Poésie francophone en fédération Wallonie – Bruxelles de Belgique 1

Balade en poésie contemporaine Francophone en fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique…    (carte)

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Prologue : La Belgique, pays longtemps soumis aux aléas de l’histoire des pays européens qui en convoitent le territoire, a obtenu son indépendance en 1831.
Depuis 1993, elle est divisée en trois communautés linguistiques : au Nord, la communauté flamande (en vert) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), au Sud, la communauté wallonne (en rouge) et Bruxelles (hachurée en vert et rouge), à l’Est, bordant la frontière allemande, la communauté germanophone (en bleu).
Chaque communauté a sa langue officielle ! Le néerlandais au Nord et à Bruxelles, Le français au Sud et à Bruxelles, l’allemand à l’Est…La Belgique s’honore donc de 3 langues nationales.
La balade que je vous propose se déroulera, sur le sol wallon et à Bruxelles, en pays de francophonie.
J’ai choisi de partager avec vous quelques textes de poètes belges francophones contemporains et me suis attachée à respecter une parité qui n’est malheureusement pas encore de mise dans les anthologies et les recueils publiés.

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Départ de Namur, petite ville baignée par la Meuse où je me suis rendue à la Maison de la poésie et de la langue française, dirigée par Eric Brogniet, poète et membre de l’ Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.                                                     Imaginez une grande maison ancienne, dans une rue étroite et piétonnière de la vieille ville mosane. Au rez-de-chaussée: salons, bar, tables et chaises, lieu convivial et chaleureux, murs couverts d’affiches évoquant poètes et festivals de poésie. Salle Henri Michaux, aussi, où se déroulent les spectacles proposés.                                                          Vous accédez au premier étage par une magnifique cage d’escaliers en bois et vous découvrez deux pièces hautes de plafond aux murs tapissés d’œuvres de poésie, belges, bien sûr, mais s’ouvrant largement aux autres poètes francophones, une vaste porte-fenêtre donnant accès à une terrasse où il fait bon lire au soleil, quand le temps le permet.Le moment que j’y ai passé fut agréable et fructueux, mille merci à ceux qui m’y attendaient.

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J’en ramenai une belle moisson de poètes, la seule difficulté (de taille !) étant de faire le choix de ceux que je souhaitais vous présenter. Choix essentiellement subjectif…mais guidé sagement par le travail de deux anthologies : celle de Liliane Wouters et de Yves Namur: « Poètes d’aujourd’hui ». Et celle de Yves Namur : «Nouvelle poésie française de Belgique». Les deux auteurs étant également poètes reconnus.                                                Ce seront donc des poètes contemporains que vous découvrirez sur cette page ! Sur les quelques 150 poètes repris dans les deux anthologies, je n’en présente que 8, humble contribution de la voix de poètes francophones belges à la semaine de la francophonie. La proposition était vaste et d’une richesse intense.                                                                          Je remercie ici chacun des poètes que j’ai lu dans les 2 anthologies, j’en connaissais un certain nombre, j’en ai découvert beaucoup, ils m’ont tous ouvert le cœur sur les possibles de l’écriture poétique contemporaine qui s’écrit essentiellement en prose, où l’émotion circule à bas bruit mais où les mots continuent à parler à nos terres profondes.
N’hésitez pas à suivre les liens proposés qui amènent une mine d’informations sur les auteurs, leurs écrits et leurs publications…

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Karel Logist
Sous son nom, la page qui lui est dédiée par la maison de la poésie.
C’est un honneur pour moi de vous proposer quelques extraits des textes de ce grand poète qu’est Karel Logist…Reconnu dans toute la francophonie, honoré de multiples prix, sa poésie en prose, si légère et si dense, si pudique et si juste, donne avec générosité un supplément d’âme à ses nombreux lecteurs ! Karel met aussi ses connaissances de la poésie et des poètes au service du partage dans le cadre d’ateliers d’écriture et de lecture poétiques et dans le cadre de nombreuses lectures publiques.Si vous souhaitez découvrir plusieurs autres textes de Karel Logist cliquez ici ! Une présentation de son travail d’écriture ici.

J’écris des poèmes nains.
Mes poèmes mélangent
sous le manteau de l’ange
le miel et le venin.
J’écris des poèmes faits main.
Mes poèmes étranges
troubles parfois dérangent
l’ordre d’hier avec demain.
J’écris des poèmes pleins
poèmes en forme d’orange
et votre bouche qui les mange
c’est encore moi qui la peins.
In : Le séismographe. (Autres textes dans) Dés d’enfance. Espace Nord.

 

Quelque part un oiseau porte mon nom
j’ignore combien il peut couvrir d’espaces
jusqu’aux terres du sud
qu’il cherche à rallier quand les hivers l’entourent.

Migre-t’il
et si c’était moi qu’il tente de rejoindre ?

Et si parfois déviés de nos itinéraires,
nous glissons dans les mêmes courants,
son ombre sur la mer
mes pas sur le chemin
nous servent de boussole.

Je connaîtrais son cœur si je savais le mien.

In :Poètes d’aujourd’hui, Liliane Wouters et Yves Namur. Extraits de Alexandre Kostas Palamas, Karel Logist

867849-resume-signature-d-39-encre-de-plumes-et-de-l-39-ancienne-encrier                                                                                                                           Encrier

MimyKinet                                                                                                                                           Sous son nom, le lien vers sa page à la maison de la poésie de Namur.                                Un coup de cœur en découvrant celle qui a écrit : « La poésie est source et sang et forêt. Elle est en nous et nous contient. »
Une voix pure et discrète, exigeante aussi qui nous dit : « Ne fais pas d’ombre avec les mots, ils en contiennent assez. »
Ses œuvres complètes ont été publiées sous le titre Poésies, à l’Arbre à Paroles.
Vous trouverez plusieurs de ses textes sous le lien de la maison du livre de la Province de Luxembourg  ici  (p13 à 18 )

 

La vie ne nous pardonne pas
De l’avoir mise au monde.                                                                                                              Extrait de ‘Mots murés’

Berceuse à voix tue.

La solitude n’a rien de terrifiant
puisqu’elle est née bien après nous
que nous l’avons bordée
lorsqu’elle était malade
comme un oiseau
dont nous avions disloqué l’aile
dans la dévastation des nôtres.

In Œuvre complète, A voix tue.

 

Parle mon ombre
Parle-lui des oiseaux qui respirent sa bouche

Parle lui…

Car il court comme s’il ne devait jamais
revenir
de la vie.

Extrait du Discours du muet.

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Pascal Feyaerts
Sous son nom, la page qui lui est dédiée sur le site de la maison de la poésie. D’autres textes aussi.
Des mots choisis, des textes ciselés comme bijoux, un rythme qui respire la justesse, une simplicité apparente… Pascal Feyaerts, vit dans le Hainaut, fait partie du cercle de la Rotonde, touche à la peinture, écrit poésies et nouvelles, est actif dans plusieurs revues. Il a aussi finalisé un projet musico-poétique en compagnie d’une violoniste…Vous trouverez le lien vers son blog ici !

Poète

Si l’on vous dit que demain est un autre calembour, çà vous fait rire…Si l’on vous demande vos papiers, vous prétendez ne pas vous connaître…Avez-vous également conscience qu’à l’heure où il vous faudrait dîner, vous ne vous nourrissez que de poèmes ? Qui êtes-vous et pourquoi vos miroirs ont-ils des mots si amers ?

J’ai appris

J’ai appris à rire avec les blés, à lire tout ce qu’un arbre avait écrit sur mon sort et quand on m’appelle c’est d’une voix de cigale que je réponds. Je me promène comme on aime à se perdre, égaré multiple savourant sa folie au gré de ses dérives. J’habite la seule épine qui ne m’ait pas piqué et je taille toujours ma plume sur le fil du rasoir : le Temps ne m’a prêté asile que l’espace d’un mouchoir.

Songe

Refuser à nourrir son rêve revient à répudier la sève qui nous maintient. Si on n’y prend garde, il est aisé de le perdre à trop courir les mauvais sommeils comme fantasmer des portes si justement entrebâillées qu’on ne sait y entrer que seul ou accompagné de ses doutes. Et lorsqu’on le retrouve, non sans l’avoir longuement cherché il sent la rouille et l’usure des chemins ou bien on a vieilli de trop prier son retour.

Les abîmes

Les abîmes ne s’épousent pas entre eux de peur d’enfanter de nouveaux vertiges. Ils sont seuls, toujours à chuter en eux-mêmes et n’opposant à leur chute que ce que le néant peut compter d’obstacle. Seule leur absence leur appartient et ils n’ont qu’elle à aimer.

In : La nouvelle poésie française de Belgique. Yves Namur.

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Marie-Clotilde Roose,
Une écriture sensible et fine qui résonne au cœur et s’inscrit dans la mémoire pour y rayonner ! Marie-Clotilde Roose anime aussi des rencontres littéraires pour Le cercle littéraire de la Rotonde dans le Tournaisis. Vous trouverez d’autres textes de Marie-Clotilde Roose en suivant le lien lié à son nom…

…..

Ne rien dire si le silence est
plus sonore

que cette fine bruine des
pensées

où se mêlent l’or et la
boue

ton regard veut les pépites
à travers le doute

il faut y croire
hisser la vie

mais sans casser
l’épaule du destin

……..

Ecrire recouvre sa splendeur

ce verbe né du désir
écartèle nos voies
tendues

les rassemble
comme tiges de jonc
en nasse de pêcheur

pêcheur alors je suis
à l’affût des poissons
fuyant vifs éclairs
……
Extraits de ‘Tourments’ Le Taillis Pré, 2006
  in: La nouvelle poésie française de Belgique. Yves Namur

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Pour se quitter en poésie, ces quelques mots d’ Eric Brogniet:                                                       ‘Vivre ne s’imagine que par analogie’. in Terres signalées

Les photographies ont été prises à la Maison de la poésie. Elles sont libres de droits.

(Deuxième partie à suivre prochainement … )

Quiz littéraire : légendes francophones

 

QUIZ LITTERAIRENe vous fiez pas aux apparences des quelques premières questions assez faciles pour vous mettre en chauffe. Il s’agit là d’un véritable défi que vous proposent les iPaginauteurs. Tous les quiz – lorsqu’ils sont prêts – sont mis en ligne pour le vendredi, juste avant le défi du week-end (pour en savoir plus, cliquez ici ). Ce quiz vous est proposé par Agathe et Lilas. Arriverez-vous à réaliser un sans-faute ?

Quiz littéraire : LEGENDES FRANCOPHONES

Une légende tient de faits réels : une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où des modifications. Fortement liée à un élément clé, elle se concentre sur un lieu, un objet, un personnage, une histoire, Au fil du temps, la légende devient un mythe, car elle perd en précision et gagne en fantaisie. Chaque pays a ses propres légendes. En cette semaine consacrée à la langue française, voici un quiz sur les légendes qui bercent plusieurs contrées francophones.
Départ
Capture d’eěcran 2014-03-04 aĚ 21.44.45Félicitations - vous avez complété Quiz littéraire : LEGENDES FRANCOPHONES. Vous avez obtenu %%SCORE%% sur %%TOTAL%%. Votre performance a été évaluée à %%RATING%%
Vos réponses sont surlignées ci-dessous.
Retour
Les questions en gris sont complétées.
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Fin
Retour

C’était en effet la première question posée lors des examens oraux en latin. Le mot quiz apparaît, avec cette signification de « questionnaire » (un mot argot quiz existait déjà et signifiait « personne louche »), dans la langue anglaise en 1886. Le mot est ensuite passé dans la langue française.

L’histoire raconte qu’au théâtre de Dublin, le propriétaire du nom de Richard Daly fait un pari qu’il pouvait, dans les quarante-huit heures faire d’un mot absurde, le plus connu de toute la ville, et que le public lui fournirait un sens pour elle. Après une performance, un soir, il a donné ses cartes de membres du personnel avec le mot «quizz» écrit sur ​​eux, et leur dit d’écrire le mot sur ​​les murs de la ville. Le lendemain, le mot étrange était la coqueluche de la ville, et dans un court laps de temps, il a fait partie de la langue. Le récit plus détaillé de ce supposé exploit (dans F. T. Porter’s Gleanings and Reminiscences, 1875 ) donne la date de 1791. Le mot, cependant, était déjà en usage à cette époque, qui signifie «une étrange ou excentrique personne, et avait été utilisé dans ce sens par Fanny Burney dans son journal intime, le 24 Juin 1782.

Au plaisir de vous défier lors d’un prochain Quiz, et n’hésitez pas à mettre en commentaire le score – réel – que vous avez obtenu et les questions qui vous ont semblé compliquées…

Coup de cœur francophone

  DEUX COUPS DE CŒUR…DEUX RYTHMES DIFFERENTS ET POURTANT TOUT A FAIT COMPATIBLES… CAR ILS SONT TOUS LES DEUX UN HOMMAGE A L’AMOUR …

Une bradycardie tout d’abord, mais dont chaque contraction enverra un afflux de sang suffisant en périphérie, pour apaiser vos vies essoufflées. Posez-vous… çà fait rêver, non ?

Steve SOGO est un jeune artiste, compositeur, bassiste et guitariste Burundais. Son style est moderne d’inspiration traditionnelle africaine, saupoudré de blues jazz. Il a trois albums à son actif, et le titre à l’écoute aujourd’hui l’a propulsé sur la scène internationale fin 2008.

StevenSogo

Dans cette vidéo, il rend hommage à son pays avec simplicité et ferveur. Les habitants, la faune, la flore, les paysages magnifiques sont déclinés à travers cette phrase : « Il est beau mon pays Burundi » * 

« IL EST BEAU MON PAYS BURUNDI »


Et PUIS….. ACCROCHEZ-VOUS…un épisode extrême de tachycardie contre laquelle aucun bétabloquant ne sera efficace…

Au coeur du Burundi, se déroule une extraordinaire aventure. L’histoire d’une femme de 57 ans, Marguerite Barankitsé dite Maggy. Elle est enseignante de formation, Tutsie et dans son pays le Burundi  en 1993, Tutsis et Hutus se massacrent. En octobre, elle échappe à la mort, lors d’une tuerie à l’évêché, perd soixante membres de sa famille et sauve 25 enfants.

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Dans les premiers mois qui suivent les massacres, elle fonde 3 centres d’accueils qui rassemblent plus de 400 orphelins des 2 ethnies, tous témoins de l’assassinat de leurs parents.

La « maison Shalom »  est un de ces centres d’accueils. Je vous invite à partager cet hommage à Maggy et à son centre d’accueil, chanté et dansé par ces miraculés. Ils sont devenus adultes, beaucoup ont été torturés et sont aveugles.

« MAISON SHALLOM »

Celle que les enfants appellent « O’Ma », la grand mère en langue Kirundi, leur apprend à se respecter. 21 ans plus tard, à force d’opiniâtreté, de passion et surtout de foi, elle a participé d’une façon phénoménale à la reconstruction de son pays, plus particulièrement de sa province Ryuigi.

Ce sont des villages de maisons pour les orphelins qui sortent de terre. Puis un hôpital flambant neuf, une école d’infirmière, une école normale, un centre de formation capable de donner rapidement un métier manuel dans ce pays où on manque de tout. Elle relance l’agriculture en faisant installant des systèmes d’irrigation.

Son charisme, son acharnement font d’elle une personnalité reconnue dans le monde entier. Récompensée à plusieurs reprises pour son action en faveur de la paix, elle est souvent comparée à Nelson Mandela, avec qui elle partage cette même volonté de pardon et de réconciliation interethnique.

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La renaissance dérange, mais Maggy n’en a que faire. Elle connait sa mission, même au péril de sa vie. Car « le seul combat qui vaille la peine d’être mené est celui pour la paix » dit-elle d’une voix douce et pointue et avec un large sourire….

 

J’ai eu l’immense privilège de côtoyer Maggy pendant deux jours en France. Une expérience inoubliable… Faites-moi plaisir…écoutez jusqu’au bout cet hommage.

* Le Burundi est membre de la Francophonie depuis mars 1970. La population du pays est constituée de Hutus (80 %), de Tutsis (19 %)   et deTwas (1 %).

C’est l’un des pays africains où la situation linguistique est des plus simples. En effet, depuis des siècles, une seule langue, le kirundi, langue maternelle de tous les Burundais, a tissé l’histoire du peuple burundais et consolidé sa culture et son unité. Depuis la colonisation, le français a été adopté comme langue administrative et langue de la communication internationale. L’usage du kirundi et du français demeure donc actuellement prédominant au Burundi.

Le français au Canada

logo-francais-au-francais-quebecoisC’est avec grand plaisir qu’iPagination s’associe à Patrice Hudon et son excellent site « Du français au français » pour vous faire rencontrer et apprendre régulièrement la langue québécoise, par le biais d’articles thématiques. Appréhender les nuances de la langue française afin d’éviter tout quiproquo, mais aussi s’enrichir, voyager régulièrement sur l’autre rive, riche de nombreux auteurs de talent, qu’iPagination a la grande chance de tutoyer au quotidien.

Le village d’Astérix

Les francophones du Canada se comparent souvent au village gaulois d’Astérix, contre toute attente, noyés dans un continent d’anglophones, ils résistent à l’assimilation.

Pour commencer, déboulonnons le mythe tenace qui répand la croyance selon lequel les Franco-Canadiens parlent un français semblable à celui du début de la colonie. Cette fausse perception découle d’une poignée de mots qui sont restés bien vivants au Canada, alors qu’ils ont disparu de l’usage dans le reste de la francophonie. Par exemple, nous utilisons encore le mot «soulier» comme synonyme de chaussure. Nous avons même des «souliers de course» au lieu des baskets. Mais dans l’immense majorité des cas, les mots éteints en Europe ont connu le même sort en Amérique, à quelques amusantes exceptions près.

Cet accent si particulier

Ah! ce fameux accent qui déroute tant les francophones des autres pays! Cet accent, ou plutôt, les différents accents canadiens-français partagent un point en commun : le glissement de certains accents toniques au début ou au milieu des mots. Par exemple, plusieurs Canadiens français ont tendance à placer l’accent tonique au début du mot «fantastique» plutôt qu’à la fin, comme le veut l’usage. C’est cette musicalité, influencée par la langue anglaise, qui rend l’accent des Canadiens si différent de celui des autres communautés francophones à travers le monde.

Des lettres et des chiffres

Même si nous sommes dans un blogue de lettres, les chiffres décrivent parfois mieux une situation. Le français au Canada est principalement parlé au Québec. En effet, environ 7 millions des 8 millions de francophones de langue maternelle y vivent. Le français est majoritaire au Québec (environ 80% de la population, 8 % anglais et 12 % allophones), mais minoritaire dans le reste du Canada.

Le français est encore relativement présent dans les deux provinces limitrophes du Québec : l’Ontario à l’ouest (environ 600 000 locuteurs sur une population de 10 millions) et le Nouveau-Brunswick à l’est. Dans les 7 autres provinces du Canada, les francophones ne représentent que quelques points de pourcentage de la population.

Le grand dérangement

Le territoire du Nouveau-Brunswick, qui couvre une superficie plus grande que la Belgique et les Pays-Bas réunis, est peu peuplé : environ 750 000 habitants y vivent, dont 30 % de francophones. Et parmi cette minorité francophone résistante, on trouve une autre minorité française qui parle le chiac (ou chiaque), un mélange marqué de mots français et anglais. La syntaxe du chiac est française, mais de nombreux mots de la phrase sont anglais. Par exemple, «Viens-tu watcher un movie avec moé?» qui se traduit par «Viens-tu voir le film avec moi?» Le chiac est une forme d’expression hybride que certains désavouent et d’autres valorisent. Exemple de pauvreté d’expression pour les uns ou résistance à l’assimilation pour les autres? Le débat fait rage.

L’histoire des francophones du Nouveau-Brunswick se distingue de celui des autres francophones du Canada. En effet, le Nouveau-Brunswick faisait partie de l’ancienne Acadie, qui regroupait des territoires du Nouveau-Brunswick, des autres provinces maritimes (aujourd’hui Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard, Terre-Neuve) et un bout de l’état américain du Maine. Il ne faut donc pas confondre les Acadiens et Canadiens. Même si aujourd’hui, les descendants des Acadiens sont Canadiens.

L’Acadie était une colonie autonome française jusqu’à sa conquête par les Anglais en 1713. En 1755, les conquérants anglais décident de déporter les Acadiens et de saisir leurs terres. Ceux qui refusent sont abattus. Embarqués de force sur des bateaux, des familles sont séparées (certaines pour toujours), et éparpillées tout le long des côtes d’Amérique jusqu’en Louisianne. Des exilés unilingues français aboutiront même en Angleterre. Beaucoup d’Acadiens mourront en mer. D’autres reviendront en Acadie dans l’espoir de retrouver leurs proches, plusieurs ne les reverront jamais.

Le Nouveau-Brunswick restera une colonie britannique indépendante jusqu’en 1867, année de la formation du Canada. Les Acadiens (du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse) sont alors réunis avec les Canadiens français du bas Canada (aujourd’hui province de Québec) et du haut Canada (Ontario). L’histoire des Acadiens converge depuis avec celle du haut et bas Canada (maintenant Ontario et Québec).

Pour découvrir le chiac, je vous invite à écouter Marie-Jo Thériault , artiste originaire du Nouveau-Brunswick.

Vous pourrez y lire le texte sous-titré. À noter, seules quelques-unes des chansons de cette artiste sont écrites en chiac. Les autres sont en français standard, avec toutefois une émouvante touche du Nouveau-Brunswick.

Je tiens à vous rappeler que le chiac n’est parlé que par une minorité de francophones du Nouveau-Brunswick, une minorité soumise à des conditions de survie culturelle extrêmement périlleuses.

Pour découvrir la vie des Acadiens victimes du «Grand dérangement» (quel euphémisme!), leur courage, leur résistance et leur langue française si particulière, je vous invite à lire le magnifique roman Pélagie-la-Charrette, gagnant du prix Goncourt en 1979, écrit par l’Acadienne Antonine Maillet.

Bonnes découvertes

En mode écriture : Christian Vincent

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Christian Vincent »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est Christian Vincent qui nous transporte en émotions…

Stargate-color

Écrire, comment ça vient ?

Un texte, c’est comme une aventure imprévue.

C’est une rencontre, une découverte au détour d’une image, d’un parfum, d’une chanson, d’une musique…

C’est à chaque fois, une surprise.

C’est un mot qui nait de rien, c’est un couplet, un refrain. Puis un second et tout vient.

Je vois devant moi se dessiner des paysages des formes des couleurs. Mais surtout, des sentiments qui grandissent, s’élancent, croissent et se croisent. Ils se mélangent donnant naissance à leur tour à de nouvelles sensations.

Les mots se font musique.

Ils m’emportent. Ils courent sur le papier, ils entrainent mes doigts dans une danse effrénée et s’enchainent donnant la vie à des vers, des couplets, des phrases nouvelles. Ils inventent leur propre histoire. Une romance, une tragédie, une révolte, un cri du cœur, une aventure épique, un récit métaphysique.

Je ne sais jamais vraiment à l’avance où me mènera cette course-poursuite échevelée.

Les mots sont une transe, une aventure mystique.

Ils sont à la fois mes meilleurs amis et mes meilleurs ennemis.

Je les aime, je les chéris mais ils sont une implacable addiction. Un jour sans eux et je dépéris. Ils m’envahissent ils me mangent. Sans cesse ils naissent dans ma pauvre tête, comme je l’ai déjà écris dans « Les mots de bousculent ».

Écrire, comment ça vient ?

Je suis bien en peine de répondre à cette étrange question. Ça vient comme ça, comme une respiration, comme la lumière le matin, comme une brise fraiche un soir d’été.

Les mots viennent, ils sont là. Un miracle sans cesse renouvelé. Une magie, un mystère.

Écrire c’est comme si quelqu’un s’emparait de mes mains, de mon esprit pour leur jouer des tours. C’est un holdup, une prise d’otage amicale.

C’est le plus merveilleux des cadeaux.

Lorsque je relis ces mots, c’est à chaque fois une découverte, une surprise, un émerveillement, une émotion.

J’ai toujours tant de mal à les reconnaître comme miens. Ces mots que je lis.

 

Oui, écrire, comment ça vient ?

Et bien je ne sais pas et franchement, quelle importance, tant qu’ils viennent, non ?

 

Christian VINCENT

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 Des mots comme des oiseaux

Le blog de l'écriture et de l'imaginaire