Archives de catégorie : Francophonie

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Apprendre le québécois, leçon 10 : Le magasinage de Noël

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C’est Noël, tire-toi une bûche!

Au Québec, nous encourageons nos invités « à se tirer une bûche ». « Allez, ne reste pas debout, tire-toi une bûche. » Nous les convions ainsi à s’asseoir avec nous, à s’installer à la table avec les autres. Cette expression tirerait son origine de l’époque où les habitants de la Nouvelle-France possédaient très peu de meubles. Les chaises n’étaient souvent que des troncs d’arbres coupés. Quoique cette expression soit beaucoup moins utilisée qu’autrefois, elle survit encore, surtout dans des moments de festivités, de réjouissances. « Ne sois pas gêné, tire-toi une bûche et viens boire un coup à la santé du petit Jésus.» À noter qu’au Québec, l’adjectif gêné est fréquemment utilisé comme synonyme de timide.

Probablement à cause de nos nombreux ancêtres bûcherons, le verbe bûcher a gagné chez nous le sens de couper du bois ou d’abattre un arbre. « Ça fait une heure qu’il est parti bûcher. Il va peut-être revenir avec un beau sapin de Noël ou juste un gros mal de dos.»

La dinde, le repas traditionnel de Noël, est servie avec des atacas (ou atocas), dérivé d’atokha, un mot de la langue huronne. Les atacas sont une gelée de canneberges (variété d’airelles très populaire aux États-Unis). Donc, l’ataca est un accompagnement issu de la culture américaine, nommé à partir d’un mot huron, mais tourné à la québécoise.

La saison des Fêtes est une période de réjouissances, mais elle est avant tout celle du «magasinage». Au Québec, on fait rarement du shopping, on préfère de loin le «magasinage». « Je dois aller magasiner, je n’ai pas encore trouvé mes cadeaux de Noël. » « Je déteste le magasinage des Fêtes. Les gens sont stressés et je ne sais jamais quoi acheter. » « Je rêve un jour d’aller faire du magasinage sur les Champs-Élysées. »

Noël est pour plusieurs l’occasion de « prendre une brosse », de «partir sur la brosse» ou de «virer une brosse». C’est la version québécoise de prendre une cuite, de s’enivrer. « Le 24 décembre, mon mari part sur une brosse qui dure jusqu’au jour de l’An. »

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Apprendre le québécois, leçon 9 : l’argent

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Du foin ou du blé?

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En France comme au Québec, nous utilisons des métaphores végétales pour parler d’argent. Toutefois, nous n’employons pas les mêmes mots. En France, ce sont les mots blé ou oseille qui sont le plus souvent employés dans ce contexte, tandis qu’au Québec, c’est le mot foin. « Peux-tu me prêter un peu de foin? » « Je n’ai plus de foin. Je dois rester à la maison. »

Au Québec, nous ne nous arrêtons pas aux comparaisons végétales. Nous avons aussi recours à des synonymes alimentaires. Ainsi, le mot « bacon » veut parfois dire argent. Dans ce contexte, il est souvent employé en combinaison avec le mot motton (un autre québécisme) qui signifie grumeau : « Il y a des mottons dans la sauce »; ou petit morceau : « Il y a un motton de cheveux qui bloque l’évier »; ou encore, une grande quantité de quelque chose : « Il ne fait plus rien de ses journées depuis qu’il a hérité d’un gros motton de bacon. » Le mot motton employé seul peut aussi être synonyme d’argent. « Il a fait un gros motton en vendant son épicerie. »

Une piastre n’est pas une pièce.

Le mot piastre est synonyme de dollars. « Hier, j’ai perdu 100 piastres aux courses. » Ce mot, employé dans un contexte familier, se prononce piastre ou piasse.

Le mot piastre se retrouve dans plusieurs expressions et proverbes, comme « Faire la piastre » qui signifie gagner beaucoup d’argent, réaliser de gros profits. « Il a fait la piastre avec son projet d’immobilier» ou « C’est avec des cennes qu’on fait des piastres » qui signifie que c’est en économisant de petits montants qu’on finit par accumuler de grandes richesses. Une cenne est un sou noir, qui équivaut à un centième de dollars (maintenant retiré de la circulation).

Tu charges trop cher!

Jusque dans les années 1960, presque tout se passait en anglais dans l’espace public québécois, particulièrement dans les milieux financiers et commerciaux. Les mots anglais ont donc trouvé leur chemin dans la langue québécoise, qui les a toutefois souvent déformés pour les intégrer dans le langage quotidien. Ainsi, le verbe anglais «to charge», qui a pris une tournure québécoise, est devenu charger, synonyme de facturer quelque chose, vendre quelque chose à tel prix. «Combien charges-tu de l’heure?» «Quoi? Tu me charges 150 piastres pour t’être déplacé 10 minutes?»

Quant au mot anglais « change », qui est l’équivalent du mot monnaie, il est employé et prononcé comme un mot français. « Tu peux garder le change. » « As-tu du change pour mon deux piastres. »

On retrouve aussi « change » dans l’expression « Avoir besoin de tout son petit change » qui veut dire utiliser toutes ses ressources pour accomplir une tâche, un travail, une mission. « Ça m’a pris tout mon petit change pour terminer le marathon. »

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Apprendre le québécois, leçon 8 : Avoir de la misère

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J’ai de la misère !

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La locution verbale québécoise « avoir de la misère » est synonyme d’éprouver de la difficulté à accomplir une tâche, à terminer une activité. « J’ai donc de la misère à finir ma leçon de français. » « Je vieillis. Depuis quelque mois, j’ai de la misère à lire sans mes lunettes. » Il existe aussi la version « j’ai toutes les misères du monde » que l’on pourrait qualifier de superlative. « J’ai toutes les misères du monde à boucler les fins de mois avec mon salaire de crève-faim. »

De plus au Québec « on mange de la misère ». « Depuis l’adoption des nouvelles règles de l’assurance-chômage, on n’arrête pas de manger de la misère. » « Nos ancêtres, ils ont mangé de la misère. »

Pour plus de précision, « avoir de la misère », c’est une « coche » au-dessus d’éprouver de la difficulté. Le mot « coche » au Québec signifie, entre autres, rang, degré ou cran. « As-tu entendu le petit nouveau jouer du piano ? Il est une coche au-dessus des autres de sa classe. »

La locution « avoir de la misère » s’emploie aussi à d’autres sauces. Par exemple, elle est utilisée comme synonyme de « j’ai peine à te croire » ou de « j’ai du mal à te croire ». « Tu me racontes encore des sornettes, j’ai de la misère à croire à tes explications. » « Tu vas avoir de la misère à me convaincre que tu mérites une augmentation. »

« Avoir de la misère » est une expression si courante que les Québécois « pure laine » ignorent qu’elle est incomprise des autres francophones. La locution « pure laine » décrit un Québécois dont les ancêtres sont issus de la colonisation française d’avant la conquête (1760). « Thibodeau de Gaspésie, lui, c’est un vrai pure laine » « On trouve de moins en moins de pures laines à Montréal. » Toutefois, avec la transformation de la société québécoise, l’expression « pure laine » évolue et commence à décrire des enfants d’immigrés bien intégrés. « On est arrivé au Québec il y a dix ans, et mes deux gars sont devenus de vraies pures laines. » Un immigrant qui dirait spontanément : « J’ai eu aucune misère à devenir un pure laine » pourrait se dire qu’il a réussi son intégration linguistique avec brio.

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Apprendre le québécois, leçon 7 : La rentrée des classes

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Apprendre-le-québécois-cours-de-natation

C’est le retour de la rentrée

Au Québec, la rentrée des classes coïncide avec «le retour à l’école». Nous utilisons les deux expressions même si le «retour à l’école» est un emprunt du «back to school» anglais. Les deux formules se côtoient, bien que «la rentrée des classes» gagne du terrain depuis quelques années.

La hantise des écoliers québécois en ce début d’année scolaire ? Couler leurs cours !

Au Québec, nous «coulons des cours.» Le verbe recaler dans ses sens d’échouer à un examen ou de rater un test est très peu utilisé chez nous. Nous disons plutôt «couler un examen» ou «couler un test». Cela donne souvent des phrases amusantes comme «J’ai peur de couler mon cours de natation.»

Nous utilisons aussi «pocher» pour dire que nous avons échoué à un examen. «J’ai poché mon examen de français.» Nous utilisons le mot «poche» dans plusieurs contextes. Comme adjectif ou attribut, «poche» signifie être nul. «Je n’ai aucune chance d’obtenir mon diplôme, je suis trop poche en mathématique.» Employé en tant que nom, «poche» signifie une personne maladroite, incompétente à faire une activité précise. « Je parie que l’équipe de foot de l’école va perdre tous ses matchs. Ils ont juste choisi des poches pour jouer à la défensive. »

À la fin de l’année, s’ils ne coulent pas leurs examens, certains auront la chance de «graduer». Ils iront même à leur «bal de graduation». Ces anglicismes, abondamment utilisés, sont des synonymes d’obtention de diplômes, remise de diplômes et collation des grades (cette dernière locution est peu utilisée). Et le «bal de graduation» est la fête qui réunit les diplômés à la fin d’un cycle d’études. Le film Carrie se déroule durant un bal de graduation.

Les ados québécois ne vont pas au lycée; ils vont à la «polyvalente», qui est presque l’équivalent du high school américain si populaire dans les films et si ennuyant dans la vie.

Le système scolaire québécois est très différent du système français. Et encore une fois, nous avons les mêmes mots, mais ils ne veulent pas toujours dire la même chose. Par exemple, le bac français et le bac québécois ne sont pas équivalents. Le bac québécois s’obtient cinq années après le secondaire (2 années de Cégep [pré-spécialisation] + 3 années d’université). Voilà pourquoi les Québécois sont souvent surpris d’entendre un Français au visage d’adolescent dire qu’il a déjà terminé son bac. On déduit alors qu’il est une «bolle», synonyme de personne très intelligente, qu’il est très doué pour les études.

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Apprendre le québécois, leçon 6 : les nouveaux mots.

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Une-langue-et-des-dents-différentes-Québec-Canada

L’annonce du Petit Larousse d’accueillir dans ses pages le mot denturologie a surpris plusieurs Québécois. En effet, la plupart d’entre nous ignoraient que ce mot était inconnu ailleurs dans la francophonie. La fréquence d’utilisation de la famille des mots denturologue, denturologie et denturologiste est si élevée au Québec que l’équivalent «prothésiste dentaire» y est presque inexistant.

Un denturologiste est donc un spécialiste des prothèses dentaires. Nous disons aussi un denturologue. « As-tu vu le nouvel amoureux de Julie ? C’est un denturologue, mais ça ne l’empêche pas d’avoir les dents jaunes.»

Des broches parce que j’ai des dents croches

L’expression québécoise «Il porte des broches» signifie simplement que la personne porte un appareil orthodontique. «Julie ne sort plus de chez elle depuis qu’elle porte des broches.» «Les broches de mes deux garçons m’ont coûté plus cher que ma voiture.»

Au Québec, on porte des «broches» parce qu’on a les dents «croches». «Avoir les dents croches» signifie avoir les dents de travers. «Il serait si beau, s’il n’avait pas les dents si croches.» On peut aussi avoir les yeux «croches», alors synonyme de loucher, d’être atteint de strabisme.

Le mot croche possède plusieurs autres sens bien québécois, comme celui d’une chose mal faite. «Je refuse de t’acheter la table, elle est toute croche». Dans certains cas, le mot «croche» signifie quelqu’un de malhonnête. Il devient alors un nom masculin. «Ne fais jamais affaire avec lui, c’est un croche».

Revenons à nos dents. Pour les nettoyer, nous utilisons aussi bien de la «pâte à dents» que du dentifrice. Les deux produits sont identiques, sauf que l’un est une traduction littérale de tooth paste. Et finalement, nous nous gargarisons avec du «rince-bouche», mais jamais avec du «bain de bouche», bien que ces liquides soient les mêmes. La locution «bain de bouche» est pratiquement inconnue au Québec. Seule l’expression «bain de pieds» est comprise, et il ne faut surtout pas les confondre.

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