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Les baïnes invisibles, de Treplev

Les baïnes invisibles, de Treplev

Ce premier roman du prometteur Treplev est une histoire unique et universelle à la fois. De la difficulté d’assumer ses différences à la peur du regard des autres, des lâchetés quotidiennes aux « j’aurais dû »… Tant de pièges qui jalonnent le quotidien de nos vies amoureuses.

C’est aussi une histoire de génération, de certitudes qu’on piétine et de peurs qui n’existent que dans nos têtes. Bref, une histoire d’amour d’aujourd’hui. Pimentée et drôle, bruyante et désordonnée. Vivante, tout simplement.

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Extrait du livre :

 

« Marie, c’était une île.

Il y a des femmes qui sont des chemins, qui vous emmènent ailleurs. On les emprunte à un tournant de nos vies et on les quitte quelques embranchements plus tard, pour prendre un autre cap ou faire demi-tour. Le plus souvent, j’ai eu la chance de parcourir des routes de montagne, sinueuses, excitantes, dangereuses parfois mais qui m’ont entraîné vers des sommets, qui m’ont tiré vers le haut. Les sorties de route venaient toujours de ma façon de conduire, intentionnelle ou non. Les lignes droites me font flipper. La routine est une mort par défaut qui vous nécrose et vous paralyse lentement. Le poison du « aujourd’hui » se répétant à l’infini, un supplice. Plante-moi des aiguilles à tricoter chauffées à blanc dans les globes oculaires plutôt que de m’obliger à vivre avec des morceaux d’asphalte si prévisibles, si lisses, si froids, si chiants.

D’autres femmes sont des feux d’artifice. Elles éblouissent tous ceux qui les approchent. On recherche leur présence, la vie paraît plus lumineuse, plus gaie en leur compagnie. Un spectacle merveilleux, mais éphémère. Une pause magique dont on sort ébloui, mais répétitive, dont on se lasse très vite et qui déçoit dès qu’on découvre l’envers du décor, les artificiers, les câbles, toute la machinerie. Un feu d’artifice, c’est beau de loin. De près, ça pue le soufre et explose les tympans.

Et il y a les îles.

Les îles, ce sont ces êtres qui vous donnent l’impression d’être arrivé à destination, que votre voyage est fini. On s’arrête là, on pose ses valises. Vous êtes sur un territoire qui se suffit à lui-même, un abri après des années de mers déchaînées, un Ithaque.

Personne n’est une île en soi. Cela se fait à deux. Celle qui va être une île pour moi sera une route, un feu d’artifice pour d’autres. Une île, ça naît d’une adoption commune. Une île, ça s’apprivoise.

On peut avoir plusieurs îles dans sa vie. J’en avais connu d’autres avant elle. Une île, ça s’entretient. Sinon, l’abri paradisiaque a vite fait de se transformer en un enfer tropical dont il est difficile de s’échapper. La plage de sable blanc et le lagon turquoise se métamorphosent en une falaise escarpée sur laquelle viennent se fracasser vos sentiments.

Marie, c’était une île. Version paradisiaque.

Physiquement, moralement, je me détendais en sa présence. Mon corps, mes soucis de taf, mes muscles, mes angoisses, le plus petit et insoupçonné de mes nerfs se mettaient en congé. Plus de tension, je vivais dans un autre rythme. Celui du bonheur je crois. En tout cas une forme de bonheur.

Alors pourquoi je n’arrivais pas à formuler simplement ça ?

Sur la table, mon téléphone muet se mit de nouveau à frétiller.

Texto d’un de mes amis.

Alors, il paraît que tu te tapes une petite jeune avec un cul d’enfer ? Voilà pourquoi on te voit moins. Cachottier. Profite. Quand t’en auras marre, fais signe.

Élégant, n’est-ce pas ? Ce pote a toujours eu cette faculté à sonner vulgaire, même sans le vouloir. Une cloche fêlée. Dissonante. En tout cas, le « sms arabe » était en marche. Je n’aimais pas le raccourci qu’il faisait. Dans son schéma, j’avais la chance d’avoir harponné le fantasme de tout trentenaire célibataire : belle et jeune. Le combo idéal. On s’imagine pouvoir leur faire sexuellement plein de trucs sans qu’elle ne se mette à penser, dans l’instant, couple, bague, présentation aux parents, robe blanche, bouquet jeté en l’air et tout le tintouin. Dans sa tête, j’avais touché le gros lot, cinq numéros et le complémentaire. Il n’envisageait pas un seul instant que je puisse m’attacher à une fille comme ça. Je le comprenais, vu mon passé et le nombre de fois où j’avais été le premier à réduire mes conquêtes à un assemblage de chair, à des pourvoyeuses de plaisir, de râles et d’ego.

J’ai bien eu envie de lui décocher une réponse cinglante, seulement mes doigts immobiles ont patienté vainement devant un écran vide. Je ne savais pas quoi lui répondre, comment le contredire.

Pourquoi, bordel, pourquoi ?

Le souvenir d’une de mes premières escapades diurnes avec Marie m’est revenu en tête.

Nous nous étions rendus à deux pas de chez moi, dans un café en bord de Garonne. Le printemps pointait le bout de son nez, les joggeurs étaient de sortie sur la promenade aménagée le long des quais. On avait passé une bonne heure en terrasse à vanner les faux runners, ceux qui ne couraient pas pour le sport, mais en pénitence. Ils n’aspiraient qu’à une chose : perdre, avant les premiers week-ends plage, les kilos accumulés tout au long des mois d’hiver, à grands coups de bouffes gargantuesques, de raclettes surdimensionnées et de poignées de noix de cajou gobées après un « allez, une dernière, on a le temps avant l’été », un verre de rosé pour faire passer le tout. Au premier rayon de soleil, panique. Antilopes affolées par l’odeur du lion proche, ils se mettaient à galoper frénétiquement, dans tous les sens. Très drôle de les voir enchaîner des foulées démesurées, rougeauds et repentants, regrettant, lui, le kebab inutile de quatre heures du matin pour éponger son alcoolémie juste avant d’aller se coucher ; elle, l’ajout de chantilly sur un dessert déjà confit de sucre et de crème pour atténuer le fait que son crush de la veille n’avait pas répondu à son message.

Un épisode de méchanceté gratuite, bon enfant. On les dévisageait un par un, imageant leurs péchés et inventant leurs chemins de croix à voix haute. Divertissement garanti. Après une énième quinte de rires, Marie était partie « se refaire une beauté », les femmes ayant une conception très « urinaire » de leur beauté. En revenant des toilettes, elle avait fait pivoter ma chaise, s’était plantée face à moi, debout, et m’avait roulé une galoche d’adolescent. Retour en quatrième B, madame Ronsard en prof principale. Trop de langue, trop vite, trop de salive, trop démonstratif, trop long, trop tout.

Elle s’était rassise, sans un mot, et avait fixé le fleuve droit devant, un orage dans le regard.

— Qu’est-ce qui se passe ? avais-je tenté, surpris par le changement radical d’atmosphère.

— Rien.

Un de ces « Rien » féminin, tellement chargé qu’il fallait y aller doucement pour le décortiquer. Sinon, ça pouvait vous exploser à la gueule. Mais ce n’était pas mon premier rodéo.

— Je t’ai raconté que j’ai été trois fois médaille d’or en confidence ? Bon, aux derniers mondiaux, j’ai eu peur, en finale, face à un Coréen aveugle. Mais j’ai conservé mon titre. Je suis le Teddy Riner, catégorie « raconter un secret ». Tu ne te sens sans doute pas à la hauteur de mon talent.

Un frémissement des lèvres, un éclat dans les iris.

— T’es con. C’est rien, je te dis. Un petit débile qui m’a draguée quand je suis revenue des toilettes.

— Il t’a touchée ?

— T’inquiète pas, Captain America, il a juste fait usage de consonnes et de voyelles. Je lui ai dit que j’étais avec quelqu’un en te désignant. Il m’a demandé si ça ne me dérangeait pas de « faire la pute » avec un « vieux vicieux qui pourrait être mon père ». Pas le temps de lui foutre une baffe qu’il s’était déjà évaporé.

Je ressentais physiquement l’empreinte de l’insulte sur ma joue. Fer rouge.

Elle a ajouté :

— Moi, je ne vois pas un état civil quand je te regarde. Je ressens juste le bien que tu me fais. Le reste, je m’en fous.

Elle m’a entraîné chez moi. On n’a pas dépassé le couloir de l’entrée. Dès la porte claquée, je l’ai plaquée contre le mur. On a haleté à en oublier cette anecdote.

Jusqu’à aujourd’hui.

Il était là le problème. »

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« L’héritière de l’avant » de Denis Delepierre

roman jeunesse L'héritière de l'Avant Résumé :

« A la suite d’un cataclysme, le monde est dominé par la nature, incarnée par le cruel dieu Déreth. De nombreux dangers planent sans distinction sur les ouvriers et citadins, les deux communautés survivantes. Entre disparitions et sombres secrets, Léa, une jeune Ouvrière de douze ans, va braver ses peurs et tous les interdits de sa société, lorsque disparaît à son tour Becky, sa meilleure amie.

Ce premier roman de Denis Delepierre, passionnera les jeunes lecteurs et les sensibilisera à de nombreux thèmes bien actuels tel que l’environnement, le harcèlement scolaire, l’égalité des chances, le prosélytisme…

A propos de Denis Delepierre :

Denis DelepierreNé en 1984 à Mons, en Belgique, Denis Delepierre a rapidement découvert son désir de construire et de mettre en scène des histoires. Durant une bonne partie de son enfance, il s’est vu dans la peau d’un auteur de BD et a illustré une dizaine de récits avant de se tourner, au début de son adolescence, vers l’écriture.

Avec le temps, ce violon d’Ingres est devenu une passion. Aujourd’hui, il multiplie les projets en s’essayant à différents genres, du délire introspectif au roman d’horreur, en passant par le polar, le fantasy et le fantastique.

L’héritière de l’Avant est son premier roman.

Extrait :

— Becky et moi, on est allés au deuxième étage.

Elle écarquilla les yeux de surprise, mais n’eut pas le temps de répondre. Le garçon se lança dans une série d’explications confuses et larmoyantes de cette journée fatale. Voici quatre jours, Becky était arrivée à l’École avec un visage très soucieux. Ses yeux étaient rouges d’avoir pleuré et elle semblait de très méchante humeur. Bravant sa timidité, Jo s’était approché d’elle pour lui demander ce qui n’allait pas… et cette fois, elle ne l’avait pas envoyé balader.

— Elle avait vraiment besoin de parler. Et toi, t’étais pas encore arrivée, c’était trop tôt le matin. Elle m’a dit qu’elle s’était disputée avec sa mère, qu’elles s’étaient lancé des trucs à la figure. Elle voulait plus retourner chez elle. Elle a pas arrêté de parler, c’était fou. Avant ça, elle m’avait jamais sorti plus de trois mots.

— Et quoi, tu dis qu’après, elle a voulu aller au deuxième étage ?

— C’était l’heure de la classe. Elle a dit : « Ah non, pas moyen de me taper les cours aujourd’hui, je veux me changer les idées ! » Paraît qu’elle y était déjà montée avec toi, au deuxième, et qu’elle avait trouvé ça marrant. Elle m’a demandé si je voulais y aller avec elle cette fois-ci.

Léa n’eut pas besoin d’investiguer davantage pour comprendre la motivation de Jo. Il n’aurait pas loupé l’occasion d’accompagner Becky, pour enfin avoir une chance de démolir son image de peureux impotent. Elle imaginait bien une forte tête comme son amie traîner derrière elle un garçon de ce genre, entretenant ses illusions dans le simple but de disposer d’un compagnon de route, un bouche-trou qui lui servirait le temps de l’expédition. Une pensée amère contre Becky, qui avait profité de l’affection de Jo pour l’embarquer là-dedans. T’es pas croyable. Qu’est-ce que ça peut bien t’apporter de toujours faire ce qui est interdit ?

— Takkar vous est tombé dessus, ou quoi ?

— On l’a entendu marcher dans les couloirs. On venait à peine d’arriver. Becky voulait rester plus longtemps que la dernière fois, parce qu’elle avait pas eu le temps de tout voir. Moi, j’avais la trouille de Takkar, je voulais qu’on parte. À un moment, elle m’a planté là et elle est entrée dans une vieille classe toute noire. J’ai pas osé l’accompagner. Et après, je l’ai entendue crier.

Léa se raidit.

— C’était Takkar ?

— Non, il est arrivé après, par un autre côté. Quand je l’ai vu se pointer, je… j’ai pas pu rester là, je suis parti en courant. J’ai crié à Becky de me suivre. Je pensais qu’il allait me courir après, mais non. Je suis arrivé en bas tout seul. Et depuis, j’ai plus vu Becky. Takkar, je l’ai recroisé plusieurs fois, mais il m’a rien dit. Personne m’a rien dit, d’ailleurs, aucun prof m’a engueulé. Mais Takkar sait que j’étais là-bas. Il pourrait le raconter. Et Becky… elle est plus là.

Léa se tut un moment, dépassée par ce récit.

— Tu dis que tu l’as entendue crier. C’était quoi comme cri ?

— Je sais pas… comme si elle avait glissé, tu vois. Comme si elle perdait l’équilibre. Elle était surprise. Tout de suite après, Takkar est arrivé.

— Il t’a dit quelque chose ?

— Non, j’ai… j’ai foutu le camp tout de suite.

Il baissa la tête, hésitant avant d’ajouter :

— Il y a eu un autre bruit aussi. Au moment où elle a crié. Un bruit bizarre… Comme si quelqu’un avalait plein d’air, avec beaucoup de force. J’ai pas compris. Je crois que… je crois que c’était le mur. C’est le mur qui l’a mangée !

Léa s’abstint d’éclater de rire, son rêve ayant tari toute surprise possible. Elle aurait volontiers pensé que l’inquiétant Takkar était derrière la disparition de son amie, mais Jo se montra catégorique : l’homme avait débarqué d’une autre direction. Il ne se trouvait pas dans la pièce quand Becky y était entrée et avait crié. La disparition avait donc été provoquée par autre chose.

— Qu’est-ce que tu crois que c’était ?

— Le mur, je t’ai dit. Le deuxième étage est hanté. Les murs sont vivants, ils peuvent manger les gens. Je crois que c’était ça.

— C’est n’importe quoi, Jo. Becky n’a pas été mangée. Elle est toujours en vie et… enfermée quelque part.

— Peut-être, ouais. Mais qu’est-ce qu’on peut y faire ?

Face à cette question, la jeune fille n’eut besoin que de quelques secondes de réflexion. Beaucoup de choses lui passèrent par la tête : son enfance dans le cratère, ses problèmes à l’École, l’épaule que Becky lui avait prodiguée. Elle songea à sa propre personne, insignifiante dans l’univers impitoyable qui entourait Ouvriers et Citadins. À la logique de ce monde, sans pitié pour les plus faibles. Aux nuits horribles qu’elle passerait si ce rêve continuait à la hanter, et au sentiment de culpabilité qu’elle éprouverait en abandonnant son amie à son triste sort, quel qu’il fût. Alors elle répondit à Jo :

— On va retourner au deuxième étage et essayer de savoir ce qui lui est arrivé.

Le visage du gros garçon blêmit au point qu’elle faillit voir les os de son crâne à travers sa peau.

— Je retourne pas là-bas ! décréta-t-il dans un souffle. Pas question !

— Il faudra bien, pourtant. Tu dois me montrer la pièce où Becky est allée.

— T’es complètement folle ! Et Takkar ?

— Je m’en fous, de Takkar. Je dois retrouver Becky.

— Je viens pas, Léa !

— Alors t’es un trouillard ?

— Oui, je suis un trouillard ! Je retourne pas là-bas !

— Becky avait raison de pas t’aimer. Quand on voit ce que t’es prêt à faire pour elle…

Elle espérait que la provocation le pousserait à l’accompagner, mais il n’en fut rien. Pourtant, il devait impérativement venir. Elle avait besoin de lui pour retrouver la fameuse classe. Et puis, sous ses dehors bravaches, elle crevait de trouille autant que lui, et refusait d’aller là-bas toute seule. Elle devait tout faire pour cacher sa peur, sans quoi il n’accepterait jamais de la suivre. Il affirma pour la troisième fois que rien ne le ferait retourner au deuxième étage, et la bouscula pour s’en aller. Alors, en dernier recours, elle lui lança :

— Tu veux que je te dénonce ?

Il s’arrêta, abasourdi.

— Tu ferais pas ça ?

— Ben non, je le ferai pas, sauf si tu viens pas. Dis-moi encore une fois non et je fonce chez Chanessian pour tout lui balancer. Takkar s’en fout de t’avoir vu là-bas, mais le dirlo, ça va le rendre dingue. Il demandera à Takkar, qui lui confirmera que t’y étais.

— S… si tu fais ça, je te dénonce aussi ! Toi aussi, t’y es déjà allée !

— Tu peux toujours essayer. Moi, Takkar m’a pas vue.

Elle soutint son regard avec toute sa détermination, et Jo échoua à la dominer. Vaincu, il baissa la tête, trop naïf pour se figurer la faiblesse de la parole d’une Ouvrière contre celle d’un Citadin. Ravie de l’avoir amadoué, Léa mit au point les détails :

— Faut qu’on y aille cette nuit, mais faudra que ce soit bien tard. On se rejoint dans la cour d’ici quatre heures. Et t’as intérêt à être là.

Il ne put qu’acquiescer, avec sur le visage l’expression d’un condamné à mort vivant ses dernières heures. Attendrie par son accablement, elle ajouta d’une voix plus douce :

— On va faire ça pour Becky. Elle a besoin de nous. C’est à ça que ça sert, les amis.

— Je suis pas son ami, moi…

— Ça je le sais. Je te donne l’occasion de le devenir. Saute dessus.

Quelques instants plus tard, ils se séparèrent. Léa ne fut pas surprise, en détournant les yeux de Jo qui s’éloignait, de retrouver Wym à ses côtés.

— Tu vas enfin voir la zone interdite, lui dit-elle.

Mais il ne sourit pas : la situation le préoccupait autant qu’elle.

— Ça sera dangereux, fit-il. C’est assez flippant, son histoire. Tu y crois ?

— Oui, j’y crois.

— Alors où elle est, Becky, d’après toi ?

— J’en sais rien. J’espère juste qu’elle va bien, et qu’on la retrouvera.

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Lila, roman de Laurence Délis

 

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Résumé :

Malgré l’amour qu’il éprouve pour Lila, Gabriel a bien du mal à envisager une vie à deux. Il se veut sans attache et libre de toute entrave mais voilà, Lila est là et toute la passion qu’il ressent pour elle bouleverse la vie qu’il s’est choisie.
Une histoire d’accords et de désaccords  qui dérange, tourmente et entraîne Gabriel et Lila sur des chemins d’incertitude et d’amour passionnel.
A propos de Laurence Délis :
Artiste peintre, Laurence Délis s’inspire des sentiments, des émotions, de l’écoute du monde pour créer. L’écriture, à l’image de la peinture, s’ouvre sur les mêmes perceptions avec l’idée de transcrire les états d’âme de l’Homme dans toute sa globalité. Lila est son premier roman qui va vous bouleverser.
Extrait :

J’en ai marre de tourner en rond dans mon appartement, dans l’attente d’un signe de toi. Ton silence m’exaspère et m’inquiète tout autant. Malgré l’heure tardive, je passe chez Romain. Je veux l’entendre me parler de toi. Je veux qu’il me dise pourquoi tu ne me réponds pas. Son accueil est loin d’être aimable, mais je me fiche bien d’interrompre ses ébats amoureux.

— T’es chiant Gabriel de débarquer comme ça sans prévenir ! râle-t-il.

Clara a un joli sourire, une voix feutrée, apaisante. Tu serais surpris de voir combien ton cousin y est réceptif. C’est fou comme l’amour nous change. Lui qui prônait une vie de célibataire, semble conquis par cette jeune personne à la discrétion attentive. Elle me propose un café avant de s’éclipser dans la chambre.

— Dis-donc, elle s’installe chez toi ? je demande, réellement surpris.

— Bien sûr que non, réplique-t-il, le nez dans sa propre tasse.

— En tous cas l’appart n’a jamais été aussi bien rangé, j’affirme en laissant mes yeux faire le tour de la pièce.

— Je suppose que tu n’es pas venu pour me parler de mon appart, souffle-t-il excédé.

— C’est à propos de Lila. Je lui ai écrit et elle ne répond pas…

— Lila ? Elle est au fond de son lit avec une forte grippe. Je doute qu’elle soit en état de te répondre.

— Merde ! J’aime pas quand elle est malade. Elle ne se soigne jamais comme il faut.

— Étienne passe la voir chaque jour.

— Étienne ?

— Un ami toubib.

— Un ami ?

Le ton de ma voix n’est pas aussi indifférent que je l’aurais voulu et le regard méfiant que me lance Romain m’évoque ces vigiles, butés et agressifs. C’est assez désagréable d’y faire face.

— Écoute Gabriel, ton histoire avec Lila ça a toujours été compliqué. Qu’est-ce que tu veux ? Lui laisser espérer n’importe quoi et puis repartir crapahuter dans les montages à l’autre bout du monde juste après ? Franchement je n’ai pas du tout envie que tu tentes quoi que ce soit avec elle si tu n’es pas sûr de toi. Parce que ce n’est pas toi qui as dû la soutenir pendant ces dernières années. Elle a assez morflé comme ça !

— Mais c’est elle qui est partie !

— On se demande bien pourquoi ! rage-t-il en se levant. T’es peut-être mon meilleur ami mais je ne cautionne pas toutes tes conneries ! Et tu sais ce qu’elle représente pour moi. C’est plus qu’une cousine lambda, c’est comme ma sœur. Alors réfléchis bien à ce que tu comptes faire avant de foutre le bordel dans sa vie !

— Je veux juste reprendre contact avec elle.

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La langue de l’amour – Ouvrages collectifs de poésie

Couverture de "La langue de l'amour"Couverture de "La langue de l'amour 2"

L’amour est poème, le poème est le verbe, constamment réinventé, depuis l’origine.

L’amour est ici décliné dans l’infinité des possibles de la langue poétique : langue de l’amour pour conjurer les solitudes incontestables de notre société, langue de l’amour pour éviter les oubliettes du temps où risque de sombrer ce qui a été et qui doit rester à jamais gravé dans les cœurs, langue de l’amour qui recrée l’attachement familial, qui exprime tantôt l’unique raison d’être et d’avoir été, tantôt la totale déraison de la passion, langue de l’amour, ce sentiment le plus célébré, mais aussi le plus maudit, langue de l’amour, qui retrace des trajectoires qui auraient pu rester inédites, qui explore sans cesse de nouveaux territoires, qui invente sur chaque page de nouveaux hymnes…

Écoutons la langue de l’amour célébrer en ce recueil ce qui nous porte aux émotions les plus puissantes, les plus douces, et les plus violentes.

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Livre numérique (eBook) de La langue de l’amour 1 : cliquez ici !

Auteurs de la langue de l’amour 1 : Roselyne CROS, Charles-Édouard GARCIA, Pierre-Étienne GIRARD, Antoine JALABER, JASPEER, Élisabeth LARBRE, Jérémie MONRIBOT, NESSIM

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Livre numérique (eBook) de La langue de l’amour 2 : cliquez ici !

Auteurs de « La langue de l’amour 2 » : AGATHE, Daniel BIRNBAUM, Sébastien BROUCKE, FredStaal, Evelyne de GRACIA, Jacques HUIBAN LAGROIS, INDHIRA, Thierry TOUGERON

Autopsie sentimentale de Véronique Brésil

Autopsie sentimentale - Veronique Bresil

ROMAN :

Maltraitée et incomprise par son mari, une femme cherche le bonheur avec d’autres hommes. Elle le découvre enfin dans les bras d’un amant bien particulier qu’elle suivra jusqu’au bout.

À travers cette histoire prenante et déroutante de par les rapports humains qui sont mis en jeu, Véronique Brésil prend comme support l’éternelle énigme du couple et de sa pérennité. Ses mots justes mais jamais vulgaires nous plongent au cœur d’une relation passionnée qui interpelle quant à la puissance que peuvent revêtir les rapports fusionnels. Jusqu’où peut-on accepter l’oubli de soi et la dépendance à l’autre lorsque la perversion s’invite au festin ? Et comment s’extraire d’une spirale infernale que plus personne ne maîtrise ?

La bande annonce :

Extrait du roman :

Pour la troisième année consécutive, je prenais, chaque mardi, des cours de dessin. Mon inscription relevait d’une pulsion aussi brutale qu’inexpliquée. J’ai été parachutée dans une salle municipale avec ses murs nus, son sol en dalami, son plafond tacheté, ses trois portes des années soixante, ses quatre tables rectangulaires et ses chaises bancales. Avec ses personnes aussi, un groupe hétérogène composé avant tout de femmes au foyer. Deux messieurs à la retraite, qui se déplaçaient clopin clopant avec leur matériel de dessin sous le bras, complétaient le tableau.

Dès la première séance et sans aucune forme de théorie, nous avons été placés en situation. Le professeur avait disposé, sur un drap plissé, un vase au long cou de cygne dans lequel s’épanouissait un arum. Sur la droite, à une vingtaine de centimètres du vase, se dressait un bougeoir à trois têtes. Un violent projecteur, placé sur le côté, éclairait la scène. La composition était parfaite, les jeux d’ombre et de lumière splendides. Aussitôt, le groupe s’est approprié le sujet et chacun y est allé de soncoup de crayon. Moi, je suis restée plantée devant, les bras ballants, ne sachant quoi faire ni par où commencer. On m’a donné une feuille de papier, de quoi dessiner, une gomme mie de pain et l’on m’a jeté à la figure le nombre d’or censé venir à bout de n’importe quelle hésitation. Il s’en est fallu de peu que cette première séance fût aussi la dernière.

Mon mari m’a incitée à persévérer. Pourquoi s’est-il intéressé à mes talents artistiques ? Avait-il besoin de liberté ? Pourtant et du fait de mon travail, il disposait de quatre nuits par semaine pendant lesquelles il pouvait découcher à loisir alors pourquoi, précisément, le mardi soir ? Je savais bien qu’il avait déjà pris une maîtresse, il est des indices qui ne trompent pas : un chouchou, quelques pinces à cheveux ainsi qu’un tube de rouge à lèvres usagé trouvés sous le siège arrière de sa voiture m’avaient ouvert les yeux mais je ne m’en étais pas offusquée, ayant pour ma part goûté à la haute technicité d’un hardeur. Depuis que j’avais déposé les objets compromettants, sans commentaire aucun, sur l’écritoire de l’entrée et qu’ils avaient disparu le jour même, sans davantage de commentaire, Didier ne me faisait plus aucune remontrance quant à l’irrégularité de mes horaires. Je pouvais aller et venir comme bon me semblait. Au mois de décembre et à l’occasion des fêtes toutes proches, notre professeur a introduit dans le programme la peinture à l’huile. Nous avons utilisé des planchettes de bois sur lesquelles quantité d’angelots ont vu le jour. J’avais pris de l’assurance vis-à-vis des nouvelles techniques. L’un des deux seniors, celui qui boitait le plus, m’a gratifiée de ses compliments.

— C’est votre première huile ? Félicitations, ce sera sans doute la meilleure.

Je ne songeais plus du tout à quitter le cours. En février, nous avons découvert la peinture acrylique. Le procédé en est fort différent, il faut étaler la couleur très vite sinon tout prend en masse, il ne reste plus qu’à jeter les pinceaux et recommencer. Au mois d’avril, je me suis lancée dans le mélange des genres. Je voulais combiner les deux types de peinture dans un même tableau. J’avais apprécié l’acrylique pour sa rapidité de séchage et l’huile pour la luminosité de ses couleurs. C’est ainsi qu’un certain jeudi – j’avais déplacé mon cours en raison d’une panne de voiture le mardi précédent –, je campais debout, devant mon chevalet, en blouse de coton, faisant face au mur. La semaine précédente, j’avais déjà ébauché les contours d’un paysage désertique de l’Arizona et badigeonné les grosses masses à l’aide de couleurs acryliques. Ce soir-là, je travaillais à l’huile, tout en finesse. Il est entré. Un homme, la quarantaine, les cheveux légèrement grisonnants, qui n’avait rien à faire dans cette pièce, s’avançait. J’apprendrai qu’il avait pris rendez-vous avec ma monitrice pour lui présenter plusieurs dessins au crayon qu’il avait réalisés en dilettante. J’apprendrai aussi qu’il espérait lui extorquer des éloges.

L’homme était un habitué du centre culturel puisque tous les lundis, il suivait des cours de poterie dans la salle qui jouxtait la nôtre. Jamais nous n’aurions dû nous croiser. Pourtant, notre rencontre nous est tombée dessus. Immédiate, saisissante, fulgurante. Tandis qu’il ouvrait son carton à dessin et en sortait ses productions, il parlait beaucoup, commentait tout, plaisantait sans cesse, racontant comment il avait réussi à écouler un nu pour cent cinquante euros à des touristes américains venus se perdre au pied de la cathédrale d’Évreux. Il ne pouvait pas se taire. Il vantait son génie qui l’incitait à se lâcher, à laisser libre cours à ses pulsions les plus folles et c’est ainsi qu’à l’occasion d’un cours de poterie, une forme tordue et noueuse avait vu le jour sous le regard attendri, ahuri, horrifié, condescendant, désespéré et inquiet de son professeur, peu habitué à voyager hors du spectre des pots, vases, cruches et autres récipients creux prévus au programme annuel. Face à ce manque d’enthousiasme, il avait préféré déserter le centre culturel pour n’y plus revenir. Pauvre homme, personne ne le comprenait ! À plusieurs reprises, j’ai essayé de concentrer mon attention sur les mélanges de couleurs mais ses mots, fluides et envoûtants, m’ont transportée bien loin des Amériques. J’ai laissé sa voix descendre au plus profond de moi pour y graver quelques touches que je savais indélébiles.  Je buvais son rire.
— Pourquoi l’Arizona ? J’ai sursauté.
— Euh…

Il avait ouvert le bal.

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