Archives par mot-clé : écriture

Le destin incroyable d’écrivains célèbres

 

Depuis plusieurs décennies – voir des siècles – la formation académique est trop souvent la seule reconnaissance possible ou valable à la réussite sociale. Aller à l’école, rencontrer toutes ses obligations de formation est un impératif établit depuis les temps anciens, sans, apparemment, être trop sujet à controverse.

Cependant, il y a des exemples notables qui créent des espoirs, rien ne serai donc perdu en écriture pour ceux qui à un moment donné, se sont éloigné des apprentissages.

Ainsi présenter à celles et ceux qui en doutent,  10 grands écrivains qui, en dépit de ne pas suivre la voie tracée par les conventions  ont finalement marqué  la littérature de leur empreinte. Les probabilités de percer de nos jours, sont tout autant minces, mais la difficulté n’est-elle pas un stimulant ? Voici donc 10 exemples qui ont déjoué tous les pronostics.

Charles Dickens

Bien que, dans ses premières années Dickens bénéficiait d’une éducation privilégiée, les dettes de son père saisit, ont mis grandement à mal le devenir de l’écrivain, alors qu’il avait 12 ans. Par la suite, il a travaillé dans un entrepôt de cirage et teintures. Et même alors retournés à l’école, quand son père a été libéré de prison, cette expérience et ne le quitta jamais et l’inspirèrent même pour « David Copperfield ».

Jack Kerouac

Kerouac, le chouchou de la Beat Generation, était destiné à devenir le héros de l’Université de Columbia à travers son équipe de football. Mais, apparemment, il avait d’autres plans. Les conflits avec l’entraîneur et une fracture du tibia a fini par pousser hors de l’institution et d’orienter vers une vie radicalement différente, celle que l’on connait qui en a fait une légende, et qu’ Ipagination vous propose de découvrir dans ce formidable documentaire dans l’ipaginathèque : « Sur la route de Jack Kérouac ».

William Faulkner

Faulkner était presque toujours une personnalité qui ne s’entendait pas avec la discipline et de la « normalité ». À 15 ans, il se souciait peu de l’école, qu’il a quitté au même âge. Des années plus tard, employé de la poste, il a été congédié parce qu’il a lu pendant les heures de travail. À 22 ans, il a quitté, après trois semestres, l’Université du Mississippi, où il s’était inscrit comme étudiant. Malgré ce parcours chaotique, il a finalement remporté le prix Nobel de littérature et, plus important encore, a laissé un héritage au travers de ces travaux : un impact et une empreinte non négligeable sur la culture humaine.

Octavio Paz

Un autre prix nobel dans cette liste, l’écrivain mexicain Octavio Paz quitte l’Université avant d’avoir obtenu son diplôme. Ses préoccupations (si vastes et ambitieuses n’entraient pas entre les murs des salles de classe), l’ont amené à la péninsule du Yucatán, Valence, Paris (plus ou moins dans cet ordre) et autres endroits pour aboutir abouti à l’Académie suédoise. Notons toutefois un milieu aisé. La bibliothèque de son grand père où il a vécu son enfance et les voyages qui sont d’infinies sources d’apprentissage, de formation, de rencontres, sont les ingrédients qui ont compensé et conditionné un destin hors norme.

George Bernard Shaw

Shaw a fait très peu d’études, une éducation très irrégulière en raison de son aversion pour toute formation organisée, ce n’était pas sa voie et pas vraiment facilité par l’environnement famillial. Père de Shaw : un marchand de maïs, était aussi un alcoolique, et par conséquent, il y avait très peu d’argent à consacrer à l’éducation de George. Père de Shaw, un marchand de maïs, était aussi un alcoolique, et par conséquent, il y avait très peu d’argent à consacrer à l’éducation de George. George est allé aux écoles locales, mais n’est jamais allé à l’Université et a été en grande partie autodidacte. Ainsi, A 15 ans, il est commis dans une agence immobilière de Dublin. Pour autant Shaw apprit tout de l’art, de l’histoire et de la littérature nécessaire pour devenir le dramaturge exceptionnel que l’on connait.

Ray Bradbury

Issu d’un milieu modeste, Ray Bradbury, lit et écrit durant toute sa jeunesse, passant le plus clair de son temps à la bibliothèque de Waukegan. Si Ray obtient son diplôme au Lycée de Los Angeles en 38, il n’ira pas à l’université. «Un diplômé de la Bibliothèque» peut-on dire qui aura porté l’écrivain dans sa réalisation personnelle, avec là encore, une destinée formidable à la clé.

HG Wells

Famille sans peu de ressources, nombreuse, là encore qui aurait pu imaginer que le jeune Wells allait marquer son temps. Le malheur est parfois l’élément déclencheur de bien des destinées. Wells avait onze ans lorsque, par accident, il se trouve alité, la jambe cassée. C’est à cet instant précis que la passion des livres déboule dans sa vie. Et comme le malheur parfois s’acharne, son père, se trouve lui aussi blessé mettant un terme à sa carrière sportive, source capitale de revenus au sein de la famille. Il et a dû quitter l’école pour travailler et aider aux dépenses des ménages. Les nombreux métiers qu’il a eu par la suite, inspirèrent ses romans. Ce qui était semé allait croître sous une plume inspirée.

Harper Lee

Garçon manqué et une lectrice précoce. Pour la petite histoire, elle était amie avec son voisin et camarade d’école Truman Capote. Elle quitte l’université d’Alabama pour se rendre à New York, sans diplômes, bien décidée à tenter sa chance dans l’écriture. L’amitié d’enfance qu’elle a lié avec Truman Capote, s’avérera décisive. A noté le soutien financier et moral de ses amis, qui lui permirent de se réaliser. Lorsque l’amitié se transforme en succès story…

Jack London

L’enfance misérable de Jack London l’a poussé à quitter l’école à l’âge de 13 ans, entre errance et plusieurs petits boulots pour survivre. Un pur autodidacte, formé par les livres ou là encore, la bibliothèque municipale permet au jeune homme de se former, de devenir un écrivain majeur, du patrimoine littéraire mondial.

Harvey Pekar

Il a obtenu son diplôme en 1957, puis un décrochage après un an,  quand la pression des classes de mathématiques se sont avérées trop lourdes à porter. Il a servi dans la marine, puis retourna à Cleveland et à une série d’emplois subalternes, avant d’atterrir à l’Administration, à l’hôpital des vétérans à Cleveland comme un commis de fichier, un poste qu’il conserva jusqu’à sa retraite en 2001. Harvey Pekar, n’a eu de cesse de développer en parallèle tout le talent qu’on lui connait. Un double emploi, pour vivre et marquer la société de son art.

Amis iPaginauteurs, jeunes auteurs, si les mots se font obsessions, passion viscérale, même sans niveau d’étude, sans argent, sachez que les bibliothèques, l’amitié, les rencontres, votre pugnacité, sont à eux seuls des moyens tout aussi suffisants pour atteindre des sommets, rentrer dans les légendes. Et qui sait ? Peut-être que dans notre projet ipaginatif, verrons-nous émerger au fil des décennies, une nouvelle concrétisation, nous permettant plus encore d’affirmer, que la passion à elle seule, permet tous les possibles ! Nous y croyons dur comme fer. Il est déjà extraordinaire, de constater sur iPagination, des écritures qui évoluent à une vitesse prodigieuse…

Source d’information

Ipagina’Son valse avec les éléments…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

 Variations sur le temps…

Ce temps qui nous emporte inexorablement vers notre destin. Qui sommes-nous sinon fétus bringuebalés par les éléments ?

Le temps, la mer, le ciel, le temps, l’inéluctable des cinq premiers quatrains débouche vers l’interrogation des deux derniers :

« Y-a-t-il une porte, ?  Y-a-t-il un espoir ?  Il faut que je sorte… »

Après la mélancolie, la porte s’ouvre sur l’espérance…

Ce poème très rythmé a été sélectionné par Patryck Froissart. Il est lu pour vous par Naïade.

tumblr_mzw89qRrtp1s522mdo1_r2_500

LA VALSE DES ELEMENTS

– Christian Vincent – 

Le vent m’emporte
Le vent me tue
Cette mer trop forte
Je n’en peux plus

Vague après vague
Mes murs tremblent
Le ciel divague
Se désassemble

Le temps est assassin
Il dessine les ombres
D’un funeste destin
Sur son lit de décombres

La valse des éléments
Emporte le silence
M’affligeant de tournents
Sans aucune clémence

Je chute et je roule
Une course hasardeuse
Qui bouscule et chamboule
Cette nuit ténébreuse

Y a-t-il une porte?
Y-a-t-il un espoir ?
Il faut que je sorte
De cette nuit trop noire

Un matin viendra
Où tombera la fièvre
Le jour me surprendra
Un sourire sur tes lèvres

 

iPagina’Son vous balade en caddie dans Paris…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

l’équipe d’iPagina’Son se dévoile ici…

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »

Cette phrase, issue des « Harmonies Poétiques d’Alphonse de Lamartine est illustrée parfaitement dans ce poème contemporain en alexandrins de Maninred.

Donner vie à un caddie, il fallait oser…

Pourtant le choix d’un objet familier, presque anodin, permet d’aborder de façon poétique et enfantine, une problématique de société en laissant une grande part au rêve. On se laisse bringuebaler dans une épopée rimbaldienne du XXIème siècle, pour terminer sur une touche d’espoir vers une nouvelle vie possible.

Patryck Froissart s’est laissé séduire par ce conte moderne et réaliste et l’a sélectionné dans ses préférences de conseiller d’iPagination.  Myriam (Maboulunette) a choisi de le mettre en voix pour les ipagin’autditeurs…

d5160c2a9ddc13e63d17d855c2b001bc

 

CADDIE

– Maninred –

Couché négligemment sur le bord d’un fossé,

Inspirant le mépris d’un monde caboteur,

Un vieux caddie  rouillé de ses roues défaussé,

Dans sa longue agonie pleurait sur son malheur.

 

Il avait fait l’orgueil de gens en uniforme,

En rangées accouplé avec ses congénères,

Dans un supermarché, sur un parking énorme,

Au service voué de la gent ménagère.

 

« – Sherpa infatigable, asservie estafette,

Propulsé par l’essor d’étranges frénésies,

J’assistais le client au fil de ses emplettes,

Assumant le transport de ses denrées choisies.

 

Le temps m’a paru long, j’ai fait des kilomètres,

Des allers et retours  du parking aux rayons.

Plusieurs milliers de fois se relayaient mes maitres,

Sans qu’un seul s’apitoie sur mon sort de grifton.

 

J’ai su leurs mains moites, calleuses ou inquiètes,

Qui serraient la rondeur de ma barre d’appui,

Me poussant sans égards vers là où tout s’achète,

Me chargeant goulument, au gré de leurs lubies.

 

Un jour un vieux monsieur a détourné ma route,

Il était différent, son train plus débonnaire,

Me confia son barda, un chiot nommé Helmut,

Quelques plantes en pot et un Cubitainer.

 

Je l’ai vraiment aimé, ce vieux poète hirsute,

Empenaillé de bure et d’un ciré vert pomme,

Il blasphémait souvent, s’inventait des disputes,

Poursuivi qu’il était, par des méchants fantômes.

 

Il m’a trainé partout, j’ai découvert Paris,

Les berges de la Seine et des gens étonnants,

Lorsque Helmut aboyait mon cocher attendri,

Le berçait maladroit, dans ses bras apaisants.

 

Les rebords de trottoirs me blessaient les chevilles,

Mon amble chevrotait sur les chaussées pavées,

Mais que j’étais heureux découvrant la Bastille

Et le bruit et la vie et les cieux délavés !

 

Si j’en ai vu des gens, empressés et honnêtes,

Evitant le regard de mon guide et son chien !

Parfois une mémé posait une piécette

Dans un panier d’osier, collecteur de butin.

 

Ses amis singuliers se retrouvaient le soir,

Sous un pont ténébreux, coffre-fort de leurs rêves,

Près d’un feu rassembleur brasillant les espoirs,

Rudoyés par le vin qui circulait sans trêve.

 

Des diatribes fusaient contre la terre entière,

Jurons de désamour pour chalands isolés,

Puis l’alcool estompait la haine rancunière,

Qui défaisait leur coeur de clochards esseulés.

 

Alors, lui, devisait sur l’énigme muette

Des étoiles perchées à l’abri du vacarme,

Cherchait dans le sommeil la clé d’une cachette

D’un monde décevant, pour y poser ses larmes.

 

Parfois, de ses doigts gourds, aux ongles encrassés,

Il caressait distrait l’acier qui me compose,

Me disait à l’oreille un rondeau du passé,

Qui parlait de passion, de filles et de roses.

 

A chaque nouveau jour pointait la renaissance

De lueurs inouïes, de gens, de cris, d’odeurs,

Et je me surprenais à aimer ces errances,

Dans un Paris vivant, ouvert aux baroudeurs.

 

Mais sont venus ces jours de paresse immobile :

L’homme s’émaciait, les plantes se séchaient.

Même Helmut d ‘habitude si vif et si servile,

S’étiolant de dépit, sans répit gémissait.

 

Un camion rouge enfer est venu m’enlever

Mon maitre et puis son chien sous un strident chambard.

Ils m’ont abandonné, sans même relever,

L’émoi qui me minait, sous l’oeil du gyrophare.

 

Pupille abandonné, j’ai souffert le martyre,

Des fripons avinés ont pillé mon fourbi,

D’autres m’ont malmené dans leurs sombres délires,

Me délaissant plus tard tel un glauque zombi.

 

Un larron plus teigneux s’en est pris à mes roues,

Figeant mon apparence et me clouant au sol.

Un autre m’a poussé dans cet horrible trou,

Entre un four cabossé et un vieux parasol.

 

Ici j’atteins ma fin de vie de colporteur,

Dans un profond sommeil orphelin d’illusions,

Attendant l’arrivée d’un vénal ferrailleur,

Qui me ramènera aux fourneaux de fusion.

 

Et je serai bateau, voiture ou bien charpente,

Ou cheval de manège ou câble d’ascenseur,

Sans doute oublieras-tu l’odyssée fascinante,

Du caddie vagabond qui encageait un coeur. »

 

(…c’était mon Caddie de Noël…)

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Picasso64 »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

 

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, nous suivons Picasso64 à travers ses univers…

Portrait d’un auteur : Picasso 64

Le peintre :

Photos Peintures YG 003

 

A début était le verbe. Mais pour Yves, même si écrire l’a toujours démangé, c’est le dessin puis la peinture qui ont occupé ces temps artistiques. Pendant de longues années. Et qui restent comme un regret ou un projet. Dans tous les cas une manière d’appréhender le monde de le représenter.

Photos Peintures YG 002

Les thèmes  littéraires;

Les couleurs et les sensations colorées

Les goûts et les parfums des nourritures

Les senteurs et les atmosphères

Les bois, les bois flottés , ou ternis par les soleil

Châtaigniers ou peupliers

Les bois emplis d’huile et de parfums

Olivier ou santal

Les pierres poreuses, les calcaires

Les schistes soient les pierres ouvertes aux schismes

 

Les formes et les structures

Les nuages et la métamorphose

Les anamorphoses et la métempsychose

La géographie et les temps qui passent

 

Les femmes et les félins

Nageuses ou panthères

 

Le style ;

Les mots pour leur sonorité

Les rythmes comme respiration des textes

Les mots pour leur sens

qui dérapent et glissent dangereusement

au point de changer d’essence

 

La polysémie et les jeux de mots

 

Trop de Polysémie

Trop de Polynésiennes aux hanches qui balancent

et aux sourires fugaces

Trop de sémiologie

Trop de lavandières aux poitrines offertes

Aux échines courbées et aux sourires fendus.

La rigueur et le soin dans la construction

Le soin typographique

 

Et les couleurs du silence ?

 

Jaunes absolument sans un soupçon d’orange

sans un soupçon d’orage

blanches et duveteuses comme les neiges d’antan

 

Les pays :

La corse et toutes les Italies.

Les pays occitans, la Serbie, l’Iran, les indes, le Cambodge, la Cochinchine l’Éthiopie les marquises les îles sous le vent qui soulèvent les jupes de filles. Tous pays où je ne suis jamais allé et qui sont, d’autant mieux, connus.

Toutes les Pyrénées où je vis..

 

La méthode :

Pour calmer et canaliser un imaginaire qui ne demande qu’à déborder de la méthode et de la précision avant toute chose.

Sauf en poésie où les rythmes et les sonorités s’engendrent sans un soupçon d’effort.

 

Le romancier :

Deux romans totalement aboutis mais non publiés dont beaucoup extraits sont apparus sur Ipagination en même temps qu’ils s’écrivaient et dont les personnages sont référencés sur la toile.

En suivant les hermines :

A titre d’illustration, les premières ébauches ne sont pas tellement différentes du résultat final. Une manière de préciser la méthode

Une histoire romantique, sexuelle, cruelle et exaltée

23 années après le début de la guerre

169 indices

13 femmes assassinées

961 chats blancs éventrés

Une femme un homme dans la corse de 1963

Une histoire blanche et rouge dans un pays bleuté

 

13 scènes de crime :

1) Ajaccio………………………………….

2) Col de Vizzanova

3) Girolata

4) Figari

5) Zonza (canton d’Eboli)…

6) Col de Bavela…….

7) Solenzara

8) Ghisonaccia…

9) Corte…..

10) Bastia (furiani)

11) Olmi cappela ( pieve de Giunssani)

12) le gouffre de Cartaghjesi

13) le retour par Calvi

 

Une course éperdue et métaphorique après l’amour et la vérité

Jérôme de Kréville une histoire moderne :

Un texte complexe et foisonnant sur l’affaire Kerviel… Une sorte d’autocommande sinon un roman de circonstance… Un roman à clefs qui ouvre des portes sur des univers très obscurs…

Yves Garcelon Autoportrait.4odt

 

Un récit qui commence pourtant de manière très classique presque mezzo voce… on dirait le grand Meaulnes ou voyage au centre de la terre.

Le Noël de cette année 1995 allait rester, pour la tribu des Kréville, une de ces dates terribles qui scandent l’histoire des familles. Une date phare qui fonde les mémoire inconscientes et modèle les caractères.

Dans la nuit Guillaume Hubert le père, qui avait à peine dépassé ses 48 ans, venait brusquement de décéder alors qu’il s’en revenait à pied de la messe de minuit.

Il avait été foudroyé par une thrombose cérébrale Peut-être était-ce la conséquence de ce froid et de la neige si inhabituelle dans cette bonne ville de Quimper. Une ville connue pour son humidité, mais aussi pour la clémence exceptionnelle de son climat. Cette neige duveteuse qui illuminait si joliment les austères toits d’ardoise et qui faisait la joie des enfants, avait entraîné ou, du moins, avait été concomitante à ce décès subit que rien ne laissait présager. Même si le garçon avait toujours de santé plutôt fragile et disposait d’une très faible constitution… Peut-être en sa qualité de représentant d’une fin de race aux sangs insuffisamment mêlés.

Sophie, sa robuste et très charmante épouse, qui tenait un salon de coiffure sur les quais de l’Odet au débouché de la rue de pont l’abbé n’était pas  présente. Elle avait travaillé, très tard, pour coiffer toutes les dames du quartier. A 11 heures du soir elle était encore dans sa boutique pour tout nettoyer et la rendre impeccable pour les lendemains de Noël où ses clientes viendraient se faire coiffer en vue de la nouvelle année.

Pour la corporation estimable des coiffeurs pour dames, comme pour celles des pâtissiers ou des marchands de volaille, la période des fêtes reste une course contre la montre. Il’ n’est pas envisageable, dans ces quelques deux semaines qui closent l’année, de ne pas rattraper les difficultés qui, en ces années de crise, tendaient à grever les chiffres d’affaire du petit comme du grand commerce.

A près cela s’énerve un peu…

Le poète :

Là, toutes les œuvres récentes se retrouvent sur Ipagination et, in extenso, sur les sites de référencement Des textes vite saisis et repris dans le week-end. On doit laisser couler les images directement venues de l’imaginaire et il faut le reconnaître d’une présence (d’une prégnance?) érotique qui tend à déborder beaucoup… C’est comme cela… C’est parfois très violent voire porcin…

C’est souvent trop en tous cas un peu beaucoup… On n’y peut rien :

Trop de paroles au mitan de leurs lèvres

Trop de sécheresse dans nos lèvres muettes

Trop de matière visqueuse au bord de nos lèvres

Trop de palpitations dans nos cœurs distendus

Trop de fissures dans leurs désirs aigus

Et une reprise en deux ou trois fois, pas plus, comme une chanson vite troussée. Beaucoup sur le fond mais moins sur la précision, la musique et le rythme. la typographie et la taille des paragraphes aussi… Et la longueur des phrases. Ce qui permet, plutôt moins que plus, de celer les images trop précises ou mal venues.

 

Tabac blond de Virginie

Tabou brun de Chesapeake

Humés et sucés goulûment

Sur la crête violacée de Mauricette

Boursouflée de cannelle et de girofle

Sur son mont de Vénus

Son haut mont aux sangsues

En contrepoint des image religieuses et christiques comme un retour au calme vers les christ jaunes où les vierges mariales qui montent aux cieux.

 

Eloge du jaune

Eloge du christ jaune

Notre seigneur crucifié et serein

 

Entre l’ocre et le rouge

Entre l’ardeur du soleil

Et l’absolu néant du blanc.

La blancheur de sa lune

Et sa chevelure de Fébus.

L’or éclatant de Phoebus

Mais au palmarès et de beaucoup (il n’y a pas photo 647 contre 254) c’est un texte plus calme sur les goûts, les parfums et le désir de nourriture qui emporte les faveurs du public ipaginaire et donc virtuel mais pas du tout imaginaire

 

Et les plus beaux goûts de la terre  ?

Le goût des pêches de Juin

blanc râpeux avec, encore, un soupçon d’acidité

noyé dans l’intense verdeur de la pulpe

avec cette enveloppe duveteuse

d’un vert si tendre à peine illuminé de cramoisi

doux comme un océan

ou râpeux et urticant comme des joues de requin

Mais aussi celui des pèches de vigne 

gorgées, jusqu’à plus soif, par les chaleurs de l’été 

couvertes des prurits de la lune et du soleil

comme les ailes brisées des papillons

Butterflies ou schmetterlings

ou le sperme laiteux des chauves-souris

qui copulent sous la lune.

 

Et dans une bien moindre mesure l’hommage à cette coquine de Garbiñe

impossible gamine / impassible princesse..

 

Garbiñe en quart de finale

 

Garbiñe en quart de jupette

orange sanguine innervée de violette

 

Mauve pâmée de vieux rose

suivant les caprices des cieux

ou l’éclat de ses yeux .

 

 

Gamine impossible

Garbiñe impassible

 

Il est vrai qu’il y a la lumière des couleurs les jeux de mots et l’image juvénile et féminine. Beaucoup de thèmes d’Yves et de Picasso64.

Mais sans doute pour finir l’image de la campagne emperlée, à peine, d’un soupçon de lubricité .

 

Une poule au jardin

Une poule sur le lit

Une poule dans mon lit

Une poule au mitan des roses

 

Un lit de roses pour mes poules

Un nid de fiente pour mes roses

Un nid d’amour pour mes poules.

En mode écriture : Astrov

« S’il te plait, dessine-moi un auteur : Astrov »

Affiche de Bluewritter
Affiche de Bluewritter

iPagination et iPaginablog, deux sites en connexion étroite, puisque animés par les mêmes équipes, dans un même esprit et pour une même passion de l’écriture.

Écrire … qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce que ça fait ? Comment ça vient ? Pourquoi ? Quand ? Où ? ….

Sur iPaginablog, nous avons invité les auteurs d’iPagination à nous dévoiler un peu de leur intimité de plume.

Cette semaine, c’est Astrov qui nous invite à le suivre entre scène de théâtre et scène de ménage … 

theatre-curtains

Six personnages engueulent l’auteur

(En hommage à Luigi Pirandello)

De Astrov (Edouard Huckendubler)

« Engueulent ». Oui, le mot est juste. Je me suis fait engueuler par mes personnages. Et chez moi, en plus ! Voilà comment :

L’écriture me vient à tout moment : un sujet me fait signe. Dès que j’ai mon clavier sous la main, j’y vais. Atmosphère, musique, environnement, cela n’a pas beaucoup d’importance. Les mots se proposent et le bonheur s’invite.

Or, depuis quelques temps, c’est l’écriture théâtrale qui me tenait. Six pièces depuis 2006, dont deux jouées en Compagnie Amateur. Cela fait donc pas mal de personnages créés par mes neurones. Et j’écris aussi des poésies (dont des sonnets).

C’est cela qui a tout déclenché :

Hier soir, pas très tard, après mon sobre dîner, on sonne à ma porte. Je vais ouvrir, sourire aux lèvres. Qui vois-je, serrés en un groupe compact et sévère ?

Six de mes personnages. Je les ai reconnus dans l’instant : un ou une représentant(e) pour chacune de mes pièces.  Principalement des femmes, et plutôt teigneuses (ben oui, je les ai créées ainsi). Je leur offre bon accueil :

– « Eh bé, la surprise ! Bonsoir, que me vaut … »

Sans répondre, le groupe est entré, direction le salon où chacun/chacune s’est assis dans fauteuils ou chaises. Ona, une Louve assez agressive, s’est lovée sur le canapé. Il restait une chaise, je l’ai prise.

Le silence se faisant un peu lourd, j’ai plaisanté : « Je vous ai faits plus bavards, non ? ». L’une d’elles (les hommes semblaient un peu discrets) a commencé :

– « Justement ! Tu nous as créés, donné existence, sentiments, parole. Tu te bats pour que nos mots (les tiens), nos dialogues, tes didascalies, soient lus, que nous soyons joués sur scène.  C’est bien. ».

Une autre a enchaîné : « Alors pourquoi nous fais-tu ça, depuis un moment ? »

– « Mais, ça, quoi ça ? » J’étais un peu perdu…

– « Ton infidélité. »

Infidélité ? Je ne pigeais pas bien. J’ai eu droit à une explication :

– « Depuis quand n’as-tu pas écrit pour le théâtre ? Depuis quand n’as-tu pas sculpté des personnages qui auraient pu venir avec nous ? Tu le sais, nous sommes une sorte de Famille.».

– « Eh ben, oui, depuis un  moment, j’écris aussi des poésies ! »

Ona a pris ma réponse, comme un os, à la volée. « Exact. C’est ce qu’on te reproche. Des poésies… Des sonnets… Il n’y a pas de personnages, là-dedans, pas de dialogues, pas de jeux de scène. Les mots, seuls. Pas de spectateur, mais des lecteurs qui comprennent ce qu’ils veulent, alors que nous, ce sont nos âmes que nous exprimons avec tes mots. Tu nous abandonnes ! »

Et tout le groupe, tel le chœur antique, a psalmodié : « Tu nous abandonnes, tu nous trahis ! ».

J’ai eu la révélation, le flash, la compréhension.

– « Vous… Vous êtes en train de me faire une scène de jalousie parce que j’écris quelques poésies ? »

– « Il y a de quoi, non ? Nous avions confiance en toi, et puis, te voilà à poétiser, à rimer…  D’ailleurs tu n’as écrit aucune pièce en vers. On aimerait bien parler en alexandrins… »

Je songeais (modestement) à Pirandello, qui avait lancé des personnages cherchant un auteur. Et là, ce soir, des personnages venaient faire une scène de jalousie à leur auteur. Pour quelques escapades poétiques extra-théâtrales !  Je n’avais trompé personne, c’était juste une attirance poéti…  Et puis zut !

Tout soudain j’ai senti  la rogne venir en moi.  Des disputes amoureuses, j’avais vécu ça.  Mais des reproches sur mes goûts en écriture, et venant de mes propres créations, non, mais, on va où ? Je me suis levé, en respirant à fond.

– « Non, mais, on va où ? Alors vous allez m’écouter. Je ne suis pas infidèle. »

Ona, vive et en alerte, a fait mine de protester. D’un geste, je l’ai renvoyée sur le canapé. Qui c’est le boss ?!

– « Pas infidèle. Toutes et tous, qui vivez dans mes pièces, je vous aime. Compris ? Je vous aime.  Vous existez, vous serez sur scène, en tapuscrit, en recueil. Oui, je me battrai pour vous. Et mes poèmes ne retirent rien à l’amour que je vous porte. Ce sont des expressions, des émotions que je souhaite faire ressentir aux lecteurs et lectrices. Pour les atteindre au cœur, au corps, afin de les emmener ici, là, en rêve, en découvertes, en sourires et soupirs ».

Les personnages étaient attentifs. La tension s’est bien relâchée. J’ai continué :

– « Et vous ! Mais vous en faites autant, auprès des spectateurs ou des lecteurs ! Car c’est vous qui leur portez mots et émotions. Vous êtes indispensables. Vous m’êtes indispensables. Je n’abandonnerai jamais le théâtre. Je suis sur une nouvelle pièce. Dès qu’elle sera au point, vous serez avertis. J’ai un peu de mal avec l’intrigue, mais rien de grave ! ».

Elles et ils se sont levés, souriants, et m’ont entouré. Leurs mains ont effleuré mon visage. Ils m’ont dit : « Merci ! Nous voilà rassurés. Bonne chance avec l’intrigue. Nous sommes toujours près de toi. A très bientôt ! ». Et ils sont partis tranquillement. J’ai remarqué qu’ils passaient à travers la porte sans l’ouvrir.

Je suis allé me coucher, tôt. Car le lendemain, j’avais un poème  et une pièce à sculpter.

 Theatre-Swatch

Avoir toujours un oeil sur ses personnages …

Mes six pièces auxquelles je fais allusion sont lisibles sur  ipagination  (pseudo Astrov) pour certaines,  et sur le site de théâtre  leproscenium.com  sous mon nom  Edouard HUCKENDUBLER.

Ona est un des personnages de ‘’La hiérarchie des Louves’’.