composer de nouvelles histoires en une métaphore de la bibliothèque universelle. », nous rapporte Insula.

Pour construire sa Tour de Babel, haute de 4 à  6 mètres, fonction du lieu d’exposition, l’artiste franco-allemand assemblait les livres en reprenant la forme hélicoïdale telle que représentée sur l’illustration de François Shutten, qui a fait don récemment de François Schuiten fait don de la quasi totalité de ses planches originales de bande dessinée à cinq instances françaises et belges (illustration ci-dessous), chaque ouvrage constituant  une brique de mémoire et de savoir. Une tour constituée de romans, livres de poésie, textes de théâtre, livres d’art, de cuisine, d’enfants, d’école, guides de voyages, de bricolage, d’amincissement, mémoires, livres techniques, scientifiques, textes administratifs, livres politiques, livres censurés, traductions et ouvrages dans leur langue d’origine, livres anciens et tout récents …

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Babel- La tour infinie par François Shutten

« Né en 1965 à Karlsruhe (Allemagne),  Jakob Gautel vit et travaille à Paris et ailleurs. Ancien élève de Christian Boltanski à l’Ecole nationale supérieure des Beaux‐Arts de Paris, il travaille le dessin, les arts graphiques, la photographie, et des démarches d’installation. Il expose en France et à l’étranger, et expérimente des formes d’art hors des espaces convenus : affichages, action, performances… Par ses interventions diverses, il remet en cause l’état des choses : son travail tourne autour de la perception de la réalité, et tente d’ouvrir des brèches pour montrer ce qu’il y a derrière l’apparence des choses. » via Insula .

Lors de l’exposition à Bruxelles, la RTBF belge recueillait l’analyse du commissaire de l’exposition Régis Cotentin :

« L’icône originelle de Babel, c’est la Tour de Breughel, image universelle, qui s’est imposée pour toutes les cultures, avec sa spirale, un motif parlant figurer la montée vers le ciel et le délire humain.

Ici, Babel est heureuse pour reprendre les mots de Roland Barthes, quand elle figure le monde d’aujourd’hui, la globalisation, la mondialisation sur lequel nous jetons un regard distancié.

Mais elle est aussi visionnaire, quand on s’en sert comme  miroir d’une réalité vers laquelle il ne faut pas tendre.

Pour monter cette exposition, le commissaire s’est attaché à rassembler des œuvres qui servent l’allégorie, et ses quatre étapes : la construction de la Tour, le châtiment divin, la confusion des langages et la dispersion des peuples.

Ces œuvres partent évidemment du modèle breughélien pour s’en détacher et aller ailleurs, car Babel est une allégorie qui peut se construire à partir de différentes images, conglomérat, accumulation qui dépasse l’entendement, ruche, gratte-ciel, etc… »

A noter enfin l’anecdote suivante recueillie lors de l’exposition au Museum de Botanique qui permettait d’avoir (Une particularité de la scénographie qui n’était pas possible au Palais des Beaux-arts de Lille ),  le point de vue de Dieu sur cette Tour, depuis le 2e niveau, perspective, et qui révèle que le dernier livre, le plus élevé, est la Tour infernale…

Babel de Jakob Gautel au Museum de Botanique
Babel de Jakob Gautel au Museum de Botanique

Un travail visuel mais aussi de fond, de sens, que nous ne pouvions pas laisser s’envoler sur iPagination.

Découvrez le site de Jakob Gautel en cliquant ici !