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Ipagina’Son valse avec les éléments…

affiche de Bluewriter
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 Variations sur le temps…

Ce temps qui nous emporte inexorablement vers notre destin. Qui sommes-nous sinon fétus bringuebalés par les éléments ?

Le temps, la mer, le ciel, le temps, l’inéluctable des cinq premiers quatrains débouche vers l’interrogation des deux derniers :

« Y-a-t-il une porte, ?  Y-a-t-il un espoir ?  Il faut que je sorte… »

Après la mélancolie, la porte s’ouvre sur l’espérance…

Ce poème très rythmé a été sélectionné par Patryck Froissart. Il est lu pour vous par Naïade.

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LA VALSE DES ELEMENTS

– Christian Vincent – 

Le vent m’emporte
Le vent me tue
Cette mer trop forte
Je n’en peux plus

Vague après vague
Mes murs tremblent
Le ciel divague
Se désassemble

Le temps est assassin
Il dessine les ombres
D’un funeste destin
Sur son lit de décombres

La valse des éléments
Emporte le silence
M’affligeant de tournents
Sans aucune clémence

Je chute et je roule
Une course hasardeuse
Qui bouscule et chamboule
Cette nuit ténébreuse

Y a-t-il une porte?
Y-a-t-il un espoir ?
Il faut que je sorte
De cette nuit trop noire

Un matin viendra
Où tombera la fièvre
Le jour me surprendra
Un sourire sur tes lèvres

 

Coup de coeur musical : Daphné

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Auteur-compositeur-interprète française, Daphné est une pure autodidacte qui n’a jamais pris un seul cours de solfège, ni joué d’un seul instrument.

Elle est vite remarquée par Benjamin Biolay qui l’introduit dans une filiale d’Universal. Renan Luce, Bénabar, Maxime Le Forestier suivent et la convient à les rejoindre pour des hommages consacrés à Boris Vian   » S’il pleuvait des larmes « , à Mouloudji   » Six feuilles mortes de San Francisco « , à Barbara en l’honneur de qui elle a enregistré un album  et qui lui vaut d’être nominée aux Globes de Cristal comme meilleure interprète de l’année.

Daphné ne se contente pas d’être une chanteuse de talent. En 2009, on la retrouve en lectrice de poésies lors d’un concert littéraire au cours duquel elle met en valeur Pablo Néruda, Jacques Prévert ou encore Aimé Césaire.

Sa discographie est riche à découvrir : 5 albums entre 2005 et 2014 …

2005 : « L’Émeraude »

2007: «  Carmin »

2011  : « Bleu Venise (distingué par le prix international Charles Gros) »

2012 : « Treize chansons de Barbara »

2014  : « La fauve » paru en mars.

Je souffle sur vos cœurs un extrait de cet album :

Une voix caresse les mots  et les maux s’éloignent, emportés par le  sirocco…

ROCAMBOLESQUE MOROCCO

Des néons limousines comme des poissions pilotes

Me guident sous la pluie à la lune baroque

J’aime cette maudite pluie , son bruit doux d’antilope

Le goût de l’infini un vrai poison antidote

Je suis barrée pour la vie dans cette étrange époque

 

Rocambolesque Morocco

Sous le parfum céleste de Jean Harlow

Tu fais tourner ma tête dans le désert

Du fin fond du Caire pendant des heures

 

Avec toi de l’Everest on voit jusqu’à Bornéo

Sans que rien ne dénote, not, not even a shadow 

Rocambolesque Morocco

Jamais ne me laisse mon griot 

J’ai mon adresse dans ta peau

Sans toi no tomorrow, no tomorrow

 

Des néons sous la pluie comme des poissons pilotes

Un western spaghetti sur fond bleu d’équinoxe

Je t’aime à ma folie en kaléïdoscope

Et quand vient la nuit, vient la nuit

Redis moi ces mots magiques

 

Rocambolesque Morocco

Tu me souffles à la tête un vent nouveau

Et j’ai mon adresse dans ta peau

Sans toi no tomorrow, no tomorrow

 

Je prends l’Orient Express sur les quais à Kay Largo

Et comme un fait exprès on entend le sirocco

http://www.youtube.com/watch?v=EmrRoemyNkQ

 

 

iPAGINA’SON vous emporte sur les ailes du désir….

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

iPagina’Son et son équipe se dévoilent ici

 

Une merveilleuse promenade dictée par le Désir….Une intense communion avec la Nature…Une passion joyeuse et aveugle, « car il faut si peu pour tout basculer dans la tristesse « .

Renaissance nous offre ici une réflexion philosophique sur les arcanes du bonheur où Désir fou et Audace s’épousent pour le meilleur.

Nous vous proposons du Plaisir, sélectionné par Véronique Brésil et mis en voix par Naïade.

 

 » IL Y A D’ABORD LE DESIR « 

– Renaissance-

 

« Il n’y a pas d’idée derrière le désir, il y a d’abord le désir. »

J’en étais là de mes réflexions et je ruminais cette assertion depuis quelques heures. Je goûtais l’essence de ma joie de toutes mes papilles et je prolongeais ce plaisir aussi longtemps qu’il m’était possible. Il m’en avait fallu du temps, de l’énergie et de la sueur de méninges pour ce paroxysme. Mais reprenons depuis le début.

Le marais breton-vendéen était totalement inondé cet hiver là. Blanc, le marais était blanc comme se plaisaient à dire les plus vieux maraichins qui en avaient vu bien d’autres. Avant ! De leur temps…Cela catastrophait les jeunes générations très angoissées de voir les routes et chemins coupés, la disparition de la géographie si balisée, bornée de nos jours. En effet, il n’y avait plus de prés, de champs, de frontières perceptibles, plus de repères rassurants. La mer semblait avoir reconquis son ancien territoire et régnait de nouveau. Moult promeneurs et photographes en herbe tentaient maladroitement de s’aventurer dans ce milieu hostile aux étrangers et potentiellement dangereux pour qui n’assurait pas ses pas.

J’étais de ceux là ! Poussé par la seule envie de faire ce fameux cliché photographique unique, essentiel et rare, je démarrais donc une balade que j’espérais payante à très court terme. Mais afin, de rendre ces inévitables œuvres encore plus émouvantes, j’optais pour le fameux « coucher de soleil sur le marais blanc ». La seule évocation de ce titre me faisait frémir de plaisir. Garant ma voiture le plus loin possible sans risquer de tomber dans un étier, j’inaugurais l’aventure par un sentier en surplomb dominant ainsi l’immensité des lieux. Très vite, j’avais pu profiter de la chute progressive du soleil, entre les rares arbres, vers cet océan magnifique mêlant l’avant et l’après, l’immense et l’infiniment petit, la musique des flots et le silence mystérieux. Mon appareil numérique se gavait de cette aubaine et présentait tous les symptômes d’une insatiabilité gargantuesque. Alors, je lui obéissais aveuglement et marchais, marchais encore. Je courais même par moment, alternant mes appuis sur tantôt des monticules et des buttes hors de l’eau, tantôt sur des bouts de ce sentier disparu. Sous les eaux !

Arrivé dans un espace moins submergé, mon chemin se dessinait plus nettement pendant que la lumière solaire s’affaiblissait indubitablement. Loin d’être saturé du bruit si caractéristique du déclic de l’obturateur et toujours en attente du moment où les couleurs allaient passer de l’ocre brumeux à l’orange-chrome si cher à William Turner, je m’enfonçais définitivement dans l’inconnu. Là enfin tout était réuni pour saisir des instantanés inoubliables, pour voler au mystère un peu d’inespéré, pour assister, seul, au crépuscule des lieux. Cependant, un premier plan me semblait soudain nécessaire et un vieux mur au loin, me séduisait de toutes ses vieilles pierres. Hâtant le pas pour l’atteindre au plus vite, je pataugeais sérieusement dans la boue et ses circonvolutions. Toutes les positions étaient nécessaires pour mes prises artistiques et ma jouissance était proche de l’acmé. J’assistais ainsi en direct à la mort du soleil dans le marais. Et probablement à …celui de mon retour !

Le Canon s’était tu. Mon cerveau surexcité prenait lentement conscience de la situation qui pouvait d’ailleurs se résumer très simplement : il faisait quasiment nuit noire dans le marais blanc ! Je n’avais aucune possibilité maintenant de rebrousser chemin sans risquer de me noyer. Le soleil complice de mon escapade m’avait d’abord loyalement guidé vers lui mais il n’était plus. Il m’avait abandonné dans cet univers que je devinais très hostile, la nuit. Et la lune semblait très en retard au rendez vous. Sans moyen de prévenir, de faire appel, j’étais donc perdu quelque part dans l’immensité et riche probablement d’un trésor inestimable dans mon appareil photo. Comme stupéfait, je remontais machinalement la fermeture éclair de ma veste, remontais le col et tentais une incursion dans ma lucidité. C’est alors que le vieux muret me tendit sa crête supérieure, érodée et lessivée. Je m’asseyais en le gratifiant d’une pensée.

La perspective d’une nuit d’hiver dehors, en plein marais inondé, probablement sous la pluie qui ne manquerait pas de s’inviter, sans abri et sans possibilité de m’allonger aurait dû me paniquer, m’effrayer. Est-ce par inconscience ou par insolence vis-à-vis de la mort ? Je n’étais certes pas serein mais disons…optimiste. Après tout je n’étais pas vraiment seul car le vieux mur m’avait tout de même offert aimablement son flanc. Ma bonne santé ne pouvait qu’intimider la faucheuse qui rôdait probablement en quête d’organismes affaiblis et vieillissants. Que pouvait la nuit sur moi ? M’envahir de sa froideur et de sa torpeur, me saisir dans ses doigts de frayeur, me glacer de ses requiem, me pétrifier de ses brumes invisibles ? Au fur à mesure de ces questions, un mot bouclier commençait à se formuler dans mon esprit, dans mes oreilles, dans mes yeux et sur ma peau. Je ne l’avais pas senti se dessiner et pourtant il prenait forme, lentement, doucement, irrémédiablement. Conatus…

Avais-je d’autre choix que de vivre ? Le sacro saint réflexe de survie, sans doute. Mais je ne voulais pas vivre pour subir passivement toutes ces adversités. Non ! Vivre intensément cette expérience unique, activement, en l’acceptant comme épreuve complémentaire à mes préliminaires photographiques. Une vie de quelques heures d’une rareté absolue que je n’avais certes, pas anticipée, mais qui s’imposait à moi comme autant d’occasions de me dépasser. Il me fallait mobiliser toute ma volonté non pas pour résister mais bien pour braver puissamment les éléments. Puissance ! Voilà bien le moteur existentiel qui se mettait en route sourdement en moi. Une puissance d’exister. Une force qui me venait de je ne sais où et qui, j’osais le penser, me rendait euphorique. Comme de la joie. Conatus…

Bien-sûr, il y avait la souffrance physique liée au froid, à l’humidité et au vent. Ayant fini par délimiter un périmètre d’action sans danger, je m’activais régulièrement en marchant, en gesticulant, en me fouettant de mes bras pour lutter contre tout risque d’ankylose et de blessure du froid. De plus, le mur avait fini par me prêter un coin d’abri du vent. Mais là n’était pas l’essentiel. Ce qui m’avait conduit ici n’était autre qu’un désir fou. Pas un manque, naturellement. Une envie irrépressible de saisir une folie de la nature, d’embrasser un instant de grâce, d’étreindre une lumière surréaliste, de pénétrer un corps abstrait mais Ô combien amoureux. Si beau, si fort, si fou était ce désir qu’il m’emplissait encore de joie malgré le contexte. Un accès de libido. C’est bien de cela qu’il s’agissait. Conatus…

Ce mot me revenait sans cesse et de plus en plus fort à l’esprit. Spinoza, bien que disparu, semblait venir à mon secours et soutenir l’ordre de mes pensées. « On ne désire pas une chose parce qu’elle est bonne, c’est parce que nous la désirons que nous la trouvons bonne ». Ces mots résonnaient en moi maintenant. Ce marais si beau le jour par ses lumières, ses reflets et ses couleurs m’offrait cette nuit là, ses mystères et son intimité. Je l’aimais donc à la hauteur de la majesté du cadeau et en retour lui donnais ma joie d’être. Lui concéder ma tristesse aurait été assurément une offense et de ce fait, ma perte.

L’aurore vint en son temps. Avec elle, d’autres images, d’autres lumières dont une qui me tirait par la main vers un passage salvateur. J’avais vaincu bien des démons durant ces quelques heures et une grande fierté me gagnait. Mon corps était éprouvé mais un halo de bonheur, j’allais dire de chaleur, m’entourait. « Il n’y a pas d’idée derrière le désir, il y a d’abord le désir. » Cette autre phrase du philosophe, compagnon nocturne, chantait en moi à chacun de mes pas. Nul doute qu’elle avait encore besoin de réflexion, de maturation mais j’en mesurais déjà son étendue lorsque je grimpais dans ma voiture. Heureux !