Archives de catégorie : Francophonie

Tous les articles francophones qui démontrent toute la vigueur et la richesse de la langue française, commune à plus de 274 millions de personnes.

Poésie francophone en fédération Wallonie – Bruxelles de Belgique 2

Balade en poésie contemporaine francophone en fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique…  (carte)                                                              

                                                                                    BelgieGemeenschappenkaart

Prologue : La Belgique, pays longtemps soumis aux aléas de l’histoire des pays européens qui en convoitent le territoire, a obtenu son indépendance en 1831.
Depuis 1993, elle est divisée en trois communautés linguistiques : au Nord, la communauté flamande (en vert) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), au Sud, la communauté wallonne dite française (en rouge) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), à l’Est, bordant la frontière allemande, la communauté germanophone (en bleu).
Chaque communauté a sa langue officielle ! Le néerlandais au Nord et à Bruxelles, Le français au Sud et à Bruxelles, l’allemand à l’Est…La Belgique s’honore donc de 3 langues nationales.
La balade que je vous propose se déroulera, sur le sol wallon et à Bruxelles, en pays de francophonie.
J’ai choisi de partager avec vous quelques textes de poètes belges francophones contemporains et me suis attachée à respecter une parité qui n’est malheureusement pas encore de mise dans les anthologies et les recueils publiés.

(Première partie ici)

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Serge Delaive
Le lien sous son nom mène à la page qui lui est dédiée par la maison de la poésie.
Auteur prolifique de recueils de poésie et de romans, l’écriture de Serge Delaive est marquée par la sincérité, par le scepticisme aussi. Sans cesse il fait lien entre vie (voyages, famille, souvenirs, amis…) et imaginaire/écriture.
Homme sans compromission pour qui l’écrivain doit avant tout s’occuper d’écrire…  Serge Delaive est également passionné de photographies qu’il  associe à des textes ici.
D’autres textes de Serge Delaive , ici

Grain par grain, chaque seconde remplit
la seconde précédente,
s’augmentant d’elle-même
comme si chaque chose était symétrique.
Dans les moments qui suivent
Bien d’autres jours s’étendent
Sous ces jours soulevés.

Il me fallait à tout prix maîtriser un
chuintement,
Le temps.
J’avais dompté les miroirs
Mon image se perdait à mis parcours
Et j’y voyais le présage
D’un commencement …..
In poètes d’aujourd’hui, L.Wouters et Yves Namur
Extrait de Légendaire.

Sous mes yeux
Un jour viendra
où nous n’aurons ni dieu ni maître
chacun parmi nous
un jour lointain par défaut
quand toutes les tentatives auront échoués
ce jour là,
nous nous souviendrons que la solution
nous la tenions de puis longtemps
et que certains la maintenaient vive
dans l’attente de ce jour
qui forcément viendra
in Une langue étrangère, L’Arbre à paroles

867849-resume-signature-d-39-encre-de-plumes-et-de-l-39-ancienne-encrier                                                                                                                           Encrier  

Françoise Lison-Leroy                                                                                                                Sous son nom, la page qui lui est dédiée à la maison des poètes et de la langue française, d’autres textes d’elle aussi !
‘Une manière économe et précise de nommer les choses, une musique singulière, une vibration discrète’ (extrait d’une critique de Jean Laurizier)…
Françoise Lison-Leroy a une bibliographie très riche ! Rencontrer son écriture c’est être assuré de rencontre féconde… Vous trouverez son site ici !

C’est depuis que nous avons pris
la mer, et la haute tension de nos mains.
Depuis le sable sur la peau,
le sel au revers des lèvres, l’horizon défié.
Et cette marge au cahier du possible.
Un lieu très blanc : là nous nous sommes
Sentis beaux.
Prendre n’est rien. Mais se garder.
……………….

L’espace d’une ville et nos lieux
insoumis. L’asphalte, les pavés. Les quais aux
ponts mobile. L’acier du fleuve.
La rive glane et chahute.
Des bistrots nous hébergent, leurs noms
sont d’Abbayes et de pays croisés. Les bières
s’époumonent.
Nous habitons les parcs, les
églises, la rue. Et cette arche du pont
au ventre grillagé. Le verrou s’est perdu,
Un cadenas à deux crans nous a livré sa clé.
………………

Demain,
mes cheveux qui grisaillent,
des enfants en partance, la mort de quelques uns.
Tu seras là à chaque deuil.
A chaque plaie d’exil ou d’évidence. Tu me diras.
La nuit appelée mer, les éclats souterrains.
L’ample éveil d’une aube cicatrice.
Mon fief des eaux polaires, mon éclusier,
Ma frontière. S’il existe un envers, nous pourrons le nommer.
…………………..

Tutoie nous.
Même si nous sommes deux,
égarés et meurtris de n’être jamais un.
On toise les enclos où tout gronde
et ravaude, où la tendresse n’a pas lieu.
S’épellent taches et morsures,
Entresols éventés que le crachat malmène.
Nous sommes en pays d’étuves
et de mots. Au pays comme au monde. Pétris.
Apprivoisés.                                                                                                                                           In : Pays Géomètres , L’âge d’homme.

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Luc Baba
Créateur liégeois aux multiples facettes , Luc Baba est homme de théâtre : metteur en scène, acteur et auteur. Ecrivain fécond, il a publié plusieurs romans. Il est également chanteur, auteur de chansons et de slam ! Son oeuvre poétique, il la dédiait à l’oralité : le premier recueil dont il a accepté la publication date de 2012 !
Vous trouvez sous son nom la page qui lui est dédiée par la maison de la poésie de Namur et sous ‘premier recueil’, une vision critique de son écriture poétique. Son blog avec de nombreux extraits de son oeuvre, ici.

Je ne pars pas

Je ne pars pas
Je vais prendre un café sur la terre
Je vais tailler des arbres
De mes portes
Et des lames
Dans l’acier
Trempé des larmes mortes
Je vais jeter un froid
Dans la mare aux pavés
Je vais
Au vent mauvais
Prendre un verre de vent, voir
Où je me suis sauvé un soir
Pour mourir d’être vrai
Je vais dégargouiller
Les diables à Notre-Dame
Et chanter Amsterdam
Dans les rues de Lomé

Puis gommer mon prénom
Dans le cœur de ma femme
Je vais mettre à sécher
Les p’tites secondes à fleurs
Qu’on mange avant qu’elle pleure
Et que tout soit gâché

Je ne pars pas
Je fais le tour du monde
In :La nouvelle poésie française de Belgique, Yves Namur, Le taillis Pré

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Anne Penders
Anne Penders construit une œuvre plurielle et originale autour de l’image, du son et des mots ! Grande voyageuse ses projets interpellent la mouvance, la mémoire, la maison entre ancrage et errance. Elle a publié une dizaine d’ouvrages, réalisé des courtes vidéos et des créations sonores.
Elle vit pour le moment à Bruxelles.
Sous son nom, le lien vers sa page à la maison de la poésie de Namur. ici. D’autres textes, ici.

 L’envers / est-ce « voir à travers » ?
Echographie d’un temps et de l’espace qui l’a vu naître ?
Scanner pervers qui déloge les cailloux
-lieux encrassés des entrailles, encombrements vicieux qui manifestent à leur guise ce qu’on a laissé traîner et qui soudain fait mal.
Le grain à moudre que l’on n’a pas moulu / sur lequel le train déraille.

L’envers / fétu de paille – qui prend subitement le poids d’une poutre.
Un roseau que plus rien ne ploierait, la sève figée en attente de dégel.
L’envers compte des lignes tracées quand l’enfant dort.
L’enfant d’or.
Une unité de mesure.
Un rythme (circadien).
………….
L’envers / révèle autant qu’il (se) cache
La puissance a ses leurres, ses fautes / où la fable s’engouffre.
Cela arrive. « Et ce n’est pas grave » dis-tu.
Toi mon bonheur, ma peau, ma peur.
Non, ce n’est pas grave.
L’envers / ouvert.
En béance, en balance, en confiance.
Encore. En corps à corps avec le vide.                                                                                                   Textes extraits de Le lundi d’après, Esperluète. in : La nouvelle poésie française de Belgique de Yves Namur.

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En guise de conclusion, ces quelques vers d’un grand poète belge…

….au fond de la chambre                                                                                                                            S’ouvrent sous les doigts                                                                                                                       les recueils du rêve….                                                                                                                              Fernand Verhesen  in ‘à juste prise’ Le Cormier

Les photos ont été prises à la Maison de la poésie de Namur. Elles sont libres de droits.

 

Visite du député Pouria Amirshahi sur le Tchat d’iPagination

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Le mercredi 19 mars 2014 est et restera une journée mémorable dans l’histoire du site iPagination.com.

A l’occasion de la semaine de la francophonie et suite à la remise officielle du rapport rendu à l’Assemblée nationale « Pour une ambition francophone », Monsieur le député des Français à l’étranger pour la zone Maghreb /Afrique de l’Ouest, Pouria Armishahi, nous a fait l’honneur de venir sur le Tchat du site iPagination.com afin de répondre en direct à nos questions. Le présent document a pour but de donner un aperçu des propos, questions, idées et opinions partagés durant les 45 minutes de l’interview, un temps fort court, mais qui a permis des échanges passionnés.

Monsieur Amirshahi a rejoint la trentaine de personnes déjà connectées, un peu avant 20 h GMT (21 h à Paris). L’ambiance, au moment de son arrivée, était chaleureuse, les uns accueillant les autres, certains se connaissant, d’autres se découvrant. Cette simplicité et cette spontanéité teintées d’humour ont permis à Monsieur le député de s’engager naturellement dans la conversation, avec simplicité et bienveillance.

 

Pouria (portrait)

Il est bon de rappeler que la communication par Tchat est écrite. Le temps de taper les questions et réponses dépend donc de la réactivité des uns et des autres. Monsieur Amirshahi s’est montré, du début à la fin, affable, attentif, patient et ce malgré l’arrivée, parfois, de plusieurs questions successives faisant apparaître des décalages cocasses. Comment résister au plaisir d’échanger avec vous un court extrait particulièrement amusant ? Impossible. Alors avant de vous rapporter les idées de fond, voici :

Pouria Amirshaihi : Alors, quel est le menu ?

Un auteur : le menu… vous n’avez pas dîné ?

Le maître des lieux : Bonsoir Monsieur le Député, soyez le bienvenu.

Un auteur : Salut, ça signifie quoi le idle à côté de mon pseudo ?

 

Mais qu’on se rassure, une fois l’interview réellement lancée, Monsieur Amirshahi ne s’est pas offusqué de l’apparition d’une certaine familiarité et s’est plié à l’exercice avec ouverture et pertinence.

 

Ont été abordées les questions liées à la place de la francophonie dans le monde, le monde économique, l’éducation et la culture.

Monsieur Amirshahi a affirmé sa volonté d’envisager la francophonie sous un angle neuf.

« La mondialisation qui réorganise des identités, des aires géoculturelles, se structure autour de langues centrales. Le français peut en être durablement… ou non. Cela dépend de nous, francophones du monde. » Aujourd’hui, « Hispanophones, arabophones, lusophones, etc. s’organisent et leurs intérêts avec. Nous (le) pouvons aussi. »

S’agissant de notre passé colonialiste, des auteurs se sont interrogés sur la réticence d’anciennes colonies à participer aux assises francophones. A cela, Monsieur Amirshahi a déclaré que la francophonie est « une promesse de rencontre entre les cultures d’Amérique et d’Europe, des Latins et Maghrébins, des Arabes et des Noirs, etc. C’est ce qui fait sa modernité ». Bien que cela n’ait pas été dit lors de la soirée, votre interlocutrice se permet de rajouter que l’OIF a été créée en partie par Léopold Sédar Senghor qu’on ne peut pas accuser de colonialisme…

Quant à l’apport de la francophonie dans le monde économique et culturel, notre invité soutient que l’on peut envisager une corrélation entre les deux mondes par la formation, le partage des savoirs, des brevets, des inventions, des diplômes… qui sont liés aux domaines tant économiques que culturels. Il est intéressant de savoir, pour renforcer cela, que l’usage du français dans les pays francophones a même amené des entrepreneurs chinois à employer le français afin de pouvoir négocier des contrats en Afrique.

Il faut cependant, pour promouvoir la langue française, tenir compte de la culture, des auteurs, du patrimoine et donc des richesses spécifiques de chaque zone de la francophonie. Or cette dimension est souvent négligée et on ne peut qu’en déplorer l’absence dans les manuels scolaires notamment. Il est donc primordial de favoriser la circulation et les échanges culturels afin que le sentiment d’appartenance soit réel et partagé. La francophonie est née de la volonté de créer une zone solidaire favorisant l’entraide et la coopération entre les peuples partageant la même langue et ce, indépendamment de toute volonté expansionniste et agressive, économiquement parlant.

Défendre la francophonie n’est pas imposer la langue française. En défendant la francophonie, on prône le plurilinguisme. Bien évidemment cela demande des moyens, des budgets importants, « des écoles francophones avec des codiplomations, des littératures francophones avec des coéditions, des coopérations scientifiques renforcées, un visa francophone, etc. ».

En matière d’édition, sujet important et sensible pour les auteurs du site, une coédition serait l’assurance d’ouvrir le champ des lecteurs. Mais il faut convaincre. Et Monsieur Amirshahi se bat pour cela. Venir à notre rencontre est une façon de partager et défendre ses convictions et la francophonie. C’est aussi nous donner des clés pour l’accompagner. En ce sens, iPagination.com est un moyen formidable qu’il faudrait développer.

Pour finir, Monsieur le député nous a invités à lire le document http://www.pouriaamirshahi.fr/2014/01/24/francophones-de-tous-les-pays-unissez-vous/

Il pense mettre en place un comité de suivi du rapport afin d’éviter de donner à ce dernier un « avenir de… tiroir… ».

Monsieur Amirshahi a conclu par quelques mots qui nous sont allés droit au cœur et nous l’en remercions : « Pour résumer, je plaide pour une francophonie active dans la mondialisation et assumée en France. Ipag aide beaucoup en ce sens. Continuez ! »

Photo-francophonie

Poésie francophone en fédération Wallonie – Bruxelles de Belgique 1

Balade en poésie contemporaine Francophone en fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique…    (carte)

                                                                            BelgieGemeenschappenkaart

Prologue : La Belgique, pays longtemps soumis aux aléas de l’histoire des pays européens qui en convoitent le territoire, a obtenu son indépendance en 1831.
Depuis 1993, elle est divisée en trois communautés linguistiques : au Nord, la communauté flamande (en vert) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), au Sud, la communauté wallonne (en rouge) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), à l’Est, bordant la frontière allemande, la communauté germanophone (en bleu).
Chaque communauté a sa langue officielle ! Le néerlandais au Nord et à Bruxelles, Le français au Sud et à Bruxelles, l’allemand à l’Est…La Belgique s’honore donc de 3 langues nationales.
La balade que je vous propose se déroulera, sur le sol wallon et à Bruxelles, en pays de francophonie.
J’ai choisi de partager avec vous quelques textes de poètes belges francophones contemporains et me suis attachée à respecter une parité qui n’est malheureusement pas encore de mise dans les anthologies et les recueils publiés.

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Départ de Namur, petite ville baignée par la Meuse où je me suis rendue à la Maison de la poésie et de la langue française, dirigée par Eric Brogniet, poète et membre de l’ Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.                                                     Imaginez une grande maison ancienne, dans une rue étroite et piétonnière de la vieille ville mosane. Au rez-de-chaussée: salons, bar, tables et chaises, lieu convivial et chaleureux, murs couverts d’affiches évoquant poètes et festivals de poésie. Salle Henri Michaux, aussi, où se déroulent les spectacles proposés.                                                          Vous accédez au premier étage par une magnifique cage d’escaliers en bois et vous découvrez deux pièces hautes de plafond aux murs tapissés d’œuvres de poésie, belges, bien sûr, mais s’ouvrant largement aux autres poètes francophones, une vaste porte-fenêtre donnant accès à une terrasse où il fait bon lire au soleil, quand le temps le permet.Le moment que j’y ai passé fut agréable et fructueux, mille merci à ceux qui m’y attendaient.

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J’en ramenai une belle moisson de poètes, la seule difficulté (de taille !) étant de faire le choix de ceux que je souhaitais vous présenter. Choix essentiellement subjectif…mais guidé sagement par le travail de deux anthologies : celle de Liliane Wouters et de Yves Namur: « Poètes d’aujourd’hui ». Et celle de Yves Namur : «Nouvelle poésie française de Belgique». Les deux auteurs étant également poètes reconnus.                                                Ce seront donc des poètes contemporains que vous découvrirez sur cette page ! Sur les quelques 150 poètes repris dans les deux anthologies, je n’en présente que 8, humble contribution de la voix de poètes francophones belges à la semaine de la francophonie. La proposition était vaste et d’une richesse intense.                                                                          Je remercie ici chacun des poètes que j’ai lu dans les 2 anthologies, j’en connaissais un certain nombre, j’en ai découvert beaucoup, ils m’ont tous ouvert le cœur sur les possibles de l’écriture poétique contemporaine qui s’écrit essentiellement en prose, où l’émotion circule à bas bruit mais où les mots continuent à parler à nos terres profondes.
N’hésitez pas à suivre les liens proposés qui amènent une mine d’informations sur les auteurs, leurs écrits et leurs publications…

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Karel Logist
Sous son nom, la page qui lui est dédiée par la maison de la poésie.
C’est un honneur pour moi de vous proposer quelques extraits des textes de ce grand poète qu’est Karel Logist…Reconnu dans toute la francophonie, honoré de multiples prix, sa poésie en prose, si légère et si dense, si pudique et si juste, donne avec générosité un supplément d’âme à ses nombreux lecteurs ! Karel met aussi ses connaissances de la poésie et des poètes au service du partage dans le cadre d’ateliers d’écriture et de lecture poétiques et dans le cadre de nombreuses lectures publiques.Si vous souhaitez découvrir plusieurs autres textes de Karel Logist cliquez ici ! Une présentation de son travail d’écriture ici.

J’écris des poèmes nains.
Mes poèmes mélangent
sous le manteau de l’ange
le miel et le venin.
J’écris des poèmes faits main.
Mes poèmes étranges
troubles parfois dérangent
l’ordre d’hier avec demain.
J’écris des poèmes pleins
poèmes en forme d’orange
et votre bouche qui les mange
c’est encore moi qui la peins.
In : Le séismographe. (Autres textes dans) Dés d’enfance. Espace Nord.

 

Quelque part un oiseau porte mon nom
j’ignore combien il peut couvrir d’espaces
jusqu’aux terres du sud
qu’il cherche à rallier quand les hivers l’entourent.

Migre-t’il
et si c’était moi qu’il tente de rejoindre ?

Et si parfois déviés de nos itinéraires,
nous glissons dans les mêmes courants,
son ombre sur la mer
mes pas sur le chemin
nous servent de boussole.

Je connaîtrais son cœur si je savais le mien.

In :Poètes d’aujourd’hui, Liliane Wouters et Yves Namur. Extraits de Alexandre Kostas Palamas, Karel Logist

867849-resume-signature-d-39-encre-de-plumes-et-de-l-39-ancienne-encrier                                                                                                                           Encrier

MimyKinet                                                                                                                                           Sous son nom, le lien vers sa page à la maison de la poésie de Namur.                                Un coup de cœur en découvrant celle qui a écrit : « La poésie est source et sang et forêt. Elle est en nous et nous contient. »
Une voix pure et discrète, exigeante aussi qui nous dit : « Ne fais pas d’ombre avec les mots, ils en contiennent assez. »
Ses œuvres complètes ont été publiées sous le titre Poésies, à l’Arbre à Paroles.
Vous trouverez plusieurs de ses textes sous le lien de la maison du livre de la Province de Luxembourg  ici  (p13 à 18 )

 

La vie ne nous pardonne pas
De l’avoir mise au monde.                                                                                                              Extrait de ‘Mots murés’

Berceuse à voix tue.

La solitude n’a rien de terrifiant
puisqu’elle est née bien après nous
que nous l’avons bordée
lorsqu’elle était malade
comme un oiseau
dont nous avions disloqué l’aile
dans la dévastation des nôtres.

In Œuvre complète, A voix tue.

 

Parle mon ombre
Parle-lui des oiseaux qui respirent sa bouche

Parle lui…

Car il court comme s’il ne devait jamais
revenir
de la vie.

Extrait du Discours du muet.

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Pascal Feyaerts
Sous son nom, la page qui lui est dédiée sur le site de la maison de la poésie. D’autres textes aussi.
Des mots choisis, des textes ciselés comme bijoux, un rythme qui respire la justesse, une simplicité apparente… Pascal Feyaerts, vit dans le Hainaut, fait partie du cercle de la Rotonde, touche à la peinture, écrit poésies et nouvelles, est actif dans plusieurs revues. Il a aussi finalisé un projet musico-poétique en compagnie d’une violoniste…Vous trouverez le lien vers son blog ici !

Poète

Si l’on vous dit que demain est un autre calembour, çà vous fait rire…Si l’on vous demande vos papiers, vous prétendez ne pas vous connaître…Avez-vous également conscience qu’à l’heure où il vous faudrait dîner, vous ne vous nourrissez que de poèmes ? Qui êtes-vous et pourquoi vos miroirs ont-ils des mots si amers ?

J’ai appris

J’ai appris à rire avec les blés, à lire tout ce qu’un arbre avait écrit sur mon sort et quand on m’appelle c’est d’une voix de cigale que je réponds. Je me promène comme on aime à se perdre, égaré multiple savourant sa folie au gré de ses dérives. J’habite la seule épine qui ne m’ait pas piqué et je taille toujours ma plume sur le fil du rasoir : le Temps ne m’a prêté asile que l’espace d’un mouchoir.

Songe

Refuser à nourrir son rêve revient à répudier la sève qui nous maintient. Si on n’y prend garde, il est aisé de le perdre à trop courir les mauvais sommeils comme fantasmer des portes si justement entrebâillées qu’on ne sait y entrer que seul ou accompagné de ses doutes. Et lorsqu’on le retrouve, non sans l’avoir longuement cherché il sent la rouille et l’usure des chemins ou bien on a vieilli de trop prier son retour.

Les abîmes

Les abîmes ne s’épousent pas entre eux de peur d’enfanter de nouveaux vertiges. Ils sont seuls, toujours à chuter en eux-mêmes et n’opposant à leur chute que ce que le néant peut compter d’obstacle. Seule leur absence leur appartient et ils n’ont qu’elle à aimer.

In : La nouvelle poésie française de Belgique. Yves Namur.

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Marie-Clotilde Roose,
Une écriture sensible et fine qui résonne au cœur et s’inscrit dans la mémoire pour y rayonner ! Marie-Clotilde Roose anime aussi des rencontres littéraires pour Le cercle littéraire de la Rotonde dans le Tournaisis. Vous trouverez d’autres textes de Marie-Clotilde Roose en suivant le lien lié à son nom…

…..

Ne rien dire si le silence est
plus sonore

que cette fine bruine des
pensées

où se mêlent l’or et la
boue

ton regard veut les pépites
à travers le doute

il faut y croire
hisser la vie

mais sans casser
l’épaule du destin

……..

Ecrire recouvre sa splendeur

ce verbe né du désir
écartèle nos voies
tendues

les rassemble
comme tiges de jonc
en nasse de pêcheur

pêcheur alors je suis
à l’affût des poissons
fuyant vifs éclairs
……
Extraits de ‘Tourments’ Le Taillis Pré, 2006
  in: La nouvelle poésie française de Belgique. Yves Namur

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Pour se quitter en poésie, ces quelques mots d’ Eric Brogniet:                                                       ‘Vivre ne s’imagine que par analogie’. in Terres signalées

Les photographies ont été prises à la Maison de la poésie. Elles sont libres de droits.

(Deuxième partie à suivre prochainement … )

Le français au Canada

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

Le village d’Astérix

Les francophones du Canada se comparent souvent au village gaulois d’Astérix, contre toute attente, noyés dans un continent d’anglophones, ils résistent à l’assimilation.

Pour commencer, déboulonnons le mythe tenace qui répand la croyance selon lequel les Franco-Canadiens parlent un français semblable à celui du début de la colonie. Cette fausse perception découle d’une poignée de mots qui sont restés bien vivants au Canada, alors qu’ils ont disparu de l’usage dans le reste de la francophonie. Par exemple, nous utilisons encore le mot «soulier» comme synonyme de chaussure. Nous avons même des «souliers de course» au lieu des baskets. Mais dans l’immense majorité des cas, les mots éteints en Europe ont connu le même sort en Amérique, à quelques amusantes exceptions près.

Cet accent si particulier

Ah! ce fameux accent qui déroute tant les francophones des autres pays! Cet accent, ou plutôt, les différents accents canadiens-français partagent un point en commun : le glissement de certains accents toniques au début ou au milieu des mots. Par exemple, plusieurs Canadiens français ont tendance à placer l’accent tonique au début du mot «fantastique» plutôt qu’à la fin, comme le veut l’usage. C’est cette musicalité, influencée par la langue anglaise, qui rend l’accent des Canadiens si différent de celui des autres communautés francophones à travers le monde.

Des lettres et des chiffres

Même si nous sommes dans un blogue de lettres, les chiffres décrivent parfois mieux une situation. Le français au Canada est principalement parlé au Québec. En effet, environ 7 millions des 8 millions de francophones de langue maternelle y vivent. Le français est majoritaire au Québec (environ 80% de la population, 8 % anglais et 12 % allophones), mais minoritaire dans le reste du Canada.

Le français est encore relativement présent dans les deux provinces limitrophes du Québec : l’Ontario à l’ouest (environ 600 000 locuteurs sur une population de 10 millions) et le Nouveau-Brunswick à l’est. Dans les 7 autres provinces du Canada, les francophones ne représentent que quelques points de pourcentage de la population.

Le grand dérangement

Le territoire du Nouveau-Brunswick, qui couvre une superficie plus grande que la Belgique et les Pays-Bas réunis, est peu peuplé : environ 750 000 habitants y vivent, dont 30 % de francophones. Et parmi cette minorité francophone résistante, on trouve une autre minorité française qui parle le chiac (ou chiaque), un mélange marqué de mots français et anglais. La syntaxe du chiac est française, mais de nombreux mots de la phrase sont anglais. Par exemple, «Viens-tu watcher un movie avec moé?» qui se traduit par «Viens-tu voir le film avec moi?» Le chiac est une forme d’expression hybride que certains désavouent et d’autres valorisent. Exemple de pauvreté d’expression pour les uns ou résistance à l’assimilation pour les autres? Le débat fait rage.

L’histoire des francophones du Nouveau-Brunswick se distingue de celui des autres francophones du Canada. En effet, le Nouveau-Brunswick faisait partie de l’ancienne Acadie, qui regroupait des territoires du Nouveau-Brunswick, des autres provinces maritimes (aujourd’hui Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve) et un bout de l’état américain du Maine. Il ne faut donc pas confondre les Acadiens et Canadiens. Même si aujourd’hui, les descendants des Acadiens sont Canadiens.

L’Acadie était une colonie autonome française jusqu’à sa conquête par les Anglais en 1713. En 1755, les conquérants anglais décident de déporter les Acadiens et de saisir leurs terres. Ceux qui refusent sont abattus. Embarqués de force sur des bateaux, des familles sont séparées (certaines pour toujours), et éparpillées tout le long des côtes d’Amérique jusqu’en Louisianne. Des exilés unilingues français aboutiront même en Angleterre. Beaucoup d’Acadiens mourront en mer. D’autres reviendront en Acadie dans l’espoir de retrouver leurs proches, plusieurs ne les reverront jamais.

Le Nouveau-Brunswick restera une colonie britannique indépendante jusqu’en 1867, année de la formation du Canada. Les Acadiens (du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse) sont alors réunis avec les Canadiens français du bas Canada (aujourd’hui province de Québec) et du haut Canada (Ontario). L’histoire des Acadiens converge depuis avec celle du haut et bas Canada (maintenant Ontario et Québec).

Pour découvrir le chiac, je vous invite à écouter Marie-Jo Thériault , artiste originaire du Nouveau-Brunswick.

Vous pourrez y lire le texte sous-titré. À noter, seules quelques-unes des chansons de cette artiste sont écrites en chiac. Les autres sont en français standard, avec toutefois une émouvante touche du Nouveau-Brunswick.

Je tiens à vous rappeler que le chiac n’est parlé que par une minorité de francophones du Nouveau-Brunswick, une minorité soumise à des conditions de survie culturelle extrêmement périlleuses.

Pour découvrir la vie des Acadiens victimes du «Grand dérangement» (quel euphémisme!), leur courage, leur résistance et leur langue française si particulière, je vous invite à lire le magnifique roman Pélagie-la-Charrette, gagnant du prix Goncourt en 1979, écrit par l’Acadienne Antonine Maillet.

Bonnes découvertes

Apprendre le québécois, leçon 11 : Les mots du quotidien

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site  « Du français au français » , à la découverte de la langue québécoise pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

Les mots du quotidien

Les Québécois ignorent que certains des mots du quotidien qu’ils utilisent sont incompréhensibles pour les autres francophones. Par exemple, le sens des phrases «As-tu sorti les vidanges?» «Jette-le dans les vidanges.»  «Ça pue les vidanges!» est opaque pour les non-Québécois. Ainsi utilisé, le mot «vidange» est synonyme de déchets, ordures ou poubelles.

Apprendre le québécois : vidange«J’ai détesté mon voyage, la plage était couverte de vidanges.» «Zut, le sac de vidanges s’est déchiré.»

L’expression «Il fait les vidanges» signifie qu’une personne fouille les poubelles dans le but d’y trouver des objets utilisables ou de la nourriture. Il faut donc éviter de confondre faire les vendanges et «faire les vidanges», deux réalités fort différentes.

Par extension, nos «camions de vidanges» sont vos «bennes à ordures». Bien que les mots ordures, déchets et poubelles sont aussi utilisés au Québec, la locution «benne à ordures» est à peu près inexistante, et l’acronyme «sita» est totalement inconnu. Au Québec, un éboueur est un vidangeur (ou un préposé à l’enlèvement des ordures ménagères dans la langue administrative)

Le verbe «vidanger» est toutefois utilisé dans son sens «propre», sans jeu de mots, c’est-à-dire celui de vider pour nettoyer. Étrangement, même si on utilise «vidange» à la place d’ordure, quand vient le temps d’insulter quelqu’un, on dit «Mais quelle ordure!» «Ne te fie jamais à lui, c’est une véritable ordure!»

Toujours dans le domaine de l’entretien ménager, on utilise rarement le mot seau au Québec. Nous lui préférons «chaudière». En effet, chez nous, le mot «chaudière» est principalement employé pour décrire un simple seau, généralement en plastique. «As-tu changé l’eau de la chaudière?» «Où as-tu rangé la chaudière?»  Et pour être plus précis, un Québécois dirait probablement «Où as-tu serré la chaudière?», car chez nous, le verbe «serrer» possède aussi le sens de ranger, mettre de côté, mettre à l’abri, remiser ou entreposer. Ces sens sont notés comme vieillissant en France, mais ils sont maintenus bien en vie par l’usage au Québec.

En résumé : on serre la chaudière et on sort les vidanges.

Si vous désirez approfondir vos connaissances, apprendre de nouveaux mots, partez à la découverte du lexique québécois