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Ipagina’Son se fait l’écho d’une ode à la féminité…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Un retour tout en douceur sur les traces d’un amour déchu… Qu’importe les raisons du départ, l’heure est au souvenir des moments de félicité.

La femme est décrite comme une île où il fit bon s’étendre, respirer, s’enivrer sur ses rivages, tel un naufragé. Puis la mer a effacé les traces dans le sable. Mais point d’animosité, la vie est souvent faite d’écritures successives…

Cette magnifique ode à la féminité et à la vie a été sélectionnée par Patryck Froissart.

J’en profite pour souhaiter la bienvenue à  Christian Vincent qui vient d’intégrer, pour notre plus grande joie, le groupe Ipagina’Son, et lit pour vous  » Naufragé « 

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Naufragé 

-Med@zerou-

Je suis parti loin sans un mot,

Sans remords après tant de maux.

A aucun moment je ne me suis retourné,

Ma volonté était sagement raisonnée.

Maintenant je reviens sur ce conte de fées,

De mon naufrage sur ton rivage parfumé.

A moitié nue, quelle belle rencontre !

Avec cette poitrine et ce bas ventre,

Ces deux petits sommets volcaniques

Qui s’enivraient au toucher magique.

J’étais là, me baignant sur ta plage,

Ivre de ta beauté, je restais sage.

Allongé sur le sable doré,

Songeant à tes îles colorées,

Décrites dans tous les livres d’or,

Au large des côtes de ton corps.

Je faisais le tour de ton royaume

Cherchant de nouveaux arômes.

Oh ! L’amour est beau et la vie est belle,

Quant ton corps se révoltait sacrée rebelle.

Au bout du voyage je reviens sur tes traces,

Mais sur le sable, par les vagues tout s’efface.

 

Ipagina’Son valse avec les éléments…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

 Variations sur le temps…

Ce temps qui nous emporte inexorablement vers notre destin. Qui sommes-nous sinon fétus bringuebalés par les éléments ?

Le temps, la mer, le ciel, le temps, l’inéluctable des cinq premiers quatrains débouche vers l’interrogation des deux derniers :

« Y-a-t-il une porte, ?  Y-a-t-il un espoir ?  Il faut que je sorte… »

Après la mélancolie, la porte s’ouvre sur l’espérance…

Ce poème très rythmé a été sélectionné par Patryck Froissart. Il est lu pour vous par Naïade.

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LA VALSE DES ELEMENTS

– Christian Vincent – 

Le vent m’emporte
Le vent me tue
Cette mer trop forte
Je n’en peux plus

Vague après vague
Mes murs tremblent
Le ciel divague
Se désassemble

Le temps est assassin
Il dessine les ombres
D’un funeste destin
Sur son lit de décombres

La valse des éléments
Emporte le silence
M’affligeant de tournents
Sans aucune clémence

Je chute et je roule
Une course hasardeuse
Qui bouscule et chamboule
Cette nuit ténébreuse

Y a-t-il une porte?
Y-a-t-il un espoir ?
Il faut que je sorte
De cette nuit trop noire

Un matin viendra
Où tombera la fièvre
Le jour me surprendra
Un sourire sur tes lèvres

 

Ipagina’Son brise le silence de la mer…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

 

Une femme assiste, témoin impuissant, à une scène sur la plage qui lui rappelle ses propres souvenirs douloureux. L’enfance réapparait à travers les yeux d’adulte de Ladynight et le passé ne cesse de ressurgir  au gré des vagues,  malgré la mer qui a gardé le secret de la violence du traumatisme.

La petite fille d’aujourd’hui s’échappe et sourit à la vie…une note d’espoir …la cicatrisation ?

Firenz’ lit ce récit très émouvant et plein de pudeur, sélectionné par Bluewriter.

 

Le silence de la mer

 – Ladynight –

 

La même plage, vingt ans après. Retour aux sources, là où tout commence, l’enfance… Je revois tout comme si c’était hier. Nos jeux dans le sable, nos courses-poursuites avec de l’eau à mi-mollets, l’étourdissement qui nous gagnait après plusieurs roulades dans les dunes et puis surtout le bruit du ressac qui couvrait tous nos cris, surtout les plus étouffés… Je ne veux pas repenser à tout cela, revivre ces instants douloureux qui me firent brusquement basculer dans l’âge adulte, celui des secrets jamais révélés et dont la seule évocation me donnait la nausée… Pourtant ici rien n’a changé, comme si la nature se jouait des drames se déroulant sous ses yeux. Je m’arrête un instant et m’allonge sur le sable. Le soleil m’éblouit m’obligeant à fermer les yeux; Je me laisse bercer par la ronde des vagues qui mangent la plage doucement, grignotant mètre par mètre l’étendue livrée aux promeneurs…

« Louise, tu es là ? Tout le monde te cherche tu sais ! » Il a plaqué sa main sur ma bouche, pour être sûr que je ne me manifesterai pas. Il sait pourtant que je ne bougerai pas, que je ne crierai pas. Enfant docile et soumise, petite fille apeurée mais tellement éprise. Je sens son souffle sur ma peau, son haleine quand il m’embrasse, ses mains qui me caressent en me faisant frémir de plaisir et de honte…

Je me réveille en sursaut et vais me mouiller la nuque pour chasser ce rêve. J’aurais du pourtant me douter qu’en revenant ici, tout ressurgirait de plein fouet, que la violence de mes souvenirs viendraient à nouveau me hanter. La blessure est encore à vif… Je fais quelques pas au bord de l’eau et des rires d’enfants me parviennent depuis les dunes. Une petite fille d’une dizaine d’années court en faisant un nuage de sable. Elle est poursuivie par un jeune adolescent. Il lui dit de l’attendre, la supplie de ralentir un peu. Elle l’écoute un moment, se baisse pour ramasser un coquillage… Et soudain, il est là, tout près et la serre contre lui. Elle se laisse faire car elle se sent en confiance. Elle ne dit rien non plus quand il la fait tomber dans le sable et pose son corps d’homme sur elle.

Je regarde cette scène et reste hypnotisée. Cette enfant, est-ce moi ? Suis-je en train d’observer ce que j’ai vécu, il y a vingt ans maintenant ? Je me sens incapable de faire le moindre geste, de signaler ma présence derrière cette dune… J’assiste impuissante au viol d’une enfant.

Mais des cris viennent briser le silence de la mer. C’est l’enfant qui refuse d’être meurtrie comme je l’ai été à son âge et se défait de son agresseur. Elle court à perdre haleine vers la plage et se jette à l’eau rejoignant ses camarades qui ne s’étaient même pas rendus compte de son absence.

J’ai du dormir deux bonnes heures. Le soleil a tourné, laissant ses derniers rayons inonder l’horizon. J’aperçois des enfants qui rient en s’éclaboussant au bord de l’eau. Une petite fille blonde me sourit quand j’arrive à leur hauteur. Sa maman l’appelle depuis les dunes :

« Louise, nous te cherchions, tu exagères quand même ! Dépêche-toi de te sécher et rejoins-nous à la voiture ! »

Elle obéit, comme une enfant aimante. Son regard est très clair, presque transparent. Aucune ombre ne vient l’assombrir. Je lui fais un signe de la main et la regarde s’éloigner, enfant insouciante, épargnée par la vie…

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