Archives de catégorie : iPagina’Son : les textes audio

Ipagina’Son se laisse gagner par le bien-être…

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Votre lectrice se nomme Sortilège. Voici sa présentation.

La douceur est le fil conducteur de ce poème. Au fil de tendres alexandrins, Maninred nous invite à faire une pause dans nos vies effrénées en prenant une photo « instantanée » de nous au milieu des nôtres et de notre environnement.

Partager des joies simples, réaliser qu’ensemble on vit un superbe voyage, celui de la vie, contempler, aimer, donner, se dire qu’on est bien… et le dire aussi…

Malayalam a aimé ce poème de Maninred et l’a placé au sein de ses sélections du mois d’Octobre. Notre amie Sortilège  y  ajoute sa douce voix pour encore plus de tendresse.

Et pour vous c’est quoi « Etre bien » ?

Pour moi c’est lire de magnifiques écrits comme celui-ci et vivre parmi vous….

*****

ETRE BIEN

Maninred

Etre bien c’est souvent n’en parler à personne,
Sentir du vent léger le pinceau délicat,
S’enivrer de parfums, de messages d’automne,
Chuchotés d’émotions aux teintes paprika.

Etre bien c’est parfois étreindre un autre corps,
Celui de l’être aimé, compagnon de voyage,
Avec qui le chemin donne un sens et colore
Par des tons harmonieux, un bien joli partage.

Etre bien c’est aussi retrouver une table,
Entouré par ces gens qui vous disent je t’aime.
Et sans faire semblant, les trouver formidables,
Chacun donnant à l’autre une part de soi-même.

Etre bien c’est sentir que l’on a fait du bien,
Et se mettre en retrait tout en restant discret.
Savoir qu’on a compté un peu pour les gamins
Et qu’on leur a transmis beaucoup sans faire exprès.

Etre bien c’est un jour, remarquer la fossette
Sur la joue bien en chair de son petit enfant,
Savoir qu’on a la même et que mamie Jeannette
La tenait elle aussi de son père Fernand.

Etre bien c’est enfin, terminant le voyage,
Rendre l’âme au néant, dans un doux friselis,
Garder au fond de soi les plus belles images,
Pour décorer les murs d’une chambre d’oubli.

Ipagina’Son essuie des larmes de suie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

« Au plaisir des chamboule-tout

Sous les cris des chamboule-fous « 

Une chose est sûre, l’écriture puissante et généreuse de Dominique Chauvel ne laisse pas indifférent : Une poésie à fleur de peau, à fleur de mots, assortie de métaphores d’une grande force qui remue…

Larmes de suie…larmes de pluie…larmes de vie…

Le brouillard voile et dévoile, les larmes lavent et délavent, les âmes vacillent et tombent. Pourtant là sur les cendres, sous la forme de deux roses renaissent la vie et l’espoir…

Ce beau poème d’autant plus émouvant qu’il est sélectionné par Roselyne Cros, est lu par la voix émouvante de Sortilège.

 

LARMES DE SUIE

LARMES DE SUIE

–  Dominique Chauvel  

***

Le brouillard voile ce qu’il peut
Voile ce qu’il veut
Et s’étire, s’étire
Il couvre les peurs
Il couvre les pleurs
Et dans la nuit profonde
Que les larmes inondent
Fait disparaître les corps
Se dissoudre le décor
La mélodie nauséabonde
Nous entraîne dans sa ronde
Où les âmes vacillent
Tombent telles des quilles
Au plaisir des chamboules-tout
Sous les cris des chamboules-fous.
Une rosée acide
Des rêves insipides
Quand survient, qui l’eut cru
Un nouveau Pompéi
Corps de cendre rougis
Souriras-tu encore
Pour quelques pièces en or ?
Les mauvaises graines
De fureur et de haine
Une erreur de casting
Une course de karting
Balayées comme la suie
Nettoyées par la pluie
Pour que bientôt éclosent
Deux nouvelles petites roses.

source de l’image :http://gisele.ecrivain.istanbul.over-blog.com 

Ipagina’Son entre lecture et géométrie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

 

Un texte court, fort, sur ce A  qui pourrait si facilement n’être qu’Amour, mais qui est tracé sans volutes ni sentiments.

A devient donc le A majuscule géométrique, froid et raide du mot Argent, régit par la rigidité d’un monde dur qui manque de bienveillance en bien des points.

La bêtise, la folie,  la déshumanisation règnent dans nos sociétés où la compassion est abandonnée au profit du compas.

Faut-il être triste ou en colère ? Je crois que les deux sont nécessaires et j’ai ressenti le besoin impérieux de lire ce poème de Firenz’, sélectionné par Amaranthe.

Entre le A de l’alphabet et les jambes du compas, il n’y a plus qu’un pas…mais moi je suis nulle en Mathématiques…

 

A

UN RIEN DE GEOMETRIE

Firenz

***

En fait, ça n’était pas une croix,

C’était un compas.

Lorsqu’on l’ouvrit

On découvrit,

La forme d’un A,

Un A majuscule.

Initiale du mot ‘Argent’,

$$$

Jambes écartées donc,

Et c’est ainsi

Que Sexe et Argent

Se sont inscrits

Comme religion.

Au compas,

Sans compassion….

Ipagina’Son s’émeut d’un hymne à la beauté de la vie.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Sortilège

 

Les jours passent et s’évaporent comme autant d’arcs-en-ciels, de particules, d’étincelles et de brumes.

L’amour de la vie est décrit avec la beauté de la simplicité. Il est dans le ciel, une mosaïque d’énergies qui sublime cette magnificence qui fait se sentir…vivant…

Voici un hymne poème à cette vie qui regorge d’étincelles et qui rayonne d’émotions. Ce regard émerveillé et philosophe sur la vie de Marcel Faure, sélectionné par  Amaranthe, est lu pour vous par Sortilège.

Laissez votre âme s’envoler tout là-haut…

 

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A LA LUNE  ET AUX ETOILES

– Marcel Faure-

La danse des jours et des mots

Vendredi 1er mars 2013

***

À la lune et aux étoiles

Aux comètes qui s’en vont plus loin effilocher leurs traînes

À tout ce qui nous émerveille

***

Aux jours feutrés qui se réchauffent au coin du feu

Aux silences qui se sourient du bout des yeux

Aux vallées qui épousent les brumes

Aux plissements de nos paupières repues

***

À la matrice de nos rêves

À nos cœurs dévastés de tendresse

À toutes ces nuits blanches dans l’ombre d’un poème

À l’étincelle à la flamme au feu au volcan

***

À toi aussi minuscule échantillon d’humanité qui te débats sur la première marche de l’arc-en-ciel 

***

O combien je vous aime glorieux mélanges de particules

Votre foisonnement à l’échelle des mondes

Votre bouillonnement dans ma chair et mon sang

***

IpaginaSon vous propose une tasse de thé.

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

Si vous aimez les ambiances feutrées typiquement anglaises, où la vengeance infuse dans deux tasses de thé bien noir, délicatement parfumé avec juste ce qu’il faut de cynisme, installez-vous bien confortablement dans votre fauteuil.

Ipagina’Son et Agathe vous invitent à partager le cérémonial du thé, vu par Amor Fati,  autour d’une partie d’échec.

 » Vous reprendrez-bien une tasse de thé ? »

UNE TASSE DE THE

– Amor Fati –

 

«Vous reprendrez bien une tasse de thé ? » demanda la vieille dame en se penchant vers Monsieur Rodolphe, enfoncé dans le fauteuil moelleux.

L’ambiance était électrique et tendue, comme tous les mardis après-midi. La tension était palpable et épaisse.

Comme chaque semaine, elle avait invité son ancien médecin à venir partager 64 cases noires et blanches et 32 pièces de bois tourné.

Il savait ce que cela signifiait. Elle avait poussé sa dame en E4 depuis trois coups déjà, innocemment, et cela n’avait pas éveillé son attention plus que ça. Mais le jeu d’échecs est ainsi fait. C’est lorsqu’il est trop tard que tu comprends pourquoi ton adversaire a placé sa pièce ici et non ailleurs.

Et cette phrase : « Vous reprendrez bien une tasse de thé ? » était comme un glas. Un signal. Le signal que la messe était dite, que quoiqu’il puisse faire maintenant, son sort était scellé. Elle disait ça sans faire exprès, sans faire attention, au moment où elle savait qu’elle allait gagner et que sa concentration pouvait alors diminuer.

Il regarda l’échiquier, constata que le pauvre roi ne pourrait échapper à son funeste sort, coucha la pièce sur l’aire de jeu et répondit :

« Pourquoi pas ? »

Voilà.

C’était comme ça tous les mardis depuis bientôt trois ans. Trois ans que son André était parti et quelle s’était retrouvée seule dans cette vieille maison qui n’en finissait pas d’être trop grande pour elle. 

Et trois ans qu’elle pensait que Monsieur Rodolphe était responsable de la mort d’André. Certes, il n’avait rien fait pour accélérer les choses, mais elle lui reprochait de n’avoir pas vu arriver la complication, et surtout d’avoir laissé la situation empirer jusqu’au point de non-retour. « Il aurait pu, s’il avait voulu » répétait-elle sans cesse à sa fille.

Mais Monsieur Rodolphe n’avait pas vu, n’avait en effet pas mesuré l’étendue des dégâts et l’un de ses plus anciens patients était parti en deux mois. Balayé, liquidé. Le médecin ne s’était pas vraiment senti responsable, mais il avait été très affecté par ce décès. Il avait quitté la profession pour se consacrer à son jardin, et pour tâcher d’améliorer sa technique aux échecs. 

Elle était une excellente joueuse. Ils en avaient passé des soirées avec son André, face à face sur la table du salon à pousser le bois. Parties simples, parties rapides, blitz, parties à l’aveugle, de mémoire, avec pièces, sans pièces…. Plus de trente ans à jouer tous les deux.

Et lorsqu’elle s’était retrouvée seule, elle avait appris, au hasard d’une discussion, que M. Rodolphe cherchait un ou une partenaire. Elle s’était alors proposée. Et ainsi, chaque semaine, elle le poussait dans ses derniers retranchements, le laissait comprendre, évaluer la situation, se rendre compte que la mort était inévitable, irrémédiable.. Chaque semaine, elle tuait son roi, et chaque semaine elle vengeait son André.

« Au fait, dit-elle à l’adresse du médecin, j’ai reçu ce matin les résultats de mes dernières analyses, pourriez-vous y jeter un coup d’oeil rapide ? »

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L’ancien médecin se saisit de l’enveloppe, ajusta ses lunettes, sortit la feuille, la parcourut rapidement, revint sur certains chiffres.

La vieille dame le regardait, attendant son verdict. Mais elle irait bien sûr voir son médecin traitant pour la lecture officielle de ces résultats. Il replia la lettre avec soin, la remit dans l’enveloppe, referma ses lunettes et les replaça dans la poche de sa veste.

« Alors, demanda-t-elle ?

– Rien de bien méchant, répondit-il. A peu de chose près, tout va bien. »

L’enveloppe à la main, il regarda à nouveau l’échiquier où les dégâts de la bataille étaient toujours là, bien visibles. 

Son regard se posa à nouveau sur l’enveloppe, puis sur le roi, couché au milieu du champ de bataille. Vaincu, humilié comme il l’était presque chaque semaine depuis trois ans.

Alors il posa l’enveloppe, calmement, tranquillement, approcha la tasse de la vieille dame, se saisit de la théière et lui demanda :

« Reprendrez-vous une tasse de thé ? »

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