Tous les articles par Liliane Baron

A l’extérieur, il y a l’enseignante et l’auteure d’ouvrages pédagogiques. Ainsi dit, ce préambule ne fait pas rêver. Et pourtant, le rêve, la fantaisie sont bien apparus au sein du système éducatif. Si, si et merci les enfants ! La carapace fendillée, il n’y avait plus qu’à remplir de Musique, Peinture, Théâtre… et bien sûr de littérature ! De Perrault à Fred Vargas, de Platon à Markus Zusak, de Molière à Olivier Py, du grand Victor à Andrée Chédid…ils ont tous laissé une empreinte qui se permet de sortir de cette petite bonne femme sous forme de mots qui, elle l’espère, tintinnabuleront joyeusement aux oreilles des visiteurs de l’iPaginablog.

Il était une fois le théâtre : L’origine du théâtre (1)

Masque théâtre 3

« Il y a théâtre, quand il y a émerveillement soudain pour les choses vues tous les jours. » Par ces mots Olivier Py – dramaturge, comédien, metteur en scène – nous montre que le théâtre est la vie et que la vie est un immense théâtre.

Dès lors le théâtre serait-il une forme ancienne de téléréalité ? Nooon ! Ne me grondez pas, je plaisante… un peu… car le théâtre c’est tout de même la vie et… notre mémoire, car il épouse l’histoire de l’humanité, et se teinte de chaque petit fait divers.  Comment ça, je confonds tout ? Que nenni. Mais ne nous fâchons pas et accordons-nous plutôt sur « l’essence » du mot Théâââtre.

 Les sens d’abord. Qu’est-ce donc que le théâtre ?

– C’est avant tout – et son histoire que nous allons découvrir le prouve- un lieu où l’on donne des spectacles. Cette photo montre une scène pentue de théâtre classique et ses différents plans portant des noms étranges cour, jardin, lointain…Mais là n’est pas le propos du jour, j’y reviendrai dans un autre chapitre.

 

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photo Starus Théâtre de la Reine

 

– Le théâtre c’est aussi un Art qui en regroupe bien d’autres : l’art d’écrire des histoires, l’art de les mettre en scène, l’art de les interpréter, l’art de les illustrer par des décors, des costumes, l’art de les mettre en musique… Olivier Py –encore lui- résume très bien cela : « Le théâtre est la table de multiplication du chiffre 1 ».

 Mais avant d’arriver à cette unité remarquable, il en a fallu du temps… et une gestation que je vous invite à découvrir.

Premier chapitre : Il était une fois, l’ancêtre du théâtre…

 … et les hommes, des hommes vieux de dix millions d’années, qui se sédentarisent, créent une société et vouent un culte à la Terre Nourricière, culte, aussi ardant que leur peur de mourir de faim, et de bien d’autres choses. Eh oui, à l’origine, on n’allait pas au « théâtre » pour passer un bon moment, mais plutôt pour conjurer le mauvais sort, en appeler aux dieux, implorer leur aide, leur soutien, leur protection… car misère que la vie est dure…

Que voulez-vous, au temps des sociétés naissantes, il fallait bien structurer un peu les choses, informer, enseigner, bref s’organiser pour conjuguer les efforts de tous.

Je sens que vous froncez les sourcils… Comment me dites-vous je confonds théâtre, croyances, politique ? Pas du tout.  Mais, le théâtre n’est-il pas tout cela ?

Mais bon, je vous l’accorde les rassemblements que j’évoque ne sont pas du théâtre, mais…  un Chaos Tournoyant.

Oui, oui, vous avez bien lu. Et ce Chaos Tournoyant est devenu bien plus tard Théâtre. Je vous rappelle avant de poursuive que le terme THEÂTRE vient du grec theatron qui signifie « lieu où l’on regarde ». Et dans le Chaos Tournoyant, on regarde…mais pas seulement. Suivez le guide, je vous entraîne au cœur de mes croquis.

Imaginez, quelques 800 ans avant JC, une place en terre battue au centre de laquelle se trouve une pierre. Il s’agit d’un autel sur lequel on sacrifie le bouc. Ah mais je sens que vous vous agitez. Vous vous demandez sur quel chemin de traverse je vous conduis.

Patience… savez-vous que bouc vient de « tragos » qui donnera son nom à la « tragédie ».  Ah, vous voyez, je ne vous mène pas en bateau et je suis ma logique. Mais revenons à nos moutons. Oups, au pauvre bouc plutôt. Un pauvre bouc émissaire. Hum hum.  Une fois la pauvre bête offerte au dieu, la fête conviviale commence véritablement. L’autel devient alors le point de rassemblement où  tout le village trouve à manger et surtout à boire. beaucoup… beaucoup trop.

L’ivresse aidant la transe, tous alors se déplacent en cadence autour de l’autel aux agapes, en portant un énorme phallus ou chevauchant des ânes, c’est selon. Je ne commenterai pas ceci, vous laissant faire œuvre de créativité et je sais bien chers auteurs iPaginaires, mais bien réels, que vous n’en manquez pas… Mais je suis ma logique et mon histoire….donc, nos ancêtres dansent et chantent en l’hommage de Dionysos, dieu du vin- on l’aurait deviné à les voir éructer- mais aussi dieu de la végétation (et plus tard dieu de la comédie et de la tragédie).

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Au fur et à mesure de la cérémonie, le cercle des choreutes fond comme neige au soleil, laissant le centre de l’arène aux villageois les plus doués. Les autres toujours en cercle les entourent, s’immobilisent et les regardent réaliser des improvisations qu’ils reprennent en échos ponctuellement. Car, il faut bien participer et entretenir la liesse générale.

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Chaque « artiste »  improvise onomatopées, vocalises, sauts et autres gestes étonnement remarquables et cherche à se démarquer des autres jusqu’à ce que l’un sans doute plus éméché que les autres s’enhardisse, grimpe sur l’autel et évolue seul,  psalmodiant ou chantant et  dansant. Les autres choristes tournent autour de ce chef de chœur  ou coryphée, dans un sens puis dans l’autre – pour éviter le tournis, sans doute, et limiter les effets désastreux de l’ivresse.

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Quand le soliste s’arrête, les autres choristes reprennent ensemble ce qu’on pourrait appeler le refrain. Une forme de dialogue s’instaure alors.

Au fil des ans et même des décennies, le rite évolue. Au VII siècle avant JC, une table est placée près l’autel. Le soliste, plus en hauteur, mieux mis en valeur, mieux vu des « spectateurs » y saute et gesticule tout à son aise. Saviez-vous que le mot saltimbanque vient de ce « saltare in banco » ?  Vous voyez bien que tout se tient…

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L’orgueil satisfait et le plaisir de se distinguer des autres, d’être connu et reconnu et de trouver dans cette expression un épanouissement personnel, motivent les artistes qui développent alors leur créativité. Dès lors, le rite se renouvelle sans cesse et chatouille la curiosité des autres villages. La notoriété de certains s’étend, se répand…

Et c’est ainsi qu’à la fin du VIème siècle avant notre ère, l’on voit l’anneau des spectateurs, se scinder plaçant le coryphée, devenu vedette, face à l’autel et aux spectateurs pour être mieux vu, apprécié et vraisemblablement salué par ses pairs.

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Cette forme ne vous rappelle rien ? Allons un petit effort…

 

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Théâtre romain d’Avenches. Photo Pymouss

 

Je vous l’accorde, la table du Chaos Tournoyant est devenue une plaque herbeuse. Mais tout de même ce théâtre romain d’Aventicum n’est pas sans rappeler le plan grossier présenté précédemment.

Je vous invite à vous détendre un peu sur ce tapis vert et à imaginer les tragédies grecques et romaines… que je développerai dans un prochain numéro. A bientôt !

Le Land Art (3) La nature de l’art ou l’art de la nature

Le deuxième volet du Land Art traitait du gigantisme des œuvres dans la nature. Ces sculptures monumentales et difficilement visibles en raison de leur occupation de lieux déserts ou peu accessibles et de leur détérioration ou disparition, nous parviennent aujourd’hui grâce aux photos, aux films, aux carnets des artistes, réalisés, de leur conception à leur disparition.

D’autres œuvres à échelle humaine s’épanouissent encore dans la nature, certaines ont investi des lieux clos…mais toujours de façon temporaire. Car ne l’oublions pas l’une des caractéristiques du Land Art est bien son exposition changeante au fil du temps. Car les artistes qui se réclament de cette mouvance sont véritablement fascinés par ce temps, le temps de concevoir l’œuvre, le temps qu’elle met à disparaître et la trace qu’elle laisse dans la nature qu’elle a occupée sans la détériorer.

 

Les artistes du Land Art travaillent souvent à partir d’éléments puisés dans la nature. Quelles matières étonnantes ont ainsi été utilisées ?

Attention, ne jugeons pas de l’originalité d’une œuvre aux matières utilisées, aussi étonnantes soient-elles. Car, elles ne vont pas à elles seules faire l’originalité d’une œuvre et la rendre étonnante. Une même matière pourra donner lieu à des œuvres toutes différentes et surprenantes à leur manière. Il en est ainsi aussi pour l’écriture d’ailleurs. Les ipaginauteurs utilisent les mêmes mots et pourtant selon la manière dont ils les assemblent, ils donnent à leurs écrits une singularité, une atmosphère, une personnalité et particularité qui leur sont propres et qui en font des œuvres remarquables.

 

Ainsi l’artiste allemand, Nils Udo dont les œuvres sont une célébration du temps des fêtes et cérémonies liées aux origines, a réalisé avec des baguettes ou des racines des œuvres étonnantes et belles.

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photo de Nils Udo lui-même sous licence creative commons

 

 

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photo de mareo_diaz https://www.flickr.com/photos/14233029@N00/1937788790/in/photolist-eaZXqT-3XanWR-3Xaoee-3XeERN-dCm6Rg-3XeF6y-b1af2D-5nTAwK-iCWeLF/

 

D’ailleurs s’agissant de matières jugées incroyables, Nils Udo a utilisé des matières d’une extrême fragilité. Ainsi, « L’enfant fougère » a été réalisé à partir de pétales de coquelicots mouillés. Malheureusement, il n’est pas possible de mettre ici un cliché de l’œuvre. Mais elle est visible sur internet via ce lien : http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=NilsUdo.

Udo a également assemblé des feuilles de robinier et rameaux de frêne pour faire une balançoire sur eau. http://telemaquetime.free.fr/NUdo.htm

 

 

Andy Glodsmith, un artiste britannique, travaille la glace http://e-cours-arts-plastiques.com/andy-goldsworthy-lharmonie-entre-art-et-nature/.

Il crée aussi à partir de baguettes de bois… comme d’autres, mais il les assemble sur des lieux improbables, comme le montre cette roue qui se reflète dans l’eau.

 

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http://www.luispita.com/maniasmias/2007_09_01_archivo.html

 

 

Trouve-t-on, comme pour les artistes qui ont fait des œuvres gigantesques, des matériaux manufacturés, transformés ?

Oui. Je pense notamment à la statue endormie. L’œuvre présente un corps de femme allongé. La tête est sculptée et son corps, recouvert de lierre, se fond dans le paysage.

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Sleeping Statue. The Lost Gardens of Heligan near Mevagissey, photographié par Lee Jones http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sleeping_Statue_-_geograph.org.uk_-_50412.jpg?uselang=fr

 

Claudio Parmiggiani, réalise des œuvres étonnantes. Il puise son inspiration dans la culture classique et romantique. Ses thèmes de prédilection sont la souffrance, la mélancolie, la méditation.

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La forêt regarde et écoute, de Claudio Parmiggiani. Parc de Pourtalès, Strasbourg. Photo de Vercoquin sous licence creative commons https://www.flickr.com/photos/vercoquin/1952965417/in/photostream/

 

Dan Graham, un américain, invite le spectateur dans l’œuvre afin qu’il s’observe lui-même dans son environnement et s’interroge sur sa place dans le monde. Il dispose de grands miroirs dans les jardins et recrée ainsi l’espace. Le visiteur dont l’image est reflétée, intègre l’œuvre et surtout, il en prend conscience et pose un autre regard sur la nature qui l’entoure.

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Dan Graham,Two-Way Mirror Hedge 2001 photo de Perlblau

 

 

Il est dommage de ne profiter des œuvres disparues que sur des photos. A-t-on connaissance de réalisations en lieux clos ?

 Oui, certains artistes exposent des œuvres dans des musées ou autres lieux d’exposition. Mais n’oublions pas le facteur temps est indissociable du Land Art. Donc ces réalisations en respectent la philosophie et sont par conséquent éphémères et établissent une communication poétique entre l’homme et la nature.

 

Ainsi, Wolfgang Laib travaille des matières extrêmement fragiles comme le riz,  la cire d’abeille, le pollen comme en témoigne cette photo de Victoria Ristenbatt

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Photo de Victoria Ristenbatt, sous licence creative commons

 

Giuseppe Peone expose aussi en lieu clos. Il est convaincu que le paysage est chargé de signes inscrits dans la mémoire des matières végétales, organiques et minérales. Il veut montrer par ses sculptures, une présence humaine et une sensibilité originelle

 

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Photo de Valentina Giannele, sous licence creative commons

 

L’anglais, Richard Long est un marcheur et toute son activité artistique en est empreinte. Il commence par la marche. Puis la découverte d’un matériau naturel et le lieu dans lequel il pense l’utiliser, vont faire éclore l’œuvre qui s’appuie sur un équilibre entre le macro et le micro, le durable et l’éphémère, ainsi que sur les jeux de lumière.

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Temporary exhibition of the work of Richard Long at The Hepworth Wakefield, photo de Poliphilo, licence creative commons

 

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Midsummer Flint Line (2001)Richard Long, photo de Pieter Delicaat licence creative commons

 

Andy Glodsworthy, évoqué précédemment, n’a pas fait que des œuvres de glace ou de brindilles en extérieur. The Leaf Stalk Roomprésentée ci-dessous et qui est caractéristique de ses œuvres par sa fragilité, sa légèreté, sa transparence,  a été photographiée au Yorkshire Sculpture Park par Mcginnly. ( sous licence creative commons)

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Le Land Art montre des œuvres en 3 dimensions, peut-on les qualifier d’œuvres architecturales ?

 Pas vraiment, car contrairement à l’architecture, ces œuvres n’ont pas de fonction propre. Mais l’architecture peut s’en inspirer. Elle cherche d’ailleurs à montrer que la nature n’est pas un simple espace où bâtir. Des constructions s’intègrent à la flore.

On réimplante aussi la nature dans la ville. On trouve notamment des façades sur lesquelles on fait pousser des plantes. C’est une autre façon de redonner sa place à la nature et de vivre en harmonie avec elle.

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mur végétal du Quai Branly photographié par Dalbera. Licence creative commons.

 

Mais là encore, l’homme pense la dominer, la manipuler, la façonner… à tort. Elle finit toujours par repousser là où elle l’entend, quoi qu’il arrive…

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Photo de Frédéric BISSON sous licence creative communs https://www.flickr.com/photos/zigazou76/7351792096/in/photostream/

Illustrer un texte avec des images, c’est chouette ! Oui mais…

Internet, j’adore ! C’est un immense espace de communication et d’échanges. Des amitiés se créent, des formations et informations s’échangent, des artistes se dévoilent… Ça fourmille, ça vit, ça se « blogginise ». Ben oui quoi, blogginise, de blog, blogger… Car à force de naviguer et de voir, de lire, d’écouter de belles choses dans cette immensité, l’internaute se sent pousser des ailes créatives. Et il veut à son tour créer, partager, se montrer, se démarquer pour se faire remarquer.

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http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Intrus.JPG auteur Jebulon

Mais voilà, pour cela, il faut être visible et original. Et quel est le meilleur moyen d’attirer l’œil ? Hum ? Allons, allons, c’est évident, un petit effort … L’image, bien sûr ! Les photos, les tableaux, les jolies couleurs…Il y en a tellement sur le net et la pêche est si facile. Y’a qu’à taper un mot représentatif et hop, la pêche est miraculeuse.

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F Lamiot licence Creative Commons Paternité http://commons.wikimedia.org/wiki/File:PêcheFishinigQuiberon.jpg?uselang

Trop miraculeuse. Ça n’est pas normal. Et ça peut mener au tribunal. Car il y a des droits.

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Et oui, il faut s’y faire, sur internet, on montre. On ne donne pas. Enfin, pas toujours. Alors, vous qui me lisez aujourd’hui, suivez-moi encore un peu, durant quelques lignes et je vous livrerai mes secrets. Sans droits d’auteur. C’est cadeau.

Pour commencer un petit rappel. Tout œuvre iconographique ou autre publiée, si elle peut être vue de tous, ne peut être réutilisée sans autorisation des auteurs. Et des auteurs, il peut y en avoir plusieurs. Dans le cas d’un tableau par exemple, il y a le peintre d’une part et le photographe d’autre part. Si le tableau est vivant, comme une photo de groupe il faudra obtenir l’autorisation de chaque personne figurant sur le cliché. Encore faut-il pouvoir les contacter. Un vrai casse-tête, croyez moi. Que faire, me direz-vous ?

 – Tenter le diable et copier l’image et advienne que pourra ? Surtout pas.

En tant qu’auteur, vous n’apprécieriez pas que vos textes soient copiés et changent de signature. Il en est de même pour le photographe ou le graphiste qui a mis autant d’amour à réaliser son image que vous en mettez à écrire avec vos tripes. Et puis le risque peut être grand. Jugez plutôt. Selon l’article L335-2 du code de la propriété intellectuelle, la peine encourue peut être de 3 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende. Un peu cher, quand on pense que sur certains sites, les photos sont vendues à moins de 1 euro.

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– Baver devant la photo en attendant la réponse des auteurs ? L’horreur. Le créateur est un personnage pressé, pressé de réaliser et de donner à lire et à voir.

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Heureusement, il existe une solution, la pêche en zones libres et gratuites. Pas satisfaisant me dites-vous ? Les images ne vous conviennent pas ? Ts, ts, ts… C’est parce que vous n’avez pas jeté l’ancre où il fallait. Voici ci-dessous 3 moyens parmi les plus sûrs d’obtenir des images à foison sans risquer la corde.

 – Wikimedia Commons. C’est l’endroit que je privilégie. Cette base de données regroupe tous les médias (les vidéos, les photos, les dessins, les musiques, les écrits…) se trouvant dans le domaine public ou sous licence libre. Ce qui veut dire que n’importe quel internaute peut gratuitement, copier, utiliser, modifier les médias qui lui sont nécessaires. Il suffit pour cela de taper dans la fenêtre de recherche le ou les mots qualifiant notre quête. Cependant, lors de l’utilisation, il faudra mentionner le nom de l’auteur, l’année et la source du document, souvent « creative commons ». Entre nous cette reconnaissance vaut un immense merci, c’est bien le moins que nous puissions faire. Voici l’adresse du site : http://commons.wikimedia.org/w/index.php?title=Accueil&uselang=fr.

Pour plus de précisions concernant les codes de la licence de Creative Commons aller là : http://fr.wikipedia.org/wiki/Licence_Creative_Commons

Le défaut de ce site réside dans la recherche qui  peut s’avérer longue.

FlickR est un site de partage généralement gratuit (certaines fonctionnalités sont payantes) de photos et vidéos réalisées par des amateurs, comme des professionnels. Cet espace offre une multitude de clichés. Plus de 3 milliards ont été recensés en 2009. Bien évidemment et comme précédemment, les utilisateurs mentionneront leurs sources. Les photos sont de qualité et souvent google renvoie à ce site.

–       Google image : est une autre solution simple et rapide. Mais attention, le fait de taper le Sésam qui vous apportera le document rêvé, ne vous donne pas le droit de l’utiliser ni de le modifier gratuitement. Pour ce faire, il faudra spécifier au moteur de recherche via la fonction « outils de recherche », puis « Droits d’usage », celui qui correspond à votre choix,  à savoir :

  Images non filtrées par licence … à bannir.

o   Réutilisation et modification autorisées

o   Réutilisation autorisée

o   Réutilisation et modification autorisées sans but commercial

o   Réutilisation autorisée sans but commercial

Vous pouvez aussi affiner votre recherche sur la page à laquelle renvoie ce lien : http://www.google.fr/advanced_image_search

Je vous invite cependant à la prudence. Il m’est arrivé pour le présent article de rechercher une image en principe tombée dans le domaine public. Mais après vérification, j’ai constaté que son utilisation est restreinte car elle apparaît dans des documents officiels…à l’étranger. Ce qui veut dire qu’à chaque fois qu’une image google est choisie, il convient de vérifier les droits à l’utilisation et ce, malgré l’onglet « réutilisation et modification »…Vous savez à présent pourquoi j’ai une nette préférence pour Wikipédia Commons.

 Hormis ces 3 possibilités, un très grand nombre de sites gratuits existent. Leur exigence… souvent, insérer un lien vers leur espace. Mais, attention, parfois certaines photos sont payantes et le choix est moindre.

Voici à titre indicatif des sites d’images…

http://picjumbo.com/

http://www.photo-libre.fr

http://www.everystockphoto.com/

http://www.freeimages.com/home

http://www.freefoto.com/index.jsp

http://www.morguefile.com/archive

…et des adresses qui renvoient à des adresses qui…

 http://www.webandseo.fr/design/banques-images-gratuites/

http://www.smop-it.fr/banques-images-gratuites-libres-sans-inscription/

http://moncherwatson.wordpress.com/2012/04/19/images-libres-droits/

http://www.applicanet.com/2011/04/10-moteurs-de-recherche-dimages-anciens.html

 

Voilà ! Et si vous aussi, vous êtes

Photographe_amateur
(d)

ou

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(e)

 

alors, à votre tour, partagez et faites tourner…

a. http://openclipart.org/detail/184504/goddess-of-justice-by-mardigann-184504
b. johnny_automatichttp://openclipart.org/detail/10077/vacant-prison-cell-by-johnny_automatic-10077
c. insertion image word.
d.Furetgris. http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Photographe_amateur.jpg?uselang=fr
e.weinstock http://pixabay.com/fr/main-enfant-peinture-jouer-coloré-93168/

L’art du gigantisme dans la nature

L’art du gigantisme dans la nature. Le mois dernier, iPaginablog vous invitait à découvrir ou redécouvrir le Land Art, tendance artistique de l’art contemporain, apparue dans les années 1960, qui s’épanouit dans la Nature et avec des éléments de la Nature.

Cette expression, comme toutes les formes d’art a évolué. Aujourd’hui, les artistes réalisent toujours des œuvres tridimentionnelles qui témoignent de la façon dont le temps et les forces de la nature agissent sur les choses. Mais ils intègrent aussi des éléments manufacturés à leurs créations, utilisent des engins et techniques nouvelles pour faire des œuvres éphémères mais qui marquent les esprits durablement. Nous allons voir comment.

Nous avons pu observer dans l’article précédent, des œuvres réalisées et exposées en extérieur, dans des bois notamment. Les artistes ont-ils investi des lieux plus étonnants ?

 Oui. Et forcément. Car le propre d’un artiste est de pousser ses limites le plus loin possible. Les auteurs d’iPagination vont rechercher dans les mots, leur essence, leurs sens, leurs musicalités, pour à la fin des fins déclencher des émotions, éveiller l’imaginaire, engendrer une réflexion. L’adepte du Land Art fait de même avec les espaces et les matières. J’ajouterai que tout artiste quel que soit l’art qu’il pratique explore son monde intérieur et réalise des œuvres qui traduisent ses ressentis du moment aussi influencés par son époque. Ainsi au siècle du gigantisme, il ne faut pas s’étonner de découvrir des œuvres monumentales dans des espaces étendus et inattendus.

Mickaël Heizer, par exemple, s’est spécialisé dans les sculptures à grande échelle. C’est dans les déserts de Californie et du Névada qu’il compose ses premières œuvres.

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https://www.flickr.com/photos/aur2899/4626398306/in/photostream/

Cette photo de Shelley Bernestein sous licence creative commons, montre ce qui reste de « Double Negative », une ses œuvres.Pour les réaliser, l’artiste extrait des blocs de pierre et de terre et développe ainsi le concept du plein et du vide que l’on retrouve  dans cette autre photo plus « lisible » de Robert Trudeau, prise au Menil collection d’Houston.

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https://www.flickr.com/photos/robert_trudeau/8213025976/photo sous licence creative commons œuvre de Mickaël Heizer

 

Danae Breath a réalisé Desert Breath. Cette double spirale dont le centre est un bassin rempli d’eau, se trouve au Sahara, proche de l’Egypte.

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Photo de r Дыхание пустыни http://copypast.ru/2009/02/09/tainstvennaja_spiral_dykhanie_vremeni_v_egipte_6_foto.html

Robert Smithson a également réalisé des sculptures immenses. Spiral Jetty, que l’on voit ci-dessous, symbolise ici les cycles naturels de la nature et la victoire de cette dernière sur l’homme.

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Spiral Jetty (1970) à Rozel Point dans l’état de l’Utah .http://www.luispita.com/2008/08/1.html

Etonnant. Mais un seul homme ne peut pas réaliser de telles créations. Quelle est la part de l’artiste ?

L’artiste ne réalise pas l’œuvre. Ce sont les bulldozers, camions, pelleteuses, grues et donc les ouvriers qui mettent la main à la pâte, si l’on peut s’exprimer ainsi. L’artiste crée, conçoit, trouve le lieu d’exposition, dirige les opérations, explique le sens de son œuvre dans des carnets, prend des photos, filme chaque étape de la création, pour ensuite exposer ses documents…ailleurs,  dans les galeries, les musées. Ces œuvres, soumises aux caprices du temps, sont éloignées de la civilisation et peu de gens peuvent les admirer. Il est donc primordial et même vital pour l’artiste d’en garder une trace.

N’existe-t-il pas des œuvres de grande envergure visibles par un public plus large ?

Il y en a, mais bien que bâties à partir d’éléments qui ne sont pas pris dans la nature, ces œuvres qui ne sortent pas directement des mains de l’artiste sont aussi éphémères ou temporaires. Peut-être avez-vous eu la chance et le plaisir d’admirer le Pont Neuf à Paris, totalement empaqueté. Christo Vladimiroff Javacheff et Jeanne-Claude Denat de Guillebon, plus connus par leurs deux prénoms associés, Christo et Jeanne-Claude, l’ont habillé d’un immense voile.

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Pont Neuf en 1985http://fr.wikipedia.org/wiki/Christo_et_Jeanne-Claude

Les toiles sur des barrages, monuments et autres lieux sont une des caractéristiques de Christo et Jeanne-Claude. Ils cherchent ainsi à cacher et à souligner certaines formes des paysages. Ces voilures sont temporaires et là aussi, les photographies, les films, les reportages et feuillets explicatifs permettent de les perpétuer et de s’y référer.

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Valley Curtain en 1972 (USA) http://fr.wikipedia.org/wiki/Christo_et_Jeanne-Claude

Quelle est selon vous, l’œuvre la plus extraordinaire ?

Le Lighting Field. Lighting Field ou Champ d’éclair est une œuvre de Walter de Maria réalisée en 1977. Elle est originale et représentative du Land Art d’aujourd’hui. Elle est dépendante de l’espace qu’elle occupe et du temps, le temps chronologique mais aussi météorologique et chacune des vues est unique. L’ « armature » de l’œuvre se trouve à Quemado au Nouveau Mexique, sur une plaine désertique et inhabitée, connue pour la violence de ses orages. Walter de Maria a constitué un rectangle d’un kilomètre sur un mile, soit 1,6 Km, qu’il a rempli de 400 poteaux en acier et disposés selon une grille de 16 rangées en largeur et 25 en longueur. Lorsque la foudre vient à frapper les poteaux, le champ se trouve alors éclairé d’une lumière mystique naturelle, donnant vie aux 400 poteaux.

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Lightning Field, photo de Shelley Berstein, sous licence creative commons https://www.flickr.com/photos/aur2899/1050648079/

 

Les visites du site sont programmées longtemps à l’avance. Le spectateur dort sur place et attend l’orage. Le spectacle est chaque fois différent car il dépend du moment de la journée ou de la nuit, du mois et de la saison.

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http://www.laboiteverte.fr/wp-content/uploads/2013/11/walter-maria-desert-foudre-02.jpg

 

Le lightning Field est donc une composition changeante, toujours éphémère et unique car la lumière n’est jamais la même, les éclairs sont toujours différents et de ce fait, le spectacle et les photos prises également.

Les personnes qui souhaitent se rendre sur place, doivent contacter la Dia Art Foundation (535 W 22nd St, New York, NY 10011, États-Un) …et se montrer patients. Walter de Maria est décédé le 25 juillet 2013 et la demande est importante.

Nous refermons ce deuxième volet du Land Art sur ce champ d’éclair. Un prochain article, présentera des œuvres à échelle humaine et réalisées dans des matières étonnantes. 

Gabo s’est éteint, mais Gabriel Garcia Marquez demeure.

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« Ce qui importe, ce n’est pas la vie qu’on a vécue, mais celle dont on se souvient, et de comment on s’en souvient pour la raconter. » Ainsi parlait Gabriel Garcia Marquez dit Gabo. Ces quelques mots illustrent bien son écriture et sa façon de semer, dans ses écrits, des fragments de son histoire personnelle… qu’il se plaisait à exagérer selon son biographe Gérald Martin.

Un mois après sa disparition survenue le 17 avril dernier, la tristesse est toujours aussi vive. Sa mort avait été annoncée il y a une quinzaine d’années alors qu’il souffrait d’un cancer lymphatique. Il avait combattu et vaincu la maladie, on le croyait immortel…

« Les gens que l’on aime devraient mourir avec toutes leurs affaires », écrivait-il dans « L’amour au temps du choléra ». Il n’en est rien… fort heureusement, il nous laisse une œuvre remarquable à l’écriture poétique, mélancolique, pétillante et vibrante d’humanité qui a comblé d’aise la terre entière et lui a valu le prix Nobel de Littérature.

Emilio Lezama, journaliste et écrivain, confie que sa mort a quelque chose de dévastateur pour les latinos américains que son œuvre seule, ne peut expliquer. En effet, Gabriel Garcia Marquez était plus qu’un chroniqueur et écrivain. Il était l’homme qui a su témoigner du quotidien des sud-américains avec réalisme et magie et donner ainsi une généalogie aux latinos. Il a su narrer à la perfection la vie de ses compatriotes et tous se retrouvent avec beaucoup d’émotion dans les situations et les personnages qui peuplent ses romans, contes et nouvelles. Une sud-américaine aurait dit à Emilio Lezama à propos de Cent ans de solitude : « Nous avons grandi dans un village comme celui de Macondo, mais il aurait pu être ce village. Nous avons vécu cent années de solitude ! »

Gabo racontait… il n’inventait pas ou si peu… C’est donc dans son histoire personnelle qu’il faut chercher la source de son génie.

Gabriel José de la Concordia Garcia Marquez est né le 6 mars 1927 à Aracataca en Colombie, d’un père télégraphiste, désinvolte, schizophrène, souffrant de crises d’angoisse et d’une mère issue de la petite bourgeoisie. Ses parents lui serviront de modèle dans L’Amour au temps du choléra. Petit, son éducation est confiée à ses grands parents maternels. Son grand-père et confident le nourrit des aventures héroïques qu’il a vécues lors de la guerre des mille jours et sa grand-mère lui conte des histoires effrayantes de revenants qui le hanteront toute sa vie puisque, plus tard, il possèdera une dizaine de maisons…toutes, petites, pour éviter les fantômes. Nourri d’héroïsme et de fantasmagorie, on ne s’étonnera pas de retrouver dans ses romans, l’ambiance et les lieux qui l’ont vu grandir et qu’il quittera à la mort du patriarche.

Il fait alors des études de droit à Bogota et s’immerge dans la lecture des classiques latins et hispaniques qui le fascinent au point de négliger ses études. Il s’essaie à l’écriture et publie une première nouvelle qui est un conte, La Troisième Résignation. Mais l’université ferme à la suite de l’assassinat d’un leader politique. Gabriel rejoint donc sa nombreuse famille – il a dix frères et sœurs – à Cartagena et devient journaliste à El Espectador. Il retranscrit des interviews, écrit des textes d’opinion, des chroniques tout en poursuivant sa découverte des auteurs comme Faulkner, Hemingway, Woolf, Kafka pour ne citer qu’eux. Il ne voyage pas que par littérature interposée. Son journal l’envoie en tant que correspondant à l’étranger. On le retrouve en Suisse, en Italie, en Espagne et en France. Il parcourt la terre à une époque où voyager n’est pas aisé et très onéreux, surtout pour un journaliste sans le sou comme il l’était. Mais le journal qui l’emploie, disparaît. Il se retrouve démuni au sein du quartier latin.

Puis vient le temps de son engagement politique : voyages en Allemagne de l’Est, en Union soviétique, en Hongrie, financement de groupuscules armés au Venezuela, relations avec les grands de ce monde, François Mitterrand, le roi d’Espagne, Clinton…Et Fidel Castro. Une longue amitié le lie au leader cubain qu’aucune critique n’entachera. Sympathisant des mouvements révolutionnaires, il finance la campagne électorale du M.A.S (mouvement vers le socialisme) au Venezuela, il crée la fondation Habeas pour la défense des droits de l’homme et des prisonniers politiques.

Bien qu’ayant été espionné par les services secrets mexicains et américains, il s’établit au Mexique où il écrit des scénarii et les nouvelles de Les funérailles de la Grande Mémé. La publication de Cent ans de solitude lui apporte la célébrité. La suite est à l’image de l’homme…qui doute « Je n’ai jamais relu aucun de mes livres par crainte de me repentir de les avoir écrits », mais qui poursuit sa vie avec passion et une humanité que traduisent ses écrits et ses engagements politiques.

Exposer plus avant l’homme n’est pas pertinent. On en dirait toujours trop ou pas assez. Parcourir son œuvre est encore le plus sûr chemin de mieux connaître et comprendre l’auteur aux multiples facettes.

Cependant, il est difficile de conclure sans faire référence à la lettre qu’il a écrite à ses amis. Il y parle beaucoup de Dieu et invite ses lecteurs à aimer, aimer la vie, aimer les siens et le leur dire. Ces mots laissent apparaître un Gabriel Garcia Marquez qui semble avoir quitté le monde des luttes et des combats pour se tourner vers un autre monde intérieur et spirituel, un monde d’amour et de pardon proche de l’Hooponopono  dont il reprend une sorte de mantra : «  Maintiens ceux que tu aimes auprès de toi, dis leur à l’oreille combien tu as besoin d’eux, aime-les et traite-les bien, prends le temps de leur dire « je suis désolé », « pardonne-moi », « s’il vous plaît », « merci » et tous les mots d’amour que tu connais.

(…) Prouve à tes amis et êtres chers combien ils comptent et sont importants pour toi. Il y a tellement de choses que j’ai pu apprendre de vous autres… Mais en fait, elles ne serviront pas à grand chose, car lorsque l’on devra me ranger dans cette petite valise, malheureusement, je serai mort. » (…)

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Et bien non Gabo, tu n’es pas mort et toutes ces choses que tu as apprises, tu nous les as transmises, à nous d’en prendre soin et de les partager… Alors merci à toi pour le superbe héritage que tu nous as laissé.

Pour aller plus loin, dans l’univers de Gabriel Garcia Marquez…

…voici quelques titres de ses ouvrages

Des contes, nouvelles et récits
 :

  • Récit d’un naufragé
  • Les funérailles de la grande Mémé
  • L’incroyable et triste histoire de la candide Erendida et de sa grand-mère diabolique
  • La Mala Hora
  • Pas de lettres pour le colonel
  • Des yeux de chien bleu
  • Douze contes vagabonds
  • Journal d’un enlèvement
  • Six contes vagabonds

 Des romans
 :

  • Cent ans de solitude
  • L’automne du patriarche
  • Chronique d’une mort annoncée
  • Une odeur de goyave
  • Des feuilles dans la bourrasque
  • L’amour au temps du choléra
  • L’aventure de Miguel Littin
  • Le général dans son labyrinthe
  • De l’amour et autres démons
  • Vivre pour le raconter

… et une invitation  à lire ou relire  les pages de notre ami et auteur iPaginatif Don Gilberto, qui le premier, a rendu hommage à Gabo.

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/entre-mxico-y-colombia-par-don-gilberto#.U1aMw8bWEQc

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/afficher/de-cheo-a-gabo-par-don-gilberto#.U1aOIcbWEQc

 

Photos : portrait de Jose Lara http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gabriel_Garcia_Marquez.jpg/ signature,http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Gabriel_Garcia_Marquez_signature.svg

Le Land Art : l’Art est dans la Nature (1)

Avez-vous déjà observé des enfants assembler des cailloux, des bouts de bois, dessiner sur le sable ? Ils éprouvent alors une joie intense, celle de l’artiste qui laisse sa créativité s’exprimer…et tant pis si les vagues ou la course du chien viennent effacer l’œuvre. Certes ils seront un peu dépités, mais ils recommenceront à assembler, tracer, écrire des histoires autrement… pour éprouver à nouveau ce plaisir de créer avec ce qu’ils ont sous la main. Ces artistes en herbe ne savent pas alors qu’ils « font » du Land Art.

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(Andrew van der Merwe http://www.syti.net/LandArt.html)

Bon, on sait que  les artistes sont des éternels enfants… mais plus précisément, qu’est-ce que le Land Art ?

Le  Land Art, aussi appelé Earth Works, est une expression artistique apparue dans les années 1960 aux Etats Unis. Il s’exprime à partir d’éléments trouvés dans la nature au sein de laquelle il s’expose… enfin s’exposait car comme toute forme d’expression les créations ont évolué et les lieux d’exposition se sont diversifiés. Nous verrons cela dans un autre article.

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(Photo de Paolo Redwings -https://www.flickr.com)

Le land Art, qui réunit des artistes aux visions parfois opposées, n’est pas, de ce fait, un mouvement artistique au sens traditionnel. Cependant, on reconnaît en chacun d’eux, ce même désir de retrouver une forme d’inspiration atavique qu’enrichissent les réflexions liées à l’évolution de la nature dans nos sociétés industrialisées.

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(auteur inconnu, photo de Linda Hartley-https://www.flickr.com)

Comment l’idée de créer des sculptures, des peintures, avec des éléments de la nature est-elle venue ?

 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une nouvelle génération d’artistes s’est opposée – en réaction notamment au totalitarisme – à toute forme d’idéologie. Les « Beaux Arts » comme les autres formes d’expression ont manifesté ainsi leur volonté de se libérer d’une forme d’art traditionnelle et ont rejeté toute méthode basée sur le style, la forme et la technique. Les nouveaux créateurs faisaient alors l’éloge de la pureté artistique, de la libération de l’inconscient et de l’improvisation. Ils voulaient que le processus de réalisation demeure visible. C’est de cette mouvance artistique qu’est né le Land Art, mêlant concept et objet, nature et musée, éphémère et mémoire.

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(Photo de Raphaël Thiémard- https://www.flickr.com)

Le rôle du musée a aussi évolué  avec cette nouvelle conception de l’art et les œuvres ont investi d’autant plus facilement les lieux naturels, que les musées traditionnels rejetaient les nouveaux artistes. La nature est devenue alors œuvre et centre d’exposition. L’artiste y trouvait et y trouve encore son support, mais aussi sa matière première. Les pinceaux, la peinture sont remplacés par des cailloux, des bouts de bois, des amas de terre.

Malheureusement les réalisations de par leur caractère naturel sont soumises à la biodégradabilité et comme les constructions des enfants ou les châteaux de sable, elles finissent par disparaître.

Pff, alors, à quoi ça sert de créer ce qui est amené à disparaître ?

Ces œuvres exposées dans la nature disparaissent et ne peuvent être admirées par le plus grand nombre. C’est vrai… dans la nature. Mais il ne faut pas oublier que nous vivons à l’ère de l’image et de l’électronique. La photo et la vidéo sont nécessaires et indispensables aux artistes, adeptes du Land Art. Elles leur permettent de montrer, témoigner, perpétuer et …financer les projets.

Et c’est ainsi que l’œuvre retourne au musée que les artistes avaient fui.

Quel intérêt le spectateur peut-il trouver à voir des photos plutôt que l’œuvre ?

L’intérêt est dans la propre création du spectateur.

Il se dit, dans ce milieu artistique, que le spectateur prend une part active à l’interprétation de l’œuvre. Il est en effet amené à faire preuve d’imagination pour reconstituer et imaginer l’œuvre dans l’espace naturel… Mais n’en est-il pas de même en littérature ? Les écrivains peignent avec des mots, mais ce sont bien les lecteurs qui interprètent et font à leur tour oeuvre de création, une création confidentielle et intime, mais bien réelle.

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Nils Udo « Habitat » http://nl.wikipedia.org/wiki/Nils-Udo

Et tout est dit ?

Loin s’en faut. Un prochain article vous présentera les différentes facettes du Land Art : les œuvres éphémères et naturelles et les œuvres mêlant des éléments manufacturés à la nature.

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En raison de droits à l’image, il n’est pas possible de montrer des œuvres remarquables. Mais le lecteur qui souhaite découvrir plus avant cet art peut suivre les liens ci-dessous. 

 

Visite du député Pouria Amirshahi sur le Tchat d’iPagination

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Le mercredi 19 mars 2014 est et restera une journée mémorable dans l’histoire du site iPagination.com.

A l’occasion de la semaine de la francophonie et suite à la remise officielle du rapport rendu à l’Assemblée nationale « Pour une ambition francophone », Monsieur le député des Français à l’étranger pour la zone Maghreb /Afrique de l’Ouest, Pouria Armishahi, nous a fait l’honneur de venir sur le Tchat du site iPagination.com afin de répondre en direct à nos questions. Le présent document a pour but de donner un aperçu des propos, questions, idées et opinions partagés durant les 45 minutes de l’interview, un temps fort court, mais qui a permis des échanges passionnés.

Monsieur Amirshahi a rejoint la trentaine de personnes déjà connectées, un peu avant 20 h GMT (21 h à Paris). L’ambiance, au moment de son arrivée, était chaleureuse, les uns accueillant les autres, certains se connaissant, d’autres se découvrant. Cette simplicité et cette spontanéité teintées d’humour ont permis à Monsieur le député de s’engager naturellement dans la conversation, avec simplicité et bienveillance.

 

Pouria (portrait)

Il est bon de rappeler que la communication par Tchat est écrite. Le temps de taper les questions et réponses dépend donc de la réactivité des uns et des autres. Monsieur Amirshahi s’est montré, du début à la fin, affable, attentif, patient et ce malgré l’arrivée, parfois, de plusieurs questions successives faisant apparaître des décalages cocasses. Comment résister au plaisir d’échanger avec vous un court extrait particulièrement amusant ? Impossible. Alors avant de vous rapporter les idées de fond, voici :

Pouria Amirshaihi : Alors, quel est le menu ?

Un auteur : le menu… vous n’avez pas dîné ?

Le maître des lieux : Bonsoir Monsieur le Député, soyez le bienvenu.

Un auteur : Salut, ça signifie quoi le idle à côté de mon pseudo ?

 

Mais qu’on se rassure, une fois l’interview réellement lancée, Monsieur Amirshahi ne s’est pas offusqué de l’apparition d’une certaine familiarité et s’est plié à l’exercice avec ouverture et pertinence.

 

Ont été abordées les questions liées à la place de la francophonie dans le monde, le monde économique, l’éducation et la culture.

Monsieur Amirshahi a affirmé sa volonté d’envisager la francophonie sous un angle neuf.

« La mondialisation qui réorganise des identités, des aires géoculturelles, se structure autour de langues centrales. Le français peut en être durablement… ou non. Cela dépend de nous, francophones du monde. » Aujourd’hui, « Hispanophones, arabophones, lusophones, etc. s’organisent et leurs intérêts avec. Nous (le) pouvons aussi. »

S’agissant de notre passé colonialiste, des auteurs se sont interrogés sur la réticence d’anciennes colonies à participer aux assises francophones. A cela, Monsieur Amirshahi a déclaré que la francophonie est « une promesse de rencontre entre les cultures d’Amérique et d’Europe, des Latins et Maghrébins, des Arabes et des Noirs, etc. C’est ce qui fait sa modernité ». Bien que cela n’ait pas été dit lors de la soirée, votre interlocutrice se permet de rajouter que l’OIF a été créée en partie par Léopold Sédar Senghor qu’on ne peut pas accuser de colonialisme…

Quant à l’apport de la francophonie dans le monde économique et culturel, notre invité soutient que l’on peut envisager une corrélation entre les deux mondes par la formation, le partage des savoirs, des brevets, des inventions, des diplômes… qui sont liés aux domaines tant économiques que culturels. Il est intéressant de savoir, pour renforcer cela, que l’usage du français dans les pays francophones a même amené des entrepreneurs chinois à employer le français afin de pouvoir négocier des contrats en Afrique.

Il faut cependant, pour promouvoir la langue française, tenir compte de la culture, des auteurs, du patrimoine et donc des richesses spécifiques de chaque zone de la francophonie. Or cette dimension est souvent négligée et on ne peut qu’en déplorer l’absence dans les manuels scolaires notamment. Il est donc primordial de favoriser la circulation et les échanges culturels afin que le sentiment d’appartenance soit réel et partagé. La francophonie est née de la volonté de créer une zone solidaire favorisant l’entraide et la coopération entre les peuples partageant la même langue et ce, indépendamment de toute volonté expansionniste et agressive, économiquement parlant.

Défendre la francophonie n’est pas imposer la langue française. En défendant la francophonie, on prône le plurilinguisme. Bien évidemment cela demande des moyens, des budgets importants, « des écoles francophones avec des codiplomations, des littératures francophones avec des coéditions, des coopérations scientifiques renforcées, un visa francophone, etc. ».

En matière d’édition, sujet important et sensible pour les auteurs du site, une coédition serait l’assurance d’ouvrir le champ des lecteurs. Mais il faut convaincre. Et Monsieur Amirshahi se bat pour cela. Venir à notre rencontre est une façon de partager et défendre ses convictions et la francophonie. C’est aussi nous donner des clés pour l’accompagner. En ce sens, iPagination.com est un moyen formidable qu’il faudrait développer.

Pour finir, Monsieur le député nous a invités à lire le document http://www.pouriaamirshahi.fr/2014/01/24/francophones-de-tous-les-pays-unissez-vous/

Il pense mettre en place un comité de suivi du rapport afin d’éviter de donner à ce dernier un « avenir de… tiroir… ».

Monsieur Amirshahi a conclu par quelques mots qui nous sont allés droit au cœur et nous l’en remercions : « Pour résumer, je plaide pour une francophonie active dans la mondialisation et assumée en France. Ipag aide beaucoup en ce sens. Continuez ! »

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