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Ipagina’Son plonge dans le coeur d’un brasier.

affiche de Bluewriter
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Votre lectrice de ce jour : Agathe

 

Un poème-cri bouleversant…

Un slam au coeur d’un drame…

La descente aux enfers, le laisser-faire…

L’indifférence, la souffrance, l’errance…

 

Tout est dit dans ce poème sans dentelle de Robert Shennon, de l’indifférence des hommes à  celui du monde politique, face à la violence et à la misère « ordinaire ».

La poésie n’est pas seulement celle des fleurs bleues des champs, des étoiles du ciel et de la nostalgie des vagues. Elle est aussi le reflet des côtés sombres de la vie.

Quand l’espoir est mort et que la seule issue est fatale, comme un torrent, la souffrance dévale de vers en vers…et au bout…la chute…

Arthur Rimbaud disait :  » Je est un autre »

N’oublions jamais que ‘L’autre » pourrait être « Je « 

Robert Shennon fait partie des sélections d’Octobre de Malayalam, conseiller du site ipagination.com. 

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DANS LE CŒUR DU BRASIER

– Robert Shennon

Combien d’heures d’insomnie, de réveils angoissés,

De cernes bleus, jaunis, de regards fatigués,

Combien d’heures à marcher au pas des somnambules,

Sans savoir où aller, bras ballants, incrédule.

Combien de cigarettes fumées sans y penser,

Combien de maux de tête les paupières embuées ;

Et combien de matins sans but et sans travail,

Sans enjeu quotidien, sans combat, sans bataille.

Combien de certitudes et d’espoirs retrouvés,

Combien de mers du sud et de grands nord glacés,

D’échecs et de victoires sur les ongles rongés,

De nuits passées à boire et à soliloquer.

Combien de vérités et combien de mensonges,

De rires désespérés sous le doute qui ronge,

Combien de trahisons et d’amitiés gâchées,

D’amour-cellule, prison, la raison menottée.

Combien de vies entières jetées sur les chemins,

Les sentiers de la guerre un goulot à la main,

En gueulant à tue-tête pour qui veut bien entendre,

Que la corde est fin prête, nœud coulant à attendre.

Et combien d’au-secours gargouillant dans la gorge,

La fierté à coup sourd les frappant comme on forge,

Arborant un visage serein face aux amis,

Mais bouillonnant de rage devant l’hypocrisie.

Combien de jours sans fin : je ne les compte plus,

Pour moi et mes copains : la jeunesse au « chômdu »,

Pointant au pôle emploi, touchant le R.S.A,

Sans abri, sans un toit, où conduire leurs pas…

Jetés par des parents les ayant mis dehors,

Consacrés fainéants, fuyant le moindre effort,

La société complice en se pinçant le nez,

Ces jeunes puants la pisse, leurs chiens partout à chier.

Combien, combien, de jours, à mendier ma pitance,

À vivre sans amour sans aucune espérance,

Combien de jours encore pour me faire « la malle »

À remercier la mort me délivrant d’un mal…

Ô combien pernicieux et incompréhensible,

Mon cerveau parmi ceux n’ayant pas de fusibles,

Victime d’émotions souvent incontrôlables,

À la médication aux vertus contestables,

Mon mal est sans issue, l’errance est ma compagne,

Comme d’autres, au rebus, quand la maladie gagne,

Des pensées maléfiques se ruant dans ma tête,

Eruption volcanique, un vent de force sept…

Me perturbant les sens, dans mes mains l’allumette,

Et le bidon d’essence pour que ma vie s’arrête,

M’en allant en fumée dans un grand feu de joie,

Dans le cœur du brasier… lui seul… battant pour moi !

*****

Source de l’image : http://www.24matins.fr/deux-sdf-morts-de-froid-paris-et-dans-les-alpes-maritimes-dimanche-145854

iPagina’Son vous invite à regarder la beauté du monde…

affiche de Bluewriter
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Votre lectrice : Sortilège

Face à l’individualisme citadin,  face à l’indifférence dans lequel la foule est installée, Léon nous propose d’ouvrir notre regard.

Au moyen d‘oxymores ( Bitumes mouvants, trottoirs flottants ), de couleurs, de vers rapides utilisés pour décrire l’immobilisme latent,   Léon décrit parfaitement l’indifférence des individus formatés par le quotidien et la grisaille. réfugiés dans des carcans, protégés,. On croit qu’il suffit de jeter un peit coup d’oeil par ci par-là, mais  » les trous dans l’ombrelle sont dérisoires »

Ouvrons les yeux, il y a tant de belles choses à voir… Dans la rue, il y a aussi des fleurs pour qui sait les cueillir…des fleurs de bitume.

Je vous invite à regarder la beauté du monde, à travers  ce très beau poème de Léon,  sélectionné d’Amarante.  Ecoutez-là aussi, elle est lue pour vous par Sortilège.

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FLEUR DE BITUME
-Léon-

Foules pressées

Têtes baissées

Lacs gelés

Rêves brisés

Bitume mouvant

Trottoir flottant

Chacun sur son île

Averse de grêle

Grêle de plomb

Trous dans l’ombrelle

Dérisoire

Relève la tête

Regarde en l’air

Le monde est beau

Quand on s’y perd

Laisse-moi cette

Chance en un éclair

Juste cueillir

La fleur de ton regard

Coup de coeur musical : « L’INDIFFERENCE »

indifférence

A l’occasion du Téléthon et de l’ouverture des restos du coeur, j’ai choisi de construire mon coup de cœur musical autour du thème de l’indifférence, à partir de cette chanson co-signée par Maurice Vidalain en 1977 et  interprétée de façon magistrale par Gilbert Bécaud (1927-2001).

Pourquoi cette chanson ancienne ? J’aurais pu favoriser « Pas l’indifférence » de J.J. Goldman, chantée par ZAZ, ou un slam plus actuel de Grand Corps Malade…

La raison est simple: « Qu’en est-il 36 ans plus tard »

Les associations caritatives nous rappellent chaque année que des hommes et des femmes vivent dans la pauvreté, que des enfants meurent de myopathie ou de maladies orphelines. Nous nous donnons meilleure conscience en apportant notre contribution et puis nous passons à autre chose.

Ecoutez  avec moi cette chanson magnifique, visionnez cette vidéo jusqu’au bout, les paroles illustrent d’elles-mêmes une plaie sociale de plus en plus béante.

Et ENSEMBLE mobilisons-nous de façon durable…

L’INDIFFERENCE

http://www.youtube.com/watch?v=H5AL8hEVyaE

Les mauvais coups, les lâchetés

Quelle importance

Laisse-moi te dire

Laisse-moi te dire et te redire ce que tu sais

Ce qui détruit le monde c´est :

L´indifférence

Elle a rompu et corrompu

Même l´enfance

Un homme marche

Un homme marche, tombe, crève dans la rue

Eh bien personne ne l´a vu

L´indifférence

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 L´indifférence

Tu es l´agneau, elle est le loup

L´indifférence

Un peu de haine, un peu d´amour

Mais quelque chose

L´indifférence

Chez toi tu n´es qu´un inconnu

L´indifférence

Tes enfants ne te parlent plus

L´indifférence

Tes vieux n´écoutent même plus

Quand tu leur causes

Vous vous aimez et vous avez

Un lit qui danse

Mais elle guette

Elle vous guette et joue au chat à la souris

Mon jour viendra qu´elle se dit

L´indifférence

images copie

 L´indifférence

Tu es l´agneau, elle est le loup

L´indifférence

Un peu de haine, un peu d´amour

Mais quelque chose

L´indifférence

Tu es cocu et tu t´en fous

L´indifférence

Elle fait ses petits dans la boue

L´indifférence

Y a plus de haine, y a plus d´amour

Y a plus grand-chose

L´indifférence

Avant qu´on en soit tous crevés

D´indifférence

Je voudrais la voir crucifier

L´indifférence

Qu´elle serait belle écartelée

L´indifférence

 

En parallèle à la publication de ce coup de coeur, les iPaginauteurs ont été invités à participer à un atelier d’écriture sur le thème de l’indifférence. Vous trouverez ici tous les textes produits au cours de ce week-end.