Archives de catégorie : Livres des Editions iPagination

Les éditions iPagination publient à compte d’éditeur.

« La prisonnière du Castel » par Benjamin Limonet

roman fantastique jeunesse

Disparitions, vengeance et terribles prophéties sur la propriété du Castel…

Livre papier disponible en cliquant ici !

Livre numérique disponible en cliquant ici !

Résumé :

En 1960, Sylvain Febvre hérite d’une vieille propriété bourguignonne, le Castel, siège de nombreuses rumeurs à travers les siècles. Vingt-quatre ans plus tard, son épouse disparaît mystérieusement, lui laissant la lourde tâche d’élever seul leurs cinq enfants. Une vie bien réglée jusqu’à ce que survienne une nouvelle disparition…

David, Virginie, Nathanaël et Stéphane – le plus jeune mais aussi le plus curieux –, vont être entraînés dans une aventure où se mêlent vengeance et terribles prophéties. Perceront-ils les mystères qui planent autour de l’imposante propriété du Castel ? Échapperont-ils aux nombreux pièges et dangers qui les guettent ? À coup sûr devront-ils faire preuve de courage et de détermination !

Ce roman passionnant, conseillé à partir 16 ans, ne laissera aucun répit aux plus intrépides lecteurs…

Concernant l’auteur :

À tout juste trente ans, Benjamin Limonet est l’auteur d’une grande saga familiale contenant plus de 20 000 pages réparties en 400 histoires de 50 pages chacune. Mêlant le fantastique, l’aventure, l’Histoire, l’espionnage, la science-fiction et la romance, s’étalant sur plusieurs générations sur tous les continents, sur d’autres planètes et dans d’autres dimensions, l’univers de cet auteur fait cohabiter des hommes, des monstres et des dieux. Parmi eux, des Cape Rouge, des Cape Blanche et des Cape Bleue : des individus masqués, ennemis de la famille Febvre, justiciers ou conspirateurs. Il n’y a pas de héros, chaque vie a la même importance, tout peut arriver car nul n’est épargné dans cette fresque gigantesque où les destins se croisent au fil des pages, où l’amour est plus fort que tout et où la mort elle-même peut être vaincue. Benjamin Limonet ne s’en cache pas : il veut écrire la plus longue histoire jamais rédigée par un unique auteur. Un défi extraordinaire qu’il pourrait bien réaliser pour notre plus grand bonheur…

Extrait Long :

— Je vais chercher Papa, dit Stéphane.

Nathanaël le Blond ne resta étourdi qu’une poignée de secondes puis, chancelant, il se leva.

— Non, dit-il (son sang tachait à présent le sol marbré). Dieu seul sait comment Papa réagira s’il nous trouve ici.

Sylvain, mieux que quiconque, savait se faire respecter. Aussi Stéphane jugea-t-il plus sage de laisser à son frère le soin de prendre les initiatives concernant la suite des événements.

— Très bien, dit-il. Très bien… Faisons comme vous voulez…

Alors les trois enfants pénétrèrent dans la pièce interdite…

Il y faisait un noir quasi total. Dans un premier temps et du bout des doigts, Stéphane ne distingua aucun objet intéressant. Toutefois, il soupçonna d’emblée la Salle de Musique d’être une pièce gigantesque. À juste titre…

Après un moment, ses yeux s’habituèrent à la pénombre et il crut deviner les contours d’un instrument de musique caché sous un drap.

— Un violoncelle ! supposa-t-il. Oui, c’est sûrement un violoncelle…

Mais peut-être se trompait-il.

Qu’il est difficile de voir des objets dans le noir, pensait-il sans savoir qu’il touchait là le cœur de l’énigme qu’il aurait à résoudre trois ans plus tard.

Pour l’heure, la forme dont il effleurait les contours pouvait tout aussi bien être celle d’une contrebasse. En revanche, il aurait parié qu’à sa gauche se trouvait une harpe. Stéphane n’avait aucun mérite à le savoir. Tout d’abord parce que l’instrument avait une forme aisément reconnaissable, même sous un drap, même dans le noir. Ensuite, parce que le garçon en possédait une qui était rangée dans un coin de sa chambre. Stéphane n’y avait jamais touché, ne savait donc pas en jouer et considérait la chose comme un banal objet de décoration.

À sa droite se trouvait un piano, ça, il aurait pu mettre sa main à couper…

Pendant ce temps-là, Virginie errait comme ses frères, les bras tendus devant elle.

— Stéphane ! dit-elle. Tu devrais fermer la porte avant que quelqu’un ne s’aperçoive que nous sommes là.

Cette idée n’enchantait pas le benjamin de la famille. La Salle de Musique n’était pourvue d’aucune fenêtre mais le couloir que le trio venait d’emprunter était éclairé par des meurtrières qui laissaient passer la clarté d’une nuit de pleine lune qui créait, tout près de la porte, des ombres effrayantes. Stéphane refusait de s’en approcher.

— Nathanaël le Blond a mis du sang partout ! fit-il remarquer à Virginie. Que je ferme la porte ou non, Papa saura que nous sommes venus ici.

Stéphane n’avait pas parlé fort mais Nathanaël le Blond avait entendu sa réplique. Ces paroles le mirent hors de lui. En colère et sans prêter l’oreille aux supplications de sa sœur qui devinait ce qu’il allait faire, Nathanaël le Blond revint sur ses pas. Il avança bruyamment, soupirant, marmonnant, tapant du pied. Révéler sa présence à leur père était pour lui maintenant secondaire. Nathanaël le Blond marcha aussi vite qu’il le put et lorsque enfin, il arriva devant la porte entrouverte, il plaça sur elle ses deux mains posées à plat. Ensuite, il recula de quelques pas afin de prendre son élan et courut en tendant les bras. La porte se ferma en claquant.

Et le vacarme que cela fit résonna dans tous les couloirs du château.

Et le vacarme que cela fit résonna jusque dans le fumoir.

Et Sylvain, dressant l’oreille, devina sur le champ ce qui venait de se produire.

Il sut tout de suite quelle punition il infligerait à celui qui errait dans les couloirs sans son autorisation. Les domestiques n’avaient plus accès au Castel, passé minuit, Dieu exclut d’emblée l’hypothèse que cela puisse être l’un d’entre eux. Aussi, la seule question qu’il se posa fut : Lequel des mes enfants m’a désobéi ?

Nathanaël le Blond réalisa la stupidité dont il avait fait preuve mais il était trop tard ; son destin et celui de ses complices étaient d’ores et déjà scellés.

*****

Livre papier disponible en cliquant ici !

Livre numérique disponible en cliquant ici !

« Confessions d’outre-tombe » par Martine Bégné

COUV Confessions light

400 pages de thriller. Héritage et  secrets de famille. Une enquête périlleuse dans les eaux troubles d’un passé qui n’aurait jamais dû refaire surface…

Livre papier disponible en cliquant ici.

eBook disponible en cliquant ici.

Résumé :

Charles Chiffonier, détective privé, n’a pas lâché le marteau et le chasse-clou pour une de ces missions ennuyeuses destinées à faire bouillir la marmite. Cette fois-ci c’est du trouble, du mystérieux et ça sent le fric. Avec sa quête sur ses origines inconnues et un héritage tordu, Claude Grunier, client impénétrable, l’a bien hameçonné. Un drôle d’oiseau que ce personnage qui lui impose une prime rencontre à l’ombre des cyprès, dans le cimetière désert de Sarlat-la-Canéda ! De déduction en séduction, en compagnie de la délicate Odile ou de l’ensorcelante Sacha, Charles Chiffonier a la mort aux trousses. Deux balles dans la nuque réduisent au silence sa première piste. Loin d’abandonner, il entend dérouler jusqu’au bout la pelote de cette ténébreuse affaire. S’esquisse alors une enquête sous hautes tensions…

Un roman de Martine Bégné :

Martine Bégné naît au cœur du Périgord noir en mille neuf cent cinquante-neuf. La pauvreté n’altère en rien une enfance heureuse à rêver, à jouer et à parcourir une campagne magnifiée. L’adolescence empreinte de liberté conforte ses goûts premiers : le besoin de nature et le désir de littérature. À seize ans, un job de journaliste, le temps d’un été scelle ses choix. Elle s’oriente vers des études supérieures de communication à l’I.U.T. de Bordeaux III. Plusieurs années durant, elle exerce le métier de journaliste, donnant à cette profession un caractère engagé.  Son installation sur les Causses du Quercy, dans une ferme du XIXe siècle, inhabitée depuis plusieurs décennies, ressuscite des aspirations oubliées : redonner vie à ce lieu préservé et écrire. Elle partage son temps entre activité paysanne et écriture. Ainsi, phrase après phrase, bâtit-elle l’intrigue du roman policier Confessions d’outre-tombe avec la même détermination qu’elle reconstruit les murets de pierre sèche.

Livre papier disponible en cliquant ici.

eBook disponible en cliquant ici.

La littérature des Outre-mer

Avec l’accession des anciennes colonies au statut de département d’outre-mer après la seconde guerre mondiale puis récemment de Mayotte, la littérature des outre-mer est souvent assimilée à la littérature métropolitaine alors qu’elle a une véritable spécificité. Il s’agit comme le dit Victor Segalen d’exotisme, c’est-à-dire de ce rapport à l’autre qui est différent et qui devient progressivement le proche : « A L’orient donc, la passion et son délire, et les longs cheveux bruns et les harems, et les divinités amoureuses, la pompe, la poésie. » Balzac physiologie du mariage.

Les codes de la littérature de l’outre-mer sont différents des codes métropolitains, le poids d’un écrivain local dans l’environnement de ces départements d’outre-mer est souvent relativement plus important que celui d’un écrivain métropolitain dans son propre environnement puisque par exemple l’écrivain réunionnais Axel Gauvin publié au Seuil est immédiatement traduit dans les pays avoisinants que sont l’ Afrique australe  l’île Maurice  et Madagascar. De la même façon l’écrivain mahorais Nassur Atoumani de par sa proximité avec les Comores pénétre plus facilement le marché du Moyen-Orient  qu’un écrivain étroitement métropolitain .De Pierre loti , Montherlant, André Gide , d’Émile Zola à Aimé Césaire, Patrick Chamoiseau ou Maryse Condé, il y a comme une filiation cachée ou un passage de témoin singulier. L’écrivain français le plus traduit  dans le monde entier et ce depuis des dizaines et des dizaines d’années reste l’Antillais Alexandre Dumas.

Il convenait donc à l’occasion du lancement du roman l’amante interdite de Christophe vallée de célébrer les caractéristiques propres de cette littérature et de la magnifier aux quatre points du globe. Il s’agit également d’un véritable enjeu économique puisque la seule maison d’édition francophone de Pondichéry en Inde publie en priorité des écrivains de l’outre-mer français avec des tirages à la dimension du sous-continent indien qui feraient pâlir d’envie les écrivains français de l’Hexagone.  Il s’agit de favoriser vis-à-vis de l’étranger la richesse de cette littérature qui est méconnue en métropole.

C’est ainsi, que George PAU-LANGEVIN, ministre des Outre-mer ouvrait les portes de l’Hôtel de Montmorin pour une soirée très riche en partage et en émotions, avec les interventions  des écrivains  Christophe Vallée, Jacques Mazeau et Patryck Froissart sous l’animation dynamique du comédien et présentateur TV Lionel Cécilio.

Une table ronde exceptionnelle que nous vous proposons de découvrir :

1ère COUV l'amante interdite ebook2

« L’amante interdite » de Christophe Vallée est disponible au format papier ou au format numérique.

Pour visionner la bande annonce du livre, cliquez ici !

La divine mascarade de Patryck Froissart

Découvrez le dernier ouvrage de l’auteur des bienheureux  (iPagination Éditions), finaliste 2013 du livre numérique  de l’année 2013 dans la catégorie littérature.

La divine mascarade de Patryck Froissart

divMasc

Une démarche de déconstipation mentale…

Il n’y a plus de datation puisque : trop, c’est trop…

L’Histoire dans son déroulé est un éternel recommencement, tel un ruban de Möbius qui questionnerait sur la véritable face de l’Humanité.

Nulle dualité entre le bien et le mal mais plutôt…une sinistre compromission.

L’auteur : Patryck Froissart

Membre de la Société des Gens de Lettres

 aeca5a664f44c41fa82513420fb4509d

Lauréat du prix « Elan » du meilleur poète au service de la paix juste après un certain Léopold Sedar Senghor.

Patryck Froissart est originaire du Borinage. Il a enseigné dans le Nord de la France, dans le Cantal, dans l’Aude, au Maroc, à La Réunion, à Mayotte, avant de devenir Inspecteur de l’Education Nationale puis proviseur, et de diriger divers établissements à La Réunion et à Maurice. Retraité de l’Education Nationale, il continue à servir la francophonie à Maurice.

Extraits

« Diable ! Où se terre-t-il, celui qu’on dit aux cieux ? »

« Je plane aux ciels sans dieu des limbes poétiques. »

« Tout cadavre est exquis aux dieux lorsqu’ils sont faim »

« Ton infamie nourrit mon poème bréneux »

« J’espère la camarde et sa serpe homicide »

Disponible sur :

http://www.ipaginastore.com/

Découvrez la bande annonce :

Eloge littéraire de la veulerie

Eloge littéraire de la veulerie

                                   Ou des bienheureux de Patryck Froissart

Uploaded : Les-bienheureux Les bienheureux de  Patryck Froissart est un recueil de nouvelles qui obéissent à une facture toute classique du point de vue de la technique littéraire : il s’y révèle comme maîtrisant parfaitement les codes de ce genre éminemment anglo-saxon. Il est vrai qu’ayant vécu à l’île Maurice, pays anglophone s’il en est, il sait que ce genre permet en peu de mots d’aller à l’essentiel même si certains des textes les plus longs peuvent s’apparenter à la sotie, genre bien français celui-là. Il a su éviter de tomber dans la description sociologique, le rôle de l’écrivain n’étant pas de copier la vie mais comme le disait Stendhal de refléter le bord d’un chemin par le biais d’un miroir qui forcément n’est qu’une représentation. Il a le don d’évoquer en quelques lignes non seulement une situation mais les climats dont parlait André Maurois à propos de l’âme de ses personnages.

D’abord on part sur une tonalité réaliste comme l’annonce de la construction d’un tronçon routier, et, selon la technique de Flaubert, progressivement on s’en écarte afin que la tragédie se mette en place, et à la fin il y a des morts qui font l’enrichissement de certains. Dans La voie de garage,  la dureté du cynisme des descriptions et les trois dernières lignes sont un régal de perversité.

Mais aussi d’une certaine façon et paradoxalement dans toutes ces nouvelles sont sous-jacentes des leçons de moralisme à La Rochefoucauld ou à la Camus.

Méfiez-vous de l’humanité.

La technique est toujours la même : un début, un milieu, une fin pour des histoires riches en péripéties ironiques ou carrément comiques (Recette).

S’inspirant à la fois d’anecdotes sur fonds des paysages où il a vécu (le Maroc, l’Océan Indien, le Nord de la France), il s’inscrit dans une tradition littéraire nouvelliste française peu connue en dehors des classiques et pourtant particulièrement vivace au XXe siècle : il grossit les effets et ménage les surprises. Ses chutes sont admirablement drôles : en deux ou trois lignes l’affaire est réglée et la morale de l’histoire est tirée : « Les braves petites viennent d’épouser, nous apprend le carnet rose de la gazette locale, deux jumeaux mécaniciens qui sont associés avec leur beau-père ». On dirait du Marcel Aymé ou du Marcel Jouhandeau dans la précision cynique et le scalpel de l’écriture.

La description de l’espace est souvent aussi brève qu’efficace, elle plante le décor de la tragédie en route, l’intrigue se résume à deux ou trois éléments qui s’enchaînent ou à l’évolution d’un personnage qui chute brutalement de par sa veulerie, son inconscience, sa naïveté et sa méconnaissance du mal que peuvent faire les hommes.

Les grandes nouvelles, La voie de garage, La cure, La sangsue, La mante opèrent des glissements de point de vue, des mises en abîme, un jeu sur les assonances (en /ɛR/ dans La sangsue) ou sur les figures de style nommées (La mante) où les didascalies et les ellipses ne sont pas simplement dans le mot mais dans la chose.

Notons aussi la chronologie trompeuse entre le temps de l’écriture et la décennie à venir dans La cure.

Tout cela permet de multiplier les points de vue ; lecteur auteur narrateur personnage sont réunis par le jeu de l’écrivain qui prend un malin plaisir à conduire le lecteur sur le chemin du plaisir littéraire avec une telle perversité rhétorique.

La lenteur de la mise en scène et les descriptions au début des nouvelles se fracassant sur les chutes rapides ou les enchaînements de cause à effet produisent à la fin le rire ou l’effroi comme dans Recette dont une scène semble tirée de Chabrol.

L’écrivain unifie tous ces points de vue soit par l’intermédiaire d’un personnage soit par l’intermédiaire du narrateur soit par l’intermédiaire du lecteur afin de donner l’illusion de la vérité. Tout le vocabulaire est précis, avec quelques tirades à la Albert Cohen quand il s’agit de montrer la gloutonnerie sensorielle de certains personnages, avec la destruction des clichés comme dans le retournement de la dialectique du maître et de l’esclave comme dans La faille, avec les modes narratifs qui jouent sur la succession des dialogues et de la description, avec une langue qui alterne comme dans une polyphonie le sens ordinaire et l’herméneutique littéraire propre à un genre littéraire, tout cela concourt par une progression graduelle et tout en doute à remettre en cause les idées reçues dont parlait  Flaubert.

Il ne s’agit pas simplement d’une narration mais d’un point de départ dans la réalité : La fille aux vidéodisques ressemble étrangement à un fait divers d’il y a quelques années. La souricière ou comment se débarrasser de l’importun est un thème classique dans la littérature nouvelliste. L’intrigue dressée en quelques paragraphes à l’incipit des nouvelles feint d’égarer le lecteur afin d’épuiser toutes les virtualités possibles d’une nature humaine égoïste, mauvaise, profondément amorale.

L’extériorité dans ces nouvelles apparaît toujours comme un deus ex machina qui va imposer un ordre au sujet en déclenchant la tragédie finale, même si la situation de départ est toujours une relation entre des personnes dans un rapport professionnel amical ou amoureux enchaînant une succession de jeux de possibles, soit comiques soit éminemment tragiques.

Froissart procède à la façon de Simenon menant une enquête policière afin de mettre à nu l’hypocrisie, d’écailler le vernis social, d’éprouver la bonne conscience du bon français moyen, comme le faisait Marcel Aymé, encore lui, dans ses nouvelles. La fin est toujours la même, inéluctable : l’exil, la solitude, la mort, l’échec, la frustration, la décadence et le désenchantement.

Au fond, même s’il s’en défendait, Patryck Froissart est un moraliste du Grand Siècle : ces petites bombes rédigées, présentées sous la forme d’un fait divers, d’une anecdote, sont de la nature d’une fable, voire d’une parabole de notre humanité dans un monde plein de bruits et de fureur raconté par un idiot comme le disait Shakespeare.

Le destin est implacable la subjectivité n’en est pas une, même celle de l’auteur puisque quand il dit Je il y associe aussitôt le nous comme dans la dernière phrase du recueil.

La société enferme l’homme dans un esclavage qui s’oppose à la revendication de la subjectivité, et le soumet à un code trop sévère… Cette contrainte est rendue ici par la métaphore des femmes dominatrices. La mante, la sangsue, ou encore La faille, si bien nommée, font penser à la Tristana de Bunuel ou aux Bonnes de Jean Genet.

La chair est triste hélas et j’ai lu tous les livres : heureusement qu’il y a l’écriture pour que nous échappions à nos démons. Telle pourrait être la conclusion de ce recueil polyphonique à plusieurs voix qui réveille en chacun le plaisir du texte.

À consommer sans modération.

cccChristophe Vallée

philosophe et écrivain

Pour vous procurer « Les Bienheureux » de Patryck Froissart, cliquez ici !