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Ipagina’Son part avec vous à la recherche du plaisir…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

L’équipe d’iPagina’Son se dévoile ici…

 

Quand la fusion entre le peintre et la toile devient charnelle, l’aventure amoureuse se compare à l’acte d’amour. L’attente délicieuse de la caresse du pinceau sur la toile est amenée avec une grande sensualité dans ce texte de Renaissance.

  » Les toiles comme des femmes se sentent désirées et se donnent de chaque parcelle de leur être  » 

L’attente du plaisir avant la pulsion créatrice…

Voici pour notre et votre plus grand plaisir , la lecture de ‘PRELIMINAIRES » par Firenz’, sélectionné par Véronique Brésil.

 

PRELIMINAIRES

Par Renaissance

 

Blanche ! Elle est tellement blanche…

Assis devant elle, je la regarde, que dis-je, je la contemple ! Mon regard la pénètre comme un scalpel jusqu’à deviner son intérieur, sa majuscule intimité. Mes yeux, oui, mes yeux vont de droite à gauche, de haut en bas, cherchent, trouvent, cherchent à nouveau…Ce long examen de son corps, de sa surface de peau est une caresse préliminaire, un prélude à l’extase, un avant gout du plaisir final.

Je me demande souvent si cette attente ne lui est pas douloureuse, un peu pénible! Chacune de ses fibres semble m’inviter à plus d’initiative. Elle est apprêtée, enduite avec amour afin que chacun de mes contacts, de mes effleurements soit doux, facile et fluide. Je sens bien qu’elle n’a pas envie qu’un de mes gestes soit contrarié par une quelconque anfractuosité ou par une excroissance rebelle. Elle est tendue à souhait, ni trop ni pas assez, comme cet arc paré pour la libération de sa force. Tendue et en même temps lascive ce qui fait de son état, à mes yeux, une provocation indicible.

De cette intimité mutuelle nait progressivement, lentement, une merveille, un fruit spirituel, un cadeau infini : l’inspiration. Je sais maintenant comment je vais m’y prendre pour la rendre belle, pour la rendre heureuse et pour lui offrir la jouissance. J’ai compris, j’ai vu le carrefour de nos désirs respectifs. Sa peau m’a conquis.

Dans un ultime instant d’attente devenue insupportable, je me lève, m’éloigne un peu et je me sens envahi de cette énergie étrange qui va cependant guider mes mains, mon corps dans ce doux combat amoureux.

Je me pare à mon tour sans la quitter des yeux, je me sens au bord de la pulsion, je me retiens de me jeter sur elle sans plus de détours…

Une forme de sagesse m’envahit cependant.

Mes toiles blanches le savent. Elles connaissent maintenant mes rituels…Elles aiment ces préliminaires.

 

http://www.ipagination.com/textes-a-lire/selections/veronique-bresil/preliminaires-par-renaissance

En mode écriture : Astrov

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Astrov »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est Astrov qui nous invite à le suivre entre scène de théâtre et scène de ménage … 

theatre-curtains

Six personnages engueulent l’auteur

(En hommage à Luigi Pirandello)

De Astrov (Edouard Huckendubler)

« Engueulent ». Oui, le mot est juste. Je me suis fait engueuler par mes personnages. Et chez moi, en plus ! Voilà comment :

L’écriture me vient à tout moment : un sujet me fait signe. Dès que j’ai mon clavier sous la main, j’y vais. Atmosphère, musique, environnement, cela n’a pas beaucoup d’importance. Les mots se proposent et le bonheur s’invite.

Or, depuis quelques temps, c’est l’écriture théâtrale qui me tenait. Six pièces depuis 2006, dont deux jouées en Compagnie Amateur. Cela fait donc pas mal de personnages créés par mes neurones. Et j’écris aussi des poésies (dont des sonnets).

C’est cela qui a tout déclenché :

Hier soir, pas très tard, après mon sobre dîner, on sonne à ma porte. Je vais ouvrir, sourire aux lèvres. Qui vois-je, serrés en un groupe compact et sévère ?

Six de mes personnages. Je les ai reconnus dans l’instant : un ou une représentant(e) pour chacune de mes pièces.  Principalement des femmes, et plutôt teigneuses (ben oui, je les ai créées ainsi). Je leur offre bon accueil :

– « Eh bé, la surprise ! Bonsoir, que me vaut … »

Sans répondre, le groupe est entré, direction le salon où chacun/chacune s’est assis dans fauteuils ou chaises. Ona, une Louve assez agressive, s’est lovée sur le canapé. Il restait une chaise, je l’ai prise.

Le silence se faisant un peu lourd, j’ai plaisanté : « Je vous ai faits plus bavards, non ? ». L’une d’elles (les hommes semblaient un peu discrets) a commencé :

– « Justement ! Tu nous as créés, donné existence, sentiments, parole. Tu te bats pour que nos mots (les tiens), nos dialogues, tes didascalies, soient lus, que nous soyons joués sur scène.  C’est bien. ».

Une autre a enchaîné : « Alors pourquoi nous fais-tu ça, depuis un moment ? »

– « Mais, ça, quoi ça ? » J’étais un peu perdu…

– « Ton infidélité. »

Infidélité ? Je ne pigeais pas bien. J’ai eu droit à une explication :

– « Depuis quand n’as-tu pas écrit pour le théâtre ? Depuis quand n’as-tu pas sculpté des personnages qui auraient pu venir avec nous ? Tu le sais, nous sommes une sorte de Famille.».

– « Eh ben, oui, depuis un  moment, j’écris aussi des poésies ! »

Ona a pris ma réponse, comme un os, à la volée. « Exact. C’est ce qu’on te reproche. Des poésies… Des sonnets… Il n’y a pas de personnages, là-dedans, pas de dialogues, pas de jeux de scène. Les mots, seuls. Pas de spectateur, mais des lecteurs qui comprennent ce qu’ils veulent, alors que nous, ce sont nos âmes que nous exprimons avec tes mots. Tu nous abandonnes ! »

Et tout le groupe, tel le chœur antique, a psalmodié : « Tu nous abandonnes, tu nous trahis ! ».

J’ai eu la révélation, le flash, la compréhension.

– « Vous… Vous êtes en train de me faire une scène de jalousie parce que j’écris quelques poésies ? »

– « Il y a de quoi, non ? Nous avions confiance en toi, et puis, te voilà à poétiser, à rimer…  D’ailleurs tu n’as écrit aucune pièce en vers. On aimerait bien parler en alexandrins… »

Je songeais (modestement) à Pirandello, qui avait lancé des personnages cherchant un auteur. Et là, ce soir, des personnages venaient faire une scène de jalousie à leur auteur. Pour quelques escapades poétiques extra-théâtrales !  Je n’avais trompé personne, c’était juste une attirance poéti…  Et puis zut !

Tout soudain j’ai senti  la rogne venir en moi.  Des disputes amoureuses, j’avais vécu ça.  Mais des reproches sur mes goûts en écriture, et venant de mes propres créations, non, mais, on va où ? Je me suis levé, en respirant à fond.

– « Non, mais, on va où ? Alors vous allez m’écouter. Je ne suis pas infidèle. »

Ona, vive et en alerte, a fait mine de protester. D’un geste, je l’ai renvoyée sur le canapé. Qui c’est le boss ?!

– « Pas infidèle. Toutes et tous, qui vivez dans mes pièces, je vous aime. Compris ? Je vous aime.  Vous existez, vous serez sur scène, en tapuscrit, en recueil. Oui, je me battrai pour vous. Et mes poèmes ne retirent rien à l’amour que je vous porte. Ce sont des expressions, des émotions que je souhaite faire ressentir aux lecteurs et lectrices. Pour les atteindre au cœur, au corps, afin de les emmener ici, là, en rêve, en découvertes, en sourires et soupirs ».

Les personnages étaient attentifs. La tension s’est bien relâchée. J’ai continué :

– « Et vous ! Mais vous en faites autant, auprès des spectateurs ou des lecteurs ! Car c’est vous qui leur portez mots et émotions. Vous êtes indispensables. Vous m’êtes indispensables. Je n’abandonnerai jamais le théâtre. Je suis sur une nouvelle pièce. Dès qu’elle sera au point, vous serez avertis. J’ai un peu de mal avec l’intrigue, mais rien de grave ! ».

Elles et ils se sont levés, souriants, et m’ont entouré. Leurs mains ont effleuré mon visage. Ils m’ont dit : « Merci ! Nous voilà rassurés. Bonne chance avec l’intrigue. Nous sommes toujours près de toi. A très bientôt ! ». Et ils sont partis tranquillement. J’ai remarqué qu’ils passaient à travers la porte sans l’ouvrir.

Je suis allé me coucher, tôt. Car le lendemain, j’avais un poème  et une pièce à sculpter.

 Theatre-Swatch

Avoir toujours un oeil sur ses personnages …

Mes six pièces auxquelles je fais allusion sont lisibles sur  ipagination  (pseudo Astrov) pour certaines,  et sur le site de théâtre  leproscenium.com  sous mon nom  Edouard HUCKENDUBLER.

Ona est un des personnages de ‘’La hiérarchie des Louves’’.

 

 

 

En mode écriture : Christophe Dessaux

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Christophe Dessaux »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

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Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est Christophe Dessaux qui se met à table … 

calligrammeLa vie est un calligramme

J’écris…

En mode diurne, le ventre plein.

En mode nocturne dans ma cellule de moine.

En mode insomniaque au chaud dans mon lit.

En mode hypnotique au volant de ma voiture.

En mode liquide sous la douche.

En mode fainéant dans les restaurants.

En mode inconscient, façon surréaliste.

.

En mode manuscrit comme en mode azerty.

En mode cahier comme en mode clavier.

En mode araignée qui fait vibrer sa toile.

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En mode monomaniaque, mais pas graphopathe.

En mode à petits pas, entre deux jours de boulot.

.

En mode solitaire, mais pas désespéré.

En mode détaché, mais pas misanthrope.

En mode éparpillé, mais pas sans cohérence.

En mode réfléchi, mais pas désincarné.

En mode amoureux, mais de moins en moins.

En mode très habillée, mais pas élitiste.

En mode humoristique, mais pas ironique.

En mode léger, mais pas superficiel.

En mode fragmentaire, mais pas éclaté.

En mode actuel, mais pas à la mode.

En mode exubérant, mais jamais futile.

En modulations absurdes, mais jamais grotesques.

En mode au long cours, mais je me cogne toujours.

En mode respectueux, mais faut pas me chercher.

.

En mode poétique, ça c’est mon noyau.

En mode poétique, mais pas seulement.

.

En mode sérieux et je m’en excuse.

En mode dilettante et je m’en veux.

En mode éclectique et je vais en crever.

En mode inattendu, c’est une constante.

.

« En mode majeur », regrette l’enfant que je fus.

« En mode mineur », affirme mon prétentieux.

En mode contraint, vous en avez la preuve.

En mode ludique, « la vie est un calligramme ».

En mode miroir, moi qui lis si peu.

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En mode j’y pense et puis j’oublie.

.

 

D’ailleurs… en notant j’y pense et puis j’oublie, un texte me revient à la mémoire. Un texte écrit il y a presque dix ans, à une époque où j’allais pas bien fort. 
Ce texte se trouve quelque part à la frontière poétique entre un comment écrire et un pourquoi écrire. Comme je me suis beaucoup éloigné du rapport à l’écriture que j’y décris, je l’ai laissé au fond de mes tiroirs USB, mais je le crois de circonstance ici. Certains d’entre vous s’y retrouveront peut-être, et même si ce n’est pas le cas, j’espère que vous verrez du beau dans ce type d’écrit que j’appelais à l’époque de l’omicron noir, un matériau assez sombre 🙂

.

Je ne parle pas à n’importe qui, mais…


(En hommage à Léo Ferré)

Je hurle aux quatre vents qui, tous, me frappent froid.

J’aboie aux chiens de mer qui m’enragent.

Je beugle aux entrailles de ma jeunesse qui se tire.

Je susurre à l’oreille des âmes bâtées, mes semblables.

Je confie aux sourds les vomissures de mes lèvres écoeurées.

Je martèle mollement mille et mille maximes usagées.

Je roucoule noir à mes conquêtes affadies par mes caresses nauséeuses.

Je solfie quelque rengaine poussiéreuse sortie de ma mémoire décomposée.

Je déclame des vers qui s’échappent tout droit d’un cadavre de poème.

J’affirme que, que, et que, au bout de quatre.

Je dévoile l’indécence du rire des étoiles.

Je rugis l’air des libertaires du murmure.

Je nomme « caduc » l’alignement mégalithique des mots sur une ligne : la vie est un calligramme !

J’imprime la morsure des mots dans la tête des lourdauds.

J’explique à qui veut l’entendre la quadrature du cercle d’Amour et de Raison.

Je détache les mots de leurs cons de textes et j’en fais des phares, verges de ma toute-puissance.

 

Je dégoise, je dégoise, je dégoise, ça n’en finit plus, c’est une hémorragie, une saignée purgative. Mon encre coule, précieux liquide, je la donne à qui veut la prendre, mais c’est une transfusion sans guide.

écrivain à sa table
La feuille froissée fleurit bien au jardin de l’écrivain…

 

S’il te plait, dessine-moi un auteur : Patrizia

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

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Cette semaine, nous découvrons le ciel à l’encre duquel Patrizia trempe sa plume…

 

7

D’abord, vous parler de lui…

Pas mon cœur non…

Le ciel !

Il me fascine ; du matin au soir c’est un vrai caméléon, je le capture pour me délecter de sa beauté, son immensité, nous avons au-dessus de nous un spectacle permanent !

Et puis…

Il y a les touffus, ces magnifiques créatures qui me ravissent tout autant,

Mon angle de prédilection : être sous leurs branches et lever la tête, c’est une sensation qui me régénère ; mon sourire en est témoin,

Faites le test, vous m’en direz des nouvelles,

Pour décrire, transmettre, partager, la merveille des merveilles : LE MOT ; jusqu’à présent, on n’a pas fait mieux… on ne fera pas mieux,

A l’instar de la pâte à modeler, il se transforme, s’anime sous nos doigts,

Un monde de magie illimité est en notre possession, la puissance d’une lettre associée à une autre et une autre… un mot, deux mots, puis trois… une phrase, deux phrases… un texte… une écriture pour la lecture… des écritures, de multiples écritures qui prennent forme,

 

prophete

 

Je suis passionnée par l’écriture, de plus en plus ; plus j’écris, plus j’ai envie d’écrire, vous le savez bien vous qui me lisez,

Mais elle me donne du souci lorsqu’il me faut travailler véritablement sa technique, l’apprivoiser, la faire mienne,

Un peu à l’image d’un amour en 3D : suis-moi je te fuis, fuis-moi je te suis ; ce, notamment pour l’écriture de mon roman et l’apprentissage pour en faire un métier,

 

En revanche, elle surgit, se fait docile et câline lors des défis atelier, des petites histoires que j’invente,

 

L’écriture fait partie de mon quotidien, elle est mon quotidien, elle est le pilier, le point de mire, l’amarre… oserais-je dire l’Alpha et l’Omega ?

C’est celle qui me connaît le mieux, je lui livre mes plus intimes secrets, elle sait tout de moi,

Entre nous, pas de triche… c’est du mot à mot,

Notre maître à toutes deux… l’Univers,

C’est lui qui a le dernier mot,

 

2409

 

 

Patrizia Mizamots pour ne pas être mise à mal…

En mode écriture : Neo

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Neo »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

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Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

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Cette semaine c’est Neo qui se frotte à Victor Hugo…

 B in B&W

Crédit photo : Firenz’

 Excuses liminaires :

Mea culpa, mea maxima culpa Monsieur Hugo, j’ai emprunté votre Demain dès l’aube, et je l’ai un peu trituré pour mon bon plaisir.

 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne du pays d’iMagination

J’écrirai. Comprends-tu minou, je sais que tu m’attends sûrement… ou pas.

J’irai par la forêt, j’irai par la montagne, ceci grâce au pouvoir d’iPagination,

Car je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps, mon chat.

 

Je composerai les yeux fixés sur mes pensées,

Sans rien voir au-dehors, sans entendre aucun bruit,

Seul, inconnu – pour l’instant, j’espère ! –, avachi sur ma chaise, le dos courbé,

Les mains grippées d’une crise de crampe subite qui me détruit.

 

Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, parce que mes volets seront fermés,

Ni les voiles au loin descendant vers Senlis, car Senlis ne siège point en port, ô ami

S’pèce d’handicapé de la géographie mal aimée.

 

Et quand j’arriverai au bout de ce puré de roman,

Je mettrai sur la couverture
un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur,

Enfin si je trouve un gogo qui m’accorde en guise de remerciement

Une sublime édition, à pompeuse jaquette de cuir, et à compte d’éditeur.

 

Voilà, vous connaissez tout, à peu près…

Certes, je vous l’avoue, je ne m’y prends pas réellement comme cela. En réalité, les jongleries se bousculent au portillon, mes doigts pris de la danse de Saint-Guy courent sur le clavier – ceci toutes les fois où ma muse m’amuse.

Je note beaucoup de choses sur des feuilles que je ne retrouve plus. Un carnet que j’ai égaré. Tout bien réfléchi, je me suis résolu à offrir un dictaphone à ma plume. Je l’emporte partout et dès qu’une idée me traverse, je l’enregistre… « OVER ». Ça, je le dis à la fin de mon enregistrement, mon « OVER » me sert de point final « OVER »

 

J’adore le mélange des genres. Je refuse de me laisser enfermer dans un travail à façon, modèle cage littéraire. J’aime coucher sur le papier à la manière de… pour m’entraîner. J’affectionne les sentiments, la couleur des sentiments. J’apprécie quand on sent les odeurs que je diffuse, perçoit les sons que je propage, distingue en relief mes paysages ou mes protagonistes, a le goût en bouche d’un bonbon de chocolat noir quand mon héros en déguste un, ou se pique le pouce en ramassant une coque de marron. Bref, il faut donner du sens aux sens, comme du temps au temps.

Pour harponner le lecteur. Démarrer fort. « Si tu ne vas pas à l’incipit, l’incipit ira à toi ! ». Avancer, pas trop vite… Reculer, pas trop tôt… L’emberlificoter dans les mailles de l’intrigue, rebondir en fin de chapitre, le perdre pour finalement le récupérer dans l’antépénultième page.

Pour le garder éveillé. L’intéresser, développer son empathie avec un ou des personnages. Ne jamais l’ennuyer sinon… OVER

Il me plaît de débusquer les redondances et tuer celles que je n’ai pas sciemment choisies. Ma voyante m’a assuré que cela enjoliverait mon style, alors à défaut de m’enrichir moi-même… En ultime bafouille, je confesse détester les verbes : être, avoir et faire, brut de décoffrage. J’essaie souvent de les éliminer ! À tout le moins de les accompagner d’un gentil auxiliaire, sauf cas de force majeure.

 

En guise de conclusion, je vous livre un adage qui résume toute la joie que la rédaction d’une nouvelle ou d’un poème me procure : scriptum therapia. Ainsi, l’on s’aperçoit qu’en imbriquant un grec dans un latin (je parle des mots), on favorise la thérapie par l’écriture. À bon entendeur…

Victor_Hugo 1
Est-ce que Victor Hugo, lui aussi, cherche son chat ?