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Ipagina’Son vous emmène découvrir des gourmandises…

affiche de Bluewriter
affiche de Bluewriter

Votre lectrice du jour : Agathe

 

Si vous êtes gourmands de poésie…

Si vous êtes gourmands tout court…

Si vous êtes amoureux de votre jardin…

Si vous êtes amoureux tout court…

SI aimez les contes, les rêves et la douceur…

Si vous aimez tout court…

Si vous avez une âme d’enfant heureux…

Si vous êtes heureux tout court…

Lisez, écoutez, goutez, laissez-vous enchanter par ce texte frais, malicieux, sucré, câlin et tendre, écrit par Claire Obscur et sélectionné par Roselyne Cros, en juillet 2015. Il est lu par Agathe.

Le secret des Bois

Par Claire Obscur 

titre revisité : le secret des feuilles

Maman, maman, que dois-je faire maintenant ?

-Voyons, je te l’ai déjà dit tout à l’heure !

-Oui mais j’entends quelqu’un qui vient et j’m’rappelle plus.

– Alors chut, tais-toi, plus de bruit c’est important,

Chut, chut, ne bouge plus mon cœur

Ni toi, ni les autres. De bruit je ne veux plus.

 

– Houlà là j’ai eu peur ! Il est parti ? Oui ?

-Si tu avais écouté maman hier et avant-hier et avant avant-hier,

Aujourd’hui tu aurais su quoi faire.

Mais tu n’écoutes jamais rien, tu t’amuses, tu pleures ou tu ris,

Tu nous mets en grand danger

Et menace notre sécurité.

 

-Voyons voyons, le danger est passé

Ne la grondez pas tant… C’est la plus jeune

Il y a si peu de temps qu’elle est née.

Allons c’est la tombée de la nuit, il n’y a plus personne

Ce soir nous ne risquons plus rien

Préparons nous pour demain.

 

-Cette fois ci, écoutez bien… Tout le monde !

Que devez vous faire chaque matin ?

-Nous laver avec Dame Rosée, et puis au soleil nous sécher.

A tour de rôle faire un guet malin

Ensuite, si Danger ne pointe pas son nez, nous pouvons faire la ronde,

Mais si Alarme est déclenchée bien vite nous cacher.

 

Très bien ! Très bien les enfants ! Faisons une répétition

Que chacune d’entre vous prennent ses quatre feuilles.

Voilà c’est bien, vos aînées ont déjà tout écrit en dessous, vous voyez ?

Ainsi, à chaque instant de la journée vous pouvez faire révision

Mais attention, ne vous laissez pas distraire par ce recueil,

Un seul instant d’inattention, et en péril sera toute la communauté !

 

Et puis dites moi, il vous faut aussi savoir vous contorsionner

Un peu d’assouplissement s’il vous plaît mes damoiselles !

Et un peu de sérieux aussi petites péronnelles !

Allez, allez, on tourne, on tourne encore, on passe devant, et on passe derrière !

Une fois à l’endroit, une fois à l’envers !

Et en grande discrétion s’il vous plait !

 

Il ne faut surtout pas attirer l’attention, choisissez le bon moment,

Apprenez à le faire en silence, et bien rapidement,

Et il est inutile de mettre trop de rouge sur les joues.

Le rouge se voit de loin, la coquetterie n’est pas pour nous.

Restez bien cachées, et si besoin est, il faut vous entraider.

Vous pouvez prêter vos feuilles, si vos sœurs ont besoin d’être mieux cachées.

N’oubliez pas de chanter le refrain

Il gardera votre entrain.

« Petites, petites, prenez garde et cachez vous bien,

Surtout les roses, les jaunes craignent moins !

Chuchuchu chuichuchui chi chin choin !

Quelle ne fut pas ma surprise un beau matin en descendant, dans mon jardin, d’entendre ce faible chuchoti.

 Je marchais doucement, les pieds dans la rosée. J’ai regardé de tout côté, et là…, je les ais vues, Toutes roses, et toutes nues, s’éveillant, toutes échevelées, le duvet électrique, en essayant d’être héroïques, et répétant, dans une belle panique leur refrain frénétique.

Alors j’ai fait comme si je n’avais rien vu, je suis parti en douce. Et je les ai vues qui se tournaient pour se cacher de l’autre côté des pages vertes qu’elles lisaient.

Maintenant je comprends pourquoi quand on revient brusquement sur nos pas, en rouge ou rose, ou même jaune, on aperçoit, leurs petits minois un peu narquois, si bien cachés à notre premier passage.

Elles sont obéissantes et bien sages. Elles apprennent bien leur leçon, les p’tites Damoiselles de ma plantation !

 De temps en temps, depuis ce premier matin je m’assois un peu plus loin et j’assiste à leur leçon. J’écoute leurs discours, je les regarde s’endormir, le soir à la tombée du jour. Mais je préfère leur réveil tout ébouriffé, au matin.

Inconscientes de ma présence elles m’offrent la farandole exquise de leurs saluts à la vie.

J’ai pris doucettement une page verte de leur livre de soie

Je m’applique à déchiffrer parfois les mots de leur jargon. Mais bien sûr pour cela … Il faut savoir parler Franc-Boise. Rassurez vous c’est beaucoup plus facile que la langue d’Armoise

Et si vous alliez dans votre Jardin ? Aux pâles rayons du matin ? Vous y verriez toutes sortes de lutrins*, et peut être par hasard, vous découvrirez comme moi que vous avez ce délicieux savoir de lire et chanter en lutin.

(*Notes de l’auteur : j’aurai pu mettre pupitre, mais j’ai préféré utiliser les consonances de ce mot, fort vieux mais très sympathique pour ce récit. J’attache un certain intérêt à une écriture qui permet une lecture aux tonalités musicales.)

°Interlude du 2ème tome édité. « Clair Obscur »- REcréation dangereuses°

iPagina’Son attend l’été avec impatience…

affiche de Bluewriter
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 « Il n’y a que toi, le soleil et la mer »

Une île un peu floue, comme un mirage, la promesse d’un bonheur à deux nous invite à un voyage poétique tout en finesse et en douceur.

Comment ne pas répondre à cette invitation à la découverte des corps : île, elle…et l’infini…

Voici, lue par Agathe, une poésie sensuelle de Natacha Delorme, sélectionnée par Patryck Froissart.

Des paysages pour s’évader…

 

SEA, SEX AND SUN 

Natacha Delorme

J’ai crié tant de fois

à l’aide et aux nuages

Que j’espère sans effroi

que l’île nous entendra

 

C’est dans l’instant venu

que tu l’as dessinée

Ma main sur ton épaule

aura su te guider

 

Au loin dans ce mirage

absurde et fantastique

Nous nous jetons enfin

Sur la vague érotique

 

La douceur du matin

effleure la promenade

Le soleil de midi

échauffe nos gonades

 

Au coeur de l’oasis

nous boirons nos délices

En fin d’après-midi

les mains jointes au calice

 

Ton ombre grandissante

parmi les crépuscules

Aura raison de moi

incroyable crapule

 

Et que dire du voyage

qui au jour finissant

Nous livrera transis

au monde ahurissant

 

Que tant de fois j’ai fui

criant à l’impensable

Rêvant d’une vie tranquille

couchée au creux du sable

 

 

iPagina’Son invite un magicien original…

Tout d’abord, permettez-moi de souhaiter la bienvenue à  une nouvelle lectrice à haute voix du groupe iPagina’Son. Sortilège.

Elle se présente à vous ici :

 

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Ce magicien a la capacité de faire changer les rapports entre les êtres, de gommer les différences, d’entretenir le partage. Tout change quand il n’est plus là…et le manque s’installe.

Ce tour de magie finalement ce n’est rien…et pourtant il fait toute la différence. D’ailleurs il est très facile à apprendre et à la portée de tous.  Essayons voulez-vous ?

Voici un texte d’Olivia, au message puissant chargé de tendresse et de sensibilité. Il a été remarqué et sélectionné par Amaranthe.

Sortilège a eu envie de le lire pour notre plus grand bonheur.

LE MAGICIEN

– Olivia –

Près de chez moi habite un magicien. Un vrai. Non pas qu’il ait des vêtements brillants ni des yeux troublants, non, il ressemble à Monsieur tout-le-monde. D’ailleurs, personne ne le remarque vraiment, personne ne fait attention à lui. Lui, pourtant, fait attention à tout ce qui l’entoure.

Les chiens du quartier ont tout de suite compris qu’il était leur ami. Les petits enfants aussi. Les plus grands se moquent de lui derrière son dos, il est tellement différent, il doit être anormal. Il est bien trop doux pour être honnête, disent les parents, il faut t’en méfier.

Je ne l’ai jamais entendu hausser la voix ni se mettre en colère. Quelques larmes coulent parfois sur ses joues. Ses vêtements sont d’un autre temps. Je ne saurais lui donner un âge, car il était là bien avant moi. Je me suis habituée à lui.

J’aime le suivre dans la rue quand je promène mon chien. C’est comme ça que j’ai vu qu’il était magicien. Il n’a pas d’habitudes, il erre au gré du vent. Quand il s’arrête, c’est pour cueillir une pâquerette ou un coquelicot.

Les petits commerçants le tolèrent, même s’il n’achète jamais grand’chose. C’est qu’il a le don de changer une atmosphère tristounette en paisible joie. On parlerait même de sérénité. Et la joie, c’est bon pour le commerce.

Il n’a pas d’amis, pourtant, quand il s’assied sur un banc, il ne reste jamais longtemps seul. Un petit vieux, une petite vieille s’assoient à côté de lui, l’un lisant sa gazette, l’autre sortant son tricot. Ils sont tristes et s’ennuient, ce petit tour dehors leur fait passer le temps.

Il n’est pas très bavard, mais il aime écouter. Ce n’est pas monnaie courante et on apprécie. Je ne sais pas ce qu’on peut bien lui raconter, mais jamais il n’a eu l’air étonné. Il a même l’air de tout comprendre. Les vieux ont tellement de choses à partager…

Quand il est au parc, ce sont les toutes jeunes mamans qui le côtoient. Leur bébé est leur seul passe-temps et elles profitent de ces quelques semaines de repos avant de reprendre le boulot. La vie d’une jeune maman n’est pas de tout repos ni sans problème : cela se lit sur leur visage. Un petit tracas de santé, peut-être, une angoisse concernant le comportement de bébé. Cela leur fait du bien de vider leur cœur, il écoute tellement bien.

Quand il ne reste plus personne, il se lève et s’en retourne chez lui, comme il était venu, dans l’indifférence totale.

Un jour, il ne sortit pas de sa maison. Le lendemain, non plus. Les petits commerçants, les petits vieux, les jeunes mamans étaient tristes. Ils s’étaient habitués à cet inconnu qui ne leur demandait rien, mais qui leur faisait tant de bien. Ils se dirent qu’il lui était peut-être arrivé quelque chose et qu’il fallait dorénavant se passer de sa présence.

Le magicien était pourtant fidèle, il sortit à nouveau et le quartier retrouva son petit air paisible et joyeux.

Je ne saurai jamais rien de lui, si ce n’est le nom indiqué sur sa sonnette : SOURIRE.

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Ipagina’Son valse avec les éléments…

affiche de Bluewriter
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 Variations sur le temps…

Ce temps qui nous emporte inexorablement vers notre destin. Qui sommes-nous sinon fétus bringuebalés par les éléments ?

Le temps, la mer, le ciel, le temps, l’inéluctable des cinq premiers quatrains débouche vers l’interrogation des deux derniers :

« Y-a-t-il une porte, ?  Y-a-t-il un espoir ?  Il faut que je sorte… »

Après la mélancolie, la porte s’ouvre sur l’espérance…

Ce poème très rythmé a été sélectionné par Patryck Froissart. Il est lu pour vous par Naïade.

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LA VALSE DES ELEMENTS

– Christian Vincent – 

Le vent m’emporte
Le vent me tue
Cette mer trop forte
Je n’en peux plus

Vague après vague
Mes murs tremblent
Le ciel divague
Se désassemble

Le temps est assassin
Il dessine les ombres
D’un funeste destin
Sur son lit de décombres

La valse des éléments
Emporte le silence
M’affligeant de tournents
Sans aucune clémence

Je chute et je roule
Une course hasardeuse
Qui bouscule et chamboule
Cette nuit ténébreuse

Y a-t-il une porte?
Y-a-t-il un espoir ?
Il faut que je sorte
De cette nuit trop noire

Un matin viendra
Où tombera la fièvre
Le jour me surprendra
Un sourire sur tes lèvres

 

Un jour de solitude, lu par iPagina’Son…

affiche de Bluewriter
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Simplement quelque mots pour accompagner un jour de solitude, marquant le deuil du beau temps et de la joie.

Novembre, mois de passage et de nostalgie, jour des disparus…Novembre mois qui pleure, mois qui oppresse, mois qui donne froid…

Douze vers comme douze mois…

Ce soir la solitude ressentie et décrite de façon très pudique dans le poème de  Frédéric Cogno, est lue par Firenz’

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Jour de solitude

– Frédecric Cogno –

De pleutres nuages s’en vont

Vers le couchant du désaveu,

Le vent a pleuré du basson,

Le ciel suit les rancunes, il pleut.

Novembre vient presser mon coeur

Longtemps soumis aux venaisons,

Il me connaît, il attend l’heure

De la goutte et de son prénom.

J’ai dans la bouche un goût de marbre

Et quelques mots cloués au lit,

J’ai cette idée du vieux tronc d’arbre,

Le deuil creusé seul sous la pluie…

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